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Archives des publications de la Ligue communiste révolutionnaire, section française de la IVe Internationale

Réponse de l'OCT (Organisation communiste des travailleurs)

· Critique communiste (1re série), n° 26, janvier 1979 · p. 114-122 · 3 282 mots

(Organisation communiste des travailleurs) • Quel jugement portez-vous sur la désagrégation de l'Union de la gauche (UG) et sur les développements actuels de l'offensive bourgeoise (particulièrement le plan Barre III) ?

L'UG était une union de collaboration de classe. Non à cause de la présence marginale des radicaux. A cause de la nature du PC et du PS eux-mêmes, à cause du Programme commun qui fondait l'alliance (respect de l 'économie de marché, respect des institutions de laVe République et maintien de Giscard, etc.). A ce titre, l'UG a eu une fonction contradictoire; elle a canalisé les énergies et les espoirs populaires en leur offrant une perspective centrale crédible pour en finir avec le régime. Elle a donc joué un rôle d'unification politique. Mais d'un côté, cette unification s'est rapidement concentrée sur le seul terrain électoral. De l'autre, et surtout en tant qu'alternative de collaboration de classe, l'UG n'a imposé son hégémonie au niveau politique qu'au prix de divisions accrues aux autres niveaux du front de classe. Isolement des fractions d'avant-garde, divisions entre Français et immigrés, hommes et femmes, etc . , refus d'opposer une lutte centrale résolue contre les plans Barre I et II .. . Il est dans la nature de la collaboration de classe d'avoir de tels effets contradictoires : contrairement à ce que la campagne actuelle de la LCR veut faire croire (unité PC-PS) la division au sein des masses fut alimentée et renforcée, à certains niveaux de la lutte de classe, alors quel' UG existait encore.

Pour peu que le mouvement de masse ait surmonté ses divisions, la possibilité existait donc d'une opposition entre ce dernier et l'UG prise en bloc. C'est ce à quoi travaillaient les forces révolutionnaires et qu'elles espéraient voir se développer en cas de défaite de Giscard en mars 78 .

Mais l'UG était aussi, en plus, travaillée par des contradictions internes. L'OCT a toujours affirmé que deux projets contradictoires s'y affrontaient. Le PS visait à créer les conditions de son émancipation d'une alliance contraignante pour une collaboration ouverte et franche avec le giscardisme, une gestion loyale de la crise. Il a voulu imposer ces conditions avant la venue au pouvoir pour ne pas prendre le risque de ne pouvoir le faire après.

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Le PC n'a pas pu l'accepter. Çe n'est pas la collaboration ouverte, ou la gestion de la crise qui 1 'ont fait reculer. Il a fait pire à la Libération, ses compères italiens ou espagnols le font en ce moment. La différence en France ne s'explique pas non plus par la ridicule «théorie'' de la «main de Moscou», mais bien par des caractéristiques nationales. Le PC a refusé d'avoir àjaire tout cela dans un rôle subalterne face au PS et alors que les élections municipales lui avaient révélé le risque sérieux d'être massivement débordé à gauche dans de telles conditions. D'où la volonté de<< garanties», de positions de force dans l'appareil économique et l'appareil d'État, ce qui était intolérable pour la bourgeoisie et inacceptable pour le PS.

Il était inévitable que l'UG casse. Malheureusement, ce n'est pas le mouvement de masse qui 1 'a fait éclater, mais bien ses contradictions internes et avant les élections .

Les masses n'ont pu peser sur le processus parce que ce qui se discutait ne les concernait que par ricochet et dans des formes qui les en excluaient totalement. Comment s'étonner dans ces conditions qu'aient dominé au sein des masses le désarroi et le repli au lieu de la <<critique de gauche '' attendue par les révolutionnaires ? Comment s'étonner au ssi que 1 'essentiel d es critiques venues des ran gs réformistes se font << vers la droite » et qu'aucune remise en cause stratégique de gauche n ' y ait encore vu le jour? Même les althussériens, qui vont le plus loin, se contentent d'une référence ... au Front populaire!

