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Aujourd’hui, l'Etat bourgeois lui-même ne peut nier la réalité de l'avortement et se voit contraint sous la pression de larges couches de la population de dénaturer sa propre légalité en prononçant des peines symboliques. Comme lors de la récente « affaire » de Bobigny, sans pour autant cesser de punir lorsqu'il le peut et d’obliger des milliers de femmes à vivre le drame de l'avortement clandestin.
Le problème est posé. La mobilisation sur le thème de l'avortement libre et gratuit connaît une ampleur sans précédent.
La lutte s'organise, depuis l'Association Choisir créée principalement pour assurer la défense des inculpées jusqu'aux manifestations de masse des femmes et des révolutionnaires.
Les femmes refusent d'être plus longtemps des coupables, refusent la procréation forcée, récusent une justice de classe qui ne traduit devant les tribunaux que les plus démunies. Elles exigent de bénéficier des meilleures conditions médicales, réservées jusqu'ici aux privilégiées à l'étranger.
L'intervention des révolutionnaires quant à elle, ne saurait se justifier par la seule actualité de la sensibilisation. Il ne s'agit pas pour nous d'une simple lutte de principe dans le cadre des libertés individuelles et démocratiques. Car la sexualité, le plaisir, la procréation, le mariage n'apartiennent pas à l’hypothétique champ clos et abstrait de la « vie privée » et du libre arbitre. L'aliénation et l'exploitation capitaliste la marque durement et profondément. Mais s'il est bien évident que la fin de cette aliénation, et plus particulièrement des femmes ne peut être que celle du capitalisme lui-même, il appartient dès maintenant à l'avant-garde de mettre à nu les racines de classe de la misère sexuelle, d'en accélérer la prise de conscience.
La lutte des femmes pour leur libération, parce qu'elle est conditionnée par la prise en charge collective de la fonction sociale qu'est la maternité, et ce au moyen de la socialisation des tâches domestiques, constitue une mise en cause de l’organisation capitaliste de la production. Cette mise en cause, il de notre tâche de l’approfondir, de lui donner sa pleine dimension anti-capitaliste.
Exiger : È — des centres d'information et de diffusion des contraceptifs sur les lieux de travail et d'habitation ;
l'avortement gratuit sur simple demande ;
— des services sociaux ;
est un premier pas, tant contre l'idéologie dominante que vers la construction des êtres nouveaux du socialisme en permettant concrètement (ce sont du moins des conditions nécessaires sinon suffisantes) de vivre la
sexualité dans l'apprentissage et la pratique du plaisir, et non plus dans la stricte fonction reproductive.
L'heure d'imaginer et de donner naissance aux êtres nouveaux du socialisme ne sonne pas qu'au matin de la prise de pouvoir, La lutte commence dès aujourd’hui, contre l'embrigadement de la jeunesse, contre l'autorité parentale et la famille, contre la ségrégation entre les sexes à tous les niveaux de la formation professionnelle à la vie sociale et politique.
POUR L'AVORTEMENT GRATUIT SUR SIMPLE DEMANDE L’avortement aujourd’hui... L'avortement : un phénomène social de masse. Les projets de réforme Les autres projets...
CONTRACEPTION LIBRE ET GRATUITE POUR TOUS De la loi de 1920 à la loi Neuwirth La loi Neuwirth... La réalité de la contraception. La pilule en question... Criminel ici, miracle là-ba: La contraception « monopolisée » En France : contraception au point mort.
PATRIARCAT ET CAPITATLISMEs csrscrcrsumrenssnassenasssnascusse p. 36 LA SAINTE FAMILLE DU CAPITAL... rss p. 37 LE CAPITALISME RENTABILISE JUSQU'AU SEXE...
LA VOIE FAMILIALE VERS LE SOCIALISME................................. p. 43 LA LIBERATION SEXUELLE DE LA JEUNESSE... p. 45 LE SOCIALISME DE DEMAIN SE PREPARE
DANS LES LUTTES D’AUJOURD'HUI.......................... wsaireassseveness p.49
.p. 51 .p. 52
Annexe : Manifeste des femmes. Manifeste de médecins
pour l’avortementf libre ef gratuif sur simple de
million de femmes
avortent chaque année en France. L’avortement est interdit. C'est le délit le plus répandu, quasiment la subversion ! C’est que les causes en sont singulièrement puissantes. Elles sont liées à la société d'exploitation. La pilule est théoriquement autorisée mais sa diffusion est contre-carrée à la fois par la non mise en place de l'infrastructure nécessaire et par une contre-propagande qui vise quotidiennement à en limiter les « dégats F3 6 % des femmes prennent la pilule. L'avortement majoritaire dans la classe ouvrière et dans la jeunesse se fait clandestinement et dans les pires conditions : il y a longtemps que les ouvrières avortent dans les poubelles !
La contraception ne touche que les couches supérieures et moyennes des grands centres urbains, elle est utilisée dans les milieux où la dimension de la famille obtenue se rapprochait déjà de celle qui était souhaitée avant l’ère de la pilule et par des secteurs culturellement développés.
Les problèmes de contraception et d’avortement mettent à nu lincapacité du système capitaliste à assurer la santé de la population. Ils doivent être attaqués par les révolutionnaires d’un double point de vue : celui de l'injustice sociale et au niveau idéologique, celui des tabous institutionnalisés par la société.
Il existe sur ces problèmes une sensibilisation à l'échelle internationale. La crise des valeurs traditionnelles et le développement de la technique rendant plus aigu l'aspiration à se libérer des contraintes qui pèsent sur l’activité sociale. ,
En France, face à cette sensibilisation, la bourgeoisie propose des
seudo-réformes, tel est le proiet Peyret dont on parle depuis 1970 dont a discussion au Parlement est reportée à chaque session. Il ne règle eñ riën le problème de l’avortement. - L’ampleur {du problème éclate au niveau de la jeunesse où la répression sexuelle sévit avec toute sa rigueur. Les lycéennes enceintes sont traquées à la fois par leur famille, l'administration et sont parquées dans des ghettos. Des enseignants sont suspendus pour avoir parlé avec leurs élèves de problèmes sexuels. ,
Contraception et avortement sont attaqués par la bourgeoisie au nom de l’ordre moïal. Il est vrai que la pilule, méthode efficace à 100 %, menace les valeurs sacrées de la bourgeoisie que sont le mariage, la famille,
la stabilité de celle-cie t les révolutionnaires doivent sur e terrainfénoncer
1%24ologie bourgeoise ‘au service de Ia loï du profit.
D L? A vortement aujourd’hui
Lä +: l’a#li.ie 817 & Code Pénal.
CcRIMESIET DÉLITS [Art. 317] 119
Art. S17. (Désr.-L. 29 Juill, 1989, arl. 82.) « Quiconque, par aliments, breuvages, médicaments, manœuvres, violences ou par tout autre moyen aura procuré ou tenté de procurer l'avortement d’une, femme enciinte ou supposée enceinte, qu'eite y ait consenti ou non,” sera puni d'un emprisonnement d'un an à cinq ans, ei d'une amende de 1 800 F à 36 000 F.
exception à cet arsenal répressif est p article L 161 du Code de la Santé Publique et l'article 38 du Code de Déontologie qui réglementent l'avortement thérapeutique. Lé grossesse ne peut être légalement interrompue que si la vie de la mère est gravement menacée et si l'interruption est le seul moyen susceptible
de sauvegarder sa vie.
Il s'agit vraiment de la loi répressive exemplaire : seule l'intention suffit. Il n’est nécessaire ni d’être réellement enceinte, ni d'utiliser des moyens adaptés. La dénonciation est son ressort privilégié. &. elle aélie ie médecin
du secret professionnei !
Une loi transgressée qui n’est pas letire-morte
Devant le tribunal
de Saint-Étienne
CINQUANTE - HUIT PERSONNES COMPARAISSENT |Page 20 — LE MONDE — 7 mai 1970 + — POUR AVORTEMENT TRIBUI ET COMPLICITÉ
(De notre correspondant) ||'affaire des deux mille avortements de Toulouse
Les avocats du principal inculpé ont mis en accusation la loi actuelle, < médiévale, répressive, impuissante >
La loi de 1920 n’a jamais cessé d’être appliquée : mais honteusement, à huis-clos, à l'insu de l’opinion, l'interdiction de publier les débats judiciaires venant renforcer le poids de la chappe de silence des tribunaux.
Ce n’est qu’en 1972, et sous l'impulsion des campagnes de défense des inculpées menées par l'Association Choisir soutenues par le MLF et les révolutionnaires que les débats ont dépassé le prétoire, éclatés dans la presse, la rue.
Deux poids, deux mesures
Le procès de Bobigny, les 8 et 22 novembre, marque la première remise en cause irréversible au silence, à la honte, à l’« indulgence » quémandée au magistrat. C’est le premier procès fait la tête haute par les inculpées à la loi de 1920 elle-même, au vrai coupable : le pouvoir capitaliste qui par sa pénurie et ses conditions d'exploitation et le poids de son idéologie contraint 1 million de femmes chaque année à avorter dans la peur, la culpabilité, clandestinement, au risque de leur vie, de leur santé.
Ce procès a été celui de la justice de classe, de cette « justice » qui sur 503 inculpations vise 498 travailleuses, et 5 femmes de cadres moyens... alors qu’elle ferme les yeux sur les voyages à l'étranger des plus privilégiées. ”
Car qui avorte ? Majoritairement des femmes mariées, déjà mères de famille.
Pourquoi ? Principalement pour des motifs économiques. L'avortement ne concerne pas seulement celles qui ne veulent pas d'enfants mais surtout celles qui ne peuvent pas avoir d'enfants. Or c'est ce qu'a fait éclater au grand jour l’« affaire Marie-Claire ».
Si la liberté de l'avortement, l’abrogation de la loi sont un objectif premier, on ne saurait le réduire à un problème de pure liberté individuelle, car cette dernière est essentiellement déterminée par l’aliénation capitaliste, économiquement et idéologiquement.
Imposer le précédent de Bobigny à chaque nouveau procès
Si le jugement de Bobigny (une relaxe, un acquittement, des peines symboliques) exprime l’ébranlement de la « justice » sous l'impact de la campagne Marie-Claire, les plateaux de la balance ne sont pas définitivement inversés.
Angers, Tours, Nancy, autant de nouveaux procès !
Tours : le refus du juge de tenir compte du « précédent » de Bobigny malgré l’invitation de l’accusation du procureur lui-même à s’y référer !
Angers : la discrimination dans la répression pour éviter le développement d’une nouvelle « affaire » : les avortées en sont exclues parce qu’au nombre de 60 ! Et parmi les complices et intermédiaires, un prêtre pourtant impliqué n’est pas inquiété. La justice tente d'appliquer sa loi honteusement, quasi en cachette de l’opinion.
Nancy : l’absurdité du délit d'intention. Une mineure est placée sous surveillance judiciaire, ses amis et sa mère condamnés pour lui avoir administré un produit non abortif alors qu’elle se croyait enceinte, mais ne l'était pas, leur unique tort étant d’avoir « pensé » avorter par ce moyen L
Autant de combats et de campagnes de dénonciation à mener pour élargir la brèche de Bobigny, en ouvrir d’autres en exigeant systématiquement la publicité des débats et en transformant toute inculpation en accusation de l’ordre bourgeois et de sa loi de 1920 jusqu’à son abrogation !
L’avortement : {n phénomène social de masse Autant que de naissances :
NOMBRE D’AVORTEMENTS PAR AN
Nombre d'avortements
Nombre de naissances
800.000 (1)
Clandestins
France 1.000.000 (1)
500.000 (2)
Canada 100.000 (3
USA
1.000.000 (3)
———_—————_—
67.000 (3)
Bulgarie (de 1962 à 1964)
140.000 (3)
Tchécoslovaquie (de 1962 à 1964)
Hongrie (de 1962 à 1964)
358.000 (3)
(1) Chiffres fournis par le Planning Familial (2) Chiffres officiels (3) Chiffres fournis par la MNEF
ACCIDENTS POST AVORTEMENTS CLANDESTINS
FRANCE 5.000 morts (1) 10 à.15.000 stérilisées à vie 200.000 maladies infectueuses
CANADA 1000 morts (2) 20.000 hospitalisations pour complications
ACCIDENTS POST AVORTEMENTS NON CLANDESTINS
BULGARIE ‘ 0 mort (2) TCHECOSLOVAQUIE 0 mort (2) HONGRIE 2 morts (2)
(1) Chiffres fournis par «Partisansy No 5455 (2) Chiffres fournis par la MNEF .
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ro
CORRESPONDANCE L'avortement du pauvre
Quatre médecins du Centre de réanimation rénale de l'hôpital Tenon nous ont adressé une lettre dont nous extrayons les principaur passages :
I1 nous à paru utile de porter à la connaissance du public l'expérience acquise par le service de réanimation rénale de l'hôpital Tenon entre 1966 et 1972 en matière d'avortement clandestin. Ce centre, hautement spécialisé, s’occupe des complications infectieuses et rénales, qui sont parmi les plus graves conséquences d'un avortement provoqué.
De l'étude de quatre-vingt-cinq dossiers, il ressort les points suivants :
1) Douze malades sont mortes malgré et au-delà de toutes les thérapeutiques. La plus jeune âgée de dix-sept ans;
2) En l'absence de complication: mortelles, des séquelles multiples
obligeant à des séances répétées de rein artificiel, un état d’anémie aiguë, et une baisse importante de la pression artérielle ; 5) Dans quarante-huit cas, nous avons des renseignements précis sur les situations familiales el sociales de ces femmes : douze étaient célibataires, deux divorcées, dix mariées à des travailleurs étrangers. Toutes étaient femme au foyer » ou occupaient des emplois à revenus modestes. Elles n'avaient aucune connaissance de l'existence de moyens contraceptifs; comment auraient-elles pu en avoir? Soixante-cinq d'entre elles étaient déjà mères d'un ou de plusieurs enfants, vingt-deux seen avorté une ou plusieurs oiSi Docteurs A. CASTAIGNE. A. KAN- FER, D. NOCHY-GAUBERT et
JD. SRAER. | Monde 8.1.73
@ Protesee HERVET. — Ù y re
ont pu être observées ; neuf fem- i (I
mes ont dû subir une ablation de 8 vingt 4 rente ne e . e
5 a quences des avortements Elan:
l'utérus et de ses annexes, en Trai- destins étai irès impertantés
son d'un infarctus de ces:organes. Le c ss Pl
Ces femmes sont ainsi définitive- très néfastes.
ment stériles ; lan —<omme tous le monde, ont fait des progrès däñS
3) Deux femmes ont eu une dégradation définitive et évolutive de leur fonction rénale, ce qui
les avortements aw’il
géatt quent. 81 bien que les séquelles des avortements clandestins éñt
leur pose, à long térme, le pro-
blème de l'hémodialyse itérative dimainué d'une manière al
et de la greffe de rein: ment considérable. jH7ESt fou- 4) Pendant leur hospitalisation, Jernr— ertfenr du pprécier les
la majorité des femmes ont eu une infection généralisée, un arrêt
total du fonctionnement des reins LeParsen de 28271
On peut apprécier ci-contre un échantillon de la moralité d’un manda-
rin notoire. Pour lui, point n’est besoin de changer un yota à la législation.
