Sommaire (d'après RaDAR)
- LA PESTE BRUNE L’IDÉOLOGIE FASCISTE
- 1
- Ordre Nouveau : son histoire, celle de son prédécesseur « Occident », ses dirigeants et amis (Duprat, Robert, Holleindre, Susini, Le Pen, Brigneau), ses liaisons internationales, ses meilleurs textes.
- 2
- Le Front National
- 3
- Dossiers : Les groupuscules de l’extrême droite
- 4
- Le calendrier du fascisme
- Conclusion : L’anti-fascisme révolutionnaire
Texte obtenu par reconnaissance optique des numérisations de RaDAR, non relu : il contient des erreurs, et les intertitres sont repérés automatiquement. En cas de doute, la numérisation fait foi.
pour les photos de cette brochure: D.R:
, £ \ !
La campagne « musclée » de la majorité, l’apparition centrale d’un Front National regroupant une partie des forces fascistes françaises, l'utilisation par les «réformateurs » (JISS à Toulouse) du service d'ordre d’Ordre Nouveau, le développement d’un svndicat fascisant dans la police, l’anti-communisme primaire et virulent de tous les politiciens bourgeois, mettent à l’ordre du iour la publication d’une brochure sur les bandes armées du pouvoir. Ce d’autant plus qu’une victoire de l’Union de la Gauche, ou qu’une défaite même relative de la majorité, ouvrirait une période de tension où l’utilisation à grande échelle des bandes armées par le pouvoir cesserait d’être une éventuelle menace pour devenir une préoccupante réalité. SAC, CDRACFT et nervis fascistes — auels aue soient les choix de la bourgeoisie — tenteront de prendre le devant de la scène politique, aprés avoir alimenté pendant des années la rubriaue des faits divers. Leur diversité, leur faiblesse relative, leur incohérence actuelles ne doivent pas faire oublier leur but commun: la destruction du mouvement ouvrier organisé. Et doivent déterminer l’attitude à leur égard. Les combattre de front est une nécessité de tous les instants et pour cela il importe déjà de les connaître.
Les deux fascicules rédigés par la Ligue Communiste — I. Un Ftat fort de la faiblesse de ses ennemis ; — IL. La peste brune) ne constituent pas une étude exhaustive de la question ; ils donnent des chiffres, des noms, des dates, expliquent des liaisons, démontent des processus. Comme l'insurrection d'octobre 17 permit de mettre à jour pour la première fois les archives de la police secrète russe, seule la révolution socialiste permettra de révéler pleinement la nature de tous les groupes parallèles et officieux qui mangent au ratelier de l'Etat capitaliste, qui assument ses basses besognes, et avec aui sont compromis la plupart des dirigeants de la république bourgeoise.
Cette brochure est le DEUXIEME tome du document rouge: «Les bandes armées du pouvoir». à Le premier tome traite de l’Etat Fort et de ses polices parallèles.
I. -LA PESTE BRUNE
Q æ le fascisme confre e\ la classe ouvriere A travers les exemples de l’Italie et de l'Allemagne des années 30, il
est intéressant de voir comment le fascisme a procédé pour s’installer ou plutôt pour être installé au pouvoir.
Les premiers pas du fascisme
Au début, il s’agit de petits groupes éclatés, composés de démobilisés, d’aventuriers, de déclassés. Ainsi se créent dès la fin de la 1ère guerre mondiale les « groupes de combat », « corps francs», « faisteaux ». Face à un prolétariat sorti épuisé de la boucherie impérialiste, mais organisé et demandant des comptes, ils vont jouer le rôle de bandes anti-ouvrières. Dans la situation tendue de l’après-guerre, les occasions de faire le coup de poing, voire le coup de feu, ne manquent pas.
Les moyens.
Jusqu’alors le fascisme (d’apres le mot italien « fasci » qui veut dire faisceau) est très faible. Mais l’industrie bat de l’aile, les profits capitalistes aussi. Il faut alors écraser les salaires, donc se heurter de front aux organisations ouvrières. Largement subventionnés par les magnats de l’industrie, disposant d’armes et de moyens de transport pour leurs fameuses expéditions punitives, et surtout bénéficiant d’une impunité totale de la part de l’appareil d'Etat, les fascistes vont alors se développer.
Démission des organisations ouvrières.
Pendant ce temps, les syndicats et partis ouvriers vont commettre de lourdes erreurs. Refus d'organiser la lutte « pour ne pas effrayer les couches moyennes », alors qu’au contraire la détermination et l’esprit offensif des travailleurs permettraient de rallier ou, au moins, de neutraliser la petite-bourgeoisie qui oscille entre prolétariat et bourgeoisie. En ce qui concerne l’Allemagne, l’Internationale stalinisée portera une responsabilité considérable avec la théorie des jumeaux qui traçait un trait d'égalité entre le fascisme et la social-démocratie, baptisée pour la circonstance « social-fascisme ».
Les organisations ouvrières qui refusent d’engager le combat se déconsiderent alors que leurs militants, la rage au cœur, reçoivent l’ordre d'éviter les provocations. Au moment où Hitler arrive au pouvoir, le Vorwärts, organe des syndicats, écrit : «face au gouvernement de menace de coup d’Etat, la social-démocratie se maintient avec les deux pieds sur le terrain de la constitution et de la légalité ».
Les militants écœurés se découragent, les moins conscients, réduits à l’inaction, trahissent leur classe.
La démagogie fasciste.
Les bandes fasciste apparaissent à beaucoup comme les seules qui veulent vraiment changer quelque chose. Mais, à l’époque de l’impérialisme décadent, l’aspiration des masses vers le socialisme est réelle. Toute l'astuce des fascistes va donc consister à s'appuyer sur cet anticapitalisme pour l’orienter contre tel ou tel capitaliste individuel... juif par exemple ! 4
Recrutant principalement dans les classes moyennes où les-individus sont isolés, sans liens entre eux, il donne l'illusion de la force à ces mal-aimés en les concentrant en de gigantesques parades avec débauche d’insignes et d’oriflammes.
Un uniforme va encore accentuer la dépersonnalisation du fasciste qui va devoir obéir aveuglément aux ordres du chef, objet de vénération, auquel un véritable culte est rendu.
La démagogie des nazis commence dès leur dénomination. Le parti d'Hitler s'appelait le Parti Ouvrier National Socialiste d’Allemagne. Chaque terme a son importance, Mais ils veulent aussi s'adresser aux ouvriers organisés, même si leur propagande est foncièrement réactionnaire. « Nous considérons comme une nécessité absolue l’organisation des travailleurs en syndicats (..). Nous avons toujourss reconnu les syndicats comme les représentants nécessaires des travailleurs et nous les reconnaîtrons toujours ». Gregor Straser, 15 septembre 1929.
« En tant que parti ouvrier, le national socialisme reconnaît sans restriction le droit de grève ».
Et même « Notre combat contre les bonzes syndicaux » titre une brochure des cellules d’entreprise du parti nazi — 1933.
Les grèves, il les soutient si elles sont « économiques », parfois même les hommes d'Hitler en sont à l’origine comme pour la grève des transports déclenchée avec les communistes à Berlin en novembre 1932.
Aux paysans, on promet « la terre à qui la travaille » (Mussolini). La Tägliche Rundchau écrit « les vrais socialistes. ont prononcé ces derniers jours des paroles qui donnent le signal de la révolution agraire. Celle-ci fera table rase du capitalisme agraire et de conditions de propriété périmées et insupportables. La réaction incarnée par le grand capitalisme et les grands agrairiens sera emportée par la vague qui monte et il n’en restera bientôt plus qu’un souvenir historique ».
La terreur.
Le fascisme, sitôt qu’il sent sa force, abat ses cartes : assassinats de militants ouvriers, livres brûlés en autodafés, maisons du peuple prises d’assaut. Le grand patronat va alors, le plus légalement du monde, donner le pouvoir à ces tribuns qui sont sa dernière carte. Pour montrer son caractère « révolutionnaire » ils vont essayer de réaliser quelques grandes démonstrations qui prouveront à leurs militants que « l'Etat a dû capituler devant nous» (Mussolini marche sur Rome — 1922). Après, c’est la terreur. Les partis ouvriers sont détruits, les camps de déportation ouvrent. Le fascisme, chien de garde du capital, va alors devoir se débarrasser de son aile ouvrière qui exige que l’on s’attaque au capitalisme. En Allemagne, c’est la fameuse « nuit des longs couteaux ». La place est nette. Ainsi, sans combat, le prolétariat allemand fut écrasé comme le prolétariat italien avait été vaincu. Plus exactement, le prolétariat allemand fut livré, pieds et poings liés, par la politique criminelle du seul parti qui aurait pu se battre : le parti communiste allemand.
C'est après cet évènement d’une gravité exceptionnelle que l’Opposition de Gauche cesse de penser que la ITIème Internationale est redressable.
Les résultats lamentables des staliniens d'Allemagne de l’Ouest (0,3 % des voix) aux dernières élections nous remettent en mémoire le verdict impitoyable de Léon Trotsky : «le prolétariat allemand se relèvera, le parti communiste allemand jamais ».
1- Ordre Nouveau
CARTE D'ADHÉRENT
ORDRE NOUVEAU
NOM; RRPSR Lean ren ul
Prénom :RAOUL Adresse :16 rue Fe St Martin Tél. :.........
Profession F è CE LL AL: Re Cach æ, : +5 Signature,
Le 14/4/1971 AOL
Les groupes fascistes n’ont pu se développer avant mai 68. Dans le cadre d’un Etat-fort triomphant la présence de ces auxilliaires est même souvent plus gênante qu'utile. C’est ce qu’a montré l'attitude du pouvoir façe aux barbouzes après leurs bavures dans l'affaire Ben Barka en 1965. eue résence ne se justifie en effet qu'aux yeux d’une bourgeoisie inquiète pour son avenir et doutant de l'efficacité suffisante de ses moyens légaux de répression, dont elle dispose démocratiquement, pour contenir la poussée du mouvement ouvrier.
