S’il fallait une preuve qu'une parole d’homme n’a rien à voir avec une parole de femme quand il s’agit de « libération des femmes » cette lettre en est un exemple ahurissant.
Prometteur, le début de la lettre. Une description un peu cynique (du moins, je le pensais, mais je crois que c’est moi qui suis cynique) de, ce que sont les relations re/chercheurs-re/cherchées, dans la rue, dans l'entreprise, mais surtout dans les syndicats et les partis (et la LCR, bien évidemment).
Puis, très vite, le propos se centre, et où ? Sur le sexe. Comment mieux baiser, comment libérer l'acte sexuel, comment jouir sans entrave, comment se pénétrer sans tabou et voilà. Ce camarade si avide dialogue, de libérations en tous genres, ce camarade à quoi réduit-il la libération des femmes ? Comment vivre mieux sa sexualité d'homme !
Ce qu'il faut qu’il comprenne. c'est que justement le mouvement des femmes remet en question, aujourd'hui. cette sexualité-là. Parlée, avouée ou pas. Car. qu'est-ce que l'acte sexuel que tu nous propose ? Même parlé, même dit, même cool et super ?
C'est une sexualité fondée sur l'éjaculation qui, par définition, mutile la sexualité des femmes :
1) parce que c'est centré sur la pénétration, avec des zones érogènes bien codifiées
Cahier du féminisme
2) parce que les femmes peuvent jouir longtemps et que l'éjaculation, c’est l'arrêt brutal et arbitraire en ce qui nous concerne.
Ce que le camarade doit comprendre aussi, c’est que le mouvement des femmes redéfinit aujourd'hui pas simplement une meilleure sexualité d'homme (baiser avec qui on veut, quand on veut), mais une manière radicalement différente de jouir, d’avoir du plaisir, une manière radicalement différente de vivre, de parler, de regarder.
Ce que les femmes doivent retrouver, c’est la possibilité de se parler et le problème aujourd’hui c'est pas de trouver un dialogue hypothétique avec les mecs.
Les préoccupations des femmes sont radicelement opposées a tout ce que raconte ce camarade... Et lui qui cause de la Dernière Femme, il doit bien sentir qu'il devra laisser son radis... (en tant que représentation et référent universel).
Mais qu'il se rassure, il lui restera encore des beaux jours...
Profite-en mon pauvre amour, les belles années de l'oppression des femmes passent vite...
Vers l'aisne, oh pardon Verlaine, militante LCR