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CFDT : des forces importantes pour redresser la barre

· Critique communiste, n° 35, novembre 1984 · p. 28-31 · 3 392 mots

des forces Ï!J1.portantes pour redresser la barre

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CFDT:

Pierre REME

DMOND Maire verra-t-il se dresser devant lui une opposition proposant une orientation alternative ? Plusieurs signes en indiquent la possibilité. En juin 1983, la création du regroupement « Pour une autre démarche syndicale » a rassemblé une partie des 40 % d'opposants du congrès de Metz (tenu en mai 1982). Puis, en juin et septembre 1984, la publication des textes de la région Basse-Normandie et de la fédération Hacuitex ( l) : rejetant les choix fondamentaux de la confédération, huit mois avant le prochain congrès confédéral de Bordeaux (en juin 1985), ils démontrent l'ampleur des débats en cours.

A la lecture des textes de critique et des diverses contributions de syndicats, régions ou fédérations, apparaît la possibilité d'une large opposition; non pas seulement l'expression de critiques juxtaposées mais les bases d'une véritable minorité qui cherche à gagner la majorité de la CFDT à une orientation de lutte de classe. Les échos de presse en témoignent (2). Et une observation de la confédération confirme l'ampleur du phénomène. Dans l'activité quotidienne, et dans divers congrès.

A plusieurs reprises, en effet, au cours de luttes, l'orientation confédérale a été contredite par les syndicats CFDT. Ce fut le cas à Talbot, dans la sidérurgie lorraine, lors du 8 mars des fonctionnaires, et dans de nombreuses autres occasions où les fractures apparurent moins publiquement dans l 'a ctualité nationale.

L'ensemble de ces faits donne une idée des reclassements en cours dans la CFDT. Correspond-elle à une réelle convergence autour d'une orientation commune ? Et laquelle ? Telles sont les questions à examiner soigneusement.

« Archaïques » ? « Poignée » de minoritaires ? « Nostalgiques »? « Simple convergence des non » ? « Manipulations fractionnelles et idéologiques»? Tous ces qualificatifs lancés par tel ou tel membre de l'appareil confédéral ne résistent pas longtemps à la lecture de plusieurs textes d'orientation qui circulent au sein de la CFDT et à leur confrontation à la pratique. Qu'est-ce que le syndicalisme ?

Tant la région Basse-Normandie que la fédération Hacuitex condamnent la ligne du « recentrage» (4). Toutes deux s'affirment favorables à un syndicalisme de classe et de masse, ainsi qu'à une stratégie anticapitaliste.

Le « recentrage » voté à Brest ? La direction confédérale 11 a décidé d'inscrire son action dans le contexte d'un système capitaliste durable», résume le texte d'Hacuitex. Dans le même sens, celui de la région Basse-Normandie souligne: 11 La confédération est une des forces qui soutiennent la politique néo-libérale actuelle. »

L'une comme l'autre en expliquent les origines sans pitié : il s'agit d'une dérive politique très grave. Retraçant les discussions qui ont eu lieu depuis 1977-1978, la fédération Hacuitex estime qu'« on peut analyser le recentrage, avec le recul des années, comme le résultat du constat qu'il n'y a pas de place pour · une troisième voie syndicale ni politique entre le maintien du système capitaliste et le risque de basculer dans le système du socialisme étatique des pays de /Est ( .. .) L'axe essentiel de la direction confédérale devenant alors la défense des intérêts

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fait contradictoire avec celle voulue . trielles » qui prenne en compte le raît. Ce fut le cas dans la rég10n pari- . point de vue des travailleurs ; le' des travailleurs dans un système capitaliste aménagé et socialement efficace. »

La région Basse-Normandie, elle, tient particulièrement à souligner que «les nouvelles positions confédérales sont élaborées à l'extérieur des instances statutaires de la CFDT et qu'elles relèvent d'un compromis clandestin avec des forces patronales et politiques notamment ». Ses animateurs rappellent quelques signes : en janvier 1982, ils avaient affirmé à leur conseil régional que 11 seule l'existence d'un compromis clandestin entre la confédération, la fraction moderniste du patronat et le courant rocardien du PS permettait de saisir la ligne confédérale »; et, ajoutent-ils, 11 la lecture à l'automne 1982 de "la Deuxième Gauche" apportera la preuve de ce que nous affirmions (5) » ·

Ils proposent, les uns comme les autres, une 11 stratégie d'action », pour 11 redresser la barre ».

