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Solidarité contre la répression. Levée des inculpations pour Maria Conçeiçao et ses ami(e)s

Cahiers du féminisme, n° 11, octobre - novembre 1979 · p. 5 · 487 mots

AVORTEMENT-CONTRACEPTION

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Solidarité contre la répression

Levée des inculpations pour Maria Conceiçao et ses ami(e)s

Au Portugal, rappelez-vous, le 16 mai dernier. Maria Antonia Pal-la, vice-présidente du syndicat des journalistes, passait en procès pour « incitation au crime » et « attentat à la pudeur du peuple portugais ». L’accusation se fondait sur un film diffusé à la télévision portugaise, en février 1976, intitulé: l’Avortement est-il un crime ? Rappelez-vous aussi, le procès s'était terminé par un non-lieu grâce à la mobilisation et à la solidarité internationales du mouvement des femmes notamment.

Aujourd’hui, un nouveau procès doit s’ouvrir au Portugal, le 29 octobre Les faits remontent à 1974, avant la chute de la dictature ! Maria Conceiçao était alors élève-infirmière à Porto Alegre. Mais elle ne connaissait pas la contraception et pour cause. Elle est devenue enceinte et a voulu avorter à Lisbonne. Elle avait tout noté dans son journal intime qui lui a été volé pendant son absence. Ce journal, remis à la police, a servi à la dénoncer. Lui, son mari aujourd’hui, lui a procuré l’argent. Une amie enfin lui avait indiqué une adresse. Selon la loi portugaise toujours en vigueur, qui considère l’avortement comme un crime et qui condamne plus de 1 80 000 femmes par an à l’avortement clandestin, Maria Conceiçao risque de deux à huit ans de prison, son mari et son amie jusqu’à six ans de prison. Au Portugal, la campagne de solidarité s’organise en même temps que la lutte pour l'abrogation de cette loi réactionnaire et la liberté de l’avortement et de la contraception. Une pétition nationale circule à l’initiative du N AC (regroupement unitaire pour la Campagne nationale pour l’avortement et la contraception) dans laquelle 1 700 femmes déclarent avoir avorté. La solidarité internationale du mouvement des femmes et du mouvement ouvrier doit faire reculer une nouvelle fois la justice portugaise.

• Envoyez des télégrammes exigeant la levée des inculpations de Maria Conceiçao, de son mari, de son amie, au Premier ministre (qui est une femme) et au ministre de la Justice, à Lisbonne .

Dans l’Etat espagnol, procès le 26 octobre

La situation est tout aussi catastrophique : à Bilbao, au Pays basque, onze femmes vont passer en procès le 26 octobre : dix ont avorté il y a sept ans, la onzième a aidé à avorter. Soixante ans de prison sont requis pour cette dernière, dix mois pour les autres ainsi que la perte du droit de vote pour onze ans. On se croirait revenu au procès « des sorcières » au Moyen Age !

La solidarité s’organise dans le Pays basque et, nous ausi, nous devons exiger l’amnistie pour les onze femmes et toutes celles qui sont en prison pour cause d’avortement ou tout autre « crime » de femmes comme l’adultère !

Droit à l’avortement et à la contraception sans restriction pour toutes les femmes de l’Etat espagnol !

Notes

  1. En Espagne, au Portugal, la répression conti-les personnes qui aident à avorter, en Europe nue de frapper les femmes qui désirent avorter ou aujourd’hui.

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