Le seul cadeau que ce gynécologue-accoucheur veut c'est la stérilisation, aux mères de trois enfants, aux femmes de 40 ans.
bien faire aux femmes
Bref l'alternative est la suivante : pour celles qui sont les reproduc-
trices de qualité et qui prétenden!
t se soustraire à ce
tte tâche nationale, à
ce devoir civique, la sanction qui leur revient de droit est de passer par les horreurs de l'avortement clandestin. Pour celles qui ont fait leur devoir il y a la récompense suprême : la médaille de la stérilisation !
Pour résumer ces données, rappelons qu’au procès de Bobigny, le Docteur Palmer, gynécologue réputé, donnait ces deux chiffres perculants : en France, la mortalité pour avortement est de 1 pour 100, en Yougoslavie où l’avortement est légal, elle est de 1 pour 100.000 !
Par ailleurs, des techniques récentes permettent de faire des interruptions de grossesse (moins de deux mois) par aspiration à la seringue, sans anèsthésie, ce qui minorise considérablement cet acte médical en même
temps qu'il le dédramatise.
D Les projets de réforme
Le projet Peyret : « l’avortement de la nouvelle société » a mé
PROPOSITION DE LOI PRESENTÉE PAR LE
D' PEYRET ET UN GROUPE DE DÉPUTÉS U.DR.
Art. L' 18971 — L'interruption de la grossesse peut être effectuée dans les conditions ci-après : a) Lorsque du fait de la grossesse la vie de lt mère est menacée dans l'immédiat ou ar des complications lointaines. b Lorsque est reconnue l'existence d'une embryopathie incurable devant aboutir à la naissance d'un enfant atteint d'anomalies très graves corporelles où mentales. Le médecin qui propose l'interruption de grossesse doit obligatoirement recueillir, sauf cas d'urgence 19 - La demande écrite de la future mère, en cas d'interruption de grossesse prévue au « a » de l'article 1 89-r. 2° - La demande écrite de la future mère ou du couple, si elle est mariée, en cas
d'interruption de grossesse prévue au «b»
de ce même article.
Dans le cas d'incapacité mentale, la de-
mande doit être formulée par le représen-
tant légal.
Dans le cas d'une mineure, elle doit être
formulée avec le consentement de celle-ci,
par le représentant légal. LE mé
- L'avis de trois ecins consultants, dont l'un sera obligatoirement spécialiste en gynécologic-obstétrique, un spécialiste de l'affection en cause et un médecin désigné par le Conseil départemental de Ordre, et qui attesteront par écrit que routes les conditions prévues ci-dessus sont remplies. Art. L'182-2 — Si la grossesse est la quence d’un acte criminel ou de vio- , celle-ci peut être interrompue après ion d'une commission composée d'un
strat et d'un médecin-expert désignés pale tribunal de grande instance. Art. L 189-3 — Aucune interruption de grossesse ne peut avoir lieu en dehors d'un établissement hospitalier. Art. L 189-4 — Aucun médecin n’est tenu d'effectuer une interruption de grossesse.
Des projets divers dormaient depuis des années dans les tiroirs de l’Assemblée. En 1970, le bon-docteur-député-UDR Peyret accouche d’un projet destiné à assouplir « une législation trop sévère et inadaptée à notre société en pleine mutation » (!).
Peyret présente son projet qui n’est qu’une modification de la loi existante en matière d'’avortement thérapeutique en exposant ses deux grands soucis : « Vouloir être trop répressif c’est rendre inutiles et inapplicables les dispositions prévues... Vouloir être trop libéral, c’est prendre le risque de supprimer tout effort moral, de favoriser un certain avilissement.. Dans ces deux attitudes, la législation aboutit à un laisser-aller, c’est-à-dire à limmoralité » (sic).
C’est donc paré sur ces deux fronts qu’il offre son projet qui, citons-le encore, « n’a nullement l’ambition d’apporter une révolution, ni de faire disparaître à lui seul, la totalité des avortement clandestins » (re-sic).
L’humanisation de Peyret consiste à accepter comme indication à l'avortement non plus seulement la femme mourante mais celle qui a encore quelque répit, celle dont on peut scientifiquement faire la preuve qu’elle porte un fœtus malformé, enfin la femme ou la mineure qui se trouve enceinte après un viol ou un inceste.
L’assouplissement consenti par Peyret aurait pour résultat de faire passer le nombre des avortements thérapeutiques de 300 à 5 ou 10 000 par an (il y a de 5 à 800 000 avortements par an).
Le projet Peyret a un mérite, celui de dévoiler l'impossibilité de marier un peu (très peu) de bon sens avec l’ordre moral, sans parler de l'Ordre tout court. Quant à l'Ordre des Médecins, créé sous Vichy, merveilleuse
‘incarnation professionnelle de l’ordre moral, il ne s’est pas fait faute de rappeler à Peyret les incohérences de sa position. L'Eglise et l'Ordre des Médecins ont ensemble poussé des cris d’horreur. La création du mouvement « Laissez-les-vivre » s’est d’ailleurs faite à partir du projet Peyret.
En effet, si on se place sur leur terrain commun, ce sont les catholiques qui ont raison. Dieu sait si ce n’est pas son intention, mais le bon docteur Peyret met le bordel(il est par ailleurs partisan de sa réouverture) :
Au lieu de s’accrocher au sacro-saint respect de la vie, il introduit des distinctions subtiles : toutes les vies ne sont plus également respectables. Voilà la porte ouverte à tous les abus ! Ainsi la vie d’un « enfant-viol » serait moins respectable que celle d’un couple UDR normal !
+ à propos du viol — prévenons le docteur Peyret que le viol peut devenir une notion relative : ce qui peut être estimé viol à 16 h peut ne plus l’être à 16h 35 par l’un ou par l’autre, pour le redevenir quelques semaines plus tard afin de bénéficier de la loi du docteur ! Et qu'est-ce qui empêche telle femme respectable d’estimer à bon droit avoir été violée — NA compris par son mari (on passe continuellement du viol aux obligations conjugales).
+ à propos de l'inceste— n’y aura-t-il pas des pères sufisamment complaisants pour couvrir la faute de leur fille ou inversement des filles suffisamment perverses pour tenter de couvrir leur père d’infamie ?
e pouvant en général disposer de témoignages « objectifs » les juges seront dans un situation délicate et ce d'autant plus qu’il y aura une pression colossale
Non, Docteur Peyret, c’est la Bible qui a raison et on ne peut faire de tartufferies avec la'loi de Dieu !
Ce projet va vraissemblablement passer comme un vulgaire projet empirique mais il ne peut être fondé sur de grands principes moraux. Il doit être une bonne occasion pour les marxistes révolutionnaires de dénoncer les
contradictions de la morale bourgeoise
La levée des boucliers :
morale médicale. C'est sur lui que repose la condamnation de l'avortement, de l'imprudence thérapeutique et de la non-acceptation du suicide. Le respect de la vie humaine est aussi la grande Idée de notre civilisation. Pour sauver ou protéger une seule vle humaine, nous admettons que l’on consente aux plus grands efforts s'il le faut.
< < L' respect de la vie humaine est le premier principe de notre
- & présent, le fœtus a été considéré comme un être humain...
.… Quant à l'interruption de grossesse décidée par l'autorité judiclaire en présence d'une gressesse résultant de violences, supprimant. le vie d'un œuf sain, elle constitue une violation directe de la doctrine de. l'Ordre. Les pouvoirs législatif et judiciaire peuvent en prendre la responsabilité, l'Ordre a le devoir de lui marquer son opposition absolue. »
L'Ordre des Médecins
« La rs serait, croyons-nous, de ne pas légiférer ; et de laisser le Corps médical, dans des cas qui sont en fait exceptionne ls, prendre ses responsabilités, et éventuellement en rendre compte ».
Pr Lejeune : « Un fœtus,
c’est un patient,
LE CONSEIL DE LRURE DES MÉDECINS Nous DÉCUARE: et la médecine est faite pour le guérir
non pour l’achever. »
Pourtant : confrontée dans sa pratique quotidienne tant aux demandes d’avortement qu’aux conséquences pathologiques de l’avortement clandestin, une large partie du corps médical français se prononce pour une libéralisation de l'avortement médical.
RÉSULTATS DES DEUX ENQUÊTES EFFECTUEES PAR L'LEOP (FRANCE) +0 Indications " 4
pour la sante ps -- Menace pour la santé mentale de la — Risque de mallormation grave = Viol ou inceste.......... = Mineure de moins de 15 aus — Marie de ph de rot Alanananenar ls prauréare Situation économique désespéré Dans tous les cas " L'enquête de FLEO.P. mence auprès des à . dires sur les formalités et modalités d'application d'un su | esse dans les conditions énumé
ait quelques qui le modif
des mé wns :
2 la décision doit dépendre une 15% = de 2 ou 4 spécialiste 8 d'une commis: 6e 20 4 d'un expert près des triunnaux 1% d'un ceprésentine du Conseil de l'Ordr Sa
Alodalites de Pinterraption de grossesse + où doit-elle avoir lieu ?
à l'hôpital . nes . 95 % das ane diiqpie convie 1% CB X
as ne hique pee
Le décalage entre la nécessité d’une réforme de plus en plus ressentie par une large part du: corps médical et le couperet implacable et immuable de l’Ordre des Médecins s’est transformé brusquement en opposition nette, en épreuve de force :
— malgré les semonces que l'Ordre.s'est cru autorisé à prononcer au moment du procès de Bobigny contre les professeurs Milliez et Palmer, en violation de la légalité, bourgeoise, quant à la liberté du témoignage ;
— malgré la collusion flagrante de l’Ordre avec l’appareil d'Etat à son niveau le plus répressif.
Dans la lancée du procès de Bobigny et à l’appel de jeunes médecins révolutionnaires du GIS (Groupe d’Information Santé) des centaines de médecins viennent de franchir un nouveau pas, d'imposer une situation de fait : conscients de la dimension sociale du problème, refusant une médecine de profit au sein de laquelle les réformateurs bourgeois tentent de les substituer demain au flic d’hier, ces médecins ont dans un manifeste déclaré publiquement pratiquer d’ores et déjà ou aider à pratiquer des avortements en France, en dehors de tout trafic financier selon la méthode de Karman (avortement par aspiration à la seringue).
Si l'Ordre désarçonné dans un premier temps semble renoncer à une répression immédiate, il n’en laisse pas moins entendre qu’il attend le feu vert du pouvoir et qu’il saura distinguer le bon grain de l’ivraie, les purs signataires par « mauvais esprit » et les avorteurs.
Une répression sélective que nous avons à déjouer et empêcher par une extension au maximum de ce manifeste et par une riposte unitaire aux moindres attaques de l'Ordre et du pouvoir.
vous z eee ae wo ne LA @ow* si SES W'P
L'Eglise
Pour moi, chrétien, le petit enfant, même malformé, qu'on laisse venir à la vie porte témoignage de Dieu... Ces pauvres enfants sont déjà « membres du Christ ».
Abbé Richard. Directeur de l'Homme nouveau
La note épiscopale tomba, fixant sans appel la position de l’Eglis Catholique de France: «L'’avortement attente toujours à une existence humaine. Penser le contraire est une erreur qui fausse le jugement, puis les actes ».
Au Congo, lorsque se sont produits des cas « drämatiques» de
« religieuses violées au cours d’une période de grande agitation sociale : on sait tel cas où elles ont été autorisées à prendre des mesures abortives ».
R.P. Bruno Ribes in « Etudes »
Novembre 1970
POUR
LINORTEMENT LEGALISATION.
se 16 PARIS 14e
CE
Mais le Cardinal Renard vient apaiser nos doutes : en février 1972 de nouveau : « Toute vie humaine doit être respectée : il y va du respect même de l’homme. Cette attitude (...) relève de la doctrine fondamentale de l'Eglise : toute vie humaine est en elle-même une valeur imprescriptible, de la conception jusqu’à la mort. (...) Justifier l'avortement, c’est justifier, tôt ou tard, d’autres formes de meurtres ».
* Le Manifeste des Cent (médecins, magistrats, professeurs, généraux et amiraux) a vu le jour pour protester « solennellement contre ce projet d’assassinat institutionnalisé ; assassinat le plus lâche, puisqu'il choisirait pour victimes les plus innocents, ceux qui ne peuvent ni se défendre ni supplier. Nous dénonçons cette tentative de législation du meurtre » dans les colonnes du Monde (27 mars 1971).
* L'Association « Laissez-les-Vivre » enfin, présidée par Mlle Dienesch (secrétaire d'Etat à l’action sociale) rassemble toute cette racaille réactionnaire, médicale et intégriste, et n’hésite pas à placer ses met ings contre le projet Peyret sous la protection d’Ordre Nouveau.
A noter la solution nouvelle et intéressante qu’y développe l’un des illustres membres (1),, « solution positive » et moins « traumatisante » assurément : l’abandon.
| 2 Les autres projets 1) Le projet Caillavet
A l’opposé du projet Peyret qui représente le minimum nécessaire à un vernis de libéralisme pour esquiver l'ampleur et l’acuité du problème, a Surgi le maximum de ce que la légalité bourgeoiïise peut concéder : le projet Caillavet. Ce projet, en effet, est quasiment l’équivalent de la solution anglaise :
et par les conditions :
— en admettant les conditions socio-économiques de nature à compromettre l’épanouissement de la famille et de l’enfant à naître.
(1) M. Drouillat, president de la Chambre à la Cour de Cassation.
RUOSETION DE LOI DÉPOSÉE PAR
\. CAILLAVET (FRANCE) aide L 161.1 du Code de la santé dique ee remplacé pur les dispositions
ic de LE fem + rond de deux. médecins
a hemamte k
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Apt cuamen « coaceration is at fc que lemprion de gonoe
— en incluant les mineures. et par le choix laissé à la postulante à l'avortement des deux médecins spécialistes dont l'accord doït être requis.