Cela dit, la rupture de l'UG et les conditions de sa crise n'ont pas fini de produire leurs effets . Dans l'immédiat, si les masses ne disposent plus d'une alternative globale, la capacité réformiste à << hégémoniser » la représentation politique de toute lutte est amoindrie d'autant. A moyen terme la crise des partis réformistes promet d'avoir de multiples rebondissements. Celle du PC, surtout, qui souffrt: d'une véritable <<crise d'identité,, dépossédé de tout projet crédible, tenté par un impossible <<repli». Laissé à son seul mouvement, cette crise se résoudra en définitive sur la droite, au profit de la bourgeoisie. Mais si le mouvement des masses se développe, se crée des cibles, repart à l'offensive, si les révolutionnaires en sont partie prenante et à l'avant-garde, les choses seront certainement différentes. C'est, bien sûr, un enjeu d'importance. Sur le plan Barre III

Le plan Barre III n'est pas seulement une politique d'austérité

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pour les travailleurs, une tentative de leur faire payer la crise. Il s'agit là de conditions préalables à une offensive beaucoup plus vaste, offensive par laquelle la bourgeoisie française essaye de réagir à d'importantes modifications du contexte de reproduction du capital, parmi lesquelles les plus importantes semblent être :

1. Sur le plan international, les luttes des pays dominés, qui ont précédé et ouvert la voie à la montée des cours des matières premières et en particulier de ceux du pétrole .

2. L'accession de nouveaux pays de la zone dominée à d'importantes sphères de la production industrielle, concurrençant directement les métropoles impérialistes.

3 . Une concurrence de plus en plus dure au niveau international, dans le cadre de laquelle le capitalisme français a enregistré un certain nombre d'échecs dans une politique qui a été longtemps celle d'une tentative de percée<< tous azimuts''·

Ceci dans le cadre général d'une crise économique qui se révèle de plus en plus comme l'ouverture d'une phase longue de marasme , de brutales fluctuations , et d'incertitudes sur le taux de profit.

Le plan Barre III est avant tout la tentative de répondre à l 'ensemble de ces contradictions, par une vaste politique de restructuration qui a comme principaux objectifs : - une nouvelle redistribution de la main-d'œuvre, pour une nouvelle place dans la division internationale du travail (voir textile, sidérurgie ... et, en sens inverse, informatique ... ); - un abaissement à long terme du coût moyen de reproduction de la force de travail : par la régression directe des salaires, mais aussi par des mesures permettant aux patrons de ne supporter le coût de la main-d'œuvre que quand ils produisent, tout en ayant toujours une main-d'œuvre disponible (extension des contrats à durée déterminée, bourse d'heures annuelle, horaires flexibles, suppression de la limite de la durée légale de la semaine de travail .. . ); par la réduction des frais généraux de reproduction de la force de travail, supportés jusqu'à présent en partie par le patronat (les 90 %, projet décret Boulin, attaques de la Sécurité sociale ... ); - la création et la gestion la plus économique possible d'une armée industrielle de réserve, partiellement intégrée à l'armée d'active (chômeurs, intérimaires, apprentis, stagiaires Barre ... ); - une nouvelle prolétarisation interne du prolétariat et des employés prolétarisés (brutale accélération de la déqualification, nouveau

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recul de la capacité à maîtriser quelque peu le processus de travail et de production ... ).

La restructuration est donc non seulement une restructuration de l'appareil productif, mais également des classes sociales, du comportement et de 1 'idéologie, etc. C'est dire 1 'ampleur de 1 'en jeu. • Que pensez-vous des nouvelles orientations syndicales et des problèmes que cela pose du point de vue de l'unité des travailleurs?

