La presse de la LCR

Archives des publications de la Ligue communiste révolutionnaire, section française de la IVe Internationale

En bref

Cahiers du féminisme, n° 31, printemps 1985 · p. 25 · 580 mots

Pakistan : une femme vaut deux hommes

Le gouvernement pakistanais du général Zia est remarquable par la continuité de sa politique discriminatoire et répressive à l’égard des femmes. En 1978, le gouvernement avait introduit une loi pénale islamique réprimant le crime d’adultère, la « zina ordinance » (ordonnance sur la fornication illégale). Cette loi permit de condamner à la flagellation sur la place publique par exemple une femme enceinte à la suite d’un viol, ou bien une deuxième épouse dont le mariage ne fut pas enregistré. En septembre 1982, les athlètes féminines de l’équipe pakistanaise n’ont pas eu le droit de participer aux jeux asiatiques de Delhi. A la fin de l’année 1983, 150 femmes manifestèrent contre le projet de loi stipulant que le témoignage de deux femmes est nécessaire pour contrebalancer celui d’un homme. Malgré le soutien d’avocats et de mollahs progressistes, elles ont été durement réprimées. Dans la même veine, une autre loi est à l’étude selon laquelle l’indemnité pour la mort accidentelle d’une femme sera la moitié de celle exigée pour un homme ; également, la peine de mort ne pourra être demandée contre un meurtrier que si la victime est un homme. Sachez encore que dans les services publics, le port du tchador est obligatoire ; en ce qui concerne les élections « promises » pour 1985, les femmes qui voudraient se présenter comme candidates devraient avoir l’autorisation de leur mari, et être âgées de plus cinquante ans !

Ces projets de loi, propositions et mesures gouvernementales font l’objet de vives protestations : c’est en septembre 1981 que plusieurs mouvements de femmes se sont réunis autour du Women’s Action Forum (WAF), pour protester contre la condamnation à mort pour adultère d’une fille de quinze ans. Le 8 Mars 1984, le WAF a organisé une journée d’action qui a remporté un vif succès. Aujourd’hui, le WAF dénonce les mesures prises contre les femmes, en démontrant, textes à l’appui, que l’« islam punitif » des hommes peut être contesté, à la lumière du Coran et du droit musulman. « Nous dewns réclamer le rétablissement de la Constitution de 1973 et de la démocratie qui nous garantit les mêmes droits qu’aux hommes. La majorité illettrée des femmes pakistanaises a besoin de soins, d'éducation, de travail rémunéré », affirme Hu-meira, militante du WAF(l)

Madame Kirkpatrick :

pour l’Amérique éternelle. Dieu et la famille.

Madame Kirkpatrick : pour l’Amérique éternelle. Dieu et la famille

Etats-Unis : contre l’avortement

Cliniques détruites à la bombe, violences, forcenés enchaînés sur les tables d’opérations, boules puantes, lettres de menaces contre des médecins et des patientes, c’est dans ce climat de violence que se déroule maintenant le débat dans l’opinion publique américaine à propos de l’avortement. Légalisé depuis 1973, cet acte est aujourd’hui vivement mis en cause par une bruyante minorité de fanatiques « inspirés par Dieu, pour arrêter le massacre ». La loi américaine actuelle est conçue selon l’âge du fœtus : au cours du premier trimestre, le droit à l’avortement est absolu pour la femme ; au cours du second, les procédures d’application peuvent être déterminées par les Etats. Quant au troisième trimestre, l’avortement peut être interdit, sauf lorsque la vie de la mère est en danger. Ceux qui sont contre l’avortement se déclarent désormais contre toute liberté sexuelle : ils se battent pour l’ordre moral, contre la « dégoûtante » contraception, contre la sexualité. Les féministes doivent se mobiliser pour défendre le droit de choisir : réunies dans Pro Choice avec diverses associations, elles ont repris la contre-offensive. Soyons solidaires !

Notes

  1. 1. 13 % des femmes savent lire et écrire, contre 31 % des hommes. Informations et citations extraites d’un article de H. Go-lamaly paru dans «le Monde », en décembre 1984.

Une erreur sur cette page ?