Ce projet a peu de chances de succès. Non pas tant par souci nataliste : il n’est pas au premier plan des préoccupations du pouvoir quoiqu'il ne soit jamais absent d’une société capitaliste :
— une armée de réserve industrielle n’est pas sans avantage pour jouer sur les salaires et l'agitation sociale par le biais des menaces du chômage.
— une main d'œuvre jeune n’est que plus rentabie.
Et certes, le bon UDR Peyret paraît faire chorus aux illuminations de Debré (100 millions de Français ? ) :« Dans un pays comme le nôtre, où se posent de graves problèmes de démographie, le législateur ne peut se permettre de légaliser la destruction de futurs être humains qui ont toutes les chances d'être sains ». Mais les mesures sociales d'aménagement qu'il préconise par ailleurs montrent que la bourgeoisie est consciente que la clé des problèmes démographique est ailleurs. Il faut compter davantage sur la résistance dûe à la prégnance du moralisme bourgeois et catholique dont nous avons déjà entendu les clameurs, quand le protestantisme se tait, voire donne sa bénédiction Outre-Manche.
Re Se A de ns TS de Bo hélas
imoxication, de bleysures où de maladies Si l'autorisation d'avortement est ref
Fidentte de la demandccesse este couvr par Le secret mé Las, être rév
ialier où entre de soins agréé, conformément à onditons fées par un réglement d'a
Lorsque là future mére es âgée de tenu d'effécruer une incerrapcion de ke
miné de Vipgr 6e un ans ce célibataire L Tin des pars où ateimt un maladie mencle où hérédiaire, où ne aération menule tele quil soit capable d'assurer les soirs matériels et sax de l'énant à aie Losquune femme à déj trois enfants Lorsque les coa ses dis el vi ae me nc
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2) Le projet de l’A.N.E.A
PROPOSITION DE LOI
ÉLABORÉE PAR Tu .
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IL est créé dans chaque déparcement une Commission qu su à comaite des mandes diner de grosso, qui lui Parsrson d'acmpéon Elle ge conan à . ; — d'un représentant du préfet pour l'Ac- Bo ane ces d'un membre élu par les travailleurs sociaux da département
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dernistes (Milliez, Palmer, A.M. Dourlan-Rollier).
3) Le projet du PCF :
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Le projet publié par le Bureau Politique du PCF à l’époque du projet Caillavet est assez voisin du projet antérieur de l’'ANEA. Il prévoit le cas d’une interruption de grossesse lorsque celle-ci pose un problème social grave sans solution immédiate pour la mère ou la famille.
On peut même se demander dans quelle mesure cette formule n’est pas plus restrictive que celle de l'ANEA : « dans une situation médico-sociale telle qu’ils soient incapables d’assurer les soins matériels ou moraux de l’enfant à naître ». Les deux projets comportent dans le cas d'indications sociales l’existence de commissions d'examen habilitée à délivrer l’autorisation d’avorter.
« Elles devront », selon le PCF, « explorer tous les moyens permettant d’apporter à ces problèmes une solution immédiate ». « L’avortement devrait être pratiqué en milieu hospitalier. Les frais en seraient couverts par la Sécurité Sociale ». Mais le titre de la plaquette diffusée par le PCF est significatif : « Un recours ultime » et annonce ce que l’on en peut attendre : moins de libéralisme que les libéraux bourgeois.
Malgré les promesses, cependant vagues à souhait du programme commun, le PCF a été-le grand absent de la mobilisation sur le procès de Bobigny allant même, dans des fédérations de province (notamment en Vendée), jusqu’à dénoncer les tracts de soutien à la campagne Marie-Claire du groupe Ecole Emancipée du lycée de la Roche sur Yon :
— pour l’abrogation de la législation qui fait de l'avortement un privilège de riche ;
— pour la libre diffusion des moyens contraceptifs en particulier auprès des jeunes.
Par une lettre à l’archi-prêtre de la Roche s/Yon comme un document style pornographique.
Il a fallu attendre l’inculpation du Dr. Peers, en Belgique, et membre du Parti Communiste Belge, pour que l'Humanité se sente obligé de consacrer une demie-page à la nécessité d’un soutien populaire de masse pour l'abolition de la législation répressive.
Chaque cas de répression doit être désormais l’occasion de mettre le PCF devant ses contradictions et d'obtenir son soutien.
Rien de nouveau sous le soleil capitaliste
1ä L Accordé par : Pour indications : ation égis Suède ............ Deux médecins ou une| Médicales et médicode commission médicale| sociales. " royale. l'avortement Danemark... Une commission spéciali- | M é d'icales et médicod sée. sociales. L ans Norvège .......... Deux médecins. Médi ; ales et médicosociales. le monde Le Suisse ............ Deux médecins ou une | Médicales.
commission (restriction pour les étrangers).
Ps Are Médicales et médico-
R.D.A., Roumanie . | Un ou plusieurs médecins. | Sociales.
Grande-Bretagne . ..| Deux médecins (gratuité sauf pour les étrangers). | Médicales ou sociales.
Japon .. . | Libre. URSS. . Libre. Hongrie . Libre. ETATS-UNIS : Alaska ... . [Libre. Hawaï. . Libre. New York Libre.
Les mêmes types de solutions se retrouvent et ont été adoptés diversement selon les pays.
1) Les commissions sont souvent un organe de dissuasion, même d’atermoiement. Elles sont toujours un élément de « dramatisation » de l’avortement.
2) L’avortement libre est un leurre en pays capitaliste. Le seul exemple de l’Angleterre témoigne des mystifications du « libéralisme ». L'objectif de la bourgeoisie n’est jamais la philantropie, la santé réelle des travailleurs, la disparition de l’avortement clandestin. mais le profit ! La construction d’hôpitaux publics n’est pas rentable : il faut attendre 6 mois pour s’y faire avorter gratuitement... Les cliniques privées, elles, fleurissent, se multiplient. L’avortement est une industrie prospère, dont le cours monte ou se stabilise en fonction de la demande interne et étrangère et de la concurrence inter-cliniques.
La liberté des femmes de se faire avorter ? C’est celle des lois du marché, de l’exploitation capitaliste. Qui croit encore au « libre » contrat de travail entre l’ouvrier et son patron ?
POUR L'AVORTEMENT GRATUIT SUR SIMPLE DEMANDE
On ne peut donc attendre aucune solution totalement satisfaisante 4@ ces projets de loi qui doivent être présentés à l’Assemblée. Ce doit être pour nouë l’occasion d’en dénoncer les limites, de faire campagne non seulement contre les obstacles avoués, institués :
— les conditions à remplir ;
— le passage devant les commissions ;
mais surtout de mettre en lumière à travers l’exemple britannique ce que peut être la liberté en régime capitaliste où tout est soumis à la loi du profit maximum.
La liberté de l’avortement c’est d’abord sa gratuité. Et c’est la suppres-
sion de toute réglementation pour son obtention. L’avortement gratuit sur simple demande, dépasse de loin de le « droit » d’avorter, il remet en cause l’organisation de la santé capitaliste. Il réclame la fin des listes d’attente pour accéder à un lit, le développement de toute une infrastructure sanitaire, hospitalière correspondant aux besoins de la population indépene damment de touté « rentabilité ».
. Et la liberté d’un tel avortement consiste en ce que son choix ne soit plus déterminé par l'impossibilité économique d’avoir un enfant. Sa liberté passe par les destruction du système d'exploitation capitaliste et la lutte contre l'idéologie bourgeoise qui le culpabilise-et le rend traumatisant.
C’est pourquoi nous soutiendrons tout projet de loi, tel celui de Choisir qui :
PROPOSITION DE LOI
Article premier
Tous les textes législatifs ou réglementaires réprimant l'avortement et notamment l’article 317 du Code pénal, sont abrogés,
Article à
Toute personne pourra se faire avorter jusqu’à la 24° semaine de grossesse, dans un établissement hospitalier. En toute hypothèse, les frais seront intégralement pris en charge par la Sécurité Sociale.
confracepfion
Be De la loi de 1920 à la loi Neuwirth
La loi de 1920 prohibait toute diffusion et toute utilisation des moyens anticonceptionnels, au même titre que l’avortement. Elle venait concrétiser la nécessité pour la bourgeoisie de reconstituer au lendemain de la première guerre mondiale son armée de travailleurs.
Cette mesure « nataliste » n’eut aucun effet tant il est vrai que la natalité obéit à d’autres lois. Il n’y a jamais de liaison automatique et méca: nique entre la natalité et le statut régnant en matière d’avortement et de contraception. Ce que la répression n’a pu susciter, les lois sociales de 1945 et l’amélioration du niveau de vie l’ont permis, tout en créant d’autres exigences. °
Le Planning Familial, dont la première appellation était la « Maternité Heureuse » a correspondu à ce besoin des couches petites-bourgeoises libérales de planifier les naissances en éludant le recours à l’avortement. C’est ainsi qu’à la fin des années 50 s’ouvrirent des centres de « planning familial » dans lesquels on informait les consultants sur les méthodes contraceptives et on les adressait à des médecins. Quoique marginale la contraception était un état de fait.
Les réactions :
a) Le Conseil de l'Ordre :
— Un communiqué du Conseil National de l Ordre à la Presse professionnelle en date du 24 janvier 1962 (Bulletin de Ordre des Médecins, mai 1962) affirmait ce qui sui « En raison de la création récente en France de centres dits de « Planning
Familial », le Conseil National de P Ordre attire l'attention des médecins sur
leur attitude en ce domaine :
« 19 Le médecin n’a aucun rôle à jouer el à assumer dans l'application des moyens anliconceptionnels, dans les conseils au public ou les démonstrations relatives à l'emploi de ces moyens. Le médecin n°a pas le droit d'utiliser sa qualité pour actionner l'activité de ces centres de « Planning Familial ». Ce n'est que dans le cas où l’utilisation de produits médicaux régulièrement autorisés comporterait des risques pour la santé des usagers que l'intervention du médecin se justifierait.
» 29 Au cas où les centres fourniraient aux usagers une liste de médecins consultants, ceux-ci tomberaient sous le coup des règles déontologiques interdisant aux praticiens tout racolage de clientèle et toute publicité. Le seul fail, pour un praticien, d’accepler de recevoir des clients qui lui seraient adressés dans de telles conditions Le rendrait passible de graves sanctions disciplinaires. »
b) L'Eglise :
bi De St Augustin à Paul VI en passant par Pie XII la position est immua-
le : « Le mariage et l'amour conjugal sont ordonnés par leur nature à la
procréation et à l'éducation des enfants » (Concile du Vatican Il).
de Saint- Augustin : « La sexualité est toujours une concupiscence mauvaise, sauf quand elle est appliquée à la procréation. »
- Ainsi Pie XI, dans son Encyclique sur le mariage — Casti Connubii _— affirmait en 1930 : « Puisque l’acte du mariage est, par sa nature même, destiné à la génération des enfants, ceux qui, en l’accomplissant, s'appliquent délibérément à lui enlever sa force et son efficacité agissent contre la nature : ils font une chose honteuse et intrinsèquement déshonnête. »
c) Le Parti Communiste Français :
Dans la foulée du retour à la vie démocratique et au libéralisme qui avait
vu l'accession des femmes au droit de vote, on s’attendait naïvement à ce
.que le grand parti de la classe ouvrière se mette à défendre le droit à la
contraception avec le même zèle qu’il avait déployé pourile droit de vote. L:
camarade Derogy, membre à part entière du parti s'y est lui-même
trompé : « avec le sentiment de contribuer modestement à la libération de la femme qui ne s'achévera que dans le communisme » (1).
La réponse de Maurice Thorez ne se fit pas attendre et tomba san: appel. La base du « raisonnement » était la suivante :
— la bourgeoisie préfère payer à la classe ouvrière le « birth-control » que des logements.
— donc tous ceux qui disent qu’il faut lutter pour le « birth-control » sont des agents de la bourgeoisie.
Bel exemple de l’amalgame, vieille technique stalinienne. Pour ceux qu trouvaient ce raisonnement un peu sec on l’illustrait d’un exemple : « En Union Soviétique, la femme est épanouie (par définition), elle peut avoir autant d'enfants qu’elle le désire (par définition, elle a logements et crèches à volonté (par définition) et il n’y a pas de contraception, donc la contraception est un vice ».
Jeannette Vermeersch : « Les femmes travailleuses ne réclament pas le droit d'accéder aux vices de la bourgeoisie ». Et Maurice de conclure : « Le Parti ne peut adopter une théorie anarchisante au moment où il fait de grands pas en avant comme guide de la nation, en portant l'espoir de notre peuple ».
C’est en effet le souci de ne pus cesser un seul instant d'être le parti de la grandeur nationale, qui pernwt d'expliquer que la formule « produire d’abord » soit suivie du « procréer d’abord » car les arguments « théoriques » sont d’une faiblesse ct d’une absurdité exorbitante. lei comme ailleurs ils appliquent leur méthode de faussaires en faisant dire à Lénine à l’aide de citations tronquées ce que tout marxiste rougirait d'écrire :
« de crois utile d’insister sur le fait que Lénine, tout en condamnant les lois hypocrites des classes dirigeantes, ne se déclare pas pour autant, le partisan des moyens anti-conceptionnels, encore une fois identifiés par lui avec le néo-malthusianisme, dont « nous sommes »,dit-il, « les ennemis absolus » Maurice Thorez (21).
« Produire, faire du charbon, c'est aujourd’hui la forme la plus élevée de votre devoir de classe. C'est produire pour préserver, pour renforcer l'union de la classe ouvrière avec les travailleurs ds classes MOYennes, ‘avec les masses paysannes, pour assurer la vie du pays, pour permettre la renaissance morale et culturelle de la France ».
Maurice Thorez Discours de Waziers 22 juillet 1945
(1) Telle était la dédicace d'un livre qu'il envoya à M. Thorez sur le sujet : « Des enfants malgré nous », J. Derogy. (2) Une lettre de M. Thorez à Mme. Weill-Hallé, Huma du 13-5-56.
« Nous expliquons aux mères et aux futures mères que la solution de leurs difficultés n’est pas pus dans l’avortement clandestin d'aujourd'hui que lé;
dans un avortement légal demain, qu’elle n’est pas davantage dans l'usage des moyens anti-conceptionnels ».
