La presse de la LCR

Archives des publications de la Ligue communiste révolutionnaire, section française de la IVe Internationale

Solidarité ex-Yougoslavie

A Belgrade, un centre d’accueil pour les jeunes femmes

Cahiers du féminisme, n° 69, été 1994 · p. 38 · 805 mots

Des Cahiers du féminisme à Belgrade

Grâce à la solidarité de féministes de Suisse, d’Autriche, d’Italie et d’ailleurs, les militantes de SOS-Hotline ont réussi à ouvrir le Centre autonome de femmes contre les violences sexuelles. Ce projet vise à faire face à la recrudescence des viols dans l’ex-Yougaslavie, non seulement dans les zones de combats mais partout ailleurs. Le but est d’apporter aux femmes victimes de viols toute l’aide médicale dont elles peuvent avoir besoin. L’approche de l’équipe qui anime le centre est délibérément pluri-disciplinaire. Des commissions spécifiques fonctionnent avec des femmes des camps de réfugiés, d’autres avec des mères célibataires. Un groupe juridique s’est fixé pour objectif de faire reconnaître les droits des femmes comme droits humains (droits de l’homme) à part entière. Un programme de recherche permettra d’enquêter sur la violence contre les femmes.

Le centre voudrait maintenant publier une revue intitulée les Cahiers du féminisme , ce qui serait une première pour la Yougoslavie. L’objectif est de rendre visibles les activité du centre, d’influencer positivement l’opinion publique et de sensibiliser divers spécialistes à la question des violences et des discriminations sociales contre les femmes.

Pour aider l’équipe du centre de femmes de Belgrade à éditer sa revue, contacter :

Zorica Mrsevic, Autonomous Women’s Center Against Sexual Violence, Tirsova, 5a, Belgrade. Tél. : 01 1-645-328, fax : (19) 38 1 1 1/645-798.

A plusieurs reprises déjà, nous avons eu l’occasion d’évoquer le travail des féministes de Belgrade, ou d’ailleurs, en soutien aux femmes victimes de violences (nos 63-64 et 65 des Cahiers du féminisme). Elles avaient commencé bien avant le début de la guerre et l’éclatement de l’ex-Yougoslavie. Aujourd’hui, une poignée d’entre elles continuent cette activité mais en l’adaptant aux conditions nouvelles créées par l’état de guerre et ses conséquences directes et indirectes particulièrement destructrices et traumatisantes. . .

A l’occasion de la rencontre internationale sur l’avortement qui s’est déroulée à Paris au printemps dernier, nous avons rencontré Vera et Stanislava, animatrices du Centre de femmes de Belgrade contre les violences sexuelles et de SOS-Téléphone (SOS-Hotline) pour les femmes et les enfants victimes de violences. Elles nous ont fait part de leurs réalisations et de leurs projets et, par notre biais, elles espèrent obtenir le soutien moral et la solidarité matérielle des féministes de France. Elles font partie, avec quelques dizaines d’autres femmes à Belgrade, de la minorité qui rejette radicalement la logique nationaliste et refuse les divisions entre nationalités nourries par la guerre. Elles méritent notre respect et notre solidarité.

La poursuite de la guerre dans l’ex-Yougoslavie et les sanctions internationales (embargo contre la Serbie) ont bouleversé la vie quotidienne à Belgrade et dans le reste du pays : effondrement des salaires et du niveau de vie, industrie paralysée et chômage massif ; 600 000 réfhgié(e)s en provenance de Croatie et de Bosnie-Herzégovine. Evidemment, la population de Belgrade n’est pas la plus à plaindre mais toutes ces difficultés, sans oublier la crise morale profonde, ont des répercussions dramatiques sur les jeunes et les enfants. Les parents ont le plus grand mal à subvenir à leurs besoins élémentaires et dans ce contexte, les adolescent(e)s sont complètement perdus ; le marché noir, les armes, la prostitution, le racket les contaminent de plus en plus et les affrontements armes au poing se multiplient dans les rues, les cafés et même les cours d’écoles. On assiste par ailleurs, à une croissance vertigineuse des viols commis en bandes par des adolescents. Des adolescentes en sont les principales victimes. Les appels de détresse de jeunes se sont multipliés au téléphone de SOS-Hotline. Les jeunes de douze à vingt ans sont particulièrement vulnérables aujourd’hui surtout lorsqu’elles font partie des enfants réfugié(e)s sans parents, condamné(e)s à vivre dans des centres d’accueil plus ou moins précaires. . .

C’est ce qui a poussé les militantes de SOS-Hotline, toutes bénévoles, à préparer l’ouverture d’un centre destiné aux adolescentes et aux jeunes femmes de douze à vingt ans, combinant plusieurs fonctions : lieu d’accueil et de protection pour les victimes de violences sexuelles traumatisantes, lieu d’échanges et de rencontres, lieu d’information et de formation, lieu d’entraide matérielle pour les plus démunies : aide alimentaire, produits d’hygiène, fournitures scolaires, moyens contraceptifs et médicaments. Et enfin, lieu de consultations gynécologiques et de soutien psychologique... Une maison des femmes un peu particulière...

Le centre doit s’ouvrir dans un appartement loué à cet effet à Belgrade. Il fonctionnera de 1 1 heures à 22 heures et sera animé par quatre permanentes. Une pièce sera réservée aux permanences téléphoniques pour les jeunes. Des fonds ont déjà été récoltés pour faire démarrer le centre mais il en faut encore beaucoup plus pour le faire fonctionner régulièrement.

Pour soutenir ce projet, contacter :

-Dr Vera Litricin, Djuke Dinic, 9, 11050 Belgrade. Tél. : (19)381 1 1/421-243, fax: 0038111/402-283.

-Vesna Stanojevic, Tirsova, 1, 11000 Belgrade. Tél. et fax : 38111/402-283.

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