La presse de la LCR

Archives des publications de la Ligue communiste révolutionnaire, section française de la IVe Internationale

LECTURES

« Procès à Prague »

· Critique communiste (1re série), n° 30, octobre 1979 · p. 124-125 · 445 mots

2. « Procès à Prague » * Contre le V O.N.S. , ((Comité de défense des personnes injustement poursuivies>>, 22/23 octobre 1979

Les 22 et 23 octobre dernier, Petr Uhl, Vaclav Havel, Vaclav Benda , Ok ta Bednarova, Dana Nemcova et Jiri Dienstbier passaient devant les juges derrière les murs épais du tribunal de Prague.

Les termes de l'acte d'accusation ne s'inventent pas : les susnommés« ont, durant la période du printemps 1978 à mai 1979 à Prague et ailleurs, dans un esprit de résistance au système d'Etat socialiste de la République, avec le dessein de soutenir la propagande anticommuniste étrangère et dans l'intention de susciter dans la population de la République des sentiments d'hostilité envers le système socialiste, fondé l'organisation illégale ((Comité de défense des personnes injustement poursuivies >> [ ... ] Tous les accusés ont commis par là l'acte criminel de subversion de la République, conformément à l'article 98, paragraphes 1 et 2, alinéas a/b du code pénal>>.

Les autorités tchécoslovaques tenaient beaucoup à garder secrètes les délibérations de ce procès « public » : refusée la présence des journalistes occidentaux ; refusée la présence d'avocats étrangers qui se portaient volontaires pour défendre les accusés; refusée la présence des représentants des différents comités de solidarité européens qui s'étaient rendus à Prague; refusée la présence des amis et camarades des accusés qui tentèrent, malgré la police de manifester devant le tribunal.

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Forts de ce silence les juges pouvaient alors accomplir leur besogne: non sans avoir auparavant fait traîner hors de la salle d'audience la femme de Petr Uhl qui prétendait prendre des notes comme la loi l'y autorise.

Mais aux mesures de bureaucrates bornés répond une fois de plus l'insolente intelligence de ceux qui consacrent leur vie à les combattre. Les quelques parents des accusés autorisés à assister au procès n'en ont pas laissé échapper une parole : qui en griffonant des notes en cachette, qui en enregistrant de mémoire les débats, ils ont reconstitué le plus fidèlement possible ce nouveau procès de Prague. Ils nous le livrent ici comme un véritable réquisitoire : contre ces « juges » pour qui la balance ne penche jamais que du côté de l'Etat; contre ce régime qui voit ses fondements menacés par une lettre au Pen Club international; contre ces dirigeants qui jugent criminelle la revendication d'appliquer les lois qu'ils ont eux-mêmes forgées !

Le compte rendu du procès est complété par de nombreuses annexes offrant un dossier sur la répression qui frappe les opposants au régime en Tchécoslovaquie et sur les moyens de les aider. Un dossier qui est avant tout un appel à la solidarité.

A. Libera * f:ditions François Maspero, 144 pages.

Al.

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