Le texte publié ci-dessous est un extr.alt de la résolution politique mondiale et les tâches de la tv• Internationale, adoptée au XI• Congrès mondial de notre mouvement en novembre 1979.
Dans le monde arabe, le mouvement de la résistance palestinienne a abouti à une impasse politique par suite des défaites subies sous les coups combinés du terrorisme sioniste, de l'intervention et de la pression impérialistes, de la répression de la part de forces arabes réactionnaires, comme la monarchie hachémite en Jordanie et les milices réactionnaires maronites au Liban, ainsi que de la passivité tolérante d'autres gouvernements arabes de même que de la bureaucratie soviétique.
L'impasse a été accentuée par la capitulation de Sadate devant Begin, qui a donné le feu vert au gouvernement israélien pour lancer sa guerre éélair contre le Liban, qu 'il avait projétée depuis longtemps.
La crise du mouvement de la résistance palestinienne a été approfondie par la capitulation de Sadate devant le sionisme, le fait que la Syrie recherche de plus en plus, elle aussi, un modus vivendi avec l'Etat sioniste, ainsi que la tendance croissante du Fat ah -sous la pression des classes dominantes arabes, de l'impérialisme américain et de la bureaucratie soviétique - à s'adapter à ces pressions, quelles que soient par ailleurs ses protestations verbales. Toutes ces forces considèrent la résistance de masse des Palestiniens arabes contre l'Etat sioniste comme le principal, sinon le seul obstacle, sur la voie de la 11 stabilisation >> du statu quo au Moyen-Orient, c'est~dire sur la voie de la domination de l'impérialisme américain. Elles sont prêtes à manœuvrer avec n'importe quel appareil, y compris celui de l'OLP, afin de mettre fin à cette résistance. Si Begin et <1 /'establishment >> sioniste jouissent d'un certain degré d'autonomie tactique, qui leur permet non seulement d'embarrasser parfois la Maison -Blanche, mais à court terme aussi de bloquer la réalisation de certains projets, ils n'ont pas le pouvoir de modifier le 11 grand dessein >> impérialiste au Moyen -Orient.
Ainsi, tout un cycle de nationalisme arabe petit-bourgeois, qui avait atteint le point culminant de sa radicalisation à la fin des années cinquante et au début des années soixante sous 1 'étiquette du « nassérisme >>, touche à sa fin. Cela ex plique, entre autres, la renaissance de courants réactionnaires comme les Frères musulmans.
La coalition de forces internationales hostiles, à laquelle l'héroïque résistance palestinienne doit faire face, est si formidable qu'une dé/ense de ses droits est difficile à réaliser par les forces relativement réduites des seules masses palestiniennes arabes, elles -mêmes dispersées à travers le Liban, la Jordanie et /'Etm sioniste. Ces difficultés objectives ont encore été accrues par l'applicalion d'une orientation politique qui met l 'accent sur l'aide matérielle en provenance des régimes arabes, sur la guerre de guérrilla et sur l'aide symbolique de Moscou.
Mais l'isolement grandissant d'Israël dans l'arène politique internationale, le discrédit que ses actes de plus en plus ouvertement réac~ tionnaires (colonisations, bombardements de populations civiles, tortures) provoquent, notamment en modifiant l 'opinion publique aux USA, l'existence de plus en plus reconnue d'un fait national palestinien, la popularité croissante de. la cause palestinienne parmi les Noirs américains et parmi les pays se mi -coloniaux -avant tout l'Iran - en plus de celle dont elle jouit dans les pays arabes, le prix de plus en plus élevé que l 'occupation et la politique militariste font peser sur l'économie israélienne : tout cela provoque un désarroi sans précédent au sein de la population israélienne, un mouvement de paix qui s 'étend, ainsi qu'un début de différenciation de classe. La crise dans laquelle se trouve aujourd'hui l'Etat sioniste est bien plus qu'une crise de direction . C'est une crise sociale et politique globale.
L'impérialisme amertcain va donc tenter de chercher, à la suite des bourgeoisies impérialistes européennes, à amener les dirigeants sionistes à adopter une solution plus souple face aux territoires occupés et aux droits nationaux des Palestiniens. Le problème reste néanmoins qu'il évitera tout ce qui risquerait d'affaiblir réellement l'Etat sioniste, dont l'impérialisme a encore plus besoin ap;ès la chute du shah.
La résistance palestinienne ne peut avoir de meilleure orientation que celle de s'efforcer de mobiliser /'appui des millions d 'c,uvriers et de paysans pauvres, du Maroc jusqu 'à /'Irak. Si pareil appui atteint des dimensions suffisantes, il peut changer les rapports des forces en faveur de ' la résistance palestinienne, en combinaison avec les combats d'autres ouvriers et paysans arabes. Mais une telle fermentation révolutionnaire accrue est irréconciliable avec une politique de subordination politique aux classes dominantes et aux gouvernements des Etats arabes. Il faut appliquer une stratégie conformément au processus de révolution permanente.