sur la dialectique matérialiste La conjoncture idéologique est marquée aujourd'hui, sept ans après Mai-Juin 1968 , par un curieux renversement des fronts ou des positions. Une partie de l'intelligentsia radicalisée, qui n'avait pas de mots assez durs pour fustiger le révisionnisme du P .C.F . et glorifier le marxisme-léninisme, se détourne maintenant de ce qu 'elle avait autrefois adoré. Elle redécouvre les vertus du socialisme prémarxiste et de toutes sortes de révoltes éclatées, critique avec virulence les formes d 'organisation au nom de la créativité du désir et de la spontanéité. Le P .C.F., au contraire, semble, dans cette débandade, devenir un foyer de résistance de la pensée marxiste. Il s'ouvre aux courants les plus divers, sans avoir peur de reconnaître au besoin (du bout des lèvres) des erreurs passées ou le rôle de théoriciens qu'il avait négligés (Gramsci par exemple). Il est vrai qu'à côté de cet opportunisme masqué, les marxistes révolutionnaires refusent d'être de simples adaptateurs et maintiennent vivant l'esprit de la critique marxiste de toutes les formes d'exploitation et d'oppression. Il ne faut pas se dissimuler cependant que le marxisme révolutionnaire est loin d'avoir exploré tous les domaines qui devaient l'être. Qu'en est-il de la philosophie marxiste et de la dialectique matérialiste ? Quels sont les rapports du marxisme théorique avec la psychanalyse, avec le mouvement des sciences ? Quelle analyse peut-on faire de la crise de l'individualité bourgeoise ? de la sexualité ? Autant de questions qui refusent les réponses simplistes et sur lesquelles notre revue entend ouvrir une discussion permanente. Les articles qui suivent, faits de points de vue différents, en sont une première amorce.