C’est là précisémment de ce dont il s’agit après mai 68. La « grand peur» s’installe. Le 18juin, pour justifier l’amnistie, dont son gouvernement fait bénéficier les assassins OAS, Pompidou s'écrit dans un véritable cri du cœur : « A l’heure actuelle, nous faisons appel à tous ceux qui ne veulent pas du communisme totalitaire ». À la tête de cette opération de sauvetage commence à se profiler la tête à la Hitchcock de Marcellin, ce fameux et désormais célèbre limier détecteur de complots internationaux. De Vichy à J. Moch, son expérience est précieuse. Sa foi en sa mission salvatrice est sûre : ce n’est là un homme ni À faillir, ni à douter. Nommé premier flic de l’hexagone, il est enfin libre de mettre à exécution ce projet patiemment élaboré tout au long de sa carrière : une France en camisole de force tricolore, enfin libre de tous complots autre que celui, permanent, de sa classe.
Jamais plus qu’à ces moments l’Etat n’apparait pour ce qu’il est réellement : un rassemblement d’hommes armés. Derrière ses dirigeants une bourgeoisie effrayée bat le rappel de tout ce qu’elle peut compter comme nervis : pègre bleue, peste brune et racaille jaune.
Cette sainte alliance est tout à fait justifiée aux yeux des tenants de l’ordre établi. Le mouvement ouvrier rejaillit en force sur la scène politique, débordant les cadres étroits où l’enferme le réformisme de ses directions. Une avant-garde révolutionnaire implantée dans la jeunesse scolarisée se dresse et cherche à joindre une classe encore étourdie de la victoire qu’elle vient d’imposer à ses organisations.
Couper les « gauchistes » de leur base essentielle de recrutement qu'est l’Université, tel est un des objectifs importants de Marcellin. Mais le pouvoir est empêtré dans ses contradictions. Ses tentatives de récupération du mouvement de mai lui interdisent de prendre directement et ouvertement la tête d’une répression sévère contre les militants révolutionnaires à l’Université. Dans ce cadre là l'intérêt et le rôle des groupes fascistes est tout tracé : tenir le langage du pouvoir en un lieu où son action aurait des répercussions politiques embarrassantes pour lui. Mais aux yeux de Marcellin leur utilisation est restrictive à ce $eul terrain. Construisant un appareil de répression tout À sa botte, il n’a nul besoin de voir les fascistes empiéter dans un domaine où il est assez fort pour assurer lui-même son ordre. À ses yeux avertis, nul n’est mieux servi que par soi-même.
Voilà pourquoi nous avons assité tout au long de cet après mai 68 et jusqu’à aujourd’hui à la naissance d’un groupuscule fasciste Ordre Nouveau et que celui-ci a pu bénéficier d’une relative impunité.
les héritiers d'Hitler:
Occident
— Philippe Wolf, J.J. Varenne et G. Marchal ont scissionné de la revue nazie « Etudiants », ils créent en 1950 le mouvement d'action universitaire et culturel qui en février 1951 lancera le mensuel « Occident ». Ce groupe sera partie prenante, par l'intermédiaire du groupe d'étude de lettres de la Sorbonne dont le président est Delbegue, du Congrès de Halmoë.
La naissance du groupuscule nazi : Occident.
— La Fédération des Etudiants Nationalistes est contrôlée par le groupe nazi et raciste de Dominique Venner : Europe Action. En novembre 1963, Duprat et Jacquart seront exclus de la FEN, bientôt suivis en décembre par les scissionnistes de la section de Paris qui passeront des accords avec Thiriart et créeront le Front Universitaire Européen.
En février 1964, une scission s'opère dans ce groupe entre la tendance nationale européenne et la tendance nationaliste. Ces derniers prennent contact avec Sidos (qui venait de lancer son cercle de défense de la culture française : ce cercle reprend le nom d'Occident ci-dessus cité).
Le mouvement Occident nait de cela en avril 1964.
Les premiers d'Occident.
Le première réunion d'Occident a lieu le 1er mai 64 à Paris, la seule position politique prise à cette occasion est l'attaque du meeting anti-colonialiste organisé par les étudiants africains le 8 mai à la Mutualité et l'attaque du cinéma le Savoie où se tient un spectacle organisé par la CGT et l’UNEF dont le thème est : « Chansons pour la paix ».
Occident et les élections présidentielles de 65
Jean-Marie Le Pen (qui pointe sa gueule à chaque fois qu’il est question de créer une organisation nazie) crée le Comité d’Initiative pour une candidature nationale. ( Le Général Boyer de la Tour aujourd’hui au Front National espérait être choisi) et présente Tixier Vignancourt.
Le Pen prend contact avec Sidos, et Occident crée les comités jeunes T.V., d’où ils sortiront lorsque se fera le rapprochement entre le Pen et Venner. Roger Holleindre qui vient de sortir de prison prend la direction de ces comités.
Occident qui verra la campagne présidentielle lui passer sous le nez se lancera dans quelques attaques de réunions électorales.
Les S.A. nazies : un modèle pour Occident.
Dès la rentrée universitaire 65-66, Occident provoque quelques affrontements dans les facs et les resto U du Quartier Latin. (15 novembre 65 Mazet ; 15 mars 66 raid sur la Sorbonne, Occident laissera sur place des tracts avec des citations de Suharto, et des hommages rendus aux généraux indonésiens et sud-vietnamiens).
Le raid nazi sur la Sorbonne est accueilli comme il le mérite...
— C'est à cette époque que Philippe Asselin rompt avec Sidos (qui vient de sortir son journal antisémite : le Soleil) et fait paraître «Occident Université » (seulement trois numéros imprimés et deux ou trois ronéotés seront édités entre 64 et 68)
A) Quelques dates pour l’année 66
4mai 66 Occident manifeste avec les anciens paras et les anciens d’Indochine et d'Algérie contre la pièce de Genêt « Les paravents ». En tête de manifestation : une banderolle : « Gloire à l’armée française ».
20 mai 66 Occident fait alliance avec la FEN et le MNP (Mouvement Nationaliste pour le Progrès) pour interdire une manif JCR ; en fait une trentaine de ces individus sortiront d’une porte cochère bld St Michel pour agresser quelques manifestants en queue de manif.
Juillet 66 Séminaire de formation à
30 septembre66 : Occident attaque la dernière représentation des « paravents ».
Septembre 66 : Didier Gallot, membre d'Occident, crée la corpo FNEF de lettres à Nanterre. 3
17 et 18 octobre 66 : Occident attaque les étudiants à la cafeteria de Nanterre
ler novembre 66 : action de commando contre Nanterre, Occident attaque, protégé par les flics (des photos ont été prises par leur photographe Averbach et seront publiées par Paris Match) Leur offensive sera brisée par les nanterrois et Occident n'’osera plus pointer sa gueule à Nanterre.
4 novembre 66 : Occident a la prétention d'organiser une manifestation de masse devant le siège du PCF place Kossuth à l’occasion du dixième anniversaire de Budapest. (Cette manifestation sera soutenue par Rivarol, Jeune Alliance et le MNP). Cette manif sera une piteuse démonstration, quelques dizaines de nazis se rassembleront gare de l’Est.
B) Quelques dates pour l’année 67.
8 janvier 67 : un commando d'Occident venu de Paris attaque un meeting de solidarité aux combattantsvietnamiens surle campus de Mont Saint Aignan à Rouen. Une bagarre d’une rare violence qui fera de nombreux blessés. Les fascistes sont repoussés, leurs numéros d’immatriculation relevés.
8 février 67 : quelques dirigeants d'Occident sont arrêtés pour l'affaire de Rouen (dont Alain Robert), ils seront libérés au bout de 2 mois. C'est vers cette époque qu’ils sortent un bulletin pour les lycéens : Jeunesse Occident
« Mort au Bolchévisme »
— Aujourd'hui les traîtres gaullistes s'unissent à l'URSS ;: au conseil de sécurité, contre la paix occidentale au Vietnam
— Depuis 25 ans, , le gaullisme est allié à l'Est contre les défenseurs de l'Occident (Légions des Volontaires Français contre le bolchévisme, parachutistes et légionnaires, « marines »)
— Plus que jamais les nationalistes français poursuivent le combat contre la pourriture démocratique et les valets dul bolchévisme. La révolution nationaliste règlera leur compte aux alliés de Moscou comme à ceux de Pekin !
Ce tract ne pourra jamais être distribué, déjà les lycéens s'organisent contre la terreur nazie qu'Occident tente d’imposer devant les lycées parisiens.
9 mai 67 : un meeting se tient à la mutualité: « Etats Généraux de l’Université pour la paix au Vietnam». Occident manifeste devant la mutualité (ils sont une quarantaine ; certains d’entre eux à l'exemple des fascistes italiens manifestent une torche au poing). La protection des flics les empêchent ce soir là d’être lynchés. ’
26 novembre 67 : Occident tente une manif au Quartier Latin, c’est le bide parfait.
C) Quelques dates pour l’année 68 : janvier 68 : création par Roger Holleindre du Front Uni de Soutien au
Sud-Vietnam.
7 février 68 le Front Uni de Soutien au Sud-Vietnam (dont les seuls membres appartiennent à Occident) organise un meeting à la Mutualité. Les C.V.B. et C.V.N. manifestent devant la mutualité protégés par les flics, les militants anti-fascistes s'affrontent violemment ce soir là aux CRS.
19 avril 68 : exposition du Front Uni de Soutien au Sud-Vietnam. Une telle exposition était intolérable, elle fut mise à sac par les C.V.B.. Une raclée de première fut infligée à Roger Holleindre. Occident ne doutant de rien envoie un communiqué à la presse : « La police aura fort à faire pour enlever les cadavres marxistes jonchant les caniveaux du Quartier Latin ». La suite prouva qu'il n’en fut rien.
2 mai 68 : Occident met à sac à 8 heures du matin les locaux désert de la F.G.E.L. Occident annonce son intention de tenir un meeting à Nanterre (alors que deux journées anti-impérialistes sont prévues à la fac). Les nanterrois sont décidés à attendre de pied ferme la vermine brune mais Nanterre est fermée par le doyen Grappin. Un meeting et une mobilisation sont convoqués pour le vendredi 3 mai à la Sorbonne.