Par opposition à la confédération qui « veut sortir du mythe de la mobilisation (sic !) et mettre davantage l'accent sur l'action contractuelle » (Syndicalisme magazine de juin 1984), la région Basse-Normandie répond: «A comme action . Créer un rapport de forces favorable est directement déterminant dans la vie syndicale . » La fédération Hacuitex, dans le même sens, affirme qu'« une stratégie anticapitaliste doit être mise en œuvre ».

Ces premières affirmations font ressortir une convergence avec les positions défendues par Gilbert Declercq dans Résister de janvier 1984 (6) : « La direction confédérale se conduit comme si elle avait en charge 1 'intérêt général du pays, alors qu'une organisation syndicale a en charge uniquement, mais c'est déjà beaucoup, les intérêts matériels et moraux des travailleurs. (. . .) Dans une société capitaliste en crise, insistait-il, où le rapport de forces devient de plus en plus sévère, le rôle principal d'une organisation syndicale des travailleurs, au nom desquels elle a signé des contrats collectifs, est bien, en effet, de défendre leurs intérêts et d'exiger, au minimum, le maintien de leur pouvoir d'achat. A jouer les enfants de chœur, ajoutait-il, on ne fait que renforcer les injustices. »

Les textes publiés récemment par la région Basse-Normandie et par la fédération Hacuitex partagent cette conception d'un syndicalisme de classe et de masse. Et, loin de rester au niveau des abstractions, comme le prétendent les dirigeants confédéraux, cette conception a des conséquences très précises. A comme action, U comme unité d'action

Détaillons-les un peu. • La recherche de l'unité d'action.

Les deux contributions publiées sont limpides sur ce point. « Sans vouloir minimiser les divergences qui nous opposent à la CGT, dit la région Basse-Normandie, nous pensons que c'est une erreur de privilégier et de mettre en avant ces divergences pour empêcher l'unité d 'action . » La perspective est celle de la mobilisation des travailleurs. « L'action unitaire avec la CGT doit être développée, explique de même la fédération Hacuitex. « Cela ne signifie pas, précise-t-elle, que nous refusons l'action avec les autres organisations mais c'est prioritairement avec la CGT que nous pouvons avancer dans notre lutte anticapitaliste. »

Sur ce plan, c'est une pratique de par la direction confédérale qui appasienne au moment de la lutte de Talbot, ou lors du 8 mars et du 25 octobre dans la fonction publique. De même, dans la Loire-Atlantique, les retraités CFDT de Nantes, le syndicat Métaux et l'UD ont proposé de façon systématique l'unité d'action avec la CGT; et cela a abouti à un rassemblement régional unitaire des retraités le 25 octobre, à un appel d'unité d'action CGT-CFDT-FEN, et à un appel unitaire (CGT, CFDT, FEN, entraînant FO et la CFTC) pour la grève et la manifestation des fonctionnaires le 25 octobre, alors que la veille même, le 24, avait lieu à Saint-Nazaire une manifestation commune CGTCFDT pour l'emploi. • Le refus d'auto-limiter les revendications.

La fédération Hacuitex rejette toutes les tentatives faites pour opposer les revendications sur l'emploi et le pouvoir d'achat. Elle dénonce l'attitude de la direction confédérale le 8 mars: « Elle semblait opposer fonctionnaires et travailleurs du privé à un moment ou l'anti-fonctionnaire est largement propagé par ailleurs. »

La région Basse-Normandie adresse les mêmes critiques à la direction confédérale et elle précise ses positions dans des termes excellents à propos du temps de travail : « Cette revendication ne devient possible et intéressante que si elle s'articule à d'autres éléments de plate-forme revendicative, comme par exemple le problème des salaires, les problèmes de politique industrielle et la réforme fiscale. Seule la conjonction de ces éléments, souligne-t-elle, peut donner une réduction du temps de travail qui ne soit pas pour les travailleurs un chômage partiel non indemnisé » (bulletin de septembre déjà cité). • Une attitude offensive à l'égard de la majorité du PS et du PC.

