La presse de la LCR

Archives des publications de la Ligue communiste révolutionnaire, section française de la IVe Internationale

Les congrès de la IVème Internationale (tome II) : L'Internationale dans la guerre (1940-1946)

· Critique communiste, n° 6, mars 1982 · p. 32-34 · 3 458 mots

Editions La Brèche. prix : 75 francs en vente à la librairie La Brèche

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Les congrès

1 le premier tome de documents des Congrès de la JV< Internationale était d'une importance historique extrême, le second l'est peut-être encore plus en cela qu'il couvre toute la période de la Seconde Guerre mondiale ( 1940-1946) et qu'il s'agit de la période la plus mal connue de notre histoire.

Il fait peu de doute que notre mouvement a été le plus calomnié de toute l'histoire du mouvement ouvrier, du fait que les forces énormes du stalinisme, ce produit dégénéré de la révolution d'Octobre, n'avait pas, hors des frontières de l'URSS (à l'intérieur c'était la terreur contre-révolutionnaire), d'arme plus efficace que la calomnie pour lutter contre la renaissance d'un communisme authentique. Et plus la politique stalinienne devenait droitière, réactionnaire, accumulant les crimes et les défaites prolétariennes, plus l'acharnement contre le « trotskysme » -qui avait en vain montré à l'Internationale communiste la voie correcte de la lutte contre le fascisme- fut taxé d' « hitléro-trotskysme ». Pendant deux décennies, la faiblesse de nos moyens éditoriaux et le peu d'intérêt que l'édition bourgeoise prêtait à notre mouvement ne nous avait pas permis de déterrer nos documents de l'époque. Après la publication en fac-similé par les EDI de la collection complète de la Vérilé clandestine, notre second volume achève de fol'rnir aux militants les éléments de jugement sur notre action, nos débats théoriques, nos analyses de cette période cruciale. Il était temps ! Trop d'ouvrages superficiels et mal documentés commençaient à remplacer la vieille image diabolique par des points de vue de Sirius teintés de dilettantisme.

Ce volume tombe aussi à pic en cela que maints chantres d'hier des accords de Yalta-Postdam commencent à s'apercevoir -avec une sincérité douteuseque ces accords contre-révolutionnaires ont été un crime contre les peuples. Pourtant, depuis sa parution en juin dernier, la presse n'a donné aucun écho à ce livre. N'est-ce pas que ce serait difficile sans rendre hommage à la IV• Internationale, et, par cela même, trancher le problème éternellement resoulevé de la justification de sa proclamation en 1938?

Aucun commentaire de ce bloc de docunients ne saurait être meilleur que les introductions (générales et pour chacune des six parties) denses et claires de Rodolphe Prager, que ses fonctions de dirigeant du mouvement dans l'illégalité de cette période ne privent en rien de sa lucidité sereine -parfois autocritique- d'historien.

Un premier constat s'impose: alors que la guerre mondiale allait voi r la dissolution du Komintern, la disparition sans phrases des regroupements internationaux centristes, et que l'Internationale socialiste -selon son usage au cours des guerres- allait retrouver une phase ectoplasmique, la minuscule IV" Internationale, malgré l'état désastreux où elle était en 1940 de par l'assassinat de son fondateur et principal dirigeant, de par des scissions dont celle du SWP des Etats-Unis par les adversaires de l'analyse de l'URSS de Trotsky, de par la désorganisation en Europe -où les agents infiltrés du Guépéou avaient leur bonne part- en dépit, enfin, de la répression de tous les impérialistes, fascistes et démocratiques, et de la bureaucratie stalinienne en même temps, ce mouvement fut le seul non seulement à traverser la guerre en combattant sur tous les fronts, mais à en sortir unifié et considérablement renforcé. Sur ce point de la nécessité de la proclamation de la JV< Internationale au moins, Trotsky avait vu juste : seule une cohorte- fut-elle-petite- de révolutionnaires solidement armés théoriquement pouvaient affronter politiquement la terrible échéance de la guerre, où les pressions les plus contradictoires allaient s'exercer sur le mouvement ouvrier.