3 mai 68: 400 militants en service d'ordre attendent Occident, bien décidés à lui règler une nouvelle fois son compte. À 15 heures une centaine de fascistes armés marchent sur la Sorbonne venant d’Assas ; malheureusement la. police ne les laissera pas parvenir jusqu’à la Sorbonne à la grande déception des anti-fascistes. A 17 heures les flics pénètrent dans la Sorbonne et embarquent les militants. Mai 68 vient de commencer !.…
Occident et Mai 68
Les fascistes se terrent, ils auront quelques vélléités de réapparaitre à la surface.
Occident tente d'occuper Assas, le service d’ordre de la JCR les fera sortir de la fac plus vite qu'ils n’y sont entrés. Le 17 mai c’est à Sciences Po qu'ils prendront la même raclée. Enfin le 22 mai ils feront une timide et courte manif derrière Tixier Vignancourt. Pendant le mois de mai, Occident sera contacté par les Services Secrets, par des agents de Bob Denard mercenaire au Congo et ami de Foccard (François Duprat était chargé quelques années plus tôt de recruter des mercenaires pour le Congo). Sur 12 responsables d Occident, trois votent pour réaliser cette Union (dont François Duprat ; 9 sont contre.
12 juin 68 : Les organisations révolutionnaires sont dissoutes. Occident peut continuer son existence de crâne rasé, de croix celtiques, de salut hitlérien, de formation de combat de l'opposition nationale comme le proclamait les tracts, sans être inquièté; le pouvoir a besoin d’eux pour la rentrée scolaire qui s'annonce difficile.
Juillet 68 : Occident tient une conférence nationale.
La fin d'Occident
À la rentrée Occident se croit revenu au bon vieux temps et commence à distribuer ses tracts sur les lycées parisiens. C'était compter sans le mouvement lycéen qui avait fait son apprentissage en mai 68, et c’est par centaines que les lycéens sortent ; des affrontements durs et brefs les chassent
irrémédiablement. De ce côté là c’est un échec, Occident ne pourra pas se servir de supplétifs OUVOIr. 0 octobre 68 : Occident attaque le siège du SNES-Sup et le local d'Action 28 octobre 68 : Occident plastique la librairie maoïste rue Gît le Cœur. Occident n'arrive pas à servir le pouvoir et devient même gênant ; il sera donc dissout le 1er novembre sans qu'aucune poursuite de quelque sorte ne soit lancée contre ses membres. ÿ
première période : 1969 - mai 1920
Les soudards sont alors envoyés à Assas dès février 1969 pour être le fumier qui doit permettre la floraison des élections universitaires, ce joyau de la réforme Faure. Mais, participation oblige, ils doivent laisser au vestiaire leurs « rangers » et leurs fléaux. Ils apparaissent, cravatés et respectables, sous le sigle du Groupe Union Droit (GUD), association syndicale pour étudiants modérés et apolitiques. L’échec du joujou gouvernemental (33% de participation dans une faculté particulièrement bien choisie) les rend À leur véritable vocation. Le GUD), si sage auparavant , retrousse ses manches et met à sac lés locaux et panneaux des groupes révolutionnaires, dont il ratonne les militants et les sympathisants dans les couloirs. Malheureusement pour lui, mai 68 est encore trop près et la mobilisation anti-fasciste ne se fait pas attendre. Elle a tôt fait d’éjecter ces nervis laissés seuls cette fois par un pouvoir surpris par la réaction étudiante et qui n’avait pas encore affirmé sa tactique d’utilisation complémentaire de sa pègre bleue au côté de la peste brune.
L’échec de ces interventions pousse ces frappeurs « politiques » à échaffauder d’autres projets que celui d’une bande itinérante de mercenaires, coupée de toute organisation quelque peu crédible. Ils comprennent qu’il leur faut assurer leurs arrières et regrouper toutes les molécules isolées en un noyau sérieux, seul capable de polariser l’attention de tous les nostalgiques du fascisme. Il faudra s’y reprendre à plusieurs fois. =. de
C’est que l’affaix n’est guère aisée dans un milieu dominé par des cheffaillons aux inimitiés tenaces et à la mesure de leur volonté de s'imposer comme le chef de toute cette fange nazillante.
Déjà, parallèlement à ces premières tentatives, divers contacts se nouent pour essayer de rassembler les cadres susceptibles de construire un groupe À peu près cohérent, véritable embryon du parti nationaliste dont ils rêvent.
Ces tables rondes réunissent notamment :
François Duprat : journaliste et historien dont le livre sur mai 68 est une anthologie de mégalomanie et de bêtise politique Claude Joubert : ancien journaliste à l'ORTF, fondateur du. journal «Le Défi » de l’ex-capitaine et assassin de l’OAS Sergent :
R. Holleindre : il ne représente plus à ce moment là que son pâle groupe des Jeunesses Patriotiques et Sociales.
Jean-Gilles Malliarakis : Action Nationaliste Philippe Asselin :Elite Européenne Alain Robert : UD, etautresdébris d'Occident
Là encore les inimitiés, les rivalités dominent le débat. Malgré tout au travers des discussions, une première ébauche semble apparaître autour de l’axe Malliarakis, Holleindre, Robert. Ils décident la fusion de leurs groupuscules respectifs pour se donner les moyens de rallier les hésitants. Dans cette optique, ils se proposent de tenir un meeting unitaire le 6 mai 1969 à Assas. Le thème central en est : « Halte au gauchisme », « Un an de gauchisme, c’est un an de trop ». Si l’accord sur cette perspective globale est complet, par contre il n’en est rien au niveau des moyens à mettre en œuvre pour la réaliser. Tous n’ont en effet pas encore assimilé la leçon des derniers événements : ils sont trop faibles pour pouvoir prétendre mettre en pratique de façon autonome leurs idées. C’est ce qui va se concrétiser au cours de la propagande d’appel D Satis lors de l’épisode sanglant du lycée Louis-le-Grand le 2 mai 1969.
Ce jour là, Malliarakis, soutenu moralement par Holleindre et Robert, est présent devant cet établissement avec toutes leurs troupes de choc pour ne un tract d'appel à leur meeting du 6 à Assas. Cette distribution est
le boint culminant de leur campagne. Louis-le-Grand est en effet connu comme un bastion gauchiste qui de plus relève d’une longue grève.
Pour doubler Robert au niveau de l'initiative « politique » et s'affirmer comme leader incontestés Holleindre et Malliarakis chargent les lycéens. Ils sont allègrement suivis par la quarantaine de sbires obtus qui composent ce « commando de propagande ». Ils mettent à sac le local syndical. Mais les lycéens se regroupent rapidement et réagissent énergiquement. Du réfectoire des projectiles de toutes sortes pleuvent sur les fascistes. Ceux-ci ont alors recours à la tactique du lièvre. Pour protéger leur fuite piteuse, l’un d’eux balance une grenade offensive : notre camarade Gabriel Rebourcet devra être amputé de la main. Le sinistre Malliarakis, déjà occupé à se refaire une beauté pour fêter sa victoire, prend conscience un peu tardivement qu'il serait peut être temps pour lui de s’éclipser. Il se retrouve promptement dehors et assommé par les lycéens. — « Relève la tête mon frère, le temps de l’humiliation est passé pour le pays de Jeanne d'Arc et de Napoléon » (Malliarakis, 13 mai 70) — Les flics le cueillent geignant dans le caniveau. Holleindre est arrêté le soir même. Curieusement, seul Robert n’est pas inquiété.
La gravité des faits, leur répercussion politique, l'arrestation de Malliarakis et Holleindre interdisent aux rescapés de l'expédition de tenir leur meeting du 6 mai. Leur projet unitaire tombe à l’eau.
Le premier, et c’est ce qui fera sa force, Robert et son état-major Longuet, Ecorcheville, comprend alors deux choses :
— d’abord un projet né de tables rondes où s'affrontent des cheffaillons ne représentant qu’eux-mêmes, ou au mieux qu’une poignée ridicule de militants, est inéluctablement voué à l’échec. Pour réussir et s’imposer, il faut disposer d’une base militante conséquente que l’on peut jeter dans la balance
— ensuite pour se constituer cette base militante indispensable, il est vital de s’assurer de l’impunité et même de la protection policière. Un tel appui se monnaye. Il s’agit donc, dans un premier temps au moins, de s’attacher à répondre À cet objectif du pouvoir : arrêter le développement des idées révolutionnaires et de leurs supports organisationnels dans les facultés. Ce qui est à l’ordre du jour, c’est de se constituer en groupe essentiellement étudiant. C’est là le vœu d’un pouvoir dont l’appui est nécessaire.
Dès ce moment s’instaurent entre le ministère de l'Intérieur et les groupes fascistes des rapports fondés sur les bons services réciproques. Les uns se font l’instrument répressif de la politique de rentabilisation universitaire du pouvoir. Les autres leur accordent le bouclier protecteur à l’abri duquel Robert peut se mettre à construire en toute impunité son organisation. Par ailleurs, certains éléments de la majorité voient d’un très bon œil, et en dehors de toutes considérations utilitaires immédiates, cette entreprise prendre tournure. Certains ont même beaucoup fait pour le lancement d’Ordre Nouveau.
Une équipe discrète.
Georges Albertini. Ancien secrétaire de Doriot et Déat, il fait de la prison avec le banquier Worms en 1944. Il est renommé pour être à l'origine de tous les groupes anti-communistes de l’époque. Dès 1967, il est en relation avec certaines très hautes personnalités de l'appareil d'Etat qui pensent déjà à limoger un encombrant général. En mai 68, il est le promoteur politique et
financier des CDR. Il est enfin connu pour avoir des liens personnels politiques et financiers avec J.J. Susini.
Claude Lemonnier, alias Claude Armel. C’est l’adjoint d’Albertini. Il est le spécialiste des « opérations jeunes » et assure les « contacts spéciaux ».
Parallèlement, forts de leur croissance et de leur impunité, Robert et ses fidèles prennent contact avec les amis de Susini et en particulier les Maîtres Paul Léandri et surtout Jean François Galvaire. Au cours de ce mois d’octobre l'étoile grandissante du GUD attire François Duprat, ce curieux personnage qui avait été dénoncé en mars 1967 comme un vulgaire indic de préfecture par ses compères d'Occident. Avant de s’engager dans cette nouvelle aventure, il n’a pas manqué de conférer avec certains parlementaires UDR. Ce n’est qu'après leur feu vert qu’il rejoint le GUD et entreprend de construire Ordre Nouveau.
