La presse de la LCR

Archives des publications de la Ligue communiste révolutionnaire, section française de la IVe Internationale

Les luttes internationales

Cahiers du féminisme, n° 1, novembre 1977 · p. 14 · 687 mots

Grande-Bretagne

Depuis 1967 l'avortement était libre jusqu'à 24 semaines et remboursé par la Sécurité Sociale, s'il était pratiqué à l'hôpital.

En 1975, là aussi sous la pression du mouvement « Laissez-les vivre » qui a fait descendre dans les rues des milliers de gens contre la liberté de l'avortement, un amendement (amendement James White, du nom du rapporteur) à la loi de 67 a été proposé pour restreindre celle-ci. Il prévoyait : une limitation des délais à 20 semaines, des restrictions pour les femmes immigrées et étrangères etc...

Depuis, les manifestations contre ce projet n'ont pas cessé. 25 000 personnes descendirent dans Londres le 21 juin 1975, à l'appel du NAC, (organisation mixte pour l'avortement libre et gratuit), 10 000 en avril 1976.

De leur côté, les réactionnaires ont mobilisé leurs troupes pour soutenir ce projet de restriction des possibilités d'avorter. Ils ont réussi à entraîner 10 000 personnes dans la rue le 24 mai dernier.

Il faut dire qu'au projet James White a succédé le projet Benyon qui lui ressemble comme un frère, à la différence près que Benion est un « Tory » libéral et que J. White est membre du parti travailliste !

Au bout du compte, malgré la mobilisation des femmes et des nombreux syndicalistes, le Bill Benyon est passé au parlement en troisième lecture et le gouvernement prépare une nouvelle loi qui intégrera cet amendement.

Mais les féministes, les syndicalistes et les révolutionnaires n'ont pas renoncé à faire reculer le gouvernement. Une grande manifestation est prévue à Birmingham à la fin du mois d'octobre. Pour eux la lutte contre les restrictions à la possibilité d'avorter doit à la fois affirmer la possibilité des femmes à disposer librement de leur corps et le refus de toute politique d'austérité du gouvernement travailliste.

Italie :

En janvier 1977, une loi « décriminalisant » l'avortement a été votée par le parlement italien. Mais contrairement aux exigences des féministes italiennes, il n'y aura pas liberté totale d'avorter, loin de là, puisque la nouvelle loi ne prévoit la possibilité d'avorter que s'il existe un danger grave pour la santé physique ou morale de la mère (viol, inceste, maladie mentale etc...) Cette possibilité est par ailleurs subordonnée à l'accord de commissions médicales chargées de décider si la femme doit ou non avorter Cette loi autorisait l'avortement dans les quatre vingt dix premiers jours. Le plus incroyable est que cette loi a été refusée par le sénat en juin 77 sans que cela ne sucite de réaction du PCI soucieux de préserver son « compromis historique » avec la démocratie chrétienne.

En attendant que soit discutée une nouvelle loi, la situation est des plus confuses car la législation fasciste qui considérait l'avortement comme « un crime contre la race » a été théoriquement abolie sans qu'elle soit remplacée par une autre loi.

U.S.A.

A New York, une loi très libérale permettait à toute femme enceinte d'avorter librement jusqu'à 24 semaines, et cela depuis 1970. Le tiers du prix de l'intervention était payé par le « Medicaid » (une sorte d'aide publique »).

De nombreuses femmes venaient d'autres états où la législation était plus restrictive ou même n'autorisait pas l'avortement. La législation évolua dans le même sens dans les autres états et depuis 1973 on peut dire que l'avortement est totalement libre aux USA jusqu'à trois mois, et autorisé jusqu'à 28 semaines.

L'avortement est réalisé principalement dans les cliniques privées mais les femmes les plus pauvres (parmi lesquelles les noires et les porto-ricaines) pouvaient jusqu'à maintenant bénéficier, de manière inégale suivant les états, de l'aide médicale.

Après une année d'hésitation, le congrès vient, sous la pression des réactionnaires qui font campagne contre l'avortement et l'homosexualité, de supprimer l'obligation faite aux états de verser cette aide médicale. Par ailleurs, les fonds nationaux prévus pour financer l'avortement ont été supprimés. Du coup, se sont les femmes les plus défavorisées (noires, chicanos, porto-ricaines) qui vont faire les frais de cette nouvelle législation.

On s'attend à une baisse immédiate du nombre des avortements légaux et à une remontée en flèche du nombre d'avortements clandestins et de décès pour avortements.

Grande-Bretagne

Italie

U.S.A

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