NTR = Nouvelles techniques de reproduction. PMA = Procréation médicalement assistée.
Insémination artificielle
Méthode de PMA la plus simple et la plus ancienne. La technique de conservation du sperme humain a été mise au point en 1953. Les CECOS (Centre d’étude et de conservation du sperme) ont été créés en 1973. Ils sont aujourd’hui vingt et un, sous tutelle du ministère de la Santé.
IAC : Insémination artificielle avec sperme du conjoint
Utilisée lorsqu’un traitement thérapeutique (radiothérapie, chimiothérapie) risque d’entraîner la stérilité de l’homme : la conservation du sperme recueilli avant le début du traitement permet de préserver des chances de procréation.
IAD : Insémination artificielle avec donneur externe.
Les règles établies par les CECOS limitent l’IAD aux couples stables, lorsque le mari est stérile.
Dans les CECOS, le don de sperme est gratuit et anonyme. Le donneur doit être un homme marié, ayant déjà au moins un enfant. Il subit obligatoirement des examens cliniques.
Le choix d’un donneur pour un couple tient compte du groupe sanguin et de la couleur des yeux et des cheveux, « afin que l’enfant ne présente pas de caractères discordants avec ceux du couple où il va naître ».
L’IAD est remboursée à 100 % par la Sécurité sociale.
Le prix de revient d’une naissance par IAD est estimé de 20 500 à 40 000 F.
Depuis 1973, plus de 20 000 enfants sont nés en France par IAD. Chaque année, 1 700 enfants environ sont conçus par IAD, sur 20 000 tentatives, mais le nombre des donneurs (700 par an) est insuffisant par rapport aux quelque 4 000 demandes annuelles.
En décembre 1991, l’Assemblée nationale a adopté un article de loi interdisant toute utilisation médicale de sperme frais à des fins d’insémination artificielle et établissant la gratuité des dons. Des peines sont prévues à l’encontre des contrevenants
FIV-FIVETTE : fécondation in vitro et transfert d'embryon
La rencontre entre ovule et spermatozoïde est réalisée en éprouvette. L’embryon ainsi constitué est transféré dans l’utérus au stade de quatre à huit cellules, un à trois jours plus tard. Plusieurs embryons (trois, parfois plus) sont implantés à chaque tentative. Les embryons dits surnuméraires peuvent être congelés en vue d’une tentative ultérieure (en cas d’échec ou pour une seconde naissance).
Le premier « bébé-éprouvette », Louise Brown, est né en Angleterre en 1978. Amandine, premier bebé-éprouvette français, est née en 1982 à l’hôpital Beclère de Clamart.
A l’origine, cette technique était destinée à remédier aux stérilités féminines mécaniques (obstruction des trompes), mais est aujourd’hui proposée pour de nombreuses autres indications. Le nombre de tentatives de FIV est croissant : 7 000 en 1985, 12 000 en 1986, 23 000 en 1988.
Malgré la prolifération d’articles et de colloques, les données concernant la FIV restent très parcellaires, et même parfois fausses. Aucune évaluation sérieuse n’est actuellement disponible. Dix ans après la naissance d’Amandine, on ne peut pas dire avec certitude à combien reviennent ces traitements. Selon les sources, le prix de revient d’un enfant conçu par FIV varie de 10 000 F à un million de francs (en tenant compte de toutes les tentatives infructueuses, des journées de réanimation pour les prématurés, etc.).
On ne dispose pas non plus d’évaluation exacte des taux de succès de la FIV. Selon E. Papiemik, ils seraient de 10 % pour un œuf transféré, de 15 % avec deux œufs, de 27 % avec trois œufs transférés (« Les procréations médicalement assistées : mesure et démesure », in Actes n° 77, octobre 1991).
Selon J. Testart, 40 % des transferts après FIV concernent actuellement au moins quatre embryons, contre 10 % il y a dix ans. Il y a des accouchements multiples une fois sur trois ; les grossesses multiples sont vingt-cinq fois plus fréquentes que dans les conditions naturelles (introduction à l’ouvrage collectif, le Magasin des enfants, éd. F. Bourin, 1990).
Prêt d’utérus
La mère porteuse porte, pour le donner à un couple stérile, un embryon fécondé in vitro et implanté ensuite dans son utérus. Elle se différencie de la mère de substitution qui accepte d’être inséminée pour le compte d’une autre femme et qui est donc, à la fois, mère génétique et mère utérine.
Le recrutement des mères porteuses se fait souvent par l’intermédiaire d’associations. L’indemnité est d’environ 50 000 F.
En 1991, la Cour de cassation a condamné la pratique de la location d’utérus, même sans contrepartie financière, parce qu’elle « contrevient au principe de l ’indisponibilité du corps humain » (arrêt du 3 1 mai 1991).
Plusieurs associations ont été judiciairement dissoutes : Alma Mater (fondée par le docteur Sacha Geller), Asnias, Sainte Sarah, Les Cigognes. Mais le rapport Lenoir, en juin 1991, notait que « ces associations continuent souvent leurs activités, sans être aucunement inquiétées ». Ce rapport estime indispensable de sanctionner pénalement « l’entremise en matière de maternité de substitution », ces pratiques « s ’apparentant à une exploitation du corps de la femme ».
Notes
- [Cette page a été réalisée à partir du numéro spécial de Témoignage chrétien, «Bioéthique : la vie aux risques de la science », 4e trimestre 1991.]