François Billoux
in « Le droit à la maternité,
élément d'une politique de grandeur nationale »
France-Nouvelle, 1956
É | « (plutôt que de porter atteinte au désordre économique et social) les classes régnantes préfèrent propager les doctrines inhumaines du néomalthusianisme, dégradantes pour la personne, fatale pour le pays. Le néo-malthusianisme, conception ultra-réactionnaire, remise à la mode par les idéologues de l'impérialisme américain, est une arme aux mains de la bourgeoisie pour détourner les travailleurs de la lutte pour les revendications immédiates, pour le pain, pour le socialisme ». Thèse adoptée sans amendemen: au 14ème Congrès du P.C.F Le Havre 1956
Certes et ucus sommes là-dessus du même avis que le PC, la contraception ne donne pas de logements, elle ne résoud pas tous les problèmes ! Mais cela est vrai aussi bien du point de vue de la bourgeoisie que du prolétariat :
— du point de vue de la bourgeoisie, lorsqu'elle l’utilise à des fins néomalthusiennes dans les pays sous-développés, elle se heurte aux résistances populaires dûes au degré de développement économique ;
— du côté du prolétariat, la conscience de classe s’acquiert par les luttes et ne peut être endormie par un philtre ou une pilule.
Il faut quand même dire un mot sur les circonstances dans lesquelles cette attitude pure et dure se brisa. Aucun principe (aussi théorique et fondamental soit-il) ne tient devant l’électoralisme du PCF qui sut les sacrifier aux perspectives exaltantes de l’Union de la Gauche. Il se souvint des femmes lors des présidentielles de 1965 : ce sont des électrices !
Quant au pouvoir doublement protégé par l'Eglise et par l'Ordre, il pratiquait une politique de tolérance et de non-intervention directe jusqu’aux présidentielles de 1965. En effet, face à l'impact des déclarations de Mitterrand qui promettait aux Françaises la contraception, le problème devint à l’ordre du jour de l’ensemble des groupes politiquesChacun y alla de son projet à l’Assemblée (socialistes, communistes, etc.….).
be La loi Neuwirth
La loi Neuwirth, du nom du député UNR qui en déposa le projet à l’Assemblée fut votée le 28 décembre 1967. Tout en ne sanctionnant qu’un état de fait — la contraception ; elle a permis de la réglementer :
* La vente des produits, médicaments et objets contraceptifs est sou-
mise à une autorisation de mise sur le marché délivrée par le Ministre des Affaires Sociales, et exclusivement en pharmacie. Une classification des contraceptifs est opérée : certains (dits « inscrits au tableau ») ne seront délivrés que sur ordonnance médicale ou certificat de non-contreindication établi aussi par un médecin. Ordonnace et certificat devant être nominatifs, limités, quantitativement et dans le temps, est remis par le médecin consultant lui-même.
Cette distinction intéresse plus particulièrement les mineures : en effet la vente et la fourniture de contraceptifs aux mineures sont strictement réglementées : °
— moins de 18 ans, non émancipée (c’est-à-dire non mariée) : nécessité du consentement écrit de l’un des parents ou de leur représentant légal.
— de 18 à 21 ans:
- les contraceptifs non inscrits au tableau (diaphragme) ne nécessiteront pas l’autorisation des parents ;
-_ les contraceptifs inscrits nécessite: Pautorisation, et parmi ceux-là la « pilule », Cependant il existe une loiérance de fuit quant ie nunicures, dont
nous ne devons pas hésiter à profiter et qu'il faut connaître et faire connaître
* Si aux termes de la loi, les Centres de Planning n’ont pas le droit de délivrer des contraceptifs, ils envoient les intéressées à des médecins prêts à les recevoir indépendamment de leur âge. .
* Cependant toute propagande anti-nataliste est interdite ainsi que toute publicité commerciale concernant les médicaments, produits, objets anticonceptionnels, sauf dans les publicités médicales, afin de satisfaire sans doute Marcellin, alors ministre de la Santé Publique et de la Population : « Tout doit être mis en œuvre pour accentuer le redressement démographique dont la France bénéficie depuis la dernière guerre ».
* Dernier point : la Martinique, la Réunion et la Guadeloupe auront un « régime spécial » bien entendu...
< il est regrettabie qu'un tel sujet ne puisse être discuté à huis clos, comme aux Assises, lorsqu'il s’agit d’affaires de mœurs. » … € D'autre part, les maris ont-ils songé que désormais c’est la femme qui détiendra le pouvoir absolu d’avoir ou de ne pas avoir d’enfants en absorbant la pilule, même à leur insu ? » « Les hommes perdront alors la fière conscience de leur virilité féconde, et les femmes ne seront plus qu’un objet de volupté stérile. Il faut laisser à l’amour son mysticisme et sa noblesse. L’étalage éhonté que l’on en fait finit par l’émousser et le déformer. C’est l’une des raisons, peut-être, de la floraison de certains vices. La pilule va encore favoriser_ davantage les amours illicites et ébranier les assises de la
famille »,
a déclaré M. Coumaros, député. Quant au docteur Georges, également député, il estimait
« qu’une décision aussi sérieuse que la prescription d’un produit aussi actif, agissant sur une glande aussi noble, ne doit être prise qu'avec l’accord, non pas d’un médecin, mais de deux médecins ».
extraits du débat parlementaire lors de la discussion de la loi Neuwirth en 1967
M. Peyret pense que
« l'emploi de la pilule, déjà très répandu dans le monde intellectuel français, a des conséquences imprévues. Il précipite certaines catégories de femmes vers la prostitution clandestine et temporaire pour pallier notamment les fins de mois difficiles ».
Pour M. Henriet, sénateur :
dans le merveilleux mcanisme du cycle féminin et de la fécon: fdité, la pilule est comme un éléphant furieux dans un magasin de porcelaine. Elle brise tout, elle casse tout », et d'ajouter plus loin : « Pas de cycle, pas de femme, pas de libido! Finies ces fantaisies, ces chatteries qui font le charme féminin; par contre, des seins douloureux à ne pas toucher et des troubles psychiques. La première vengeance de la nature est que le partenaire s'éloigne. Sans l’approuver, je le comprends! »
Be La réalité de la contraception
VENTE DE CONTRACEPTIFS EN FRANCE PAR AN (chiffres donnés par le Planning Familial)
Diaphragmme Stérilets……
Pilules (boîte: Condoms (dits : capotes anglaises).
1) Ne figurent pas sur ce tableau les deux méthodes les plus couramment utilisées :
— la méthode Ogino ou abstinence périodique, c’est la seule que l’Eglise autorise sur ordonnance depuis une quarantaine d'années. — le coitus interruptus.
Ces deux méthodes ont un pourcentage d’échecs de 30 % environ.
- La méthode de la température, basée sur le repérage à l’aide de la courbe de température de l'ovulation, ne permet sur un cycle menstruel normal que 10 jours de rapports par mois moyennant quoi elle est autorisée par l'Eglise et est efficace à 90 %...
Ces trois méthodes sont communément appelées méthodes naturelles tant il est vrai qu’abstinence, thermomètre et pourcentage élevé d'échecs sont dans la nature...Tout le monde y a droit, même les mineures !
2) Les préservatifs masculins, remarquons-le au passage, n'ont jamais soulevé le moindre problème d’autorisation. Destinés à protéger les hommes des maladies vénériennes, ils sont en vente libre en pharmacie. Utilisés en permanence ils sont efficaces à 95 %.
3) Les préservatifs féminins ou diaphragmes sont des disques de caoutchouc que la femme place au fond du vagin avant chaque rapport. Utilisés avec une gêlée spermicide ils sont efficaces à 95 %. Avant la loi Neuwirth, il fallait se les procurer en Angleterre ou en Suisse. En 1970, un règlement
d’administration publique en a autorisé la vente en pharmacie sur ordonnance. Aux termes de ce réglement, les mineures y ont droit sans autorisation des parents. Le prix d’un diaphragme : est de 15 F environ, le tube de gêlée du même ordre.
4) Les stérilets sont des spirales de polyéthylène que le médecin place dans l’utérus. Il convient de préférence aux femmes dont l'utérus a été
Il est efficace à 95 %.
5) La pilule est un produit hormonal dont la prise régulière bloque l’ovulation. Mise au point en 1952 par un biologiste américain, elle a, comme par hasard, été d’abord testée sur les Puerto-Ricaines. Prise sans oubli elle est efficace à 100 % mais (!) aux termes de la loi tout le monde n'y a pas droit. Redisons que la loi Neuwirth est formelle : les mineures devront avoir l’autorisation écrite des parents: pour pouvoir prendre la pilule alors qu’elles peuvent obtenir un diaphragme.
C'est le produit efficace à 100 %, qui est soumis à l’autorisation, c’est aussi le seul qui convient à une fille qui veut avoir ses premiers rapports, sans risques. Celui qui est autorisé est le diaphragme, d’efficacité moindre, nous l’avons vu, mais surtout il présente comme particularité de ne pouvoir être utilisé que par une fille qui est une fille perdue, car elle n’a plus d’hymen ! La loi codifie les mœurs, elle protège la vertu des filles. et demande aux parents d’être maîtres et gardiens après Dieu de l’hymen de leur progéniture.
. Quel bel exemple du rôle de la famille dans la transmission de l’idéologie dominante !
Mineures ou majeures, les femmes qui utilisent la mé i à L s, éthode efficz 100 % représentent actuellement de 6 à 7 %. Pourquoi ? Fes
B La pilule en question
La vrai menace : Les parlementaires l’ont bien ressentie même s’ils l'ont exprimée de façon triviale et grotesque. Une méthode efficace à 100 % permet aux filles et aux femmes d’avoir des rapports sexuels sans la « sanction » d’un enfant. Elle menace directement l'institution du mariage, la stabilité de la famille, valeurs sûres de la morale bourgeoise. Elle menace aussi la tutélaire indisponibilité de la femme, valeur sûre de la pratique bourgeoise en matière du travail des femmes. L’éternel féminin est en péril !
Première attitude du pouvoir à noter au passage : la pilule n’est pas remboursée par la Sécurité Sociale ; comme disait de Gaulle : « La pilule c'est pour la distraction ! ». Les conditions de vie décente, les loisirs et la Santë.ne' sont pas au programme de la bourgeoisie. Mais il y a plus habile que de ne, pas rembourser.les pilules :-faire le nécessaire pour qu’elles ne soient pas achetées. À cet usage est menée quotidiennement une contrepropagande déversée au marteau-pilon.
L'antidote :
a) L'élixir moral : Mais une fois la loi Neuwirth votée, les députés avaient fini de jouer et le flambeau passa dans toutes les mains. L’offensive contre-poison s'effectue à plusieurs niveaux et avec tous les relais. Au sommet le Saint Père, ses encycliques et ses bulles qui font pschitt avec toutes les variantes : « La femme est faite pour avoir des enfants », « La
sexualité c’est honteux ». Mais à notre époque il n’est pas toujours efficace d'attaquer au niveau le plus « élevé » de l’idéologie, à la longue cela ne fait plus mouche. Les notables se répartissent le travail dans leurs corps de rhétier, ils s'adressent à tous les niveaux de sensibilité : peur du diable, peur du cancer, peur de l’« adultère ». C’est ainsi qu'intervient le ballet des curés enfroqués ou défroqués, des médecins, des censeurs où tout est permis. Qui plus est, ces messieurs se renvoient la balle et se repassent leur arguments. Le curé après son pathos moral glisse avec onction : « et c’est dangeureux pour la santé » et comme est convaincant le médecin qui après avoir distillé ses avertissements sur les dangers médicaux ajoute avec finesse : « S’opposer à la contraception (considérée comme un procédé à vulgariser) ce n’est pas poser des interdits, c’est éveiller la réflexion, faire comprendre la nécessité d’une sexualité humaine, c’est-à-dire personnalisée Aans toute sa finalité » (Dr. Jamain, la Revue du Praticien, juin 1963).
b)Puute, crime et châtiment : les relais « scientifiques »
* La pilule donne des monstres
Un généticien américain au nom de Carr fait un jour dans la grande presse étai de ce qu’il a découvert : dans les produits d’avortement spontanés chez des femmes qui ont auparavant pris la pilule, il y a 30 % d’anomalies chromosomiques ! Ce cri d’alarme est immédiatement repris par le généticien français Lejeune (« Laissez-les-Vivre »).. mais aussi par un autre généticien français Boué, qui, disposant de la plus grande statistique mon- diale, a la simple idée scientifique de compar‘: :e qui se passe au niveau des chromosomes des produits de tous les avorteents spontanés, que la femme ait pris auparavant des pilules ou pas.
Ses trayaux sont formels : il y a 30 % d’anvr..alies chromosomiques dan: wus les ayortements spontanés, la grossesse s'interrompant parce que l’œuf est malformé. Inutile de préciser que les travaux de Boué n’ont pas les honneurs de la grande presse et qu'avec ia méthode utilisée par Carr, ou aurait pu selon les besoins affirmer l'existence d'anomalies chromosomiques chez les Juifs, les Arabes ou les Iriandais !
La réison pôur laquelle on demande aux femmes d’attendre un certain temps pour débuter une grossesse après la pilule est que l'ovaire ne retrouve son fonctionnement optimum qu’après deux ou trois cycles. Une grossesse intervenant sur un ovaire déficient risque de se terminer par un avortement spontané, il n’y a par contre aucun risque pour l'enfant si la grossesse évolue normalement.
* Quand on oublie on est automatiquement enceinte.
Quand on arrête, on a des triplés.
Pour le premier argument, on a le choix : ne pas la prendre ou ne pas l’oublier, encore que les grossesses après un oubli soient rarissimes. Pour les triplés, il s’agit d’une contre-vérité, les grossesses multiples ayant été obtenues par un autre produit employé chez les femmes stériles qui n’ovulaient plus depuis des années.
* La pilule donne le cancer
Cancer du sein ou de l’utérus de préférence : on est toujours puni par là où on a pêché ! Aucune publication scientifique n’a jamais fait état du zancer lié à la pilule. Par contre il semble de plus en plus établique le tabac joue un rôle dans le cancer du poumon. On constate cependant que la même menace n’est pas suivie des mêmes effets : hommes et femmes continuent à fumer et même à avaler la fumée mais pas la pilule !
Pourquoi ? Parce que la culpabilité de la sexualité est si forte qu’elle entretient la croyance au châtiment et que le cancer est le seul châtiment à l’image du crime.
* La pilule rend frigide.
Ce dernier argument par contre est vrai dans certains cas. Mais loin de témoigner contre la pilule, il porte accusation contre la morale bourgeoise et ses tabous sexuels (non dissociation du plaisir sexuel et de la procréation).