Deux sollicitations, à l'heure où la guerre impérialiste se doublait de l'affrontement entre bloc fasciste et bloc des« démocraties » (bourgeoises): celle du ralliement «patriotique »dans la résistance interclassiste ; celle de la capitulation devant la direction stalinienne dès qu'elle eût changé de camp (août 194 T. Il y a encore des âmes candides -sans doute droguées par les mythes et légendes « résistantialistes » dont les tenants font bonne garde sur tous les fronts culturels pour ne pas laisser passer les vérités gênantes ( 1)- pour reprocher aux trotskystes de n'avoir cédé ni à l'une ni à l'autre de ces

MICHEL LEQUENNE tentations qui, d'ailleurs. n'en firent bientôt plus qu'une quand le stalinisme mit tout son cynisme naturel à hurler le chauvinisme plus fort que la droite « nationale ». Prager dit justement : 11 Idée saugrenue, inspirée d'un faux réalisme, que celle mUialion des révo!ulionnaires qui remiseraienl pour un lemps leur programme. renonceraienl à leurs objecli{s pour se somelfre à leurs adversaires de classe plus déœrminés que jamais dans leurs desseins réaclionnaires. Désarmemenl à sens unique : il n'es! que de rappeler les amabilités américaines prodiguées à Vichy, el leur œn1a1ive de me11re en selle Darlan et Giraud ainsi que le massacre des partisans grecs par l'armée de Churchill. Les révolutionnaires renonceraient à leur comba1 au plus {or! de la crise du capiw/isme international el des rapporls sociaux, pour renailre de leurs cendres la guerre 1erminée ? Afin de ne pas fuller à contre-cou rani et de sacrifier à ce pseudo-antifascisme ! Survivre à un suicide politique serail. pour le moins, une entreprise hasardeuse ».

Certes la voie était étroite pour mener une inflexible politique de classe dans ce choc sanglant. Les trébuchements dans nos rangs ne manquèrent pas. mais le remarquable est qu'ils furent critiqués dans le feu de l'action et corrigés. Et Prager peut conclure: 11 Le bilan de la IV' Internationale au long des années de guerre, présenlé sans dissimulation, est certainement posilif et juslifie une légitime fierté. 11 On en jugera à la lecture du livre. Nous nous en tiendrons ici, quant à nous, à un certain nombre de questions difficiles que nous eûmes à appréhender. à nos erreurs et à leur sens, et aux leçons que nous pouvons en tirer. La question nationale

Le problème le plus difficile que nous ayons eu à affronter. parce que notre mouvement était au plus au haut point nourri d'internationalisme prolétarien, ce fut bien la résurgence d'une « question nationale >> dans des pays bourgeois avancés voire impérialistes, comme la France. R. Prager écrit: 11 Le fait nouveau, l'oppression nationale dans le contex-

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te de la guerre impérialiste, revétait de toute ' souligner que<< les insuccès des trotskystes évidence une importance primordiale qui devait trouver sa traduction dans l'action des révolutionnaires. Certains eurent grand tort de le sous -estimer. Assimiler en quelque sorte cette situation à celle des pays coloniaux revenait à commettre t'erreur inverse. S'inscrire dans la lw te des masses conIre t'oppression na::.ie sans concessions au chauvinisme ambiant. sans pactiser avec la bourgeoisie. en comballant avec ses propres méthodes de classe était la ligne directrice des révolutionnaires. E:lle ne fut pas d 'emblée mise en œuvre par les trotskystes. mais ils v parvinrent par des retouches successives. à mesure que s'effacèrent les traumatismes de juin 1940. »

La conférence européenne clandestine de février 1944 condamna durement 11 le fléchissement certain dans la conduite internationaliste de certaines sections, en premier lieu de la section française( .. ) >~ p. 242). Condamnation trop sévère qui il englobe dans le mème blàme les errements plus graves de !940 >) (v.p. 98), celles des il Trois thèses >) de J'IKD (2) de 1941 (p. 1 02), et les déviations plus légères de 1942.

Ces thèses sur la question nationale de 1942 sont d'ailleurs loin de n'avoir contenu que des erreurs. En particulier la thèse 5 (p. 123) pointe avec lucidité une évolution de la petite bourgeoisie qui s'est révélée juste. Il en va de même de la thèse 18 (p. 135) sur J'évolution différente de la petite bourgeoisie selon la force respective de la bourgeosie dans les différents pays d'Europe. Enfin la thèse 22 (p. 141) voit clairement l'éventualité qui termine effectivement la guerre et en pointe la cause essentielle : le rôle du stalinisme.