Encouragé par les premiers ralliements qu’il enregistre, le GUD effectue sa rentrée universitaire 1969-1970 sous le signe du lancement À court terme d’Ordre Nouveau. Dans cette perspective il prépare fébrilement un meeting dans un cinéma du 15ème arrondissement, le St Lambert. Il est annoncé pour le 10 décembre, mais le 9, la salle saute, empêchant ainsi la tenue de la première apparition publique extra-universitaire de ces nazillons. Ces niais politiques ont cru que l'impunité marcellinesque les garantirait des réactions saines des militants anti-fascistes. Les révolutionnaires se chargeront de les détromper plus d’une fois.
Cantonnés dans leurs fonctions d’auxilliaires de la répression légale à Assas, les fascistes remplissent cette tâche avec rage. Le professeur ‘Henri Mazeaud, créateur des SAC dans cette faculté leur donne l’occasion d'illustrer leurs talents. Ce président de l’UER de Droit Privé s’est arrogé le droit de muter, sans explication, un assistant qui lui déplait pour des raisons politiques : monsieur Abensour est affilié au SNESup. À ce geste provocateur répond un important mouvement de réprobation qui se développe tant chez les enseignants que chez les étudiants. Le groupe ON—GUD profite de cette occasion pour lancer une violente campagne anti-communiste et s'affirme contre la « marxisation de l’université » et le syndicalisme enseignant. Il interdit la liberté d'expression à tout mouvement qui lui déplait. Il s'illustre par une propagande anti-sémite scandaleuse dirigée contre Monsieur Abensour. Tel est le groupe qui sert de garde prétorienne à Mazeaud, qui fait régner l’ordre godillot dans les cours de ce professeur en butte aux réactions étudiantes soulevées par ses méthodes de despote réactionnaire. La mobilisation massive a raison de ce mandarin qui est obligé de reculer. Sa déconfiture est celle d'ON-GUD.
Dans le courant du deuxième trimestre, ces fascistes sont utilisés clairement et sans complexe par les officines du ministère de l’Intérieur, tant à Assas qu’à Nanterre : les « gauchistes » commencent à devenir réellement encombrants pour le pouvoir qui n’arrive pas à asseoir sa réforme universitaire. En effet, l’état de mobilisation étudiante que les révolutionnaires entretiennent quasiment en permanence, fait échec à l’application du plan gouvernemental de rentabilisation par la participation. Pour mettre au pas les facultés, il faut les vider des agitateurs, empêcher toute expression politique non codifiée dans les règlements intérieurs. Pour parvenir à cet objectif, la mobilisation
générale de tous les corps de répression utilisables est décrétée : polices diverses, appariteurs musclés, nervis de l’'UNI-CDR, groupés fascistes. Leurs efforts vont marquer la vie universitaire des mois de janvier et février 1970. Les élections universitaires et surtout les nouveaux « examens-guillotines » doivent se dérouler en février. Des mouvements massifs de grève et de boycott animés par les révolutionnaires éclatent dans les facultés tests que sont Assas et Nanterre. C’est l'épreuve de force. Les nervis de l’'ON-GUD se transforment en une. bande d'étudiants modérés itinérants entre Nanterre et Assas, afin de briser les piquets de grève. Telle est la réponse marcellinesque à l’appel de Guichard. Le ministre de l'Education Nationale du moment invite en effet par voie de presse les étudiants « sérieux et qui désirent travailler » à se rassembler en « groupe d’auto-défense » contre la pègre gauchiste qui les empêche de satisfaire en toute liberté aux formalités de la sélection.
De Groupe Union Droit, ils deviennent Groupe Union et Défense. Ils constituent un pion important dans la panoplie gouvernementale. Le pouvoir peut, en effet, difficilement faire intervenir immédiatement ses flics pour à la fois obliger les étudiants à passer leurs examens et vider les facultés de tous les militants révolutionnaires. Ainsi, ces nazillons, sous l’œil bienveillant de l’administration, se livrent à leurs attaques de
AI Roberf
Etudiant. Né le 9 octobre 1945 à Paris. Un des dirigeants du secteur lycéen de la Fédération des Etudiants Nationalistes (FEN). A l’occasion de montrer ses capacités au lycée Buffon où il se spécialise avec quelques anciens paras dans les agressions individuelles contre les militants lycéens anti-fascistes. Quitte la FEN en 1964 à la suite de différends avec Dominique Venner dont il déplore le racisme primitif. Participe à la fondation d'Occident en 1964. En devient vite un responsable politique et militaire. Après la dissolution de ce mouvement en novembre 1968, il lance à Assas le Groupe Union Droit (GUD) qui deviendra plus tard les groupes d'Union et de Défense. Il joue un rôle important dans la création d’Ordre Nouveau. Il est membre de son bureau politique et secrétaire général de celui-ci.
A l'inverse de nombreux dirigeants fascistes, lâches et mythomanes tels François Duprat, il a l’intelligence du rapport de forces. Paradant au premier rang quand il se sent protégé, il a tendance dans les affrontements à l'issue douteuse à se mettre prudemment en deuxième ligne. Il s’est prudemment imposé comme un dirigeant politique et militaire et à ce‘titre voyage souvent en province.
On le retrouve à Rouen en 1967 où Occident s’oppose violemment aux militants révolutionnaires. A la suite de cette action, il sera arrêté etcondamné. Il est l’organisateur de la bagarre au Restaurant Universitaire de Grenoble en 1971 où un commando de fascistes français et vietnamiens blessa par balles deux étudiants. Manipulé par la police qui l’utilisa à la rentrée 1969-70 en accordant l'impunité au GUD pour tenter de lutter contre les gauchistes, il est chargé des basses œuvres d’Ordre Nouveau. Il est par ailleurs secrétaire du Front National, cache-sexe d'Ordre Nouveau pour les législatives de 1973.
commando. Par ailleurs, la police est toujours là pour les protéger des réactions des étudiants qui ne goûtent pas leurs opérations de nervis. A Nanterre, ils ne doivent leur salut qu’à la possibilité de se réfugier derrière les boucliers des CRS qui ceinturent le campus. A Assas, dans un quartier quadrillé paï les forces de l’ordre, ils ratonnent les militants dans et hors la faculté, les dénoncent aux flics ; à l’intérieur, ils font règner militairement l’ordre de leurs idoles dont ils affichent les portraits : Brasillach, Mussolini, Primo de Rivera.
Même dans ces conditions, ils n’arrivent pas à s'imposer autant que le voudrait le gouvernement: Du moins leurs agressions, les heurts qu’elles occasionnent, permettent au pouvoir d'intervenir ouvertement. Pour répondre à l’« attente » d’une « opinion publique » « émue » par les troubles universitaires, il peut envoyer ses hommes pour rétablir le calme. Les appariteurs musclés sortent de leur cachette rectorale. Cette * milice:a une double tâche : |
— obliger les récalcitrants à passer leurs examens en bouclant dans les amphis les quelques étudiants sages qui veulent à toute force passer leurs épreuves ;
— filtrer tous les étudiants qui rentrent dans la faculté... à l’exception des fascistes dont un sur dix est effectivement inscrit. Cela doit permettre d'établir à l’intérieur un rapport de forces plus favorable pour ces nervis.
Ces efforts se révéfant toujours insuffisants et capables, tout au plus, d’exacerber la réaction du milieu étudiant, le gouvernement intervient lui-même.
A Assas, à la suite d’attaques et de provocations fascistes, étudiants et enseignants appellent à une grève qui est massivement suivie. Aussitôt, le rectorat impose à la direction administrative du centre, la fermeture de la faculté. Il est si clair dans ses intentions qu’il ne cherche même pas à défendre messieurs Bourgol et Passet, gens de « gôche » et directeurs administratifs d’Assas lorsque les diplodocus d’AF lancent à leur encontre une campagne diffamatoire et de dénonciation pour délit d'opinion. Malgré l’occupation toute militaire de la faculté de la totalité des nervis qu'ON-GUD compte sur le pavé de Paris (60 à 80 individus), la mobilisation et le mouvement de grève ne désarment pas. Le 12 février, la faculté rouvre. Des équipes d’enseignants et d’étudiants sillonnent les TP et les font débrayer. Le lendemain, les nazillons, de Robert, dit le petit, prétendent tenir un meeting à Assas. Leur bide est mémorable : ils se retrouvent à 60. Lorsqu'ils sortent de leur « réunion privée » par contre, c’est plus d’un millier d'étudiants qui les attendent pour leur crier leur haine anti-fasciste. Ils seront évacués par les flics toujours présents sur le parvis sous la risée de ceux à qui ils prétendaient imposer l’ordre.
A Nanterre, le sort qu’ils connaissent n’est guère plus enviable. Immanquablement, chacune de leurs équipées se termine derrière les cordons protecteurs des CRS et autres forces de l’ordre. Leur échec est si patent que Guichard et Marcellin, interprétant de façon très, très personnelle une déclaration du doyen Ricœur, font investir l’ensemble du campus par leur marée bleue. Juridiquement cela s’appelle une banalisation. Les groupes fascistes se sont révélés incapables de s’acquitter avec succès de la besogne qui leur avait été confiée. Leur utilité a été essentiellement de servir d’alibi à l'invasion policière à Nanterre : il fallait que cesse ce que les services du ministère de
l’Intérieur appellent benoîtement des affrontements entre extrémistes des deux bords.
A travers ces quelques faits apparaît clairement la fonction dévolue par le pouvoir à des groupes fascistes qui, eux-mêmes, ne représentent pas grand chose. Pour qu’il ait les coudées franches dans son action répressive, il lui faut une justification politique. La susciter, la créer, tel est le rôle dans lequel brille Ordre Nouveau. Cela s'illustre presqu’immédiatement. Souvenons-nous en effet de l’usage que fit le pouvoir des événements du premier trimestre pour faire adopter sa loi anti-casseur dès la fin avril. Cette loi scélérate, plusieurs fois employée contre les révolutionnaires, ne leur est pas réservée. Les militants syndicaux de Berliet viennent récemment d’en faire l’expérience. Cet arsenal juridique, sans cesse fourbi, c’est à l’étroite coopération de la peste brune et de la pègre bleue que nous le devons. Le danger né de lPusage politique que fait la bourgeoisie des groupuscules fascistes, mêmes avortons, dépasse et de très loin celui né de leur taille objective. C’est là une raison plus que suffisante pour les écraser dans l’œuf sans attendre davantage.
