La presse de la LCR

Archives des publications de la Ligue communiste révolutionnaire, section française de la IVe Internationale

25 ans de lutte

Cahiers du féminisme, supplément au n° 58, janvier 1992 · p. 1 · 879 mots

1967 -Vote de la loi Neuwirth autorisant la contraception (mais les délais d’application -sur les établissements d'information, etc. -ne paraîtront qu’en 1972 !)

1970 -Dépôt de la gerbe à la femme du soldat inconnu : « Il y a plus inconnu que le soldat : sa femme ». Cette initiative marque la première apparition publique, en France, du Mouvement de libération des femmes (MLF).

1971 -Avril : Parution, dans le Nouvel Observateur, du Manifeste des 343 « salopes » : « Un million de femmes se font avorter chaque année en France. Elles le font dans des conditions dangereuses, en raison de la clandestinité à laquelle elles sont condamnées, alors que cette opération, pratiquée sous contrôle médical, est des plus simples. On fait le silence sur ces millions de femmes. Je déclare que je suis l’une d’elles. Je déclare avoir avorté. De même que nous réclamons le libre accès aux moyens anticonceptionnels, nous réclamons l ’avortement libre. »

Novembre : Manifestations, à l’échelle internationale, pour le droit à l’avortement.

1972 -Procès de Bobigny : Marie-Claire, dix-sept ans, comparaît devant le tribunal pour enfants sous l’inculpation d’avortement. Elle est défendue par Gisèle Halimi ; de nombreuses personnalités (Simone de Beauvoir, Delphine Seyrig, Jean Rostand, Michel Rocard, les professeurs Milliez, Monod, Jacob, et bien d’autres) viennent témoigner à la barre. Elle est relaxée.

1973 -Création du Mouvement pour la liberté de l’avortement et de la contraception (MLAC).

Manifeste des 331 médecins : « Nous pratiquons des avortements, inculpez-nous si vous l’osez ».

Le gouvernement Pompidou élabore un premier projet de loi sur l’avortement, très restrictif.

1974 -Avril : Manifestation à Paris à l'appel du MLAC.

Loi du 4 décembre 1974 sur la contraception, élargissant la loi Neuwirth (les centres de planification agréés peuvent délivrer gratuitement des contraceptifs aux mineures et aux femmes sans couverture sociale). Le remboursement de la contraception entre dans les faits.

Décembre : Après un débat houleux au Parlement, le projet de loi présenté par Simone Veil, ministre de la Santé, est adopté, grâce à l’appui des voix de la gauche (284 voix contre 189).

1975 -Promulgation de la loi 75-17 (dite « loi Veil ») légalisant, de façon provisoire, pour cinq ans, l’interruption volontaire de grossesse (IVG), avec de nombreuses conditions : délai de dix semaines maximum de grossesse, obligation d’un entretien social suivi d’une semaine de réflexion, autorisation obligatoire d’un des deux parents pour les mineures, conditions de séjour pour les étrangères.

Multiplication des initiatives du MLAC (occupation des hôpitaux Lariboisière, Cochin, etc.) pour imposer l’ouverture de centres IVG dans les hôpitaux et dénoncer les insuffisances de la loi.

1977 -Procès de militantes du MLAC à Aix-en-Provence.

1979 -Procès de médecins inculpés pour avoir pratiqué des avortements hors des délais légaux : le gouvernement manifeste ainsi sa volonté de maintenir strictement ces délais et de culpabiliser les femmes qui avortent.

6 octobre : Marche des femmes pour la dépénalisation totale de l’avortement. Plus de cinquante mille femmes manifestent à Paris.

24 novembre : Nouvelle manifestation, mixte, à l’appel des collectifs unitaires (cinquante mille personnes). La loi provisoire de 1975 est rediscutée au Parlement. Après de longs et difficiles débats, elle est adoptée par 271 voix contre 201. La nouvelle loi est promulguée le 31 décembre. Elle est cette fois votée définitivement, mais reconduit toutes les restrictions de la loi de 1975.

1980 -Procès des médecins de la Pergola, inculpés pour pratique d’IVG « hors délais ».

Meeting unitaire à Paris contre la répression de l’avortement.

1982 -Mars : Yvette Roudy, ministre des Droits de la femme, annonce le remboursement de l’IVG à partir du 1er septembre.

Août : Pierre Beregovoy, ministre des Affaires sociales, revient sur ces promesses : le remboursement de l’IVG {« cet échec de l ’amour ») est reporté...

23 octobre : Manifestations unitaires (coordination des groupes femmes, MFPF, partis, syndicats) à Paris et en province pour le remboursement de l’avortement.

Décembre : Adoption de la loi sur le remboursement de l’IVG (entrée en vigueur le 1er janvier 1983).

1986 -Manifestation unitaire à Paris contre les menaces de suppression du remboursement de l’avortement (projet de loi déposé par les députés du Front national et des députés du RPR et de l’UDF).

1986-1987 -Des militant(e)s du Mouvement français pour le planning familial (MFPF) de Metz-Thionville et de Lyon sont inculpé(e)s pour « publicité et provocation à l’avortement », en vertu de l’article 647 du Code de la santé publique : pour avoir donné des adresses de cliniques anglaises à des femmes ayant dépassé les délais légaux.

A la suite d’un large mouvement de protestation, l’affaire de Metz se conclue par un non-lieu. L’inculpation du MFPF de Lyon sera couverte par la loi d’amnistie de 1988.

1988 -Septembre : Le ministre de la Santé autorise la mise en vente du RU 486, dans le strict cadre de la loi Veil.

26 octobre : La firme Roussel-Uclaf, productrice du RU 486, suspend sa commercialisation, sous la pression « d’une partie de l’opinion publique et étrangère ».

28 octobre : A la suite de nombreuses protestations des associations féministes, du MFPF, etc., le ministre de la Santé met en demeure Roussel-Uclaf de reprendre la diffusion du RU 486.

1992 -18-19 janvier : Etats généraux pour le respect du droit à l'avortement et à la contraception. . .

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