Les directions de la CGT comme de la CFDT opèrent, chacune à leur manière, un<< recentrage''· Chacune des deux confédérations en vient ainsi à s'adapter à la crise capitaliste et à chercher à négocier ses effets plutôt qu'à s'y opposer et à refuser d'en faire les frais . Ainsi on voit la CFDT se préoccuper d'un «nouveau type de développement» et goûter aux joies douteuses de la négociation à froid. Quant à la CGT, son ton , souvent plus vif, ne saurait faire illusion; l' acceptation du principe de la politique contractuelle fait pièce au refus de généraliser les luttes; les thèmes nouveaux abordés à Grenoble (organisation du travail, conseils d'atelier et de service) visen t , pour l'essentiel , à s'appuyer sur des aspirations réelles des travailleurs pour ouvrir à droite .. . Cette évolution ne se fait pas sans contradictions . L'apparition d'une opposition dans la CGT (dont les sympathisants du PS sont loin de détenir le monopole), les réactions de plus en plus nettes d'organisations de la CFDT à son recentrage, en témoignent.

La bataille pour l'unité ouvrière n'est pas indépendante de cet état de chose. Si la division syndicale est un obstacle, en général, à l'unité des travailleurs, surtout quand elle prend des formes aussi caricaturales que la polémique entre PC et PS par CGT et CFDT interposées, n'importe quelle unité syndicale n'est pas forcément un instrument d'unité réelle des travailleurs.

Et plus précisément : aujourd'hui, il ne peut y avoir de bataille if.ficace pour l'unité des travailleurs qui ne s'appuie sur les courants de gauche de la classe ouvriere; c'est-à-dire que, dans le mouvement syndical, cette bataille est une bataille d'opposition aux lignes majoritaires. Encore faut-il que le contenu concret de cette opposition ne se réduise pas . .. à proclamer la nécessité de 1 'unité.

A notre avis quatre point sont importants :

1. Se battre pour une véritable riposte à l'offensive bourgeoise.

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Pas d'assouplissement des revendications, pas d'adaptation à la crise. Face à l'offensive centralisée de la bourgeoisie, il faut préparer des affrontements de haut niveau et notamment des mouvements d'ensemble puissants et prolongés.

Mais le peu de centralisation des luttes n'est pas dû actuellement seulement à la politique des réformistes (qui en portent, bien sûr, la principale responsabilité). Elle reflète aussi la division du front de classe, l'absence de perspective politique crédible, et, à un moindre degré, l'écœurement de certains travailleurs face aux centralisationsbidon.

Alors, avoir la grève générale comme seule réponse, c'est un peu court!

Notre tâche consiste bien plus à éclairer le chemin par où il faut passer pour aller vers une lutte centralisée : durcissement des formes d'action (sans lequel il n'y a pas de rapports de forces), extension des luttes à partir des secteurs combatifs ...

2. Opposition aux recentrages, aux négociations à froid, à la cogestion de la crise .

3. Pour u ne véritable unification des travailleurs, ce qui implique une bataille particulièrem ent pour la prise en compte des besoins des plus opprimés, des femmes, des immigrés, des chômeurs ...

4. Pour la démocratie syndicale, ce qui implique que soit mis fin à toute torme de <<chasse aux coucous» et que soit reconnu le droit à l'expression des structures en désaccord et à la possibilité pour elles de se concerter dans le cadre du fédéralisme syndical.

Sur ces bases, il est justifié de se battre pour imposer une unité CGT-CFDT qui favorise réellement l'action des travailleurs. Nous pouvons le faire, en nous appuyant sur les courants de gauche, à l'échelle des entreprises, voire des branches et des localités. Par contre, se contenter de (ou même commencer par) réclamer l'unité au sommet des confédérations est une politique proclamatoire qui ne nous fait pas avancer d'un saut de puce. • Quel diagnostic portez-vous sur la situation actuelle de

1' extrême gauche ?

L'extrême gauche a subi à l'échelle européenne une crise sérieuse. Elle n'échappe pas à la crise stratégique qui traverse tout le mouvement ouvrier. Si les moyens de la révolution, la stratégie à mettre en

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œuvre sont en question, le sont aussi la nature de la société à construire, celle de la dictature du prolétariat.

