VIVE KANAKY 1
A Ouvéa, dix-neuf militants kanaks ont été sauvagement massacrés. Au tableau de la répression colonialiste, après bien d'autres, leurs noms rejoignent ceux d'Eloi Machoro et des victimes de Hienghène. Comment cette boucherie a-t-elle eu lieu ? Il faut, à présent, exiger que toute la lumière soit faite, afin que le crime ne reste pas impuni. Sur le pourquoi, la réponse ne fait pas l'ombre d'un doute, désignant qui a armé la main des bourreaux. Le sang kanak est le prix d'une politique : celle de Chirac, Pasqua et Pons. Ils ont monté de toutes pièces ce détestable remake de la guerre d'Algérie, pensant que c'était une bonne carte pour, à quelques jours du second tour, en appeler au " rassemblement , à droite contre l'« insécurité , et le « terrorisme , . L'élection présidentielle française a ainsi trouvé sa vérité aux antipodes. Sur cette terre spoliée, quadrillée par l'armée coloniale, soumise aux exactions des fascistes caldoches. Belle démocratie, lorsque le chef du gouvernement et son ministre de l'Intérieur s'autorisent à acheter, en métropole, une poignée de suffrages contre quelques vies de colonisés ! Démocratie d'une puissance coloniale mal dégrossie, qui n'a rien appris de son passé peu glorieux et qui cède au racisme.
aura suffi de deux ans de chiraquisme pour que la Kanaky bascule au bord de la guerre civile. La politique agressive et aventuriste de Pons en dit long sur la nature réelle de ce gouvernement dont il était urgent de se débarrasser. Mais la Nouvelle-Calédonie a aussi fonctionné comme un véritable laboratoire: la droite y a testé jusqu'où la cohabitation pouvait aller trop loin, obligeant Mitterrand à" oublier, la promesse de l'indépendance. Droite et extrême droite, ici et là-bas, ont joué avec le feu, il faut qu'elles s'en mordent les doigts jusqu'au sang. En Kanaky, le seul otage, c'est le peuple kanak. Otage du sinistre colonialisme français! C'est une solidarité sans faille que le mouvement ouvrier français doit témoigner à son égard. Jusqu'à ce qu'il parvienne au but légitime qu'il s'est fixé: l'indépendance.