11 L'organisation syndicale de gauche que nous sommes, écrit la fédération Hacuitex, doit (. .. ) exiger du gouvernement qu'il développe son acti on législative et d Etat dans l'intérêt de ceux qui lui ont permis la conquête du pouvoir. »Et, quant à lui, le texte de Basse-Normandie détaille ce qu'il est logique d'exiger du gouvernement. Résumons : le développement des dispositions législatives en matière de protection sociale, de droit du travail, de formation ; le développement d'une planification démocratique comme seule réponse aux « mutations industransfert de capital improductif vers le capital productif et les activités socialement utiles par des réformes fiscales et bancaires ; la réduction de la contrainte extérieure par des mesures de protection, par la recherche d'accords bilatéraux. • Le maintien de la perspective du socialisme.

Tant la fédération Hacuitex que la région Basse-Normandie portent un regard réaliste sur la difficulté, aujourd'hui, à défendre le socialisme : «La réalité des pays de l'list, dit la première, contribue à conforter le discours de la droite 11; et la seconde pose, dans son bulletin déjà cité, la même question : «L'échec des pays de 1 Est (en ce qui concerne les libertés et le pouvoir des travailleurs notamment) rend-il impossible, voire dangereuse toute option socialiste ? 11

Leurs réponses, polémiques, donnent des arguments que des marxistes-révolutionnaires peuvent reprendre à leur compte. 11 Vivre sans :liberté dans le goulag ou mourir librement de faim dans le Nordeste brésilien est une alternative que nous refusons et combattons », écrit la région Basse-Normandie. Elle ajoute: <<La propriété sociale des moyens de production et d'échanges, la planification démocratique et l'autoges-

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la CFDT. Son existence, s'il se met ef- · les fédérations.

nières années et se rassemblent nationalisées fonctionnent selon une

« pour redresser la barre » de la stricte logique capitaliste. Elles vailleurs disposent de véritables ins- les comptes des entreprises et tout intruments de lutte de classe. Cela ne vestissement devrait dès lors être saurait laisser les militants de la LCR soumis à une discussion préalable sur

Sur les perspectives d'ensemble ficatif que, face à ceux qui veulent li- • La planification démocratique.

comme pour la pratique syndicale qu ider le s perspect ives du quotidienne ce sont deux orientations mouvement ouvrier, des équipes syn- planification en fonction des tion restent les piliers de notre projet même si elles nécessitent d'être précisées au travers du débat. »

Quant à la fédération Hacuitex, à l'opposé de la confédération, elle estime qu'<< il est important de réa/firmer notre option socialiste, non pas comme une simple démarche mais comme un enjeu structurel. )) En effet, écrit-elle, on ne peut faire 11 comme si ce n'était pas la logique du marché qui créait la surproduction de biens utiles, superflus ou inutiles dans les pays solvables, ainsi que le chômage dans les pays industrialisés, pendant que les besoins élémentaires ne sont pas satisfaits dans les pays du tiers-monde. Comme si ce n'était pas au nom de la sacra-sainte économie de marché que s 'instaurent et se maintiennent des dietalures dans certains pays tel le Chili ... )) « Redresser la barre »

Appelons un chat un chat: l'ensemble des positions que nous venons de résumer tracent les contours d'un courant de lutte de classe au sein de fectivement à s'exprimer de façon unifiée, aurait des conséquences importantes. Au sein de la CFDT, où beaucoup de militants se découragent face à la dérive et aux initiatives de la direction confédérale. Mais aussi au-delà : une pratique de masse en rapport avec l'orientation que nous venons de décrire, répondant aux aspirations des travailleurs, viendrait prendre à contre-pied les manœuvres de division de la direction de la CGT comme celles de Force ouvrière.

Ces enjeux majeurs, la région Basse-Normandie comme la fédération Hacuitex en ont conscience. En faisant connaître leurs positions, ces équipes syndicales donnent à de nombreux militants un sacré encouragement. Alors que la direction confédérale voulait donner l'impression que le congrès de juin

1985 était joué d'avance et décourager ses adversaires, elle se trouve contestée à tous les niveaux.