Toute cette contre-propagande est d'autant plus efficace que le milieu est moins informé et dans ce domaine aussi ce sont les travailleurs qui sont les premiers à en faire les frais tant par l'absence de centres de contraception à leur portée que par leur aliénation par l'idéologie dominante.
En dehors de contre-indications qu'un examen médical éliminera, la pilule n'aura pas de retentissement. Il est exact que cela fait un peu ÿrossir des filles prédisposées mais dans la majorité des cas un léger régime restrictif est efficace.
Entre 15 et 25 ans quand on n’a pas eu d’enfant il est bon de faire des arrêts de temps en temps non pas pour se « désintoxiquer » mais pour vérifier que les ovulations reprennent.
En cas d'oubli un soir, il faut prendre le comprimé le lendemain matin.
La pilule hebdomadaire, mensuelle n’est pas encore commercialisée en France.
Par contre s'il y a eu un rapport sans protection au moment de l’ovulation, il est possible de se faire prescrire un traitement, c’est la pilule du lendemain.
L'avenir de la contraception est en partie celui des prostaglandines, substances qui pourront être prise chaque mois en fin de cycle et qui déclencheront les règles à tout coup. Ce moyen constituera un progrès important mais il est certain que des freins très puissants vont être placés sur la recherche et la commercialisation de ce produit. Comme la pilule pour les hommes, les obstacles ne sont pas seulement scientifiques.
Le stérilet est en principe une méthode qui convient aux femmes dont l'utérus a été assoupli par une grossesse. Sa pose chez un médecin conventionné revient à 120 Frs environ, il peut être gardé quelques années. Il semble que prochainement, ils seront posés dans les hôpitaux.
c) Chassez la morale, elle revient au galop
la pilule plus dangereuse
que la thalidomide
Titre du Parisien Libéré du 14-2-72
Pendant ces dernières années la contre-propagande se déversait sans entraves au niveau de la grande presse. On a assisté récemment à un démenti officiel. Le « Parisien Libéré » était vraiment allé trop loin ! Cet article à la Gocbbels (plus un mensonge est gros, plus il réussit }mérite néanmoins d’être apprécié car après quelques lignes d’amalgame éhonté de produits dépourvus de tout lien avec la pilule (il s’agit de médicaments donnés à des femmes enceintes...) il cite le docteur Morton qui lui, ne parle plus du tout médecine : « La pilule qui a été utilisée avec trop d'enthousiasme et trop peu de réflexion, est aussi nocive pour les femmes célibataires que les plus dangereux des pesticides. Son usage doit être condamné ». Plus loin le même docteur se fait statisticien et constate avec étonnement que les
maladies vénériennes sont plus fréquentes chez les gens qui font l'amour que chez les autres. La pilule est responsable de la syphilis !
Le « Parisien Libéré » conclut : « Ainsi s’aperçoit-on que le remède magique qui devait favoriser la « libération de la femme » risque de faire de ses utilisatrices — ou de leur décendance — des esclaves de la maladi . Grâce à elle plus de freins aux instincts ». ,
Si l'ère où l’on pouvait écrire n'importe quoi sans le moindre démenii semble se terminer et que l’on voit fleurir à nouveau les sermons moraux il faut se garder de tout schématisme à ce propos : la bourgeoisie peut avaler
) toutes sortes de pilules. a es
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Voici le communiqué du ministère de la santé pulique :
« Plusieurs quotidiens viennent d'alerter l'opinion publique sur la prétendue nocivité de la pilule contraceptive. Ils reprennent en fait une déclaration d'un praticien de Grande-Brelagne spécialisé dans le traitement des maladies vénériennes.
» Dans la réalité, aucun travail nouveau n'est venu récemment infirmer les conclusions des travaux de l'O.M.S., qui concluaient à l'inocuité de la « pilule » lorsque l'indication en est consciencieusement posée et que son utilisation est faite sous surveillance médicale.
» Ce sont là également. les
MÉDECINE
LE MINISTÈRE DE LA SANTÉ RAPPELLE QUIL N'EXISTE AUCUNE PREUVE DE LA NOCI-
VITÉ DES « CONTRACEPTIFS ORAUX ».
ee
Le ministère de la santé publique vient de publier un communiqué à propos des commentaires suscités par le livre du praticien britannique Robert S. Morton: « Liberté sociale et maladies vénériennes ».
Dans cet ouvrage publié le 13 janvier à Londres, M. Morton affirme notamment que l'emploi de la « pilule» contraceptive comporte de très graves dangers,
conclusions du rapport de VLNS.E.RM. remis au ministre de la santé publique en mai 1971.
» Il est, une fois de plus, regrettable que Certains auteurs mentionnés par ces quotidiens confondent rigueur scientifique et éthique personnelle au détriment de l'information du public.
» Le ministre de la santé publique et de la sécurité sociale a constaté avec satisfaction qu'aucun chroniqueur médical ne s’est associé à la diffusion de cette information. »
d) Où sont les vrais piliers du eaprtausne _ Affirmer —en y croyant — que la bourgeoisie n'est pas capable d'intégrer contraception et avortement relève de la bêtise ou de l'ignorance.
La contraception n’est qu’une technique, et en tant que telle le capita-
lisme est parfaitement capable de l'utiliser à ses propres fins.
4 Le seul pilier inébranlable et sacré du capitalisme est la propriété privée des moyens de production, la morale n’est que l’un des voiles qui la pare et
la protège.
1) dans les pays développés — L'exemple du Japon montre comment, dans le cadre de la reconstruction et de la restructuration d’une économie de haut niveau technologique et afin d’assurer sa compétitivité, la bourgeoisie japonaise n’a pas hésité à recourir à des pratiques malthusiennes. On y a donné des primes pour stérilisation.
— La contraception a pu être également intégrée dans d’autres pays capitalistes avancées en dehors d’impératifs malthusiens. Elle s’est inscrite alors dans une période d'amélioration générale des conditions de vie et de théorisation de l’Etat-providence, qui se traduit par une politique de « mieux-être » permise par l’avance technologique ; exemple la Suède.
Ces acquis ne font pas par définition obstacle à un retour ultérieur selon la conjoncture, à une politique nataliste de la bourgeoisie. La contraception ne fait pas le socialisme, ne fût-il qu’à la suédoise. Il n’y a aucune liaison organique, mécanique entre la permissivité en matière de contraception et la natalité.
La bourgeoisie sait trouver les stimulants plus efficaces pour un « redyessement » démographique : hausse d’allocations familiales, primes de garde, construction de crèches et de cantines. La Suède y a recours sans limiter pour autant la diffusion de la contraception, lorsque par refus de Pimmigration massive de travailleurs étrangers, la nécessité d’un accroissement de la main d'œuvre s’est manifestée.
ON CHERCHE PAS À
Vous VOULEZ FAIRE DE LA PEINE À n.
L’'Angleterre qui a légalisé l’avortement en 1969 permet aujourd’hui d'apprécier dans toute leur complexité les ressources des pouvoirs bourgeois pour nourrir d'illusions la population en lui accordant des droits sans moyens : la liberté de l’avortement a été la liberté de s’inscrire sur des listes d'attente des hôpitaux publics. 6 mois à l’avance parfais et la liberté de
faire prospérer les cliniques privées. Mais la situation ainsi créée malgré ses limites permet cependant un accroissement réel de la prise en charge des demandes : un accroissement que le ministère de la Santé chiffre douloureusement à 140.000. On pousse alors des cris d’alarme sur l’augmentation en regrettant le temps où la clandestinité permettait de les ignorer. Et ce sont les difficultés à faire face à ce problème qui font germer dans la tête d’un ministre conservateur des mesures étonnantes en faveur de la contraception gratuite :
« Sir Keith Joseph, Ministre britannique de la Santé a annoncé qu'une série de mesures comportant notamment l'élargissement des services gratuits d’information et de contraception étaient en préparation. Les contraceptifs seraient accordés gratuitement à la population et particulièrement aux jeunes et aux célibataires ».
Pour ces gérants de la pénurie capitaliste, calculs et choix sont clairs entre une diffusion gratuite des contraceptifs — même en y incluant les bénéfices fabuleux des laboratoires pharmaceutiques — et le coût des journées d’hospitalisation pour avortement. Quelques surprenantes et contradictoires que puissent apparaître certaines mesures des pouvoirs bourgeois, on retrouve toujours la même cohérence, toujours la même et unique loi efficient celle de la recherche du profit maximum.
2) dans les:pays « sous-développés » Place au néo-mathusianisme de la façon la plus. flagrante. La contraception est utilisée comme un instrument aux mains des bourgeoisies
nationales et de l'impérialisme pour assurer la « paix » et la perpétuation de leur exploitation.
Be Criminel ici, miracle là-bas.
Contraception et Impérialisme
< L'EXPLOSION DÉMOGRAPHIQUE MENACE
l'espèce dans son entier, la culture et la civilisation»
Déjà en 1966, le Bulletin du Conseil Départemental de la Seine de l'Ordre des Médecins lançait le cri d’alarme : « Le planning nous est venu d'Amérique comme le racketting et le kidnapping ».… « Aussi suis-je amené à former le vœu, d’ailleurs aisément réalisable, de ne plus être là pour voir ce qui se passera quand les peuples gavés de pilules et ravagés par les contraceptifs se trouvéront en présence de milliards de Jaunes débordant de leur continent. Il sera alors trop tard pour revenir à la loi de 1920 ».
En attendant, le pouvoir s'est inquiété des risques de débordements de ses propres nationaux... de ses Français. des colonies.
Aux TOM-DOM, il n’est pas question au contraire qu’un être femelle mineure ou pas se dérobe à la contraception : presse, affiches publicitaires, télévision, tout concourt à ce que les 100 millions de Français de Debré ne soient pas à majorité noire. Et pour les récalcitrants, la stérilisation forcée dans les cliniques ne sont pas rares !
L'angoisse se précise et s'exprime avec la revue américaine Science :
Les USA représentent 5,6 % de la population mondiale et disposent de 50 % du revenu mondial. L'Asie compte les 2/3 de la population et ramasse 10 % de ce revenu mondial.
« Si nous acceptons le principe d’un monde communautaire, d’un partage rigoureux des ressources alimentaires et financières, nous sommes purement el simplement perdus, et perdus à brève échéance ».
Les experts en démographie s'inquiètent aussi :
« Est-ce que le Brésil peut arriver à maintenir, pour ne pas dire accroftre, son taux de développement économique d'’après-guerre face à une croissance démographique si rapide ? Il serait souhaitable tant pour les Brésiliens que pour le gouvernement des Etats-Unis, qui a de grands intérêts dans le cours du développement du Brésil, de considérer cette question avec plus d'attention qu'ils ne l'ont fait jusqu’à présent ». (Gendall : « Fertility and developpement in Bresil »)
Un savant de la « Post-Attack Division » de l'Office US de la Défense civile est plus clair encore :
« Des taux de croissance démographique rapides ont rendu la croissance économique et la stabilité politique de plus en plus difficile à maintenir dans certaines parties du monde, ajoutant à la nécessité de développer des programmes et des forces pouvant aider à maintenir l’ordre intérieur et défendre contre la guerilla ».
D La contraception « monopolisée » :
— 90 % de ceux qui occupent des postes clés de responsabilité dans les programmes de limitation des naissances ont été formés soit directement aux Etats-Unis soit par des personnes ayant reçu leur formation des USA.
— La recherche est l’affaire des-plus grands trusts :
Le planning familialcrucial au Pakistan
Reportage Tribune Médicale
s{epi Service_ international KARACHI, PAKISTAN.—< Le planning familial est capital pour la survie du Pakistan oriental >, affirme l’ancien président de l'Association médicale du Commonwealth, le Dr S. Hafizur Rahman. < Sans cela, nous sommes condamnés. >
L'Association pakistanaise de planning familial a recommandé récemment l'institution d'unités de planning familial dans les cliniques de médecine du travail, au Pakistan oriental. Une enquête menée auprès d'ouvriers a montré que 70 % d’entre eux avaient connaissance du planning familial, et que 55,9 % étaient, sans réserve, favorables à ce planning.
L'Association a toutefois fait observer
Dans l'état actuel des choses, seuls quelques très importants laboiratoires — implantés pour la plupart dans de grandes firmes pharmaceutiques — peuvent poursuivre les recherches engagées sur les hormones de la fertilité, dont la synthèse sur une large échelle représente en tout état de cause l’une des opérations les plus difficiles et les plus coûteuses confiées à l'industrie chimique.
Entreprise hors de portée sans une Intervention extérieure puissante et délibérée pour les pays auxquels elle devrait être destinée, et qui, seuls, ont un motif impérieux de l'entreprendre, tels l'Amérique du Sud, l'Egypte, Taïwan ou la Cure, où la
Campagne nationale de contrôle de: au planning familial parce que les en- naissances repose presque exclus fants de 8 à 12 ans étaient nécessaires vement sur l'usage des stéroïde: comme travailleurs à plein-temps. oraux. —
que beaucoup d'ouvriers étaient hostiles
Néo-malthusianisme et contraception
La loi de Malthus
C’est la « loi physiologique » et « éternelle » qui explique tous les maux sans mettre en accusation le responsable : le capitalisme. Selon elle l’accroissement de la population suit une progression géométrique tandis que les ressources suivent une progression arithmétique. Et la faute en incombe au prolétariat imprévoyant avec ses trop nombreux enfants. Le seul remède logique pour réduire le déséquilibre entre population et subsistance : limiter les naissances « chez les pauvres ».
Cette doctrine qui a servi durant tout le 19ème siècle à combattre toute réforme, toute amélioration du sort de ces « pauvres » qui ne pourraient alors que se multiplier davantage. est sous jacente à la politique suivie par l'impérialisme aujourdhui dans le Tiers-Monde et à l’égard desminorités nationales -à l’intérieur de ses frontières : les stérilisations quasi-forcées sont monnaie courante à l'égard des Noires, des Chicanos. Les Porto- Ricaines ont expérimenté la pilule...
Cette politique est contre-carrée d’ailleurs par la loi de population capitaliste dégagée par Marx. La phase d’accumulation nécessite le travail d'enfants, le travail de femmes, une armée importante de travailleurs, une « surpopulation relative ». (ef le Planning Familial au Pakistan)
Lénine contre Malthus, pour la contraception Lénine n'a jamais fait l’amalgame entre contraception et malthusianisme
que lui ont attribué les staliniens.