Me Galvaire faisant le salut fasciste à un meeting 18
Pendant que se déroulent au grand jour ces manœuvres de grande envergure, dans la coulisse Robert et Galvaire n’arrêtent pas de se voir. L’avocat essaie d’utiliser le GUD pour faire voir le jour au projet fomenté depuis dix ans par son ami Susini. Depuis la fin de l'OAS, ce Jean-Jacques là se fixe pour objectif la construction d’un grand parti nationaliste. Pour éoncrétiser son rêve, ce « fin » penseur politique peu apprécié de ses compères dispose de trois atouts :
— ses contacts avec le MSI ;
— ses liens avec Galvaire et la possession de divers fichiers provenant de l’OAS, de la FEN...
— ses idées.
Le plus lumineux de ses eureka consiste à rassembler, préalablement à toute concrétisation organisationnelle de ses efforts, la somme nécessaire pour lancer royalement le parti nationaliste. Il estime qu’il a besoin d’un million de francs. Pour les obtenir, tous les moyens sont bons à Susini et aux débris de l’OAS qui l'entourent. Il s’agit là de tueurs fidèles et obtus, anciens légionnaires ou paras des commandos delta de l’assassin Degueldre. Les expédients les plus utilisés sont le cambriolage et le hold-up. Cela ne veut pas dire qu’il recule devant lenlèvement ou l’assassinat : l’affaire du meurtre de Raymond Gorel, l’ex-trésorier de l’'OAS, vient de rebondir à la suite des révélations de Renault, un des sbires de Susini, qui, emprisonné à la suite d’un casse manqué, a mis en cause son patron. .
Toujours à cette époque, ON émet la prétention de sortir de son ghetto universitaire. Ambitieux, il projette de tenir un meeting international à la Mutualité le 26 février 1970. Y sont cordialement invités les nazis du NPD, les fascistes du MSI, la Phalange espagnole et ses compères portugais. Cette première tentative d’autonomisation n’est pas du goût des employeurs de Duprat et Robert, d’autant que le
moment choisi pour déserter les champs de bataille des facultés est peu opportun et même fort contrariant aux yeux du pouvoir. Les révolutionnaires affirmant leur volonté d’interdire ce meeting nazi, le gouvernement, pour éviter les affrontements où il serait obligé de trop dévoiler son jeu, n’attend pas le 26 pour signifier son ferme désaccord quant à la tenue de cette parade fasciste. Cet épisode marque un tournant important dans la lutte d’influence que se livrent Galvaire et Robert. L'avocat, qui porte les espoirs de Susini, veut lancer immédiatement ON comme l’embryon du parti nationaliste. Pour appuyer leur projet politique, ce triste duo finance totalement la campagne de propagande du meeting du 26. Robert, sans négliger de saisir l’obole de maitre Galvaire, reste dans la ligne du projet défini par les’ services de Marcellin: constituer un groupe universitaire anti-gauchiste. Les avantages de cette fidélité sont loin d’être négligeables comme le remarque Jean-Noël Bergeroux dans le « Monde » du ler et 2 mars 1970. Dans un article intitulé « Où en est l’extrême-droite », ce journaliste écrit : « il est remarquable qu’à l’heure où l'opposition dans les facultés devient de plus en plus une « spécialité » des gauchistes, apparaissent des mouvements qui réservent leurs coups à cette opposition et qui disposent brusquement des moyens de s'offrir journaux et campagnes d’affichage ». L’épilogue de cette lutte d’influence est constitué par l’arrestation de Susini à la suite d’un nouveau hold-up et par la démission de Galvaire du Bureau National d’ON peu après le 14 mars 1970.
En un an le Petit Robert s’est acquis une base militante au travers des différentes actions militaires anti-gauchistes accomplies sous la gouverne du ministère de l'Intérieur. Forts de ses premiers succès qui tranchent avec l’immobilisme des autres, les dirigeants d’ON contactent l’ensemble des groupes d’extrême-droite. Ils prennent l'initiative d’une réunion appelée pompeusement « pré-congrès » qui se tient le 12 avril 1970. Leur but est de les amener à se joindre à leur projet.
Quelques petits führers présents le 12 avril
Malliarakis : action nationaliste. Son projet de se faire offrir un hebdomadaire
par Hubert Lambert des cimenteries du même nom vient de tomber à l’eau.
Ce patron de choc juge plus utile de contribuer au financement d’ON.
Philippe Asselin : élite européenne. Cet ancien responsable d'Occident, à qui ? la police a donné directement le journal l’« Elite Européenne » pour qu'il crée
autour un groupe d’« étudiants anti-gauchistes », vient d'échouer dans cet objectif. Il entretient d'excellents rapports avec le Bethar.
Patrice de St Bertais : pseudonyme de Patrick Mahé O Chinal. Militant exclu d’un groupe autonomiste breton d’extrême-droite « Bretagne Action », pour grenouillage. : ;
Les rédacteurs de « Défense de l’Occident », la revue de Maurice Bardèche, dont fait partie François Duprat.
L'objectif est de rallier sous la direction d’ON tous ceux qui pourraient avoir la capacité et des velléités de créer un groupe concurrent moins respectueux des desiderata marcellinesques. Ce point acquis, ON peut préparer en toute quiétude son meeting du 13 mai et
son congrès du lendemain. Sûrs de la protection policière, les militants de Robert inondent Paris de leurs affiches «Pour un 13 mai nationaliste » en toute impunité. Cette parade fasciste se déroule fortement protégée par les flics qui interdisent l’approche de la Mutualité. Le lendemain se tient le congrès constitutif d’ON au Lutétia, dont la Banque Worms, bien connue pour être à l’origine des groupes anti-communistes depuis 1934, détient une part décisive au conseil d’administration de la société d’exploitation. Son objectif est de structurer véritablement le mouvement en une organisation politique contrôlable selon les vœux des protecteurs de la place Beauveau. C’est peu après, en février 1971, que Jean Claude Nourry, le responsable d’alors du service d’ordre d’ON quitte cette organisation. Il critique les trop évidentes attaches policières et gouvernementales de sa direction. Disparu de la circulation pendant quelques mois, il réapparaît aujourd’hui dans un groupuscule qui publie le journal « Impact » et qui est responsable de l’attentat commis contre la délégation de la RDVN.
sur le financement d’'ON
Hitler :
«J'ai des millions
derrière moi.
Sur le financement d'ON
En l’espace de deux mois, ce groupe à majorité étudiante, dépense les sommes nécessaires
à la préparation d’un meeting à la Mutualité (20 000 grandes affiches, location de salle, décoration...) ;
— à une campagne législative (frais de participation, 25 000 affiches, tracts, deux camionnettes louées en permanence) ;
— à la location d’un local : un bail de 9 ans qu'ils trouvent fort cher, plus quatre mois de travaux et d’investissements
Leurs cotisations sont modestes. Les industriels comme le cimentier ne courent pas les rues, même au sein du CLAN. La banque de Paris et Pays-Bas, la banque Worms, la banque d’Indochine, le sieur Laurent Schiaffino aident bien pour « faire les fins de mois » difficiles. Le MSI, Susini, leur ont fourni des fonds. Cependant, la question posée par J.N Bergeroux du « Monde », à laquelle aucune personnalité gouvernementale n’a répondu pour la démentir, reste posée.
Dans la foulée, ils participent en juin 1976 aux partielles du XIIème arrondissement à Paris. Sur le plan purement politique, leur présence est presqu’indésirable. L'UDR présente son Bénouville de choc soutenu
ar Bidault, Soustelle et Dides. Leurs militants sont pourtant accueillis à bras ouverts. Les révolutionnaires présentent en effet une liste unitaire qu’il faut contrer sans mouiller l’équipe majoritaire. Porter le chapeau de tous les actes de nervis, voilà l'emploi d'ON dans cette campagne, qui s’acquitte de sa tâche en lançant un commando contre les candidats révolutionnaires qui font une prise de parole dans un marché.
Ainsi, en fin de compte, malgré les difficultés et les embûches, les spécialistes de la préfecture ont tout lieu d’êtrelsatisfaits «un groupe universitaire anti-gauchiste conséquent existe. Mais cela ne signifie pas la fin de leurs soucis, le couronnement de leurs efforts inlassables. Parce qu’ils sont sortis du marécage inconsistant où végètent les cheffaillons fascistes, Robert-Duprat peuvent maintenant se permettre d’envisager de passer à la deuxième étape de leur projet : acquérir l’autonomie politique, construire le parti nationaliste. C’est à cette tendance que va se heurter désormais la place Beauveau, et encore une fois avec succès. Les guignols ne font pas le poids.
r
Manif sur les Champs Elysées.Au centre, l'inévitable Le Cavelier 5 STE D
deuxicme periode : septembre 1920 juin 1974
le changement dans la confinvite
ON signe sa rentrée avec un extra à Bordeaux. Chaban doit y défendre son siège contre un autre Jean-Jacques. Par ailleurs LO et Îa Ligue Communiste présentent un candidat unitaire. C’est là pour eux une occasion d’agression à ne pas manquer. Un meeting du bouillant député de Nancy va en faire les frais.
