La presse de la LCR

Archives des publications de la Ligue communiste révolutionnaire, section française de la IVe Internationale

Le dispositif militaire français en Afrique et dans l'océan indien

· Critique communiste, n° 18, avril 1983 · p. 30-34 · 3 980 mots

lllilitaire français en Afrique et dans l'océan indien

2. Selon les chiffres du " rapport Berg,, de nonciation.

sation était de l'ordre de 10 % des adultes nements français et sénégalais pour

1. " Le Soleil, du 6 décembre 1982.

la Banque mondiale, le taux d'alphabétide plus de 15 ans en 1975.

Le dispositif

CLAUDE GABRIEL

PERA TION « Ndiambour III » : en novembre et décembre 1982 au Sénégal : un pays « bleu » est attaqué par un Etat « carmin ». Aussitôt, l'Etat « azur », lié par un accord militaire, met sa force . d'assistance rapide (FAR) en état d'alerte, puis se porte au secours de son protégé « bleu »... Les forces françaises sont immédiatement intégrées au dispositif des forces sénégalaises en attendant l'arrivée de la FAR, dont la force « guépard » mobilisable en trois heures. L'escadre de la Méditerranée appareille de Toulon et de Brest et arrive le 29 novembre; quatre jours après le déclenchement des « hostilités ». Sur la plage de Somone-Guéréo, les commandos de marines sénégalais et français assurent le débarquement, pour la première fois en pays tropical, des chars lourds AMX 30. L'état-major « azur » s'intègre immédiatement au PC sénégalo-français déjà opérationnel. Début décembre, l'agresseur « carmin » est défait. Le Soleil, journal gouvernemental du Sénégal, titre : « La fraternité d'armes n'est pas un vain mot (l). »

Ce petit jeu du « gendarme et du voleur » a mobilisé douze mille hommes dont quatre mille Français. Le porte-avions Foch, le croiseur Suffren ont été de la partie ainsi que les avions super-Etendard et Jaguar de la force aérienne tactique (FAT AC).

En quelques jours, Dakar s'est rempli de centaines de troufions français faisant tourner bars et bordels comme au bon vieux temps des colonies. A première vue, l'accoutumance des Sénégalais à cette présence militaire n'est pas le moindre des succès de ces manœuvres. L'opposition ne bronche pas. Ni protestation, ni dé-

L'argument conjoint des gouverjustifier de telles dépenses, au moment où le Sénégal connaît une crise économique sans précédent, est que cela s'inscrit dans le programme normal de collaboration des deux armées, prévu par l'accord militaire franco-sénégalais. La belle affaire que voilà ! La lutte héroïque contre l'Etat « carmin » aura coûté le prix de dizaines d'écoles et de dispensaires, dans un pays où le taux d'alphabétisation des adultes ne dépasse pas 15 % (2).

Mais le formalisme lui-même n'est pas respecté. Sinon, pourquoi des éléments gambiens de la Fields Force, qui ne sont liés par aucun accord avec la France, participeraientils aux manœuvres ? Pourquoi s'y trouverait-il, « en observateurs », des officiers de Côte-d'Ivoire, du Maroc, des Etats-Unis et de Gambie ?

Un quadrillage

contre-

révolutionnaire

Le dispositf militaire français en Afrique et dans l'océan Indien est constitué de trois éléments différents : - L'ensemble des forces stationnées en France même et prêtes à intervenir rapidement sur le terrain. Ce sont notamment la force d'assistance rapide (FAR) et des éléments de la force aérienne tactique (FAT AC). - Le réseau de troupes stationnées en permanence en Afrique parmi les quelles il faut distinguer, d'une part, les garnisons (Dakar, Gabon, Djibouti, ile de la Réunion... ) et, d'autre part, les centaines de conseillers, coopérants, techniciens que l'on trouve soit sous l'uniforme français soit sous l'uniforme local dans presque tous les pays de l'ancien empire et d'ailleurs. - Enfin, les troupes « conjoncturel-

Page 31

FRANCE

#(13000

MAROC

MAURITANIE

Algérie

SÉNÉGAL frknoo

HAUTE-VOL. TA

COTE D'IVOIRE fr k

460

CAMEROUN

CONGO

Conseillers militaires

Forces permanentes d'intervention

• Sur les six points d'implantation des forces françaises en Afrique, seuls trois (Djibouti, Dzaoudzi, sur Ille de

Mayotte, et Dakar-Ouakam) peuvent être considérés comme de véritable bases, dans la mesure où la France y maintient une présence aérienne de combat (Mirage Ill ou Jaguar) permanente. Depuis l'abandon, en 1979, du cc poste 11 de N'Djaména, Paris ne disp~se plus au centre du triangle Dakar-Djibouti-Mayotte d'installation de ce type. Ce quis quelque peu réduit ses capacités opérationnelles.