Le problème difficile de la manière de répondre au sentiment d'oppression nationale sans sombrer dans le chauvinisme réactionnaire revient en définitive au problème du défaitisme révolutionnaire dans une guerre aussi complexe quant aux forces politiques et sociales en jeu. Prager analyse parfaitement la notion léniniste du défaitisme révolutionnaire, fait justice de ses « traductions simplistes, malveillantes ou sectaires » qui la réduisent à un sabotage prioritaire de son propre impérialisme. C'est la conception léniniste correcte que Trotsky avait précisée avant sa mort, spécifiant, au grand scandale des sectaires, que si le sabotage des impérialistes ennemis de J'URSS devait être une tâche essentielle des révolutionnaires, il ne pouvait en être question, dans les cas précis, par exemple, d'envois d'armes à l'URSS de la part des impérialistes alliés.

Défendre l'URSS sans servir la bureaucratie et en combattant le stalinisme ; combattre le fascisme sans se soumettre à la résistance dominée par la bourgeoisie et sans renoncer à la défense des intérêts prolétariens, certes, oui, la voie était étroite. Elle fut pourtant suivie, et sous une triple répression dont J'annexe consacrée à nos victimes donne une image impressionnante bien que non exhaustive.

Notre erreur principale n'a pas concerné notre attitude politique ni notre action dans la guerre, dont Prager a raison de ne proviennent pas de .fawes tactiques ou aU/res, mais de leur situation à contre-courant et de t'emprise stalinienne sur les masses. Une certaine dose de "réalisme" opportuniste aurait pu altérer la physionomie du mouvement en pure perte. sans a/feindre des résultats mirobolants. Il ne suffit pas d'alléger son bagage idéologique pour ètre promis aux grands succès. Ce serait trop facile et c'est une vieille illusion )). .La perspective révolutionnaire

Notre erreur principale fut une erreur de perspective que nous tenions de Trotsky et que. probablement, lui seul aurait pu corriger à temps. Cette erreur n'est pas de celle que l'on peut opposer comme un bloc à une vérité toute contraire, c'est dans une grande mesure une erreur sur les rythmes, typique de celles des meilleurs marxistes, y compris Marx et Engels, qui saisissent les grandes tendances mais ne peuvent, évidemment, totaliser les mille facteurs qui les traversent, les dévient et les retardent.

Il convient aussi de préciser avant d'aller plus loin qu'en dehors de la IVe Internationale, personne ne voyait plus clair et ne prévoyait mieux, notre avantage consistant à une discussion ouverte sur les contradictions apportées à nos pronostics par le développement du réeL ce dont témoigne, dans le présent volume. les textes minoritaires qui ne laissent pas souvent de contenir, eux aussi, leur part de vérité. (Ainsi des remarques sur la résurgence du réformisme faites par les amendements du RCP en 1946).

Il n'en reste pas moins que la portée de notre erreur appelle analyse. Notre perspective était cette de la transformation de la guerre mondiale en révolution mondiale selon le schéma de la Première Guerre mondiale. On ne règle absolument pas le problème en soulignant que cela n'eut pas lieu.

Ceux qui opposent le nouvel essor du capitalisme au chaos de la première après-guerre commettent même une erreur bien plus grande que la nôtre. En effet, si la révolution d'Octobre sortit du premier conflit mondiaL en six ans l'impérialisme avait réussi à écraser dans le sang toutes les révolutions d'Europe et d'Asie, et il fallut attendre dix ans un nouvel essor terminé par de nouvelles défaites puis par le second conflit mondial. Au contraire, six ans après Yalta, non seulement toute l'Europe de l'Est avait échappé au capitalisme -dont la Yougoslavie qui initiait une expérience prometteuse après sa rupture avec le Kremlin, mais la révolution chinoise était victorieuse et un immense pan du monde passait au collectivisme, ouvrant la voie des révolutions coloniales ininterrompues. Cette période n'est pas achevée, et si les victoires -Vietnam, Cuba, Nicaragua- ont été horriblement coûteuses, aucun terrain n'a été repris par l'impérialisme. De ce point de vue, la perspective de Trotsky, étalée dans le temps, a été verifiée.