Mais cet acte d’allégeance envers le gouvernement ne leur fait pas oublier leur ambitiôn : créer le parti nationaliste. Ayant acquis un minimum de crédibilité organisationnelle, ils pensent le moment venu de se libérer quelque peu de la tutelle marcellinesque et de jouer enfin leur propre jeu. Ce mégalomane averti qu’est Duprat n’est certainement pas pour rien dans cette volonté de changement de ligne. Celui qui se prend pour l’Almirante français est suffisamment renommé pour ses « saines appréciations » des rapports de forces. Toujours est-il qu’ON cherche à élargir son champ LA SAUON, Sa présence universitaire, garante de la relative impunité dont ces fascistes bénéficient, ne se dément pas. Simplement dans leur activité, elle passe au deuxième plan. Ils veulent faire de la politique. Dès la rentrée parisienne, cela se marque par leur prétention à s’implanter dans les quartiers, à apparaître sur les marchés. Ils insèrent ce projet dans une perspective de participation aux élections municipales de mars 1971. Pour apparaître avec autre chose dans la main que leurs matraques, ils vendent « Rivarol », ce journal « potin de la commère » de l’extrême-droite. Leurs apparitions furtives sur quelques marchés parisiens se font en force. Ils sont inquiets à juste titre de l’accueil qui risque de leur être réservé. C’est aussi à cette période qu’ils réalisent leur première manifestation de rue sous le signe évident de l’anti-communisme. Ils prennent prétexte de la répression dont sont victimes les travailleurs polonais. Contre une telle provocätion le PCF se contentera de platoniques protestations verbales. Mieux, il dénonce les « provocations» des militants anti-fascistes qui -n’admettent pas que la peste brune cherche à tirer parti de problèmes
meeting «x18 jui
24 RUE St VICTOR PARIS 5ème. métro MAUBERT
PROJECTION DE FILMS
8 rue des lombards paris 4ème 272 25 95
qui doivent être réglés au sein du seul mouvement ouvrier, de ceux qui se réclament de la révolution communiste.
A partir du mois de janvier, ils appuient leur propagande par une tournée de meetings clandestins dans les quartiers. Quelques rares réunions sont effectivement tenues. Cette nouvelle arrogance est loin d’être du goût des anti-fascistes. Les révolutionnaires, en particulier la Ligue Communiste, décident d'interdire systématiquement leurs apparitions sur les marchés. A leur initiative, des comités anti-fafs sont créés là où ON prétend imposer sa présence.Ces nazillons se trouvent rapidement confrontés à des ripostes vigoureuses et efficaces des révolutionnaires soutenus par la population qui n’apprécie guère ces tenants de l’ordre de Dachau. Un affrontement particulièrement violent se déroule sur le marché Convention au cours duquel, sérieusement mis à mal, ils se font expulser. Ils claironnent toute la semaine que le dimanche suivant on verrait ce que l’on verrait, et autres rodomontades du même crû. Une intense mobilisation unitaire les attend de pied ferme. Ces braves à trois poils renoncent au dernier moment. De leur propre aveu, ils savent que sans la présence efficace des flics à leurs côtés, et même devant, ils ne font pas le poids devant les révolutionnaires.
Pour dissimuler leur échec, ils annoncent le clou de leur campagne : le meeting du 9 mars 1971 au Palais des Sports. Dès ce moment, ils évitent tout contact avec les anti-fascistes. Cette tactique de fuite correspond à leur volonté d’assagir, de respectabiliser leur image de marque électorale. Mais il s’agit aussi, pour les militants d’ON, de tâcher de rester intacts jusqu’au 9 mars et le bilan est déjà lourd. Interdits sur les marchés, où ils ne peuvent rester plus de 10 minutes, ils sont pourchassés par les révolutionnaires jusque dans leurs meetings de quartier. Le 24 février, leur réunion de la rue du Renard est attaquée par les militants anti-fascistes : six de leurs nervis sont hors d’état de parader pour plusieurs mois. Parmi eux se trouve Christian Lefèvre, ancien OAS, détenu à l’île de Ré jusqu’à l’amnistie de 1968 et chef de leur service d’ordre. Ce jour là, Robert, dit le Petit, sorti imprudemment dans la rue ne doit son salut comme toujours qu’à la rapidité de ses petites jambes. De ce jour jusqu’au 9 ils ne se risquent plus à mettre le nez dehors.
Les révolutionnaires ont compris depuis longtemps le rôle de ce groupuseule avorton, l’utilisation immédiate qu’en fait le pouvoir. Il n’est pas question pour eux de laisser impunément ces sbires du gouvernement apparaître, parader et se développer. Pour ON, l'affaire est d’importance. Il s’agit pour lui, au travers de cette opération de prestige. d’apparaître comme le groupe capable de rassembler tous les nostalgiques de l’ordre de Vichy et de l’ex-empire français. Se proclamant embryon du parti nationaliste, il doit d’abord s’affirmer comme le seul pôle de recomposition de l’extrême-droite.
Par ailleurs, la bourgeoisie construit l’armature de toute une série de groupes fascistes : CFT, CDR, SAC... Son but n’est pas de les lancer immédiatement dans la lutte et de les utiliser dès aujourd’hui à plein rendement. Il s’agit pour elle de constituer et d’entreposer dans la coulisse, « en réserve de la République », quelques troupes de choc qu’elle pourra gonfler et utiliser lorsque la nécessité s’en fera sentir. Les CDR-SÀC, c’est à l’heure actuelle avant tout les fichiers des nervis sur lesquels elle peut compter.
En fonction de cette analyse, les marxistes révolutionnaires décident de profiter de la parade fasciste du 9 mars pour renouer avec la tradition de l’auto-défense ouvrière sous toutes ses formes : violence minoritaire liée à une campagne d’éducation politique et d’explication ou violence de masse. Dans un Etat fort inquiet qui n’en finit pas de fourbir son arsenal, la propagande sur le thème de la violence révolutionnaire est une tâche de l'heure. C’est ce que refusent d’admettre dans les faits, en particulier les camarades de LO et de lPAJS-OCI. L’un s'arrête à la taille ridicule d’ON. L'autre prétexte l’absence des « partis ouvriers ». Mais tous les deux « justifient » leur non participation à la campagne de masse et à son aboutissement, la manifestation du 9 mars. La propagande conséquente des révolutionnaires est bien reçue par les travailleurs et les étudiants. Ils sont 7000 anti-fascistes à descendre en cortège sur le Palais des Sports où vocifèrent quelques 2000 nazillons. Les heurts avec les forces de police sont violents. La collusion de la pègre bleue et de la peste brune est évidente. Le gouvernement se tirera difficilement de son attitude face à une opinion publique émue qu'il ait pris fait et cause pour ce ramassis d’émules d'Hitler.
Le 9 mars
Le matin du meeting, les nervis d'ON déchargent des camionettes entières de « matériel » sous la surveillance des flics présents. Monatte, secrétaire du syndicat autonome de la police déclarera par la suite « d’abord on a laissé des gens s’équipef et se promener dans la rue, casqués et armés de barres de fer ou de manches de pioches, alors que cette attitude ressort du port d’armes par destination. Les policiers ne sont pas intervenus parce qu’ils n’avaient pas d’ordre dans ce sens ». Pour faire bonne mesure, la place Beauveau fera saisir ce matériel au local d'ON mais plusieurs jours après le meeting. Il y en a pour plus d’une tonne.
Monatte poursuit « de plus il est intolérable qu’au cours des affrontements de la soirée des éléments du SO d’ON se soient mélés à la police pour frapper les contre-manifestants », l’aveu est de taille.
L’affaire fait du bruit jusque dans la majorité. Le député D. Rousset et le FJP disent ce qu’ils pensent de cette collusion manifeste. Ce groupuscule gaulliste en particulier publie un communiqué oùil s'inquiète «de ce que le gouvernement par l'intermédiaire de Marcellin se soit cru obligé d’en (du meeting) assurer la protection et se soit, de ce fait, rendu solidaire d’une organisation qui ne se cache pas d'emprunter ses objectifs et ses méthodes au national-socialisme ». Même Paris-Jour se croit obligé de dire que « dans une rue avoisinante de la place de la Porte de Versailles, les policiers ont pourchassé une centaine de gauchistes et les ont même lynchés, laissant largement des taches de sang sur la chaussée ». Des journalistes du « Monde » rapportent, et ces faits sont corroborés par les images des actualités télévisées du lendemain, qu’un manifestant isolé, ratonné par les fascistes, est trainé par l’un d’eux jusqu’au pied d’un gradé CRS. Là, évanoui, il est violemment frappé à la tête et au ventre à coups de pied et de matraque par le nervi nazi sans que le digne officier n’esquisse le moindre geste.
Ce meeting constitue le point culminant de leur activité à cette période. Au cours des mois qui suivent ils tentent de poursuivre sur leur lancée. En particulier ils annoncent une manifestation de rue pour le 13 mai. Le prétexte en est la volonté exprimée par le gouvernement algérien de récupérer les richesses pétrolières sahariennes toujours exploitées par les néo-colonialistes français. ON entend utiliser ce thème pour rameuter autour de lui les nostalgiques de l’Algérie française et de l’'OAS. Dans ce but, ses dirigeants prennent contact avec les Bidault, Soustelle, Salan, Jouhaud et autres assassins du même acabit, avec les associations d’anciens combattants, de rapatriés. Tout de suite des divergences se font jour entre ces requins. Le pouvoir met rapidement fin à ces dissensions -en interdisant une manifestation dont la date rappelle trop à son gré le coup d’Etat militaire qui l’a porté à l'Elysée. Pour convaincre ses poulains récalcitrants, le gouvernement agite le spectre de la dissolution. C’est là le biais par lequel ils tiennent ces pantins peu reluisants. Des fonctionnaires font pendant toute une journée le siège du Bureau National du 8, rue des Lombards. Ils lui arrachent la signature d’un communiqué qui passe dans toute la presse : ON renonce à son appel. Mais le duo Robert-Duprat, ces gros malins, pense avoir trouvé la parade. Ils préparent une manifestation « clandestine », ce qui est difficile pour un groupe noyauté par le ministère de l'Intérieur comme le leur. Ordre Nouveau, sans en être officiellement partie prenante, prépare déjà son communiqué se félicitant du cortège nationaliste qui aura malgré tout défilé. Une maigre procession sitôt apparue, disparaît au pas de course, dispersée par les forces de l’ordre. Ces marionnettes ont simplement oublié qu’ON ne peut espérer tenir le pavé qu’avec l’accord et la protection de la place Beauveau.
Ces nazillons veulent se donner une image de marque nationale. Ils se tournent vers la province. St Etienne leur semble une terre accueillante, ses notables des gens compréhensifs. Mais une intense mobilisation anti-fasciste les attend. Durafour fait bien tout ce qu'il peut, mais l’Intérieur ne veut rien savoir. Il n’y aura pas de cortège ON à St Etienne. Manifester en ne bénéficiant d’aucune impunité, d'aucune protection, il ne peut en être question. Durafour est contraint d’interdire la mise sur pied de ce projet et il le leur signifie ainsi « Désolé ! Désolé !. Mais croyez bien que nous sommes avec vous ! Surtout ne faites rien ! On est du même camp ! ». Encore une fois la preuve est faite. Aujourd’hui, sans les flics, il n’y a pas de fascisme possible.