L'extrême gauche a pris du retard pour aborder et résoudre ces problèmes ou alors, nous y reviendrons, elle tend à y apporter des réponses opportunistes et dogmatiques. Situation d'autant plus dommageable que l'extrême gauche pourrait être à même de viser une recomposition de grande ampleur du mouvement ouvrier, vu la crise ouverte dans le camp réformiste, recomposition sans laquelle le dégagement d'une alternative révolutionnaire et la construction d'un parti révolutionnaire demeureront difficiles.

Face à cette situation, l'extrême gauche française semble nettement tentée par le repli dogmatique et sectaire. Le PCR s 'enfonce dans le suivisme prochinois et prépare sa fusion avec HR. Lü annonce une nouvelle traversée du désert; même les CCA brandissent leurs << liens historiques » avec leur « tendance internationale ,, . La LCR, de son côté (du moins pour les thèses majoritaires du comité central), cherche une issue dans «le retour aux sources>>, la glorification de la IVe Internationale . Elle systématise par ailleurs son évolution opportuniste marquante depuis la rupture de l'Union de la gauch e . Au niveau politique général , l' unité des ap pareils réformistes, de «bataille tactique ,, qu'elle était il y a peu, tend à devenir centrale, stratégique, et se concrétise dans la volonté d ' instituer un «gouvernement PC-PS » présenté comme un maillon indispensable dans la marche au socialisme. Le tout étant couvert par un discours triomphaliste sur l'état du front de classe .

Il est grand temps d'agir autrement, avec les organisations de la gauche révolutionnaire et les militants qui agissent sur une option · révolutionnaire, il faut :

1. Tirer le bilan sur les lignes suivies depuis 1968, ouvrir le débat sur ce qu'il convient de suivre désormais, en liaison avec l'approfondissement de questions stratégiques. Ces débats s'imposent à tous . Pourquoi ne pas les concevoir comme ouverts, contradictoires, publics, en y associant ceux qui, non organisés nationalement, militent sur une option révolutionnaire?

2. Agir ensemble. Non à côté ou à la place du mouvement de masse, mais à 1 'intérieur de ce dernier, pour son développement. Si le but d'une . telle activité était un simple renforcement de l'unité d'action, elle n'irait pas loin. Il s'agit de s'engager dans une effective recomposition des forces révolutionnaires, de redéfinir les

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frontières organisationnelles et politiques nécessaires pour mener un combat révolutionnaire aujourd'hui.

A notre avis, cela concerne tous les militants, même inorganisés, engagés dans un travail de masse sur une option révolutionnaire; les courants avec lesquels nous collaborons à 1 'animation de mouvements de masse. Et cela concerne les organisations LCR et CCA avec lesquelles nous étions parvenus à un accord de plate-forme pour les dernières législatives, jugé positif par les trois organisations et à partir duquel une confrontation positive est possible. • Comment se présente aujourd'hui la question de la construction du parti révolutionnaire ?

Il y a dans le pays nn vaste courant, chez les travailleurs et dans les autres catégories sociales, courant qui, au-delà des vicissitudes et fluctuations diverses, continue à se situer à la gauche des réformistes. L'extrême gauche est, depuis plusieurs années déjà , réellement implantée dans les entreprises (bien que de façon minoritaire), reconnue par les travailleurs comme une composante de leur mouvement. Les élections municipales de 77 et encore les législatives de mars ont confirmé la permanence d'un courant électoral révolutionnaire avec une composante ouvrière significative . Autant d'acquis sur lesquels il faut s'appuyer pour surmonter ce qui demeure, malgré les efforts, l'obstacle essentiel : parvenir à construire une organisation unifiée capable de concentrer 1 'énergie révolutionnaire des masses (et en particulier des travailleurs) et de se hisser à un niveal' de responsabilité de parti, même minoritaire.

Pour cela, nous devons d'abord nous tourner vers ce qu'est concrètement la société française, sa dynamique et ses contradictions vivantes. Cette société continue à être travaillée en profondeur par de vastes courants de radicalisation. Le processus de prolétarisation massive de cette société se poursuit et même par certains côtés s'accélère : croissance du nombre total d'ouvriers, développement rapide et continu des employés prolétarisés, prolétarisation massive des femmes, etc. Les conditions de vie, de travail propres à la condition prolétarienne s'étendent à de nouvelles catégories. N'oublions pas que Mai 68 a été aussi le cri de révolte d'une société bousculée, contrainte de passer à marches forcées des formes du capital du XIxe siècle aux formes du xxe.

