La presse de la LCR

Archives des publications de la Ligue communiste révolutionnaire, section française de la IVe Internationale

Femmes réprimées : Solidarité !

Cahiers du féminisme, n° 9, avril - mai 1979 · p. 48 · 693 mots

Solidarité avec Isabel do Carmo

Le Cercle de femmes brésiliennes à Paris, réuni en assemblée générale le dimanche 28 janvier, a pris la décision de convoquer le mouvement des femmes en France afin de le mettre au courant sur la grave situation des cinq femmes emprisonnées au Portugal depuis mars 1978.

Ayant été contactées par des femmes portugaises, nous avons appris que Maria Isabel Augusta Cortès do Carmo, Maria Fernanda Florido, Maria Olympia Souza, Maria Clara Cabrai, Maria Fernanda do Carmo Fraguias font partie des 37 militants du PRP-BR (Parti révolutionnaire du prolétariat-Brigades révolutionnaires), arrêtés au Portugal, dans des conditions arbitraires, où la prison préventive a duré 1 20 jours, pendant lesquels ils n’avaient droit de voir leurs avocats qu’en présence de policiers et ont été soumis à des méthodes de torture largement employées à l’époque du régime fasciste.

Nous attirons votre attention sur le cas de Isabel do Carmo, médecin, dirigeante du PRP-BR, militante antifasciste pendant plusieurs années dans la clandestinité, devenue aujourd’hui pour la droite portugaise l’objet d’une large campagne phallocrate diffamatoire, « elle couchait avec les militaires pour les avoir politiquement », « Mme Récamier », etc.). Etant inculpée de « complicité morale », hold-up

Liberté pour Alba Gonzalez Sousa

Militante de l’opposition à la dictature uruguayenne, Alba et deux de ses compatriotes, Sergio Bertarte et Juan Victor Vivanco, sont aujourd’hui emprisonnés en Colombie et menacés d’extradition.

Déjà, 1 >0 femmes ont manifesté ! devant l’ambassade de Colombie. I Nous exigeons la libération d’Alba et j de ses camarades, ainsi que le respect j des droits humains. j et bombages, elle risque une condamnation de 1 2 à 18 ans. Sa situation est particulièrement grave dans la mesure où elle se trouve emprisonnée avec son fils d’un an dans une cellule de 2 mètres carrés.

Indépendamment des positions politiques des femmes emprisonnées, nous pensons qu’il est indispensable et urgent d’exprimer notre solidarité, à travers les mouvements féministes français et internationaux.

Déclaration d’Isabel Do Carmo. Le 8 mars 1979

« Nous, prisonnières politiques de Custoias, nous considérons que la situation de la femme dépend de la situation économique de la société où elle vit.

« Nous ne croyons pas qu’il puisse y avoir libération de la femme sans révolution socialiste. Mais, même une profonde révolution économico-sociale n’est pas suffisante pour libérer intégralement la femme. Une révolution culturelle qui transforme les habitudes et les mentalités et qui rompe l’esclavage de la femme par elle-même et par les autres est nécessaire.

« Cette lutte de libération n’est pas une lutte d’un jour. C’est une lutte quotidienne avant et après la libération.

« Et cette lutte ne peut pas être considérée indépendamment de la lutte des classes. C’est, avant tout, la lutte des femmes travailleuses doublement exploitées.

« Avec la chute du fascisme, le 2i avril 1974 et avec le mouvement de masse qui s’en est suivi, s’est dessinée la possibilité de changer la condition de la femme au Portugal. La participation des femmes aux luttes de quartiers, des usines et des campagnes, à égalité avec les hommes, a été un grand pas pour sa libération. Des conquêtes ont été réalisées.

« Mais malheureusement la situation a commencé à régresser. dans tous les domaines. Les femmes sont de nouveau reléguées à une place subalterne d’esclave et d’objet.

« Nous, femmes prisonnières politiques de Custoias, nous sommes pour l’égalité absolue de l’homme et de la femme devant la loi. Pour l'égalité des salaires et pour l’égalité sociale. Nous sommes pour la diffusion des méthodes anticonceptionnelles, qui permettent aux femmes de contrôler leur corps. Nous sommes pour l’avortement légal, gratuit et réalisé dans de bonnes conditions.

« Nous ne sommes pas contre les hommes, la libération des femmes devra aussi libérer les hommes et supprimer le machisme.

« Nous, prisonnières politiques de Custoias, qui sommes prisonnières pour être révolutionnaires, nous voyons notre liberté réduite à la plus simple expression. Mais si nous le sommes c'est aussi parce que nous désirons la plus grande liberté pour toutes les femmes.

« Les cinq prisonnières politiques de Custoias : Isabel do Carmo ; Fernanda do Carmo Fraguas ; Olimpia Souza ; Fernanda Florido et Clara Cabrai.

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