TOUS CONTRE LE BOLCHEVISME ASSASSIN !
PS MP ee PSS NE ne MUR EEE ER
troisième periode : septembre 1971 mars 1923
Pour asseoir leur édifice et passer à un stade supérieur dans la construction de leur organisation, ils se dotent d’un journal « ON ». Sa parution est saluée avec satisfaction par des nervis fatigués de se faire mettre à mal pour vendre « Rivarol », cet hebdo insipide et a-militant. Maintenant s’ils se font malmener, et cela ne manquera pas de se produire, c’est en essayant de vendre leur journal. Le premier numéro de cet organe mensuel. sort en juin 71 à l’occasion d’un meeting antigauchiste. Leur première vente publique a pour cadre un rassemblement du CID-UNATI à Paris. Ils rêvent d’un nouveau mouvement Poujade. Dès ce numéro, ils déclarent se situer dans la perspective du lancement d’un Front National. Son squelette ne verra concrètement le jour que
uelques mois avant l’échéance électorale de 73. Dans leur optique, ils doit regrouper la totalité de ceux qu’ils appellent l’'Opposition Nationale. Ce conglomérat se compose des nostalgiques d’un ordre qui n’est pas si nouveau que cela, des « Dien-Bien Phutistes », et des partisans de l’Algérie française, ceux qui ont voté Tixier en 1965. Ils s’agit enfin de cette frange de la jeunesse non stabilisée et marquée plus ou moins fortement par la crise des valeurs bourgeoises et qui, cherchant une solution, est mobilisée par l’anti-gauchisme et prise au piège de la démagogie néo-fasciste.
Pour réaliser leur projet de construction du parti nationaliste, ils doivent prendre certaines distances par rapport à la fraction de la bourgeoisie qui domine l'Etat actuel, et plus encore par rapport à son personnel matignonnais et élyséen. A l’image de leur « parti frère », le MSI, ils optent pour une stratégie électorale et recherchent des alliances tant avec les centristes qu'avec les giscardiens qui leur semblent constituer l’embryon d’un véritable parti conservateur. Cela les entraîne à mener des campagnes qu’ils tentent d’impulser au travers de leur presse à partir d'octobre 1971.
Leur première s’ordonne autour de la politique d’ouverture À l’est de Pompidou marquée en novembre par la venue de Brejnev à Paris. C’est là l’occasion rêvée de donner libre cours à leur anti-communisme aussi viscéral que primaire. Ils tentent des avortons de manifestations devant l'Humanité. Quoique très réduite, leur activité gêne le gouvernement. Aussi il envoie quelques indésirables se reposer quelques jours en Corse, tous frais payés. Par ailleurs, il bloque à la frontière quelques 20.000 affiches anti-Brejnev imprimées en Italie par le MSI. Dans un deuxième temps, ils s’en prennent aux scandales qui défraient la chronique et secouent la cohérence de la majorité pêgreleuse de l’UDR. Le premier à être dans leur colimateur est Rives-Henrys, ce député gaulliste très, très compromis dans l’affaire de la Garantie Foncière. C’est pour eux l’occasion de faire pendant trois mois de l’UDR, et d’elle seule, leur cible favorite. Cette campagne leur permet de développer la classique démagogie fasciste anti-capitaliste. Ils ressortent sans honte tous les vieux poncifs qui datent de la IIlème République : à bas les voleurs !, à bas les pourris !.. Que ce soit par les uns, que ce soit par les autres, ils restent manipulés et en tant que tels, ils se font l’écho des « peaux de bananes » que se lancent entre elles certaines fractions de la majorité parlementaire. Les Républicains Indépendants de leur ami et supporter
fidèle Griotteray en savent quelque chose, car ce n’est pas un effet du hasard si la plupart des scandales trouvent avec obstination leur source dans l’antre giscardienne de la rue de Rivoli. Les velléités, qu’ils manifestent de porter atteinte à l'honnêteté et à la réputation des dignitaires
UDR les plus éminents et à leurs hommes de main, culminent en février 72 avec leur attaque contre Chaban que le régime lâchera quelques mois plus tard. Leur première page est sous le signe des impôts non payés du premier ministre. Ils lancent un fantomatique « comité d’indignation nationale » qui ne verra le jour que sur le papier. C’est également pour ON une nouvelle occasion de faire preuve de sa débilité
olitique. Il ne la laisse pas passer. Son Bureau National mobilise ses militants pour «un mois d’action »: dans cette période, « sera recréée l’alliance presse-parti, qui permit, en 1934, de lancer une formidable action populaire, qui manqua de très peu de balayer définitivement la République de Stavisky » (ON, No 8, p. 8).
Depuis septembre, à l’unisson, les commentateurs bourgeois affirment doctement que le « gauchisme » est en pleine décomposition. ON, sans rire, leur emboîte le pas, en rajoute même et le déclare carrément enterré, lui qui, tous les dimanches, passe son temps à fuir de marché en marché pour éviter les coups que portent ces « fantomatiques » révolutionnaires à ses nervis. Puis, à la surprise générale, coup sur coup, en février et mars, ils réapparaissent massivement sur la scène politique, démentant les hypothèses les plus élaborées. C’est d’abord l’affaire Guiot qui mobilise plus de 20.000 lycéens contre l’arbitraire du pouvoir et de ses flics. Mais c’est surtout l’assassinat d’Overney par Jean Antoine Tramoni, un ancien adjudant, membre de la « volante », la police privée de Dreyfus, le PDG de Renault. Devant ce crime des milices patronales, la riposte est la plus massive qui ait eu lieu depuis Mai 68. C’est 200.000 personnnes qui accompagnent le corps de notre camarade maoïste. Pour le pouvoir et ses sbires, c’est une gifle retentissante.
Profitant de ces événements et de leurs répercussions, la place Beauveau juge opportun de rappeler à ON qu’il est là pour remplir une certaine tâche et que ma foi il ferait bien de s’en acquitter. A titre d’avertissement, la manifestation prévue pour le 1er mars est interdite, les affiches qui y appellent sont systématiquement arrachées par les forces de l’ordre. Malgré tout, les pantins rechignent. Alors, de nouveau, comme pour le 18 mai 1971, deux fonctionnaires de l’Intérieur sonnent rue des Lombards. Ils menacent et ON signe tout ce qu'ils lui présentent. Les guignols reviennent sur leur appel du ler mars. Pour affirmer leur indépendance vis-à-vis d’un pouvoir qui les tient bien par une courte longe, ce groupuscule imbécile retient quelques heures4es deux agents de Marcellin. Ça ne coûte pas cher et ça donne bonne conscience. Ce caprice de gosse n’est qu’un dernier baroud destiné à faire avaler la pilule auprès de leurs propres militants, mais personne n’est dupe. Le ler mars 72, comme le 13 mai 71, ils tenteront de manifester, mais en vain. En guise de compensation et pour les récompenser de leurs loyaux services, ils ont la permission de tenir un meeting, le 22 mars, à la Mutualité. Son thème est désormais classique : l’anti-gauchisme. Les
mots d’ordre du meeting seront : « Cause du Peuple, cause des traftres ! », « Fusillez Jean Paul Sartre ! » «Aujourd’hui MSI, demain, Ordre Nouveau ! », « Aujourd’hui Athènes, demain, Paris ! ». Impunément ils peuvent coller leurs affiches : « Mai 68, 40.000 gauchistes, mars 72 : 100.000, avec nous avant qu’il ne soit trop tard ». Et c’est sous la protection de la police qui quadrille le quartier latin qu’ils s’exhibent.
Le deuxième trimestre 72 est placé sous le signe de leur second congrès qui doit se tenir les 10 et 11 juin. Dès lors l’essentiel de leur activité se résume en quelques lamentables initiatives de solidarité envers le régime fasciste et ami du fantoche Nguyen Van Thieu. Ce suppôt de l’impérialisme US en a bien besoin. Ses troupes n’arrêtent pas de se débander sous les coups de boutoir de l’offensive de printemps des héroïques combattants indochinois. Nos nazillons projettent une manifestation sur ce thème pour le 18 juin. Une intense mobilisation antifasciste s’organise. Elle est interdite pour la seule raison qu’elle risque de troubler le recueillement de cette journée du souvenir gaulliste. C’est 1à un motif à la hauteur du sérieux dans lequel sont tenus en haut lieu ces tristes crétins.
Par ailleurs, le FSI ira débusquer leur sale propagande jusque dans leur bastion d’Assas où flottait le drapeau fantoche. Le 6 novembre les militants anti-impérialistes assureront une intense propagande malgré la présence d’une cinquantaine de nervis qui se sont lamentablement débandés.
Lors de son congrès, ON se tourne résolument vers l’horizon électoral de mars 1973, et, à cet effet, entreprend de construire réellement son Front National. Cela signifie d’abord que ces fascistes doivent apparaître comme des « politiques » et non comme des baroudeurs. Par la magie du sigle, son SO se transforme en groupe d'intervention nationaliste (GIN). Ainsi le nom d’ON n’aura plus mauvaise presse pour les basses besognes que ce groupe continue toujours d’accomplir pour le compte de la Place Beauveau. Ce nouveau sigle apparaît dès le 27 mai 1972, jour où ces courageux nervis mettent à sac les locaux des révolutionnaires dans une faculté de Censier déserte. Le but que ces nazillons fixent à leur Front National est d’élargir leur audience et surtout de structurer autour d’ON l’ensemble de la pègre fasciste disséminée en France afin de marquer un rapport de forces au sein de l’extrêmedroite. Malgré beaucoup d’efforts et de blessés, la famille Lefèvre est décidément très malchanceuse, il semble qu’au niveau concret, leur projet demeure plutôt squelettique. Le Front National ressemble, plus par sa composition, à ON décoré de quelques potiches comme Holleindre et Le Pen qu’à un élargissement réel de la base de ce groupe de demeurés.