Alors même que cette première offensive du capital se poursuit,

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une deuxième, tout aussi puissante, vient y rajouter ses effets : celle des plans Barre, celle de la restructuration (cf. plus haut) qui est une restructuration, non seulement de l'appareil productif, mais des classes sociales elles-mêmes, de leur idéologie, etc., restructuration qui exige aussi, de façon parallèle, un remodelage de l'ensemble des institutions qui servent «d'environnement>> à la production : santé, formation, université, etc.

Sont ainsi créées les conditions d'une révolte contre les conditions de vie et de travail, mais aussi contre 1 'aliénation et 1 'oppression. La pénétration du capital (et celle, concomitante, de 1 'État) dans tous les aspects de la vie accélère la crise du <<privé >>, des valeurs et du mode de vie.

Les courants de radicalisation qui traversent la société française ne sont donc pas près de s'éteindre, bien que le rapport de forces de classe dégradé actuel pèse lourdement sur leur portée, en termes de construction d'un rapport de forces, en termes d'unité de la classe, en termes de progression de la conscience politique révolutionnaire. Quoi qu'il en soit, nous sommes là en présence d'un phénomène de période, sur lequel il faut principalement s 'appuyer pour la construction du parti.

Ces courants de radicalisation concernent évidemment toutes les forces politiques et en particulier les réformistes. Ceux-ci, après s'y être directement opposés, tentent depuis plusieurs années de <<couvrir>> les terrains correspondants, de s'adapter. Ils y parviennent partiellement, ce qui ne manque pas de poser de nombreux problèmes à l'extrême gauche. Mais ils le font aussi au prix de nouvelles contradictions en leur sein (exemple : le féminisme) . Par ailleurs, des franges de travailleurs portés par les courants de radicalisation entrent en contradiction avec l'orientation et la pratique réformistes dans tel ou tel domaine. Il s'agit là, très souvent, de ruptures pratiques, confuses, incomplètes, et, là encore, le rapport de forces de classe dégradé actuel peut leur donner une portée moins grande . Mais c'est, ici aussi, une donnée de période, sur laquelle il faut s'appuyer dans la construction du parti révolutionnaire, et qu'il faut prolonger en une tactique d'unité et de lutte en direction des réformistes, pour donner toute leur portée à ces ruptures et contribuer à peser sur les contradictions des réformistes eux-mêmes.

Les orientations réformistes sont actuellement en crise et la capacité des révolutionnaires à y intervenir et à les exploiter est une des dimensions d'une lutte pour la construction du parti. Ce n'est pas ici le lieu d'analyser cette crise. Disons simplement qu'il s'agit

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d'une crise de projet politique, de la nécessité d'une plus grande adaptation aux réalités de la société française actuelle, adaptation tant aux exigences de la bourgeoisie qu'aux aspirations nouvelles des masses (rocardisme et euro-communisme relèvent tous deux de ces coordonnées très générales).

Il est illusoire de penser peser sur cette crise principalement à partir du débat d'idées, quoique celui-ci soit indispensable. Ceci d'autant plus que les contradictions au sein des partis réformistes ne sont pas disposées de façon très favorable à l'intervention des révolutionnaires et que les courants politiques qui s'y dégagent tirent plutôt à droite qu'à gauche . C'est donc principalement en s'appuyant sur les courants de radicalisation, en s'appuyant sur les ruptures partielles de franges de travailleurs d'avec 1 'orientation réformiste, en faisant des révolutionnaires une force capable d'agir que nous devrons tenter de peser sur la crise des réformistes dans un sens très favorable à la construction du parti .

Travailler aujourd'hui à la construction du parti suppose enfin que l'extrême gauche, organisée ou pas, se hisse à un niveau réel de responsabilités. C'est là une condition a bsolument essentielle, la plus urgente au ssi (cf. plu s h au t).

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