• Les militaires stationnés à Dakar, Abidjan-Port-

Bouët, Libreville et Djibouti sont relevés tous les six mois en moyenne dans le cadre du système des cc co.mpa-

JEUNE AFRIQUE - N° 1145 - 15 DECEMBRE 1982

Forces d'assistance rapide: FORCES FRANCAISES EN AFRIQUE

Soud11n Océlln Indien gnies tournantes 11. Ils appartiennent pour leur majorité à l'infanterie de marine et sont équipés de blindés légers. Les« barracudas 11 de Bangui et Bouar, eux, dépendent de la Force d'assistance rapide (FAR), basée en France. Des éléments de la Légion étrangère, enfin, sont stationnés à Djibouti et Mayotte. • Les cc conseillers 11, au nombre de· cinq cents environ. relèvent soit du ministère de la Défense, soit de l'Assistance militaire technique qui dépend de la mission militaire du ministère de la Coopération (dirigée par le général Gilard). Ne figurent sur la carte que les pays où stationnent un nombre significatif de conseillers (plus de dix).

Page 32

Djibouti et la Réunion, qui ont fait · forme de marchés juteux d'arme-

Une « première » Un des principaux bilans positifs que l'état-major tire des récentes manœuvres franco-sénégalaises est la réalisation pour la première fois d'un vol en escadrille de dix hélicoptères Puma

SA-330 sur une distance de plus de

3 500 kilomètres, en quatre jours, avec une escale technique sur le porte- · avions Foch. Cette «première» d'un vol en formation sur longue distance entre l'Afrique et la France montre.

selon le journal Afrique-défense,

« 1 'aptitude de cette composante aérienne de 1 'armée de terre à effectuer des ·· déplacements autonomes de grande amplitude n.

En d'autres termes, l'armée française vient de démontrer qu'elle pouvait faire intervenir, sur le terrain d'opérations de brousse, des forces provenant directement de France sans perdre le temps d'un crochet par un aéroport ou une base éloignée.

----6. Selon les rapports au nom de la commission des Finances de l'économie générale et du plan sur le projet de la loi des finances 1980 et 1981 (annexe 9). 7. Idem. Rapport de 1982 (annexe 4). 8. <<Terre-Air-Mer" de novembre 1981. 11. ,, Le Monde,, du 19 juillet 1981. 12. ,, Le Monde,, du 12 mars 1982. 13. ,, Le Monde,, du 23 août 1981. Cet argument ne manue pas de sel quand on sait que justement le gouvernement français, membre du groupe des cinq -dit groupe de contact- sur la Namibie, ·trouve inacceptable, à juste titre, l'exigence sud-africaine sur un départ des Cubains d'Angola pour envisager l'indépendance de la Namibie. Or, ici, J.-P. Cot utilisait ce même argument hypocrite pour maintenir l'emprise militaire française sur . une partie du continent. 3. Il s'agissait du Gabon, du Cameroun, de la République centrafricaine et du Congo. Aujourd'hui, il existe un accord de .!éfense regionale pour tous les pays de la Communauté économique de l'Afrique de l'Ouest comptant notamment la plupart des ex-colonies françaises de cette région. 4. Après l'intervention à Kolwesi, un débat d'état-major a percé dans la presse. Il avait fallu utiliser des avions de l'armée américaine dans la mesure où nos Transal s'étaient montrés insuffisants. Le débat avait porté notamment sur l'amélioration du matériel de transport rapide. 5. Pierre Dabezies ; ,, la Politique africaine du général de Gaulle ,,, Ed. Pédone, p. 241.

lement » placées dans un pays pour répondre à une demande particulière d'un gouvernement à un moment donné. C'est, par exemple, le cas de la République centrafricaine depuis la chute de Bokassa.

La plupart des accords militaires bilatéraux ont été négociés en 1960 et 1961. Il existait même des accords régionaux comme celui liant la France aux quatre pays d'Afrique centrale (3).

