C’est vous que le dites
A la suite de notre article sur les viols par inceste, paru dans le numéro 43 des « Cahiers du féminisme », nous avons reçu une lettre de Nicole Bonnin et Viviane Clarac...
Lettre ouverte à madame le Premier ministre de Grande-Bretagne
Faites-nous part de vos réflexions, racontez-nous ce qui se passe dans votre région ou votre lieu de travail, annoncez-nous vos initiatives !
la Honte à la colère dont nous avions malheureusement estropié le titre dans notre article. Nous leur présentons toutes nos excuses et nous publions bien volontiers leur lettre.
Bonjour,
Nous avons lu votre dossier sur les viols et nous avons constaté avec étonnement à quel point nous en sommes absentes. Même le titre du livre De la honte à la colère est faux. Aucune indication pour se le procurer. Peut-être ne savez-vous pas que nous sommes les premières non spécialistes et féministes à avoir parlé publiquement des viols par inceste. Nous avons mis le feu aux poudres en octobre 1985. Nous avons inventé l’expression « viols par inceste », « victime à vie », etc. Nous sommes satisfaites de retrouver dans le dossier nos idées reprises par d’autres, cela prouve que notre lutte depuis huit ans n’est pas vaine.
Dans le livre De la honte à la colère, vous trouvez le seul travail de recherche historique (1972-1983) sur tout ce que les femmes ont fait pour dénoncer les violences contre elles, ainsi que bibliographie, filmographie, liste de slogans du « vieux » MLF. Cela n’existe nulle part ailleurs. Actuellement nous participons au Collectif féministe contre le viol, cela depuis les premières réunions du projet. J’ai moi-même été de celles qui ont trouvé le libellé : Viol-femmes-informa-tions. Viviane Clarac a animé plusieurs fois à Paris, en 1986 et 1987, à la demande des écoutantes — paniquées par les appels concernant les viols par inceste — des sessions de formation-conseils à l’écoute : elle leur a permis de faire face à ce déferlement. Viviane est celle qui a suggéré de faire les trois affiches et elle a apporté ses idées (avec une autre femme) pour le montage initial et final. Depuis trois ans nous allons bénévolement dans toutes la France animer des débats publics sur les viols par inceste à la demande d’associations ou de groupes de travailleurs sociaux.
Nous venons de faire imprimer deux brochures sur ce sujet : les Violeurs en famille et les Femmes et les petites filles qui ont été victimes. Nous préparons pour 1989 une « Histoire de la problématique du viol face à la justice et à la loi ». Nous attendons de l’équipe des Cahiers du féminisme que vous répariez votre oubli dans vos colonnes. Nicole Bonnin et Viviane Clarac « De la honte à la colère : viols par inceste. Récit autobiographiques, éléments de recherche pour une réflexion et contribution à l’histoire des femmes: 1972-1983 ». On peut se procurer cet ouvrage en envoyant un chèque de 1 15 francs (port et emballage compris) à Nicole Bonnin, 34, rue de la Chaîne, 86 000 Poitiers.
Nous protestons contre le vote de la clause 28 par le Parlement britannique en mars 1988. Cet article de loi décrète qu’ « une autorité locale ne doit pas :
a. promouvoir l'homosexualité ou produire du matériel pour la promotion de l’homosexualité, b. promouvoir dans toute école publique l’enseignement du caractère acceptable de l'homosexualité en tant que prétendue relation familiale par la publication d'un tel matériel ou autrement, c. apporter un soutien financier ou tout autre soutien à toute personne pour l’un ou l'autre des buts auxquels il est fait référence dans les paragraphes a. ou b. »
Cette clause met en cause les droits et libertés des lesbiennes et des homosexuels ainsi que de toutes les personnes attachées à la liberté d’expression, d’information et de choix de leur mode de vie. Elle ne semble concerner que la politique financière des autorités locales et l’éducation, ce qui est déjà grave, mais, de plus, son intitulé très vague ouvre la voie à des conséquences néfastes et répressives dans tous les domaines de la vie des lesbiennes et des homosexuels ainsi que pour l’activité de leurs groupes, associations, librairies, etc. Elle vise à casser le processus d’ex-
Bonjour,
Lectrice assidue des Cahiers du féminisme, je viens vous demander s’il vous serait possible d’insérer dans un de vos numéros le bulletin de souscription ci-joint. Les éditeurs ne veulent pas entendre parler, moins que jamais, de féminisme politique (un pléonasme). Alors je tente une édition par souscription (publication par un imprimeur et diffusion par réseau militant). C’est très risqué. Je compte sur votre aide.
tension de l’information du mouvement homosexuel et lesbien dans tous les milieux sociaux et aggrave les discriminations contre les mères lesbiennes ou les homosexuels qui élèvent des enfants.
Elle fait des homosexuels et des lesbiennes des citoyens et citoyennes de second ordre, ex-clu(e)s des avantages et services sociaux.
Nous sommes solidaires des milliers de personnes qui, en Grande-Bretagne, protestent contre cette loi. C’est dans toute l’Europe et en France aussi que des menaces se développent contre les droits des lesbiennes, homosexuels, femmes. Par exemple, la discrimination relative au SiDA, les récentes arrestations des abonnés au journal l’Espoir, la censure de certains journaux gays et l’inculpation de la directrice de publication à' Homophonies pour des petites annonces parues dans ce journal.
Notre solidarité est donc aussi une défense des acquis de nos luttes et de nos libertés.
Ce texte est déjà signé par les Archives lesbiennes, Hydromel, le Miel, le Comité homosexuel et lesbien antifasciste et de nombreux autres groupes et associations féministes, dont les Cahiers du féminisme.
Mon essai met particulièrement en cause le fait religieux en tant qu’èlément structurel (et non force d’appoint) de notre oppression comme de tous les totalitarismes, ainsi que les dérives mystiques du féminisme français. Ce thème est directement relié au thème central du livre : la maternité, dont le féminisme a par trop négligé l’analyse jusqu’à ces derniers temps.
Merci d’avance. Salutations féministes et autres.
Suzanne Biaise
Bulletin de souscription à l’essai de Suzanne Biaise
Le Rapt des origines ou le meurtre de la mère
Prix de l’exemplaire : 130 francs. Chèque à libeller à l’ordre de Suzanne Rigail et à envoyer à ce nom 15, rue Poliveau, 75005 Paris. (Indiquer nom, prénom, adresse et numéro de téléphone).
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