Bien au contraire, dans le No 137 de La Pravda (Juin 1913) il précise :
« Le néo-malthusianisme est l’expression du désespoir petit bourgeois. La classe ouvrière, elle, croît, se développe, s’éduque, s’arme. Il y a tout lieu d’être optimiste quant à son avenir, quant à la Révolution et de combattre le néo-malthusianisme. »
« Mais il va sans dire que cela doit nous empêcher en aucune manière de réclamer l’annulation inconditionnelle de toutes les lois contre l’avortement et contre la diffusion de littérature médicale sur la contraception. La liberté pour la propagande médicale et la protection des droits démocratiques élémentaires des citoyens, hommes et femmes, est une chose. La théorie sociale du néo-malthusianisme en est totalement une autre. »
Be En France : contraception au point mort
À en croire la presse bourgeoise elle-même, la contraception est dans l'impasse ! Neuwirth ainsi, gémissait dans France-Soir du 18 février 1972 : quelque chose est pourri au royaume de la contraception. Ce moraliste avait pourtant lâché du lest sur la moralité pour que son beau projet devienne loi il y a 5 ans... Mais le système ne marche pas, se lamente-til « naïvement »… Il ne suffit pas d’être UDR, au contraire, pour comprendre que la contraception n’est pas seulement une affaire de morale mais pose pour son application des problèmes d'infrastructure sanitaire que le gouvernement n’est pas prêt à payer.
En décembre 72, son projet d'office de Planification Familiale se voit refuser tout crédit et si la création d’un Conseil Supérieur de l'Information sexuelle est votée... il n’a pas d’autre existence non plus que sur le papier.
Par contre on frappe dès aujourd’hui la seule organisation qui a réalisé une prise en charge de la coñtraception depuis 16 ans et on y met les moyens :
fuser le statut d'utilité publique qui a été demandé depuis trois ans c'est rendre impossible une campagne officielle d'information et des possibilités de credit;
— les autres mesures qui viennent d’être prises : les Caisses d’Assurance maladie et d’Allocations Familiales viennent de suspendre toutes les subventions qu’elles accordaient depuis deux ans au Planning. Les motifs de la Caisse-Maladie sont les suivants : « Les activités du mouvement n’entrent pas dans la compétence de l’assurance maladie ». Cette petite
; phrase innocente met le doigt sur ce qu’est la politique de la santé : pas question de rembourser tout ce qui est préventif ! Non seulement refus de
! financer les centres de Planning mais aussi non remboursement de tout contraceptif et des consultations officiellement contraceptives.
Dès lors on peut suivre le cynique raisonnement du pouvoir. Il est rigoureux : « En vérité nous vous le disons, le vrai remède c’est la contraception ! ».
« Oui, mais la contraception c’est de la médecine préventive, à l'appel, nous répondons absent » !
Pour ce qui est des Allocations Familiales la suspension de crédits ne s'accompagne d’aucune explication ; on peut penser que les « réticences » ne sont pas sans rapport avec l’évolution qu'a subi en 16 ans le Planning Familial.
Créé en 1956, en contradiction formelle avec la loi de 1920, il a groupé un certain nombre de médecins, enseignants, sociologues, sous
l'égide du Dr Weil-Hallé. Il répondait au désir d’une aile de la petite bourgeoisie libérale de lutter contre l'avortement en diffusant la contraception.
Ce mouvement fut à sa naissance attaqué violemment de tous les côtés : blâme de l'Ordre des Médecins, condamnation de l'Eglise, attaque à boulets rouges du PCF,
Malgré tous ces obstacles, des centres d'informations s’ouvrirent dans tous les départements, et la contraception marginale est devenue par lui un état de fait,
Avec le vote de la loi Neuwirth, pour certains membres du Planning, telle sa créatrice, le Dr. Weil-Hallé, son rôle est terminé. C’est au contraire pour d'autres le moment d’un pas en avant que Mai 68 va accélérer.
Le mouvement commence à sortir du cadre étroit que certains ont pu facilement taxer d’ultra-réformiste, pour mettre à son programme :
la généralisation d’une éducation sexuelle pour tous les milieux ; le libre accès de la contraception pour les mineures ; l’abrogation de la loi sur l’avortement.
EU il faut sans doute voir là l’une des causes des attaques du pouvoir.
La création de centres de consultation et de diffusion de techniques contraceptives, pas plus que la disparition de l’avortement clandestin n’a jamais été le souci réel de la bourgeoisie quelles que soient ses proclamations dans ses textes de loi.
L'objectif du capitalisme n’est ni la contraception ni la santé. La santé ne passe pas par des structures rentables (sans parler des cliniques privées et du mandarinat à consultations inabordables).
La santé passe par la mise en place d’une médecine préventive et curative à la protée de tous, c’est-à-dire gratuite et ce sur le lieu de travail (entreprises, facultés, iycées, CET) et dans les lieux d'habitation.
Une véritable contraception ne pourra se développer que dans un tel cadre ; et le système actuel est incapable de le fournir. N’en prenons pour preuve que sa dernière mesure en date : les analyses prescrites «avant, pendant, après » la prise de la pilule ne doivent pas être remboursées. Quoique nécessaires !
La lutte pour la contraception doit s'intégrer à la lutte pour la santé. Elle doit s'intégrer à la lutte globale anticapitaliste pour une société plus humaine.
Pour une contraception libre et gratuite pour tous, sans dicrimination d'age !
Centre de contraception dans les entreprises, facultés, lycées, CET !
Reconnaissance d’utilité publique pour le planning
L'oppression des femmes est un phénomène historique millénaire dont la dimension idéologique et culturelle prédomine aujourd’hui dans la prise de conscience d’une large part du mouvement de radicalisation. Le « chauvinisme mâle », le « sexisme », les diverses manifestations de la suprématie et de l'autorité de l’homme sur la femme dans la vie quotidienne sont autant de cibles privilégiées axant la lutte souvent de façon exclusive contre le patriarcat, et escamotant par là le processus historique et social à son origine.
Le système patriarcal est né de l'apparition d’un surproduit social et de son appropriation par une classe ; il est lié à cette division de la société en classes : il s'agissait pour les classes possédantes d’assurer la continuité de leur domination par la transmission de la propriété privée qui en était devenu le synonyme. Mais à qui? À une descendance certaine biologiquement : d’où la nécessité soudaine de la virginité et de la fidélité de la femme devenant partie prenante et intégrante du patrimoine, devenant elle-même propriété du mari. À une descendance d’une certaine éducation : d’où ce repli progressif du groupe large.
Les sociétés féodales (dont a hérité le capitalisme) ont connu l'apogée de la famille patriarcale, son aspect institutionnel et idéologique venant recouvrir parfaitement le mode de production, concentrant l’ensemble de la vie sociale en son sein.
La famille y est l’unité économique de production et de consommation typique de la petite production marchande artisanale et paysanne. Le père tout puissant sur femme et enfants, est en quelque sorte l'organe de pouvoir central, le patron, maintenant la cohésion du groupe et distribuant les tâches, les rôles.
Le poids particulier de cette petite production marchande de la France de 1789 explique largement les idéaux sous-jacents à la législation mise en place où les « droits du citoyen », sont les droits de l’homme, chef de famille et seule personne exerçant principalement les activités de production marchande.
développement du capitalisme a modifié les bases du système al tout en prenant appui sur lui pour satisfaire les critères de profit pports d'exploitation et pour asseoir les valeurs bourgeoises.
Le capitalisme a fait éclater l’unité de production de la famille italiste en jetant sur le marché du travail un prolétariat massif et en appelant femmes et enfants à la production.
Mais la famille n'en a pas pour autant perdu toute fonction economique.
La bourgeoisie a en effet bien compris tout l'intérêt que représentait pour elle le maintien de l’accomplissement dans la famille, de toutes les tâches liées au développement et à l'entretien de la force de travail, c’est-à-dire hors de l’économie de marché, graluitement par les femmes.
La bourgeoisie opère de ce fait une économie énorme de coûts sociaux (crèches garderies, restaurants et laveries publics) qu'il serait sinon indispensable à son Etat d'assumer.
Cette économie constitue la cause économique fondamentale de résistance farouche de la bourgeoisie à toute remise en cause et de l'institution patriarcale, et du rôle des femmes en son sein.
De plus, le maintien des tâches domestiques attribuées à la femme permet de justifier idéologiquement les conditions de surexploitation et les caractéristiques d’un prolétariat féminin particulièrement avantageux pour la bourgeoisie.
a) Non seulement les travailleuses vont-elles fournir une double journée de travail — dont le travail domestique gratuit — mais encore l'idéal maintenu pour la femme, de la vie de famille va permettre de lui faire subir dans l'entreprise une exploitation particulière comme femme : son activité salariée étant considérée comme secondaire dans ses fonctions son salaire est pris comme «force d’appoint » par rapport au revenu principal du chef de famille. Dès lors, les inégalités de salaire seront-elles plus facilement acceptées ; dans la même optique, le travail à temps partiel s’efforcera de maintenir un prolétariat « au rabais » ne partageant pas les mêmes conditions de travail que la masse des travailleurs, plus mobile, plus malléable, et ce au nom d’une « division du travail » qui maintient ainsi la femme au foyer. C’est également un prolétariat qu’on mettra plus aisément au chômage : puisque l’activité salariée est «secondaire », puisque les tâches domestiques principales demeurent pour occuper largement la travailleuse licenciée, celle-ci ne restera pas « à la rue » en même temps que le licenciement est plus facilement accepté. Les exigences des femmes, atomisées dans leurs foyers, surchargées de tâches et de responsabilités dans la terne vie domestique, s’étiolent ou se déchargent dans la colère des scènes de ménage plutôt que dans l'engagement militant contre le système.
b).La bourgeoisie trouve donc là un point d’appui possible dans ses objectifs de la division de la classe ouvrière et de freinage des luttes. La femme travailleuse, responsable de la gestion du budget familial, isolée dans des conditions de travail spécifiques ou dans son foyer, culturellement sous-développée par toute une éducation de soumission à un univers restreint, aigrie par une double journée de travail, est aussi moins facilement syndicalisable et peut jouer dans un sens rétrograde en s’opposant à la poursuite de grèves coûteuses pour son budget.
Mais l’oppression des femmes est une aliénation qui touche et modèle toutes les mentalités pour s'imposer comme « naturelle ». C’est pourquoi elle obscurcit aussi la conscience de classe des ouvriers qui acceptent comme fatale cette division du travail, et qui peuvent également prendre une position réactionnaire face aux éventuelles luttes des travailleuses, considérant que leur place doit être « à la maison » et non à faire la grève et à occuper l’usine « comme des hommes » et « avec des hommes ».
Et nous touchons là précisément à la seconde face de la famille : sa fonction idéologique.
Le maintien d’une idéologie patriarcale dans le cadre familial sert également plus largement le maintien des valeurs bourgeoises et la reproduction des rapports sociaux capitalistes : à l’existence des classes sociales, à leur communauté d'intérêt, elle s'efforce de substituer l’individualisme et l'idéologie « travail famille patrie » face à laquelle tout le monde — bourgeois et prolétaire — s’unifie. L’agressivité de l’enfant et de la femme soumis à l’arbitraire paternel, peut se déverser contre leur ennemi immédiat — le père et le mari — et non contre le système qui forge et entretient de tels rapports.
Des habitudes de soumission à un pouvoir « naturel », à une autorité suprême qui s'impose comme fatale, doivent préparer à se soumettre à d’autres autorités : Etat, patron ; l'éducation imprimée dans le cadre familial étroit devra aussi reproduire les mêmes valeurs, préparer en particulier les filles à leur rôle de mère et d’épouse, réprimer donc les rapports sexuels pour s’efforcer de les canaliser dans le cadre unique du mariage et de la procréation, étouffant pour la femme comme pour l’homme.
« Elle forme l'enfant dans l'idéologie réactionnaire non seulemènt grâce à l'autorité qui y est institutionnalisée, mais par la vertu de sa structure propre ; elle est la courroie de transmission éntre la structure économique de la société conservatrice et la superstructure idéologique... Par sa forme propre et par l'influence directe, elle transmet les idées conservatrices et les attitudes répandues à l'égard de l'ordre social en vigueur ).
Wilhelm Reich
Une crise entr'ouverte à élargir
Cependant l'institution familiale, toute aussi marquée qu'elle soit par les rapports sociaux et l'idéologie dominante, n’est pas pour autant la courroie de transmission directe et implacable, ni le moule exact et rigide des valeurs bourgeoises traditionnelles.
L’idéologie patriarcale qui permet de camoufler les rapports de classe en introduisant d’autres hiérarchies et en divisant la classe ouvrière, entre en contradiction avec les nécessités du développement du capitalisme.
L'appel croissant des femmes à la production, la prolétarisation des
femmes de couches moyennes fait objectivement partager à ces femmes les conditions d’exploitation de l’ouvrier et ouvre subjectivement à la lutte des classes.
La scolarisation a fait éclater l’autorité et le monopole parental de transmission es valeurs en créant des disparités culturelles et d's antagonismes entre parents et enfants.
La mise en contact des enfants avec une réalité sociale plus large, pr le biais non seulement de l’école, maïs aussi de toutes les structures de relais (des garderies aux clubs sportifs et autres), l'allongement de la dépendance économique des adolescents parallèlement à la durée de la scolarité, sont autant de facteurs qui font ressentir la famille comme un cadre trop étroit et répressif.
Lu développement de la scolarisation parmi les femmes a sapé l’idée d'une inégalité de capacité et fait apparaître plus clairement les discriminations dont elles sont l’objet, à formation égale.
Enfin, le développement des forces productives, des techniques et des sciences, le développement de la contraception, les progrès de l’avortement, la possibilité objective de socialisation des tâches domestiques et d'éducation des enfants donne force à la possibilité de combattre l'idéologie réactionnaire qui maintient les femmes dans un statut opprimé et de mettre en évidence la possibilité d’un autre système.
le capitalisme
renfabilise exe
sexualité : procréation
Le profit et la rentabilisation n’épargent aucun aspect de la vie sociale dans la société capitaliste. Son développement est jalonné au cours du XIXème siècle de préceptes sans ambiguïté :
« Quel est le grand devoir de la femme ? Enfanter, encore enfanter, toujours enfanter ! Que la femme se refuse à la maternité, qu'elle la limite, qu'elle la supprime, et la femme ne mérite plus ses droits ; la femme n'est plus rien... Volontairement stérile, elle retombe au rang de la prostituée, de la fille de joie dont les organes ne sont que des instruments, des jouets obscènes au lieu de rester le moule auguste, vénérable
le cous les siècles futurs. » Dr. Doléris membre de l’Académie de Médecine
ETANT DONNE QUE LA SEXUALITE EST UNE CONLUPISCENTE MAUVAISE
ON VIENT DE FAIRE Le CHOSE HONTEUSE ET INTRINSEQUEMENT DESHOUNETE.