Certains pays ont rompu ces accords. Ce fut le cas du Congo en 1972, de la Mauritanie et de Madagascar en 1973. Mais cela n'a pas exclu le maintien de coopérants militaires ou de collaborations entre armées. Par contre , certains pays qui n'avaient pas été colonies françaises ont pu s'intégrer au dispositif général de protection que leur offre la France : le Zaïre, le Rwanda et le Burundi.

Aux accords d'assistance militaire s'ajoutent des traités de défense pour le Sénégal, Djibouti, le Togo et le Cameroun.

Le tableau des interventions militaires françaises montre qu'il ne s'agit pas d'une simple présence formelle. Certaines bases ont joué le rôle décisif dans les interventions françaises. Ce fut notamment le cas de la base de Ouakam à Dakar, d'où sont partis en 1978 et en 1979 les Jaguars et les Bréguets français qui surveillaient le Sahara pour le compte des troupes marocaines. C'est encore cette base qui a servi de relais logistique pour les interventions au Zaïre et en Centrafrique.

Mais ce réseau de défense contre-révolutionnaire a évolué depuis les années soixante. Il a dû s'adapter aux modifications politiques et aux évolutions techniques. Il n'est plus possible de répartir 60 000 hommes dans 90 garnisons comme en 1960. Vis-à-vis de gouvernements « indépendants », une telle présence ne pouvait décemment se maintenir, économiquement et politiquement. Sur le plan technique, certains matériels sophistiqués devaient dorénavant se trouver en France ou bien être intégrés à la flotte de Méditerranée ou encore à celle de l'océan Indien.

Ainsi, en 1981 , les effectifs stationnés en Afrique même n'étaient plus que d'environ 6 700 hommes répartis dans six pays. Les Français ont été priés de quitter la base de Diego Suarez à Madagascar, en 1972, et ont dû, quelques années plus tard, évacuer aussi leur base de Djamena au Tchad. Il leur a donc fallu renforcer les dernières garnisons restantes :

cet heureux héritage, ainsi que la République centrafricaine qui n'en finit plus d'avoir besoin de l'intervention «ponctuelle >> de nos troupes.

La réduction des effectifs sur place et la mise en œuvre d'une force d'intervention rapide était déjà dans les objectifs de De Gaulle dès 1959. Tout au long de la ye République, les gouvernements ont poursuivi cette réorganisation, en maintenant bien sûr toutes les assurances concernant les droits de transit et de ravitaillement en carburant.

Les « forces de déploiement rapide» comprennent aujourd'hui la Ile division parachutiste (environ 15 500 hommes) stationnée dans le Sud-Ouest de la France, la 9e division d'infanterie de marine (7 600 hommes) en Bretagne et la 3 le demi -brigade (3 500 hommes) en Provence. S'y ajoutent les escadres de Brest et de Toulon. Cet ensemble constitue très probablement le meilleur dispositif d'intervention rapide en Occident (4). Il correspond aux besoins spécifiques de l'impérialisme français par rapport à un continent où son mode de domination est, lui aussi, spécifi. que et où les forces bourgeoises locales sont fragiles et instables. Des marchés pour l'industrie de guerre

En aval de ce dispositif se trouve, bien entendu, tout l'intérêt des marchés d'équipement des armées africaines. Le « Plan raisonnable » avait été conçu pour modeler les armées francophones d'Afrique et aboutir à ce que Pierre Dabezies décrit avec tant de franchise : « Si le concept de dé/ense par nature se révèle évolutif et mouvant, il n'en est pas de même pour celui d'assistance militaire technique. Cette dernière, en effet, est non seulement source de liens étroits et permanents, mais, perdant sa connotation administrative, se traduit tout naturellement dans l'armée en termes concrets d'appartenance et de complicité, de hiérarchie ou de camaraderie, de promotion ou d'ancienneté. La personne du général de Gaulle, l'attachement culturel des élites et la spécificité militaire, voilà peut-être, depuis l'indépendance, les trois fondements majeurs de notre réussite et notre pérennité en Afrique (5). ))

Et, en effet, cet attachement « culturel », comme ils disent, prend la

Page 33

ont su s'approvisionner aussi bien en · tamment pour ce qui concerne une

Sénégal ou le Cameroun sont, bien . être contents.

