La presse de la LCR

Archives des publications de la Ligue communiste révolutionnaire, section française de la IVe Internationale

Compte rendu

«Papa lit, maman coud », «Les Manuels scolaires en bleu et rose»

Cahiers du féminisme, n° 11, octobre - novembre 1979 · p. 48 · 347 mots

A LIRE « Papa lit, maman coud »

« Les Manuels scolaires en bleu et rose », de Annie Decroux-Masson, chez Denoël-Gonthier.

Papa lit, maman coud, titre évocateur des stéréotypes éducatifs. La lecture du livre n'est pas décevante mais plutôt atterrante. C’est un bon récapitulatif des clichés idéologiques contenus dans les manuels scolaires :

« Maman fait la vaisselle tous les soirs. »

« Papa lit son journal tous les soirs. »

« Jacqueline s est évanouie à l annonce de cette nouvelle. »

Comportements « type » de l’homme et de la femme tels que les voudrait notre société !

C’est à l’école, institution répressive, qu'échoit le devoir d’inculquer aux enfants le respect de la famille et de l’effort. Dans ce cadre, l’homme et la femme sont censés se compléter harmonieusement sans jamais se heurter. A chacun sa tâche.

La femme soumise, au service des autres, sans vie ni pensée autonome, reste cantonnée aux travaux ménagers, mais garde toujours le sourire...

L’homme est l’élément moteur de la famille. Il l’introduit dans le monde extérieur.

Sans famille, aucune issue ! Les mères célibataires ou les parents divorcés, ça n’existe pas !

Le choix des citations et le style humoristique ridiculisent cette division des tâches entre les sexes soi-disant naturelle.

Bonne dénonciation des rôles traditionnels réservés aux hommes et aux femmes, ce livre pèche néanmoins par une analyse critique trop limitée de la fonction de l’école « Loin de donner de la femme une image mutilée et mutilante, l'école ne devrait -elle pas, au contraire, contribuer à réduire et combattre les inégalités liées au sexe », s’interroge l’auteur.

« Ne devrait -elle pas jouer un rôle positif dans le sens d'une réduction des discriminations de tous ordres et des discriminations liées au sexe en particulier », poursuit-elle.

C’est se leurrer que de croire que l’école puisse échapper aux contradictions de classes et être un instrument d’émancipation en soi.

L’école libératrice, réductrice des inégalités, n’existe pas. Elle reproduit en son sein toutes les divisions. Divisions de classes, de races et de sexes malgré les luttes qui la traversent.

Dominique

Papa lit, maman coud, les manuels scolaires en bleu et rose

Une erreur sur cette page ?