L'unique cause de l'erreur de perspective tient à un seul problème : la question du stalinisme et la prévision de sa chute en cas de victoire comme en cas de défaite.

Pourquoi cela ne s'est-il pas produit?

Ici les adversaires de l'analyse trotskyste de la bureaucratie comme caste ricanent que c'est la faillite de cette théorie, que c'est là en réalité un nouveau système de domination de classe qui va se renforçant, voire qui risque de s'étendre sur toute la planète. Il n'y a plus loin à se porter en défense du système bourgeois pourvu qu'il fasse mine d'être« démocratique». Certains en appellent même au témoignage de Trotsky lui-même contre nous et évoquent tel passage de tel texte de Défense du marxisme pour nous opposer qu'au cas où la chute du stalinisme ne serait pas entraînée par les conséquences de la guerre. notre maître avait annoncé qu'il faudrait revoir la théorie. C'est aller un peu vite en besogne.

A notre avis, la théorie de Trotsky est encore celle qui tient le mieux le coup. D'abord parce que la bureaucratie soviétique devient d'autant plus instable que les forces matérielles de J'U RSS s'accroissent : ce qui, à soi seuL contredit qu'il s'agisse d'une nouvelle classe, du moins au sens marxiste de la classe comme porteuse d'un nouveau système de

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. . . . . . . . . . . . . . . 1.. "":.'::ii: - production et d'exploitation du travail. Notre erreur de la période de guerre n'est donc pas une erreur théorique. Au contraire, pourrait-on dire. Et même en deux sens: • parce que cette analyse nous a permis -et à nous seuls- de prévoir le comportement contre-révolutionnaire de cette bureaucratie, et ainsi de ne pas donner dans les illusions qui culminent avec Yalta, et s'épanouissent au lendemain de la guerre dans la nouvelle union sacrée ; • parce que notre erreur consiste en une totalisation fausse des. contradictions objectives, mises en valeur par notre théorie, entre l'Etat d'économie collectivisée issu de la révolution prolétarienne d'Octobre et la bureaucratie qui s'est dévelopée comme un chancre parasite sur cet Etat de type nouveau. Voyons ces contradictions de plus près, telles qu'elles se sont développées au cours de la guerre : 1) Comme Trotsky l'avait prévu

-surtout après la décapitation de l'Armée rouge en 1938- la bureaucratie stalinienne a été incapable d'assurer la défense de l'URSS. L'effrondement des fronts avec des pertes gigantesques (bien dénoncées plus tard par Nektitch Grigorenko et Medvedev) ont failli aboutir à la défaite de l'URSS. Mais, inversement, le dévouement prodigieux du peuple soviétique qui s'est bat-

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... .. ... · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · tu pour défendre ce qu'il concevait justement comme ses conquêtes a fini par bloquer la machine de guerre allemande -heureusement d'ailleurs, déjà en partie épuisée du fait de la stratégie mégalomaniaque d'Hitler

Toutefois, les conditions dans lesquelles l'Etat soviétique fut sauvé- son peuple soigné et épuisé une nouvelle foisne pouvaient entraîner la chute de la bureaucratie qui dirigeait de façon démente mais avec une poigne de fer, et qui avait pris la précaution de liquider tous les opposants politiques qui auraient pu assurer une relève communiste de 1936 à 1940.

Ainsi , paradoxalement, c'est la supériorité de l'économie collective et la conscience socialiste qu'elle avait faire naître qui sauvèrent en même temps l'URSS et la bureaucratie, puis permirent à cette dernière de se retourner contre les masses éreintées et décimées pour un nouveau cours de terreur qui lui donna un nouveau répit, jusqu'à la mort de Staline, sept ans plus tard.

Comme dans la nature, la force développée du corps parasité ne détruisit pas le parasite, mais bien au contraire l'alimenta. Les modifications de la conscience sont plus lentes , car elles ne dépendent pas seulement d'éléments intérieurs mais aussi de l'interaction de la lutte de classes internationale.