pourcentage de la coopération militai- . cords de coopération militaire. Pour tachement au matériel français, il est . · te » rocardien de la Coopération, ments. Entre 1970 et 1980, les anciennes colonies françaises d'Afrique ont été dépendantes à 50 % des fournitures françaises de ce type. Cet « attachement culturel » s'est apparemment élargi puisque, pour les ex-colonies belges, on atteint 68 % des fournitures françaises (sources : International Peace Research Institute of Stockholm). Certains pays africains francophones qui cultivent simultanément les amitiés militaires avec la France et l'Union soviétique, comme le Congo, Madagascar ou le Bénin, AK 47 soviétiques qu'en Alouettes 2 françaises. Ceci explique que, globalement, les ex-colonies françaises dépendent moins de la France que le Zaïre, par exemple. Mais, des pays comme la Côte-d'Ivoire, le Gabon, le évidemment, presque totalement équipés par les Français.

A cela s'ajoute la part propre de la coopération militaire française. En 1970, le budget avait été de 154 millions de francs dont 25 % pour des fournitures de · matériel. En 1981, on était passé à 652 millions de francs, dont probablement plus de 50 % de fourniture de matériel. En 1970, le re dans l'ensemble du budget de la Coopération était de 12 %. Elle était de 17 % en 1981 (6). Quand on vous dit que la coopération a pour finalité J'aide au développement des pays pauvres !

Bien que les exportations d'armes françaises en Afrique ne constituent que 2, 7 % du total de ces mêmes exportations, elles s'élevaient tout de même en 1980 à la somme de 870 millions de francs (7).

Enfin, pour mieux assurer cet atmis un soin particulier à la formation d'officiers africains sur le territoire français. Au fur et à mesure que Paris a cherché, pour des raisons financières, à alléger le nombre de conseillers militaires en Afrique, le nombre de militaires africains en formation chez nous a augmenté d'autant. Ainsi a pu se maintenir l'objectif de modeler des armées africaines selon les désirs et les besoins de l'impérialisme français. En 1981, il y a eu 3 645 stagiaires militaires étrangers en France, auxquels il faut ajouter environ 3 000 autres en formation chez Matra, Thomson, Dassault, etc. La moitié de ces stagiaires vient d'Afrique noire (8).

Devant la commission de Défense de l'Assemblée, le ministre déclare qu'il « n'est pas dans l'intention du gouvernement de diminuer la présence ou les moyens des forces françaises d'actions extérieures là où elles sont installées en Afrique car, parmi leur mission, subsiste au premier rang celle d'assurer la sécurité et le regroupement des français en cas de difficulttf...ll). »

Mais philanthrope comme nous le connaissons, l'ineffable Hernu expliquera quelques mois plus tard que depuis son arrivée au ministère il avait cherché à infléchir la politique des ventes d'armes à l'étranger pour la mettre en concordance avec la politique des relations extérieures : noassistance industrielle et technologique à l'égard des pays du tiers monde qui tireaient profit ainsi des transferts de technologie et des connaissances industrielles de la France (12). Ce sont les paysans du Sahel qui vont

Et pourtant, le PS et le · PC n'avaient pas craint, avant le 10 mai 1981, de dénoncer le militarisme français en Afrique. Toutefois, ils s'étaient contentés de critiquer la politique giscardienne sur sa forme. Non pas sur son fond. Ainsi aucun des deux grands partis ouvriers français n'avaient exigé le départ des troupes d'Afrique ou la dénonciation des acl'un comme pour l'autre, sous des expressions différentes, il s'agissait en fait de réformer cette présence militaire en fonction des nouvelles données d'une politique «progressiste » de coopération.

Or, voilà que justement la politi·que africaine n'a pas changé ... Et plus personne dans le PS et le PC ne reparle des troupes! En mai 1981 , nos forces d'intervention, impérialistes, seraient soudain devenues bienveil!antes. Jean-Pierre Cot, cet « utopisavouait même au cours d'une visite au Nigéria que « tant qu'il y aura des troupes cubaines en Angola et des troupes libyennes au Tchad, et que des Russes et Américains vendront des armes sophistiquées aux pays africains, il nous sera difficile de répondre négativement aux commandes formulées par nos amis qui craignent pour leur sécurittf...l3). » Evidemment, s'il s'agit de « nos amis », les militants du PS et du PC ne peuvent plus qu'être satisfaits !

