C'est avec tristesse que nous avons appris la mort de Lubomir Sochor, bien connu des lecteurs de la revue la Nouvelle Alternative, consacrée aux droits et libertés démocratiques en Europe de l'Est.
Intellectuel et philosophe marxiste tchécoslovaque, il connut par deux fois la répression stalinienne dans son pays.
Au début des années soixante, accusé de
«titisme», il fut démis de toutes ses responsabilités et devint ouvrier à Prague. Il fut réhabilité par la suite et élu au comité central du parti tchécoslovaque lors de son congrés clandestin d'août
1968, alors que Prague était occupée par les troupes soviétiques. Bientôt exclu du parti, mis dans l'incapacité d'exercer son métier d'écrivain et de théoricien, il finit par choisir l'exil à la fin des années soixante-dix et vivait depuis lors en
France.
En Tchécoslovaquie, on lui doit en
Dossier
Union soviétique :
Quels . changements ?
Roy Medevedev, Youri Orlov,
Lubomir Sochor, Jacques Sapir à la recherche de réponses
Culture
«L'insoutenable légèreté
' de l'écriture de Milan Kundera))
par Milan Jungmann, opposant de Prague
La Milena des Tchèques
Souvenirs de Lumir Civrny, arrêté en .1939 avec M. Jesenska
La nature menacée
Une nouvelle marge de contestation ? (1- partio)
Pologne à la reehercbe du compromis
Interview de Jacek Kuron
Notes de lecture particulier la traduction de Gramsci et, en édition clandestine, celle de la Révolution trahie de Léon Trotsky. En France, outre son enseignement à l'université Paris VII, il collabora à diverses revues et anima Listy, la revue de l'opposition socialiste en Tchécoslovaquie.
Tous ceux qui l'ont rencontré ont pu apprécier la profondeur de sa culture, l'ouverture de sa pensée, sa gentillesse qui n'ont cessé de caractériser le travail militant qu'il avait poursuivi parmi nous. Il y a quelques mois encore, il avait sans réserve aucune accepté de participer à une table ronde pour notre revue, qui ne se tint malheureusement pas en raison d'autres défections. La bureaucratie de l'Est porte la responsabilité de sa mort prématurée à soixante et un ans, l'ayant contraint à un exil qui lui était devenu trop insupportable. Nous saluons sa mémoire et adressons à ses proches et à tous ses amis toute notre sympathie.