L'invective est d’autant plus triviale que c’est la croissance du capitalisme qui a transformé les travailleurs, hommes et femmes, en instrument à produire de la plus-value et a placé l’ensemble des rapports sous la domination de la valeur marchande. .
Hommes et femmes doivent produire avant tout, et les femmes reconstituer la main d'œuvre par la procréation.
la glorification de la maternité
Tout un conditionnement.est mis en place dès la naissance de la fille pour opérer l'identification femme : mère ; la femme ne peut se réaliser pleinement, pleinement vraiment qu’en tant que mère ! Dans l'union sacrée du mariage, bien entendu, la fille-mère restant toujours une paria.
La mise en condition commence avec les jeux de poupée... jusqu'aux rs féminins qui ont tous en commun leur complémentarité avec la ion maternelle : enseignante, infirmière, puéricultrice. Il- n’est, pas étonnant d'observer après une telle vaisselle de cerveau, un désir avec des aspects compensatoires, l'enfant devenant un objet bien à soi.
Le culte de la mère, cette fétichisation de l'enfant, cette mise au service de la sexualité aux fins de la procréation justifient et trouvent appui sur des tabous divers.
CA
l'homosexualité
Les homosexuels deviennent dans ce système, soit des délinquants, soit des malades, des fléaux sociaux en quelque sorte : ils pratiquent une sexualité improductive, pour le plaisir. En ce sens leur existence constitue bien une mise en cause et un danger pour l’ordre bourgeois. De là, la répression ouverte ou sournoise (fichage, dénonciation aux employeurs, marginalisation) dont ils font l’objet. Dénoncer cette répression et mettre à jour ses racines fait partie intégrante de la lutte contre l'idéologie et l’ordre bourgeois.
-le plaisir « Une femme honnête n’a pas de plaisir » Jean Ferrat
Le désir sexuel ne doit pas exister avant que les jeunes ne soient à même de fonder une famille d’où la négation et la répression de la sexualité des adolescents. Les adolescents doivent être ignorants et coupables ; s'ils transgressent l'interdiction, ce doit être à leurs risques et périls ; pour la fille surtout la perspective d’une grossesse doit rester l’épouvantail gardien de sa vertu. Elle garantit la propriété privée exclusive de la femme dans le mariage.
L’adolescence est l’occasion, pour les familles, de renouveler les interdits devant les manifestations de la puberté :
— chez la fille l’apparition des règles (maintenant tu es une femme) est le « prétexte » pour interdire toute vie sexuelle (si tu vas avec les garçons, il va t’arriver des ennuis)
Le rôle de la pilule destructrice des valeurs familiales est à ce niveau tout à fait explosif et on comprend la nécessité de l’autorisation des parents de la loi Neuwirth.
— chez le garçon, les avertissements et mises en garde contre les mäladies vénériennes ont la même fonction ; mais il y a une nette différence avec la fille car les familles admettent avec une certaine satisfaction de savoir que le jeune mâle a fait ses preuves... à condition qu’il ne soit pas
Al
obligé de réparer sa « faute ».
Néanmoins, globalement c’est le moment où le sexe, dont on ne peut plus nier l'existence et les exigences, est mis au frigidaire. Il ne devra servir qu’à la procréation dans le cadre du mariage. :
Mais ce ne sont là que les manifestations les plus claires de la répression sexuelle (négation pure et simple de la sexualité de l'enfant), commencée dès le berceau :
— apprentissage autoritaire de la propreté
— on ne suce pas son pouce
— répression de la masturbation
— répression des curiosités et des jeux sexuels des enfants — tabou de la nudité, la pudeur, la honte
le sexe-padget
. Cependant, la sexualité ne peut être totalement réprimée aux seules fins de procréation (l’affaiblissement de la religion aidant) ; la société capitaliste confrontée à la nécessité de la canaliser a fait surgir la forme la plus degiisée d'aliénation, indispensable complément du puritanisme : la pornographie et le sexe-marchandise.
La principale caractéristique de la pornographie (films, revues, ouvrages) c’est de proposer une substitution imaginaire, une réalisation fantasmatique du désir: C’est un nouvel asser ment, un leurre plus subtil.
D'un côté il y a la famille, les enfants, la lfemme-mêre (respectable parce que mère), de l’autre la sexualité (clandestine, honteuse, animale) et la femme vamp à soumettre (toujours prête, toujours belle).
La pornographie ne fait que consacrer l'idéologie familiale en lui ouvrant une soupape et rend d’autant plus aliénants les rapports entre les sexes. Bien loin de se rattacher à une éducation sexuelle, elle renforce de fait les mythes les plus rétrogrades et consacre Le sexe-marchandise, gadget.
la voic f ve
Loin de peser sur les contradictions de la famille bourgeoise, et de remettre en cause cette structure d’oppression de la femme et le conditionnement à l’ordre établi, le PCF s’en fait le défenseur. puisque le destructeur de la famille, c’est le capitalisme !
Pourquoi donc une telle dévotion à la famille « valeur éternelle » ?
Dans un article de l’Huma-Dimanche « La famille, est-ce fini ? », le PCF, par électoralisme, lui offre son second souffle et sa régénérescence :
« Dans plus d’un foyer sur quatre, on vote communiste, les vieilles idées reculent, c’est une nouvelle physionomie de la famille qui se dégage, une famille où l’affectivité n'est plus corsetée, où se pratique une morale qui n’est plus réglée par l'intérêt, où on se forme ensemble à des idéaux communs de justice et de solidarité humaine. Loin d'être condamnée, la famille apparaît non seulement comme le meilleur milieu de vie possible au niveau de l'individu, si toutes les chances lui sont données... mais aussi comme le noyau du progrès démocratique qui lui garantira ses chances ».
Georges Marchais, de son côté, affirme :
« L'application du programme commun de la gauche aura pour les familles des répercussions bénéfiques : il lèvera le frein qui s'oppose à un développement harmonieux de la famille française ».
La famille, devenue pour Marchais « un des facteurs de l’existence de l'humanité, de sa marche constante vers le progrès » n’est pas seulement l'expression du désir de ne pas cffrayer les classes moyennes à la veille des élections. Elle est la conséquence logique du suivisme constant de l'URSS où les valeurs familiales restaurées officiellement en 1936 n’ont cessé d'être cultivées pour le meilleur établissement du pouvoir bureaucratique. ‘
La montée de la bureaucratie a bafoué les acquis de 1917, les uns après les autres, faisant appel systématiquement aux structures traditionnelles et les théorisant pour asseoir son pouvoir dans une situation de pénurie. Aujourd’hui encore, elle va jusqu’à resacraliser le mariage et il règne dans les cités universitaires comme ailleurs, un puritanisme militant !
L'idéologie stalinienne retrouve à ce niveau parfaitement l'idéologie bourgeoise : la famille est l’instrument privilégié d’embrigadement, l’étouffoix rêvé des ardeurs révolutionnaires.
Et l’allié Mitterrand l’a très bien compris aussi : « la famille, cellule de base de la société, doit être le lien de rencontre de l'exemple et de la confiance. Il me semble que les parents ont un rôle difficile et exaltant qui est d'aider les enfants à définir et à canaliser des enthousiasmes nécessaires à la transformation de la société ».
Le PCF n’a été à l’avant-garde.. que pour la propagande en faveur de l'accouchement sans douleur. importé d'URSS !
En matière de contraception, il lui revient le mérite d’avoir adopté le simple point de vue de la bourgeoisie, et encore avec retard : quatre ans après la loi Neuvwirth, le programme du PCF ose avancer que les couples doivent avoir accès librement aux méthodes contraceptives !
Mais qu'il soit fait mention tant pour la contraception que pour l'avortement des mineures, le PCF se contente dans les meetings publics de girouettes : « Mais nous sommes pour l’abaissement de l’âge de la majorité ». Mais le fond de l'explication appartient au Dr. Muldworf dans l’Huma-Dimanche :
« Si les parents sont fondés à penser que leur fille est sur le point d'avoir des relations sexuelles, une discussion franche à ce sujet peut amener à conclure que l’emploi d'un contraceptif est souhaitable ».
C’est clair et net pour le Dr. Muldworf, ce sont les parents « qui sont les mieux placés pour juger du bien fondé » de la vie sexuelle de leur fille.
Et, conséquence logique : « Nous communistes, sommes pour que la femme puisse choisir librement entre se consacrer exclusivement à son foyer, à son rôle de mère de famille, ou bien exercer dans le même temps une activité professionnelle » (Marchais). ‘
Les véritables conditions d’une réelle émancipation des femmes sont bradées une fois encore au profit de l’« intérêt national », au profit d’une loyale gestion du système capitaliste, qui ne grève pas le budget : pas plus de 10 % d'augmentation du budget.
C'est-à-dire pas de socialisation des tâches domestiques, peu de crèches, de garderies, de restaurants en plus : la sainte famille du capital rénovée y pourvoira !
TRAVAILLEUSE CONSCIENTE ET ORGAUISÉE AVANT LU LES ECRITS DE JEPNNETTE THOREZ- VERMEERS CH .
ation sexuelle de
jeunesse
A la crise de la famille.
L'éducation des familles ne permet plus de réaliser l’aseptie sexuelle jusqu’au mariage. Les interdits sont de plus en plus transgressés, et par les héritiers de l’ordre bourgeois les premiers.
Aujourd’hui cette crise s'étend à l’ensemble des couches sociales, diversement, mais sans exception.
La scolarisation a été le premier facteur d’éclatement de la famille, la première remise en cause du monopole de transmission du savoir.
L’allongement de cette scolarité a introduit d’autres contradictions encore, plus profondes ! Le décalage culturel entre parents et enfants s’accentueparmi une large part des travailleurs tandis que la dépendance strictement économique à l'autorité familiale s'étend jusqu’à 16 ans et plus, rendant cette autorité d'autant plus pesante et révoltante.
Dans la jeunesse pré-ouvrière et ouvrière, le « refuge » familial sert de prétexte à la surexploitation, comme pour les femmes : le salaire d'appoint de misère y est normal puisque le jeune est censé trouver le gîte et le couvert chez ses parents !
Et si ce n’est le cas, le Foyer de Jeunes Travailleurs est là pour suppléer à la répression familiale : règlement intérieur draconien, pas de droit de visite.
Les conditions de vie des jeunes travailleurs en foyer représentent l'exemple typique de la « misère sexuelle » où le système accule la jeunesse : surexploitée dans la vie active, elle n'échappe à la tutelle parentale que pour tomber.sous la loi du profit. La chambre étroite ne doit être que le lieu du sommeil, de la réparation de ses forces pour mieux produire le lendemain.
La résonance et la mobilisation étonnante à laquelle a donné naissance la plate-forme avancée par la Sexpol, l’organisation de politique sexuelle créée par Reich dans les années 1930 en Allemagne donne un exemple historique des plus éclatants de la combativité de la jeunesse et de sa capacité à mettre en cause directement les conditions matérielles de vie dans leur « lutte sexuelle ». La Sexpol exigeait :
—— la liberté de la contraception et de l'avortement ;
— mais aussi des lieux de rencontre, des logements pour les conditions matérielles nécessaires à cette libre sexualité.
Son impact énorme doit être resitué dans la période de crise sociale d’alors. La Sexpol qui a à un moment donné, ne l’oublions pas, sur ces seuls thèmes, pu rallier, non seulement les Jeunesses Communistes, mais les Jeunesses Social-Démocrates et national-socialistes, montre par là les limites et les impasses où peuvent conduire l’autonomie totale d’un
mouvement sur des mots d’ordre, qui en eux-mêmes, à un tel niveau de généralité ne peuvent constituer la garantie d’une dynamique anticapitaliste claire et qui doivent être reliés aux perspectives de l’avant-garde révolutionnaire et du mouvement ouvrier. La Sexpol s’est développée en rupture avec le mouvement ouvrier organisé et dans l’incompréhension du phénomène bureaucratique (pour Reich à l’époque la bureaucratie est un problème de « mauvaises » fixations infantiles des bureaucrates !), ce qui a lourdement pesé et doit relativiser l’appréciation de sa portée.
.… Des réponses individuelles …
La crise de la famille a pris aux Etats-Unis une dimension sociale considérable. La fugue des adolescents en est la manifestation la plus répandue. et les associations de parents à la recherche de leurs brebis égarées se multiplient.
Partout des tentatives se font jour de briser le cadre étroit de la famille traditionnelle et de chercher au sein d’un groupe plus large des relations affectives plus satisfaisantes.
L'apparition des « communes », des communautés, exprime cette recherche ; mais aussi souvent de façon confuse la nécessité d'organiser les tâches domestiques à un échelon supérieur, vivre en commune c’est aussi partager le loyer d’un grand appartement, plus agréable qu'un miniscule studio, c’est partager les courses, la cuisine, le ménage, la garde des enfants, c’est pallier à son propre niveau à la pénurie de la société capitaliste.
Et ce rôle de substitut marque en même temps les limites d’une telle solution.
La jeunesse ne parvient pas plus au sein des communes, en rupture avec l'institution familiale que l’ensemble de la société, à échapper quoiqu’elle ne ait une conscience plus aigüe, à l’aliénation capitaliste et au poids terrible de son idéologie. Les interdits sont transgressés, certes, mais mal, partiellement assumés :
— la vie sexuelle est très culpabilisée, les acquis de la contraception restent sous-utilisés parmi les jeunes de couches sociales où la contraception a la plus grande réalité (enseignantes, étudiantes) ;
— les troubles sexuels : difficultés dans les rapports, rigidité... sont légions ;
— le désir de maternité chez les plus jeunes traduit la perpétuation de l’idée que l’enfant est le prolongement « naturel » du rapport sexuel. Pire : il apparait souvent comme l’objet de compensation à leurs frustrations. nées du même phénomène que les jeunes reproduisent alors à leur tour.
Des réponses organisées
Le MLF (mouvement de libération des femmes) et le FHAR (front des homosexuels révolutionnaires) polarisent aujourd’hui les revendications sexuelles de la jeunesse.