Au tableau d'honneur de « nos amis » se trouve par exemple le président Mobutu, en faveur de qui Hernu a confirmé le mandat d'une vingtaines d'officiers et sous-officiers français pour encadrer une troupe de parachutistes d'élites, la 31 e brigade parachutiste, attachée à la défense du dictateur. C'est d'ailleurs une partie de ces soldats que le Zaïre envoya au

Tchad dans le cadre de la force africaine d'intervention. Cette force était encore un bel exemple des « solutions africaines» proposées par Mitterrand: fournitures et transports assumées par les Etats-Unis et la France; des troupes venant du Sénégal, du Nigéria, du Zaïre, c'est-à-dire précisément des pays les mieux équipés et les plus encadrés par les deux puissances impérialistes. Autre « solution africaine » sans doute, ces deux interventions militaires sénégalaises en Gambie pour y rétablir l'ordre. Plus des deux tiers de l'armée sénégalaise ont pu être utilisés dans des opérations de maintien de l'ordre du Zaïre, au Tchad, au Liban (FINUL), en Gambie. Un beau rejeton de l'armée française en quelque sorte.

Dans l'océan Indièn, la principale force militaire est celle de la France. Le dispositif s'articule entre Djibouti . ·et la Réunion. Dans cette partie du monde il s'agit de défendre, entre autres, les 200 miles marins d'eaux territoriales qui reviennent, selon les nouvelles lois internationales, à tous les riverains d'une mer ou d'un océan. On comprend dès lors l'attachement de l'impérialisme français à des îlots comme Tromelin, traditionnellement revendiqués par Madagascar, ou l'île Maurice. On dit même que c'est la section PS de la Réunion ,

Page 34

Interventions militaires françaises en Afrique noire

Cameroun 1959-1964: itüervention contre les maquis de l'Union des popula-

~énégal 196~-1964: Soutien à Senghor au moment de l'éclatement de la fédérati.on ?~ Mal_I et la tenta~ive de. coup d'Etat de Mamadou Dia (les principales unites f1deles a Senghor e~nt a la époque commandées par des Français).

Congo 1960 et 1962: mterventions anti-émeutes.

Gabon 1960, 1962 et 1964: Interventions anti-émeutes et intervention contre

Tchad 1960-1963: interventions contre des émeutes.

1968-1975 : intervention contre le FROLINAT.

1977-1980 : nouvelle intervention contre les guérillas oppositionnelles.

Mauritanie 1961 : intervention anti-émeutes.

1977-1978 : soutien aérien contre le Polisario.

Niger 1973 : Déjouement d'un coup d'Etat militaire et d'une mutinerie contre le

Djibouti 1976-1977 : opérations « Lovada » et «Saphir» contre les populations

Zaïre 1977-1978: intervention au Shaba contre la rebellion du FNLC.

République centrafricaine 1979 : déposition de Bokassa et mise en place de

Dacko sans que cela n'offre une véritable ouverture démocratique aux Centrafricains qui, notamment pour les lycéens, avaient été les vrais tombeurs du dictateurs par leurs manifestations férocement réprimées.

qui se serait opposée à l'abandon de

Tromelin. Quoi qu'il en soit, Paris a bien manœuvré dans cette affaire.

Sous pretexte de convergence idéologique entre régimes « socialistes »

- en fait à cause de la crise économique qui sévit chez eux- les gouvernements malgaches et mauriciens ont renoncé à ces revendications territoriales. Pour eux, le projet d'un océan Indien « zone de paix » ne concerne plus la France qu'en tant qu'Etat riverain! Voilà donc le coq gaulois reconnu comme occupant légitime de ces terres australes.

Un danger permanent pour les peuples africains

Le général Lacaze, chef d'état-major des armées, a même peur de ne plus reconnaître parmi tous ces

« amis africains » ceux qui sont de

\

...

w

7'

N

O>UI ~iz + "'l>

~n

"'"" ~~~

~·~ .E::a

~0 co

1 n ~ z

"" n

;~):

~)>

Il 0

;~ N(ii "'3:

0

1

+)> Q+., c c::a ""o ~~ V> ~:a

3m "

. ;:;o "'~m

~

""r- cm

~ntn èm 3>< ::!.2 m

:::::! . en

"'3: """'

5

1

"'·o a.:!.m m ~; 'êm ro.g C

;;;

roUI nrom z

2 no " · nlj;