Point par point : analyse de la crise, rapports avec le patronat, attitude visà-vis des partis de gauche, revendications capables d'unifier les travailleurs, unité d'action, exigences à adresser au gouvernement, validité du projet du socialisme autogestionnaire.

contradictoires qui se dessinent avec force. La voie de la lutte de classe opposée au choix de gérer la crise du capitalisme en aménageant le système. La voie d'un syndicalisme de masse unissant les travailleurs pour construire le rapport de forces face au patronat et opposée à un syndicalisme « corps intermédiaire », qui négocie à froid des dossiers sociaux et économiques élaborés hors des luttes, dans un langage choisi pour séduire le patronat. La voie d'un syndicalisme instrument de lutte, pour défendre les travailleurs et incarner leurs espoirs, opposée à une direction syndicale condamnant comme irréaliste l'espoir de changement exprimé le 10 mai 1981.

Ce débat d'orientation, l'équipe Maire aura du mal à l'éviter. En revanche, il est trop tôt pour savoir à quel rythme une minorité de lutte de classe verra le jour, regroupée autour d'un projet d'orientation commun et de propositions pratiques. On peut considérer la question comme posée, ce qui est déjà un grand pas en avant ; mais la réponse dépend des discussions qui auront lieu dans les syndicats, les unions locales, les unions départementales, les régions,

Aujourd'hui, en effet, c'est de la base au sommet que les militants ont besoin de redéfinir fermement le syndicalisme qu'ils veulent. Et les conditions dans lesquelles divers textes paraissent le favorisent. Cela est vrai de ceux de Basse-Normandie et d'Hacuitex, largement publics ; mais aussi des diverses contributions ou projets d'orientation préparatoires à des congrès départementaux, régionaux, de fédérations. Nous sommes loin d'être neutres

Que s'affirme une alternative pratique à la « ligne Maire », une alternative qui rende son rôle au syndicat, est vital pour des dizaines de milliers de militants. Que, loin de se disperser découragés, ils tirent les leçons de l'expérience de ces derCFDT est décisif pour que les traindifférents.

Il est en effet hautement signidicales les réaffirment. Et il serait tout à fait positif qu'un vrai débat d'orientation, dont nous avons donné un aperçu, ait lieu dans la CFDT, aux yeux de tous. Dans l'actuelle situation d'écœurement, de morosité et de désarroi, cela aurait aussi un écho parmi les militants des autres organisations et même parmi les travailleurs qui critiquent les directions syndicales.

Dans ce débat d'orientation, les militants de la LCR prendront donc leur place, au sein de leurs syndicats. Comme ils participent aux efforts pour défendre et renforcer les outils de combat de la classe ouvrière.

En même temps, les textes de Basse-Normandie et d'Hacuitex rouvrent un certain nombre de débats politiques qui concernent l'ensemble des organisations du mouvement ouvrier. Ils y invitent par leurs questions ou les appellent pour chercher à préciser telle ou telle proposition. • Les nécessaires mesures de protection face aux multinationales.

Faut-il les présenter comme de simples exigences ponctuelles, cas par cas ? On court alors le risque de voir des fractions de la bourgeoisie s'en servir en détournant à leur profit des exigences ouvrières. Certes, ces exigences doivent s'exprimer en lien avec la défense de l'emploi. Mais cela ne peut aller sans une exigence générale de levée du secret et de contrôle sur les échanges internationaux : pour refuser de subir le jeu des multinationales et pour lutter contre la politique impérialiste du capitalisme français au niveau mondial. • Le contrôle sur les investissements.

Peut-on se contenter de demander, devant une mise en liquidation, que les organisations ouvrières aient leur mot à dire ? Dans ce cas, on courrait le risque de se trouver réduit à défendre le moins mauvais « dossier de reconversion », avec à la clé un renoncement à des acquis ouvriers pour intéresser un éventuel « repreneur ».

En revanche, le mouvement ouvrier devrait mettre sur la place publique un scandale : les banques devraient, à l'opposé, rendre publics son utilité sociale.

Est-il possible de réaliser une

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besoins? Cela suppose de contester avec force la logique économique dominante actuellement.

D'où des exigences très concrètes : changement de critères de gestion et de personnel de direction du secteur nationalisé. D'où une campagne de masse où les structures syndicales interprofessionnelles auraient toute leur place pour faire recenser par les travailleurs, les jeunes, les retraités, les besoins sociaux, pour faire s'exprimer les aspirations populaires. C'est cela qui doit être la base de la planification, et non pas le taux de profit envisageable dans tel « créneau porteur » intéressant une poignée de capitalistes.

Ces trois questions, on le voit, débouchent sur une bataille politique pour démontrer l'actualité des réponses socialistes. Il est sans aucun doute indispensable que tous ceux qui partagent ces idées - organisations syndicales et politiques chacune à leur façon-, les défendent : les discours visant à justifier la politique de la majorité depuis le 1 0 mai ont fait bien des ravages ! Et il s'agit, en fait, de mettre en évidence qu'une politique en rupture avec la logique capitaliste permettrait de défendre et réaliser les objectifs de plein emploi et de défense du pouvoir d'achat, y compris aujourd'hui.

Une telle démarche débouche, naturellement, sur une autre res-

1. La région Basse-Normandie CFDT qui regroupe les départements du Calvados, de la Manche, de l'Orne. Son texte, publié en juin 1984, a pour titre: "Aujourd'hui, quel syndicalisme pour quelle société ; état du débat et de notre réflexion. , Il constitue une première mouture des documents préparatoires du prochain congrès régional prévu pour mars 1985. En septembre, un bulletin aux adhérents, diffusé à 15 000 exemplaires, résumait le document de juin et esquissait une proposition de "stratégie d'action "·

La fédération Hacuitex rassemble les branches de l'habillement, du cuir et du textile. Son texte -"La crise du syndicalisme; analyse et perspectives,-, est le document préparatoire à son comité national prévu pour les 29 et 30 novembre 1984.

2. "Le Monde" du 27 septembre titrait "Hacuitex et la Basse-Normandie s'en prennent à la "ligne Maire"''·

3. Le CNC, Conseil national confédéral de la CFDT : il réunit, une fois par trimestre le parlement .de la CFDT, où sont représentés l'ensemble des régions interprofessionnelles et les ponsabilité : celle de défendre, contre la propagande bourgeoise, l'actualité du socialisme. Cela, dans la CFDT, n'a-t-il pas été une constante depuis la minorité CFTC jusqu'en 1979 ?

Défendre la perspective du socialisme, donc. Non pas seulement contre l'impérialisme et ses ravages, non pas seulement contre la réalité du capitalisme ; mais aussi en indiquant les objectifs et les possibilités d'une lutte des travailleurs des pays de l'Est contre la bureaucratie. Cela peut se faire, notamment, à partir de l'expérience de Solidamosc, tant par sa pratique que pour les débats stratégiques en son sein sur la « grève active » et l'autogestion. Il serait en effet dommageable de laisser Edmond Maire prendre l'argument des pays de l'Est pour détourner de la perspective de la révolution socialiste. D'autant qu'on peut se poser la question : que se passerait-il pour E. Maire si la démocratie mise en place par Solidarnosc régnait sur la CFDT ?

Sur ces problèmes, nous ne pensons pas qu'existent des désaccords majeurs qui nous interdiraient de défendre ensemble une orientation de lutte de classe. Ces débats politiques sont cependant indispensables : la recomposition du mouvement ouvrier sur des bases socialistes à la fois révolutionnaires et démocratiques ne se fera pas sans eux. fédérations. Très bureaucratisé, il donne une image assez inexacte de la réalité militante de la CFDT.

4. Au 38• Congrès, à Brest, en mai 1979, Edmond Maire obtint la majorité (56,7 % pour, 31 % contre, 12 % d'abstention) pour ce qu'il appelait le «recentrage"· Il s'agissait selon lui de renouer avec une pratique syndicale «plus proche de la base"· En réalité, tirant à sa façon toutes les conséquences de l'échec de la gauche en mars 1978, il faisait le choix d'un syndica lisme gérant les contradictions de la société au lieu d'un syndicalisme cherchant à construire le rapport de forces entre les classes.

5. Dans "la Deuxième Gauche "• avec l'aval de la direction qui en assura la promotion, était révélé que des contacts secrets avaient eu lieu, fin 1978, pour préparer avec le CNPF l'orientation présentée en mai 1979. Voir sur ce point l'article de "Critique communiste " n°19, mai 1983.

6. Voir aussi "Critique communiste" n°30 de juin 1984 et ,, Témoignage chrétien , du 30 avril 1984.

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