En conclusion de ce point, remarquons donc que, dans l'analyse trotskyste, c'est l'aspect puissance de l'Etat construit sur les bases du collectivisme et vécu comme son Etat «ouvrier » par son immense population qui a été l'élément(« optimiste »l vérifié par l'histoire, à l'encontre de l'élément (« pessimiste »l de démoralisation des masses et de la désorganisation-désarmement par la bureaucratie. La symbiose bureaucratie-Etat collectiviste a lié la survie de l'une et de l'autre.

2) Cette symbiose a prolongé -et pour de longues années encore la mystification d'identification du stalinisme au communisme. La volte-face de 1941 -imposée en fait par l'offensive de Hitler, inattendue par Staline jusqu'à la dernière heure- a permis au mouvement stalinien international de se laver de l'alliance avec Hitler, présentée comme une ruse de guerre, et « tactique ». Cette idéalisation des prétendues « tactiques » a également permis de couvrir la collaboration de classes avec les « démocraties » impérialistes, et cela jusqu'à ce que lesdites « démocraties » la rompent en 194 7 (comme Hitler avait rompu le pacte en 1941).

Le phénomène sans précédent auquel notre mouvement fut confronté dans cette guerre fut celui d'un nouveau social-patriotisme, beaucoup plus perfide que celui de la social-démocratie, dans la mesure où il se présentait comme une étape dans la transformation sociale ... après la guerre ! Et. bien entendu, ce social-patriotisme était favorisé par l'Occupation, posant en termes nouveaux -comme on 11'a vu plus haut- la question de l'opP'';~'';joo rom m' on '' verra à la lecture des textes de nos conférences et congrès- n'étaient pas fausses en prévoyant l'explosion de révolutions dans la période de liquidation de la guerre . Œt il est bon de rafraîchir les mémoires ou d'éclairer les ignorances sur tant de mouvements avortés ou écrasés). Mais la fausse conscience -dont la responsabilité essentielle repose sur les épaules du stalinisme- mena ces mouvements à l'impasse ou au désastre, avec une seule exception celle de la Yougoslavie, dont la direction se refusa à adopter la stratégie stalinienne d'union de classes et dit non à Yalta.

4) Le chauvinisme stalinien poussant à son extrémité l'identification criminelle fascisme = allemand - mais non pas du capitalisme allemand, protégé, lui, par les « impérialistes démocratiques » - qui enleva les chances d'une révolution allemande . A l'issue de la guerre

Ces quelques remarques autocritiques -non exhaustives- que nous sommes bien d'ailleurs les seuls à pouvoir faire de nos propres conceptions en cette période et sur elle, ne nous ont pas empêchés de mener une politique qui, commencée dans la confusion. fut de mieux en mieux ajustée. Aurions-nous eu une vue plus placide de ce qui allait advenir au lendemain de la guerre que la faiblesse de nos forces ne nous aurait guère permis de faire beaucoup mieux. Nous étions en tout état de cause à contre-courant. De ce fait. nos succès -et nous en eûmes- se heurtèrent très vite aux appareils conjugués du stalinisme et de la bourgeoisie. Une politique, telle que celle du «front ouvrier >>, achoppa sur le dernier « triomphe » stalinien.

Mais à la fin de cette épouvantable guerre. en comptant nos morts de par le monde -et parmi eux plus de la moitié de nos cadres de premier plan- nous pouvions constater que, paradoxalement, notre mouvement s'était développé ; nourri de très nombreux jeunes révolutionnaires lucides à toutes les immenses mystifications dominantes; qu'un encadrement nouveau s'était forgé dans cette lutte sans précédent; qu'entrés dans le chaos divisés, nous en sortions presque partout décantés et unifiés . Les documents sont là et contredisent nos critiques de Sirius ou tel et tel «ancien combattant » fatigué .

Nous allions entrer dans une autre période où de toutes autres difficultés nous attendaient, moins effrayantes, sans nul doute, mais peut-être plus difficiles à resoudre. Notre troisième volume en rendra compte. Notes 1) Tout récemment, la diffusion à la télévision de " le Chagrin et la Pitié "• film que manifeste ce qui fut la France profonde des années de guerre, a provoqué un beau charivari. 2) Internationale Kommunisten Deutschlands, section allemande de la IV• Internationale

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