Plusieurs films faits par des femmes sortent au cours du mois de mai, ils font tous le détour par Cannes.
Moi Ivan, toi Abraham, de Yolande Zauberman
C’est le premier film de fiction de Yolande, après deux documentaires remarquables sur l’apartheid et sur les parias en Inde.
C’est un beau film en noir et blanc, tourné dans une langue devenue rare : le yiddish. Deux enfants, l’un juif, Abraham, l’autre pas : Ivan. « On tournait dans un territoire inconnu de tous », explique la réalisatrice. « D ’abord un shtetl, un village juif d’Ukraine -un des derniers qui existent, puis dans des petits villages de Biélorussie. Le film tout entier était à “la frontière”. Les acteurs devaient apprendre une langue qui n ’était pas la leur, le yiddish. Mais à l ’arrivée on a l ’impression qu ’ils ont parlé cette langue toute leur vie, alors que la plupart ne sont pas juifs. »
L’histoire se déroule dans les années trente, mais on s’interroge tout
Le Milicien amoureux.
au long du film sur l’époque, tant l’actualité du propos est vive.
Plusieurs personnages, en butte à la discrimination : une jeune femme, Rachel, que sa famille juive, pieuse, veut marier contre ses désirs et qui rejoint un jeune homme pauvre, juif lui aussi et communiste, Aaron.
Parce que son grand-père veut emmener Abraham loin du village pour le séparer de son ami Ivan, Abraham s’enfuit avec lui. Ils vont vivre quelque temps dans le danger permanent. Partout Juifs et Tziganes sont pourchassés, et considérés comme responsables des malheurs des autres. Ivan et Abraham se retrouvent toujours étrangers au regard de quelqu’un.
C’est un jeune garçon tzigane qui joue le rôle d’Abraham. Il raconte : « Les enfants du village [pendant le tournage] se sont mis à me poursuivre en criant : “Juif! Juif!” en me montrant du doigt. Je me sentais mal, je pleurais... Je voulais battre tout le monde. Yolande m’a consolé, en me j disant que quand je serais vieux, je:\ dirais à mes petits-enfants que quand j ’étais petit, j ’étais juif. » ,j
Le Milicien amoureux
Le Milicien amoureux, de Kira Mouratova
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On a vu au festival de Créteil le der-J nier film de Mouratova. On peut lui i préférer des films antérieurs, quand? contraintes de production et d’écriture ; la conduisaient à moins de fantaisie.
La cinéaste explore la veine burlesque, renouant avec les films du< début du cinéma soviétique. La réalité* actuelle : paperasses et crise du loge-“| ment, lui fournissent un sujet. S
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Toxic affair, de Philomène Esposito
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Tout à la gloire d’Adjani, ce film, le* deuxième de la réalisatrice, concluera.| le festival de Cannes. La crise amou-| reuse ou comment s’en débarrasser. � Le meilleur de la chose reste encore del (re)découvrir la solidarité des copines. ' Clémentine Célarié interprète le rôlei d’une amie de l’héroïne. 1
La Leçon de piano, de Jane Campion
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Sweetie et Un ange à ma tabler étaient adaptés de textes que la réalisa-• trice s’était brillamment réappropriés. ; Pour ce troisième long métrage, Jane Campion s’est inventé une histoire] romantique, qu’elle a située au siècle dernier, en Nouvelle-Zélande. « Je suis une fille du féminisme et une per-j sonne très banale », explique Jane / Campion, qui avoue préférer des per-sonnages un peu en marge.
M. S..: