Productivisme/ capitalisme niveau du capital : il existe trop de capital .logique du capitalisme en établissant un chandises : le marché mondial qui est voque la destruction de marchandises, égal à la somme des exportations de tous c'est à dire, ici, de moyens de production.
du Produit national brut (PNB) qui donne nombre de faillites. Cette surproduction
ES idéologues bourgeois parlent de « choc pétrolier » pour éviter le terme de « récession >>. Depuis l'entrée dans le processus de crise économique capitaliste, ils distinguent deux chocs : celui de 1974/1 975 et celui de 1980, qui correspondent aux deux récessions!
Les «chocs pétroliers >> leur permettent de dissimuler que la crise économique capitaliste se traduit par une destruction de richesses. Il existe trois indicateurs importants de cette destruction de marles pays capitalistes ; le taux de croissance une idée de la somme des richesses nouvelles produites ; l'augmentation du nombre des faillites . Chaque récession se traduit par une baisse des exportations, donc un recul du marché mondial ; par un taux négatif du PNB des grands pays capitalistes et par une augmentation du nombre des faillites . Au cours de la récession qui débute au deuxième semestre 1980 et se poursuit actuellement, le marché mondial a régressé de 5 % . Les PNB des grands pays capitalistes ont été soit négatifs, soit égaux à zéro. les faillites ont progressé. Ces phénomènes expriment le fait qu'il existait trop de marchandises par rapport au marché, ce qui signifie que le marché a refusé la production excédentaire. Le marché est la somme des besoins solvables, et non celle des besoins des populations. En conséquence, cette destruction de richesses va de pair avec une augmentation de la misère et une exploitation accrue des travailleurs. La rareté, cause de la crise ?
Ici éclate au grand jour la charge idéologique de l'explication bourgeoise, basée sur l'idée de rareté. Pour les idéologues bourgeois, c'est parce que les marchandises sont rares qu'il y a crise. Tous les faits montrent l'inconsistance de cette idée. D'autant que la surproduction touche désormais la marchandise pétrole. La production de pétrole est trop importante par rapport aux besoins solvables. Conséquence : la baisse du prix du pétrole actuellement constatée, et qui rend encore plus absurde « l'explication >> choc pétrolier.
La crise économique capitaliste est donc provoquée par une trop grande production de richesses par rapport au marché, aux besoins solvables. C'est la raison pour laquelle on parle de surproduction. On retrouve aussi cette surproduction au par rapport à la plus-value produite, ce qui se constate par la baisse du taux de profit. Là encore cette surproduction proL'indicateur en est l'augmentation du s'appelle suraccumulation.
Les capitalistes ont trop de capitaux par rapport aux possibilités d'investissement. Pour investir, un capitaliste doit prévoir un marché en extension et un taux de profit en augmentation. Aucune de ces deux conditions ne sont aujourd'hui remplies. En conséquence, les capitalistes, n'investissent pas et préfèrent placer leur capital sur les places financières, provoquant une augmentation de la spéculation internationale. L'origine de ces capitaux spéculatifs est à rechercher dans une augmentation des profits les trois années précédentes qui, faute d'un marché suffisant, n'ont pas servi à une augmentation de l'accumulation.
La crise économique capitaliste actuelle est marquée à la fois par la surproduction et la suraccumulation. JI est donc nécessaire, pour les capitalistes, de restructurer, ils ont besoin d'augmenter au préalable leurs profits. et donc le taux d'exploitation des travailleurs (le taux de plus-value). La classe bourgeoise (les capitalistes) ont besoin de faire payer la crise capitaliste, leur crise, aux travailleurs, pour pouvoir faire repartir l'accumulation sur des bases renouvelées. JI leur faut pour cela s'attaquer à la classe ouvrière, ce qui rend les affrontements de classe inévitables.
C'est ce que ne veulent pas avoir les directions syndicales. C'est ce qui rend les «politiques industrielles >> utopiques.
crise/
·C'est pourquoi la seule solution, pour la défense des intérêts des travailleurs, c'est de rompre avec la logique du capital. Le productivisme n'est pas une explication de la crise
<< En proposant le socialisme autoges -tionnaire, la CFDT vise à rompre avec la processus continu de mod(fication des rapports de pouvoir en faveur des travailleurs et des peuples pour changer le type de croissance productiviste en un type de développement répondant à leurs besoins et à leurs aspirations profondes » (in "La réponse de la CFDT à la crise ", 38' Congrès confédéral).
Dans ce texte. la logique du capitalisme est assimilée à un type de croissance qualifiée de productiviste. Ainsi la crise économique actuelle serait un « dysfonctionnement>> par rapport à ce type de croissance.
Le terme « productivisme >> n'est pas neutre. Il a été employé par le Club de Rome et le MIT (Massasuchets Jnstitude of Technologie) qui regroupent des experts bourgeois. leurs analyses reposaient sur la lutte contre la « société de consommation >> et contre le gaspillage. Ce qui, en 1972, avait permis à Mansholt (expert auprès de la CEE) de proposer dans une lettre célèbre des solutions malthusiennes : moins de naissances, limitation de la consommation, etc.
Un débat avait eu lieu au Club du Nouvel Observateur, sur la base du rapport du MIT, le 13 juin 1972. Edmond Maire, dans une intervention, tout en se démarquant des propositions de Mansholt, acceptait le cadre d'analyse fourni par le rapport du MIT, et donc le terme de « productivisme >>. Autrement dit, lestravailleurs (80 % de la population) consommaient trop et mal. C'était nier qu'il existait la misère jusque dans les métropoles impérialistes. C'était surtout jeter un voile pudique sur les lois de fonctionnement du · mode de production capitaliste. dont la finalité est le profit et non la satisfaction des besoins.
Sont venues se greffer ensuite les ana-
lyses et propositions d'Ivan Illitch sur la « société conviviale », fondées sur le refus du progrès technique et dont le modèle de société se trouve dans le passé. Le productivisme plus Ivan Illitch permet de gommer l'analyse des classes sociales antagonistes.
Avec la crise économique de 1 97 4, le productivisme retrouve une nouvelle jeunesse, parce qu'il s'appuie sur une partie de la réalité: la surproduction de marchandises. Mais il passe sous silencce le fait que le capitalisme est obligé de détruire les richesses en trop par rapport aux besoins solvables. Sans parler de la suraccumulation que la direction CFDT ignore complètement.
Le productivisme est une critique qui ne repose que sur la mise en lumière d'une partie de la réalité de la crise capitaliste.
Il pourrait être, tout au plus, la constatation de certaines conséquences de la crise. Pourtant, la direction CFDT lui fait jouer un rôle d'explication universelle. Pour elle, le type de développement productiviste est à l'origine de la crise à l'Est comme à J'Ouest, indépendemment des modes de production différents, qui ne sont pas pris en compte.
Cette explication n'en est pas une, parce qu'elle ne permet pas de comprendre les causes de la crise économique capitaliste. Le " nouveau type de développement ,,
En cohérence avec son analyse de la crise du productivisme, la direction CFDT propose une réponse : le nouveau type de développement.
Le nouveau type de développement, c'est la rupture avec le type de croissance productiviste. Comment? En proposant des productions qui correspondent aux besoins.
La CFDT fait ainsi écho aux justes interrogations des travailleurs : pourquoi et pour qui produisons-nous? Quelle est l'utilité de notre travail ?
Mais la réponse de la CFDT à cette interrogation est ambigue : elle ne définit pas les moyens à mettre en œuvre pour transformer les finalités du mode de production. Elle affirme que ces finalités peuvent être changées de l'intérieur du mode de production capitaliste, en conservant la même structure économique et sociale.
La finalité de la production capitaliste, c'est le profit. peu importe le type de croissance ! La finalité posée par la CFDT et les travailleurs, c'est la satisfaction des besoins, solvables ou non. Ces deux logiques sont antagonistes.
Dans le mode de production capitaliste : sans profit, pas d'accumulation et donc pas de production de marchandises. L'augmentation de la production suppose des perspectives d'élargissement du marché. Les besoins ne jouent aucun rôle, sauf s'ils sont solvables. C'est la négation de cette loi de fonctionnement du capitalisme qui rend les propositions de la CFDT irréalistes et utopiques.
C'est d'ailleurs pourquoi la direction CFDT fait maintenant place à l'impératif de la compétitivité.
Le nouveau type de développement, c'est la logique des besoins. La compétitivité, c'est la logique du capital. La direction CFDT résout cette contradiction int~rne en se situant le plus souvent sur le terrain de la logique du capital
Nicolas Maheu