Ul

C'l co l§c

! ë!

c

1 m 3p: c3r-

.... · m

3m "'3

C'l n 0 m §n ne c, ::a

.... (ii'-4 3 fiï

:Il

=i

1 i ro;:: êCô

(1)

0 m

3 0

=i u;· c

00 m "

m

0

Ul

<> z (1)

0

1

C'l c

~

:Il

3:

0

0

3:

c t 0 c

C)

1 z m

~ iii z

~ m

., z

1 m

...

w

8 .... )oo z ~

:Il

:;:

:!:

., :!: ....

m

0

....

n

~

1 m

)lo

0

... s: .:., 8

0

:;;:

1

8 ....

.,

0

~

0 s: Q

1 m

Iii

...

~

:Il

;;:

:!: z )oo

.,

0

.... Cl

1 m

:Il

., z 0

"0

~ ;;.

1

~

"""'

0

. .. . 3 3 ..

$·

2~

3 ëO

::1

0

!li

...

;. i- " ii"

c»

.. ..

1 . ·.

8 i=· n ::r

!!!

"'"' a.

0

1 x

0 ëiï ë> ..

;;

. "'

"0 m n

1 tions du Cameroun.

une tentative de coup d'Etat visant à président Hamani.

d'ethnies somalies. vrais amis et ceux qui, hypocrites, pourraient nous lâcher un beau matin. Il voit par exemple dans nos exportations d'armes le danger « de s'exposer à affronter nos propres armes vis-à-vis d'un adversaire que nous aurions nous-mêmes armé». Ce n'est pas là simple hypothèse d'école, si l'on songe à ce qui s'est passé en Iran ou récemment dans le golfe de Syrie (14). Lacaze pensait probablement au Mirages vendus à la Libye.

Voilà donc les dirigeants de l'impérialisme français dans le doute. Ils arment des régimes néo-coloniaux en Afrique noire mais se posent immédiatement le problème d'avoir à affronter un jour cet armement. L'exemple de l'Iran, qui est judicieusement donné par le général Lacaze, est celui d'un processus révolutionnaire au cours duquel une partie de l'armée est passée dans le camps des insurgés et où une grande partie des équipements a été saisie par le peuple. Et si demain un soulèvement au Sénégal ou au Gabon venait à produire les mêmes effets ? Lacaze propose donc de préparer une telle éventualité et il pose en termes explicites le cas où il faudrait affronter « nos propres armes ». En d'autres termes, si un pays africain venait à connaître une situation révolutionnaire, il faudrait de toute manière aller jusqu'au bout de nos engagements militaires.

Le militarisme français en Afrique noire et dans l'océan Indien est donc un danger permanent pour tous les peuples de ces régions. Le silence scandaleux du PS et du PC à ce pro-

')OS relève tout bonnement de la cornrenvoyer le président Mba. plicité envers les intérêts impérialistes français. Cela contribue à alimenter le chauvinisme et l'ignorance de ces réalités dans la classe ouvrière.

S'il faut généralement dénoncer toute l'entreprise impérialiste, il est prioritaire de commencer par cette affaire des troupes. Non seulement les révolutionnaires doivent exiger le retrait immédiat des troupes, mais ils doivent aussi, simultanément, demander l'abrogation pure et simple des accords militaires de coopération et de défense.

La campagne pour les droits démocratiques des soldats du contingent doit aussi aboutir à la reconnaissance du droit de refuser une affectation outre-mer (15). Enfin, il ne peut y avoir de propagande antimilitariste sans une dénonciation virulente de la présence contre-révolutionnaire de l'armée française à l'étranger et dans les ex-colonies. Il s'agit bien évidemment d'une tâche internationaliste puisque ce dispositif est fondamentalement tourné contre les ouvriers et les paysans de ces pays. 14. " Le Monde" du 11 novembre 198~ 15. Actuellement, ce sont en principe des "volontaires, qui sont placés outre-mer. Mals un certain nombre de combines contournent la difficulté : simple séjour de quelques mois ou quelques semaines en Afrique ou au Liban au cours d'un service militaire fait le reste du temps en métropole, escales et séjours sur les côtes africaines pour les marins embarqués, annonce du voyage faite aux appelés quelques jours avant et ne leur laissant qu'un cours délais pour demander à être exemptés, etc.

Une erreur sur cette page ?