Le MLF est né du reflux de l’après-mai, en a d’abord cristallisé toutes les amertumes, la complexité et la confusion, traquant tout à la fois le capitaliste, le mâle, l’organisation. Tous rassemblés dans une même complicité et une même responsabilité de l’échec de cette révolution dont ses militantes n’avaient été que les dactylos, les femmes à tout faire et à l’ombre de laquelle leur oppression spécifique s’était brusquement projetée clairement.
La naissance sectaire du MLF, ponctuée d’apparitions « chocs », par la dimension sociale même des thèmes d'intervention mis en avant à fait
place à la floraison de courants contradictoires, riches d’une potentialité révolutionnaire indéniable.
Le courant dominant du MLF à « grand tirage », du MLF qui a fait la une de la presse bourgeoise, est le féminisme, qui pour autant qu’il se
prétende révolutionnaire n'en n'est pas moins l'héritier direct de la problématique suivante : ln guerre des sexes prime la lutte des classes. Confondant capitalisme et patriarcat, sans comprendre comment le capitalisme s'appuie sur le patriarcat pour maintenir son exploitation, un tel courant, au grand soulagement de la bourgeoisie qui le récupère largement, perpétue la confusion, dissimule le vrai responsable, dévie la lutte des cl
rs la lutte individuelle et stérile contre le mâle immédiat,
Cependant, indépendamment des limites imposées au mouvement dans la logique d’une telle problématique, et peut-être même grâce à la révélation concrète des impasses du féminisme, et du spontanéisme : incapacité à assumer la croissance du mouvement de façon large et avec le fonctionnement démocratique (AG centrales), difficulté à impulser des campagnes, coupure du noyau initial de l’ensemble des travailleuses sensibilisées, inadéquation du Torchon Brüûle à l’audience de masse rencontrée parmi les femmes sur les thèmes avancés, l'image de marque négative du sigle a éclaté sous l'impact des mots d'ordre.
La réalité du MLF se trouve aujourd’hui au sein des groupes de quartier qui de plus en plus se posent le problème de la dimension sociale et politique de la lutte des femmes et de la nécessité d’une intervention effective dans la population ; d'explication : tracts, panneaux sur les marchés ; de liaison avec les femmes travailleuses et leurs organisations (CFDT souvent) ; d'initiative : film, débat sur l'avortement, les grèves.
Les groupes de quartier ont mené la campagne Marie-Claire, organisé la manifestation pour la liberté de l'avortement, soutenu et participé à la manifestation du 20 janvier pour le Vietnam.
Les groupes de quartier organisent le soutien au Manifeste des 345 avorteurs, organisent le développement de la situation du fait d’une pratique de l’avortement en France dans de bonnes conditions médicales.
De plus en plus clairement, les groupes de quartier portent l'accusation contre la société de classes, contre l’exploitation et l’aliénation capitaliste, contre la pénurie aux côtés des organisations ouvrières et des groupes révolutionnaires dont la prise de conscience obscurcie par 40 ans de stalinisme et des décennies d’idéologie bourgeoise, s’est trouvée brusquement accélérée sous l’aiguillon du MLF. Aux côtés, mais sans pour autant ‘ni s’y substituer, ni renoncer à leur rôle spécifique de lieu de rencontre, de prise de conscience des femmes à partir de leur vécu personnel en dehors des rapports de soumission habituels, inculqués dès l'enfance (on ne parle pas de ces choses là, pas devant un homme) de la dimension générale, sociale de leurs problèmes de « vie privée » et de la nécessité de lutter collectivement.
Le FHAR, front des homosexuels d'action révolutionnaire
Créé à la suite du MLF, il marque une étape dans la déculpabilisation de la sexualité en général et une remise en cause importante de la norme sexuelle bourgeoise : reproductive avant tout, donc hétéro-sexuelle. Mais l'axe de lutte du FHAR qui vise l’idéologique à son niveau le plus profondément enraciné dans la conscience des masses (le normal, le sain) parvient difficilement à dépasser la pure provocation. La dérision de l’image dérisoire même de l’homosexuel mâle, de la « grande folle » ne
parvient pas à déboucher sur une virulente et générale dénonciation de la répression diversifiée à tous les niveaux dont sont victimes les homosexuels dans notre société. Le FHAR ne parvient pas à l’étape actuelle à devenir autre chose qu’un lieu de rencontre. Et ce d'autant plus que, corrélativement, l’évolution subie par l’ensemble des organisations avec un certain sectarisme méprisant (qui conduisait souvent à l’exclusion implicite des homosexuels) vide ce mouvement d’une partie de sa justification d’origine. L’« action » des militants révolutionnaires homosexuels contre la répression, contre la norme sexuelle trouve lieu de s'exprimer de plus en plus au sein même des organisations.
Une seule solution: la révolution socialisté,
Seule la révolution socialiste ouvre la perspective concrète d’abolir la structure « famille » qui concentre aujourd’hui et les relations affectives et les relations économiques et la transmission de l'idéologie dominante. Abolir, c’est-à-dire la vider de toute utilité, utilité économique, et de toute utilité de coercition. Seule une société rompant radicalement avec l'exploitation de l’homme par l’homme, avec les mutilations physiques et intellectuelles imposées par la rentabilité capitaliste ; par le profit, peut ouvrir la perspective d’autres relations affectives, humaines plus larges, plus riches, dépourvues de toute possessivité étouffante, décalque du droit de propriété. Des relations où sera concrètement possible à tous et toutes de vivre sa sexualité indépendemment de Ja stricte fonction reproductive, possibilité qui ne concerne pas seulement la moitié de l’humanité, les femmes, mais directement l’ensemble de l'humanité et en premier lieu la jeunesse.
Les enfants doivent pouvoir naître et exister pour eux-mêmes, et non d’abord comme objet d’occupation, de consolation des parents, de compensation aux frustrations des mères qui reproduisent sur eux les dégradations que la société leur fait subir. L'usine à névroses qu'est la famille doit nous amener à lutter dès aujourd’hui contre toute éducation sexuelle qui serait le monopole des familles.
dans les luttes d’aujourd’l
DENONCER....
« Il faut faire de l’agitation à propos de chaque manifestation côncrête » de l'oppression capitaliste ; cette oppression qui se manifeste dans les domaines les plus divers de la vie et de l’activité professionnelle, civile, privée, familiale, religieuse, scientifique » (Lénine — Que faire ? )
Nous devons dénoncer l’inanité de la législation bourgeoise, aussi bien l’absence de réalité de la « liberté » de la contraception que l’aspect scandaleusement répressif de la loi actuelle sur l’avortement. Mais une telle dénonciation doit dépasser — et de loin — le cadre d’une lutte de principe de type démocratique (ex : liberté du corps, « droit » à l'homosexualité).
Notre dénonciation doit porter également sur ies deux fronts :
— et des conditions concrètes d’oppression, de l'injustice sociale — et de l’idéologie bourgeoise.
EDUQUER...
La sexualité, la contraception, l’avortement ne constituent pas qu’un problème de la Femme, être générique à « classes multiples », in abstracto.
Le- problème a objectivement une dynamique anti-capitaliste, dans la mesure où l'institution familiale possède une fonction économique déterre le système capitaliste et assure une fonction de cohésion idéologique: Par là on peut parler de liaison organique.
e but de l’avant-garde n'est pas la lutte avant tout contre la fapour lui substituer d’autres formes de relations humairies plus ou moins dérivées de la « cellule maudite », tout en laissant intacte par ailleurs l’organisation capitaliste de la production et l'exploitation, l’aliénation générale dont elle se nourrit.
Le rôle de l'avant-garde consiste au contraire à travers cette prise de conscience immédiate de la « misère sexuelle » d’en dévoiler les racines de
classes et de développer, d'élever le niveau de conscience jusqu’à une compréhension de la dimension politiqüe du problème.
LUTTER
Exiger aujourd’hui conjointement :
— services sociaux gratuits (crèches cantines)
— contraception libre et gratuite pour tous
— avortement sur simple demande ;
C’est expliquer que chacune prise isolément peut correspondre à un moment donné aux besoins du développement et de la consolidation du capitalisme et c’est acculer le pouvoir capitaliste et ses libéraux à montrer l'impuissance du système à résoudre radicalement le problème de l'oppression des femmes.
La prise de conscience des racines de classe de l’oppression des femmes commence dans la lutte aujourd’hui :
— pour l'avortement libre et gratuit, dans les meilleurs conditions médicales, remboursé par la Sécurité Socialte comme tout autre acte médical ; :
— pour une médecine préventive ;
— pour des centres de contraception sur les lieux d'habitation et de travail.
La lutte pour l'émancipation des femmes, c'est aussi la grève des travailleuses et des travailleurs contre la surexploitation, la double journée de travail, l'absence de crèches, d'équipements sociaux.
C'est la lutte pour un socialisme qui n'a rien de commun avec la caricature qui se proclame à l'Est. Un socialisme où l'émancipation réelle des femmes sera réalisée par une mobilisation permanente et profonde des femmes et des hommes contre les inégalités sociales et toutes les oppressions que nous ont légué les sociétés de classes. Un socialisme sans lequel il n’y aura pas d'émancipation réelle des femmes. Une émancipation réelle des femmes sans laquelle nous ne saurons réaliser le socialisme que nous voulons.
En 1971, 343 femmes déclarent publiquement : « nous avons avorté ».
En 1973, des médecins déclarent pratiquer des avortements et aider des femmes à avorter.
Une femme sur deux, au moins une fois dans sa vie, s’est fait avorter.
Nous en avons assez que chaque année 800.000 d’entre nous avortent dans la clandestinité, l'angoisse, la souffrance et la culpabilité.
Nous en avons assez que beaucoup d’entre nous, faute de moyens, en meurent ou en sortent mutilées dans leur corps et dans leur tête.
Nous en avons assez que l'information sur la contraception ne nous parvienne qu'entourée de mensonges et de peur.
Nous en avons assez d'être considérées comme des machines à reproduction par le pouvoir qui réclame 100.000.000 de Français.
Nous en avons assez que les enfants que nous désirons ne puissent pas s'épanouir dans des conditions satisfaisantes.
Nous en avons assez d’un gouvernement hypocrite qui décide pour nous en freinant la contraception, en interdisant l'avortement en Métropole alors qu’il y pousse par tous les moyens (y compris les stérilisations forcées) dans les départements d'Outre-Mer.
Nous en avons assez que des médecins connus et installés se livrent à un trafic financier sur notre corps.
Et pourtant, nous savons par expérience qu'il existe une méthode d’avortement simple et sans danger, pratiquée légalement à l'étranger.
Nous savons qùe des médecins français refusent l'hypocrisie de leur situation et pratiquent actuellement cette méthode en hors-la-loi.
Nous considérons qu’un tel état de fait a force de loi et impose l’abrogation de la loi de 1920 sur l’avortement.
Nous refusons par avance toute loi qui limiterait notre droit de décider seule d’avorter.
Nous réclamons que les moyens contraceptifs soient mis à la disposition de tous et que l'avortement soit libre et remboursé par la Sécurité Sociale.
Nous déclarons publiquement, avec les hommes concernés, que nous avons avorté ou aider à avorter durant les trois dernières années et que nous nous organisons, dans la solidarité, pour pratiquer des avortements.
EE
manifeste des médecins
Depuis plusieurs mois, et plus particulièrement depuis le procès de Bobigny, chacun a pu se rendre compte que la France était un des derniers pays qui vivait au Moyen Age en matière de sexualité et d’avortement. Malgré les centaines de milliers d’avortements clandestins et ses conséquences dramatiques, les pouvoirs publics et le Conseil de l'Ordre des Médecins s'obstinent à ne pas tenir compte de cette réalité : ils renvoient « sine die » toute modification de la législation actuelle,
Cependant, lorsqu'une femme est décidée à interrompre sa grossesse, elle le fait, malgré la loi en vigueur et les convictions personnelles de son médecin. Selon ses moyens financiers, elle peut se faire avorter en toute sécurité à l'étranger et même en France, ou bien elle est contrainte, au risque de sa vie (des dizaines de morts par an) à l'avortement clandestin. Des milliers de femmes, chaque année, sont ainsi victimes de complications dramatiques (perforations, hémorragies, infections, ete...) et s’exposent à de possibles poursuites judiciaires.
Les médecins qui connaissent ces risques partagent objectivement la responsabilité de ces décès. Nombre d’entre eux en ont pris conscience et leur attitude a évolué. Les positions du Conseil de l'Ordre ne sont pas celles de tous les médecins auxquels il ne saurait imposer ses propres règles morales.
La France « pays de liberté », ne reconnait pas aux femmes la liberté de disposer de leurs corps :
— il n'existe aucune éducation sexuelle ;
— la loi sur la contraception n’est pas mise en application ;
— les couples sont privés des informations leur permettant de réaliser leur équilibre sexuel, et de choisir le moment de mettre un enfant au monde ;
— le Planning Familial vient de se voir refuser le « caractère d'utilité publique », ce qui l'empêche de recevoir toute subvention.
-Nous pensons que chaque individu doit avoir la possibilité d'être responsable de son corps et de sa santé, et qu’ainsi il doit pouvoir disposer de tous les progrès de la connaissance médicale. :
Nous voulons :
— que l'éducation sexuelle soit faite dès l’âge scolaire ;
— que les moyens contraceptifs soient à la portée de tous, mineurs y compris ; grâce à une large information et à leur remboursement par la Sécurité Sociale ;
— que l'avortement soit libre.
La décision appartenant entièrement à la femme, nous refusons toute commission qui la contraint à se justifier maintient la notion de culpabilité et laisse subsister l'avortement clandestin comme le prouve l'expérience des pays étrangers.
L’avortement, au même titre que l'ensemble des actes médicaux et chirurgicaux, doit être remboursé par la Sécurité Sociale.
Les méthodes modernes qui en font un acte simple, sans danger, doivent être portées à la connaissance de tous, afin que les femmes puissent interrompre leur grossesse duns les meilleures conditions médicales et paychologiques,
La liberté de l'avortement implique que chacun ne le décide ou ne le pratique qu'en fonction de ses convictions morales ou religieuses.
Les médecins soussignés :
— déclarent pratiquer des avortements ou aider selon leurs moyens à ce qu'ils soient réalisés en dehors de tout trafic financier ;
— s'engagent solennellement à répondre collectivement de leur action devant toute autorité judiciaire ou médicale ainsi que devant l'opinion publique.
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Deux brochures
sur les groupes para-militaires
de la bourgeoisie française de 45 à 73. y L.Un Etat Ypo
fort des faiblesses de ses ennemis
Il. La peste brune
———— document rouge 23-24 — 144 p.,9 F
document rouge 16
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