Cet échec du Front National produit aujourd’hui une crise au sein d’ON que les anti-fascistes ne manqueront pas d’exploiter. L'épisode le plus significatif est la démission du conseil national de l’organisation de Patrice Janeau, un des leader les plus en vue des « durs » d’Assas, aujourd’hui exclu du GUD, auquel le rectorat vient juste de lever la santion (un an d'interdiction de cours) qui le frappait pour ses actes de
nervis. Comme quoi un bon service n’est jamais perdu. Au cours de cette crise, deux tendances se dégagent :
— l’une se contente de rester confinée à son rôle de nervis fidèle d’un pouvoir qui en d’autres temps saura les récompenser ;
— l’autre donne dans la politique avec un grand « P ». Ils pensent même à remplacer carrément, à l’avenir, le sigle d’ON, qui est trop marqué pour attirer l'oreille des notables.
Ces tendances existent depuis plusieurs mois déjà, mais la faillite du Front National exacerbe fortement les dissensions. Ce fractionnement d'ON a été consacré dès son congrès de juin 1972 sous l’anodin prétexte d’un «problème d’étiquette ». Lors d’une séance, après un débat houleux, une majorité importante de délégués a choisi d’investir les candidats députés de l’organisation sous l'étiquette « Front National » et non « Front National pour un Ordre Nouveau ». La raison avancée est que de « nombreux délégués ont fait état des difficultés que le sigle « Ordre Nouveau » impliquait dans une campagne électorale, en insistant sur la nécessité de jouer à fond la stratégie d’« ouverture » et de changement d’image ».
On peut penser que la tendance majoritaire « politique » est composée essentiellement des délégués de province et de Duprat. L’écrasante majorité des représentants de la région parisienne doit, elle, former avec Janeau et d’autres leaders du GUD), la tendance « jambes de la tête Beauveau ».
Il n’est pas impossible enfin que ces dissensions aillent jusqu’à l’éclatement en cas de bide retentissant lors des législatives de mars 73. Le geste de Janeau est plus que le geste d’un simple individu. Quoiqu'il en soit, les révolutionnaires et tous les anti-fascistes se promettent bien d’exploiter au maximum cette crise.
Pour conclure, on peut dire que la faillite du projet d’ON est inscrite dans la réalité politique de la France d’aujourd’hui. La bourgeoisie n’y a en effet nul besoin d’un véritable parti fasciste d’envergure nationale typeMSI. D'ailleurs si elle éprouve un jour la nécessité de recourir à un tel instrument, il doit être clair que ce n’est pas ON qui en formerait l’armature, mais bien les gens des SAC, CDR et autres CFT, c’est-à-dire des individus autrement plus sérieux que ces ‘tristes marionnettes.
Dans ces conditions, ON est incapable de franchir le pas qualitatif qui lui permettrait d’être autre chose que ce groupe ridicule mais arrogant que nous connaissons. Son avenir sans espoir est inscrit dans cette simple alternative : être les nervis de la Place Beauveau ou disparaître.
Les anti-fascistes ont pu mesurer le mal, que, malgré leur insignifiance, leur utilisation par les services de Marcellin, peut causer au mouvement ouvrier en général et révolutionnaire en particulier. Pour cette raison, ils sont décidés à ne même pas leur laisser le temps de se poser ce choix, et à écraser au plus tôt la peste brune dans l’œuf. Nous nous engageons à ce que leur avenir comme leur passé se trouve derrière eux.
EE
Ordre Nouveau ef la “classe des honnètfes gens ?”’
Le fascisme va surtout se développer en période de crise, et c’est surtout à la faveur d’une crise monétaire que la démagogie anticapitaliste va se renforcer. Car, comme il le souligne bien souvent, sa propagande s’adresse bien souvent aux classes « moyennes ».
Car la crise monétaire « frappe brutalement les possesseurs de revenus fixes ; leur sort apparaît d'autant plus pénible aux petits rentiers, pensionnés, retraités, qu’à côté d’eux le prolétariat obtient grâce à l’action syndicale une réadaptation partielle de ses salaires ».
Le prolétariat possède en lui-même les moyens de se défendre contre la crise monétaire, ses organisations. Bien au contraire, les couches moyennes n’ont aucun moyen, aucune organisation « leurs
FRANS ES / GE Q Tous L H kK EnisAIENT es Pete ANT L PTE Vous 1 LE Auehi T Sr PRoërEM
souffrances poussent les classes moyennes à la révolte. Le petit bourgeois est d’ordinaire de tempérament pacifique. Tant que sa situation économique est supportable ou qu’il a l’espoir qu’elle est susceptible de s’améliorer, il est respectueux de l’ordre établi, il poursuit l’amélioration de son sort en réclamant des réformes. Mais du jour où il s’aperçoit que la crise dont il souffre n’est pas Passagère, mais qu’elle une crise de tout le système social, qu’elle ne peut être résolue que par une transfor- . mation radicale de ce système, alors il entre « en rage », il est prêt à se livrer « aux mesures les plus extrêmes ».
Maïs « la position intermédiaire entre la bourgeoisie et le prolétariat explique aussi que les classes moyennes condamnent toute lutte de : classes, aussi bien celle menée par le prolétariat contre la bourgeoisie que celle menée par la bourgeoisie contre le prolétariat. Elles se persuadent qu’une collaboration de classes est possible, qu’un « intérêt général » existe au-dessus des antagonismes d’intérêts. Et par intérêt général, elles entendent leurs intérêts propres, intermédiaires, entre ceux de la bourgeoisie capitaliste, et ceux du prolétariat. Elles rêvent d’un « Etat au-dessus des classes » qui ne soit à la solde ni du prolétariat ni de la bourgeoisie, par conséquent à leur propre service ».
D'où l’anti-capitalisme.
« Maïs cet anti-capitaliste, si l’on y regarde de plus près, est très différent de l’anti-capitalisme socialiste. Il est essentiellement petit
bourgeois. Le fascisme fait ainsi d’une pierre deux coups : d’une part, il flatte les classes moyennes en se faisant l'interprète fidèle de leurs aspirations rétrogrades — et tout particulièrement ces catégories de travailleurs qui manquent de conscience de classe — par un anti-capitalisme utopique et inoffensif, et il les détourne du socialisme ».
Ainsi on en arrive « à une organisation qui dans son programmme dénonce le capitalisme mais conserve la notiondepropriété privée car les classes moyennes se cramponnent à la propriété privée ».
Car «les classes moyennes détestent la bourgeoisie d’une autre façon que la classe ouvrière. Elle ne souhaitent pas sa disparition en tant que classe. Bien au contraire, elle voudraient à leur tour devenir bourgeoises. Le fascisme, lorsqu'il s’affirme anti-bourgeois, lorsqu'il dénonce la « dégénérescence » de la bourgeoisie, n’entend nullement s’attaquer à l’ordre social existant. Il veut au contraire rajeunir cet ordre... ».
« Le fascisme, loin de s’avouer au service de l’ordre existant, prétend en poursuivre la subversion. Il s’affirme « révolutionnaire » pour mieux duper les classes moyennes, il fait profession de foi anticapitaliste. Ainsi les magnats capitalistes réussissent ce tour de force : canaliser à leur profit la révolte des classes moyennes qui aurait dû être dirigée contre eux-mêmes, enrôler, dans des organisations dont le but véritable est la défense des privilèges, les victimes du privilège ».
Mais face à ces organisations, les directions de la classe ouvriere :
— refusent, par crainte de l’action directe, la création de groupes de combat ;
— et en appellent à la bourgeoisie pour dissoudre les groupes fascistes.
« Cette tactique défaitiste et légaliste accroît chez les fascistes l’audace et la confiance en soi » et « démoralise les militants ».
Car, malgré ceux qui justifient leur inaction — « ne répondez pas aux provocations » « n’empruntons pas au fascisme ses propres armes »,
« au contraire répondons du tac au tac, prenons l'initiative, écrasons la peste brune dans l’œuf ».
extraits de « Fascisme et Grand Capital » de Daniel Guérin.
FRANÇAIS COMBATTEZ LE ._ COMMUNISME PAR TOUS LES MOYENS TRAQUEZ-LE / DÉNONCEZ-LE e
Depuis la conférence de Malm& de 1950, c’est régulièrement que se nouent des « colloques » entre les différentes organisations fascistes européennes et en particulier françaises et italiennes. Le MSI existant pratiquement depuis 1946, son représentant peut prétendre à une certaine continuité politique. Malheureusement pour lui, son interlocuteur français est à chaque fois représentatif d’une clique différente, chacune vivant moins que l’espace d’un matin. D’où l'éternel recommencement qui ne les mène pas très loin.
I1 faudra attendre la guerre d'Algérie pour assister à un resserrèment plus conséquent entre le MSI et le gang assassin OAS. L'Espagne, terre d’adoption de ces crapules fascistes, en est le témoin principal : en 1960, le député Filipo Anfuso du MSI rencontre longuement Soustelle, Lagaïllarde, Salan ; en 1961, c’est le journaliste Guido Giannetini qui pousuit les contacts avec Argoud, Orsini et Lagaillarde. Mais la fin de l'OAS enterre les projets fumeux sortis de ces rencontres.
En fait le grand essor des relations fascistes franco-italiennes c’est entre le MSI et Ordre Nouveau qu'il va se réaliser. Ces deux organisations s’affirment « partis frères ». Mais en l'occurrence il y a un grand frère qui procure aide matérielle, conseils. et un petit frère avorton qui rêve d’imiter son aîné et pour cela le copie stupidement sous la conduite d’un Duprat mégalomane averti qui n’en peut plus de béer et de baver d’admiration devant la crapule Almirante.
Déjà en novembre 1969, c’est-à-dire à moins de six mois avant l’officialisation de la naissance d’Ordre Nouveau, un de ses principaux fondateurs, Maître Galvaire, prit, en tant que tel, contact avec le MSI lors d’une conférence internationale que ce dernier organisait à Rome. L'accord se fait très rapidement. Il faut dire que Susini depuis 1962 avait eu le temps d’intéresser le fascisme italien à la construction d’un grand parti nationaliste en France. Et cette crapule pour les admirateurs de l'OAS c’est une référence considérée comme sérieuse, un entremetteur revalorisant et ils ont besoin de la personnalité et les projets d'un Duprat ou d’un Robert, auprès des interlocuteurs du MSI.
Le résultat ne se fait pas attendre. Quelque temps après, des affiches « Rejoins tes camarades » fleurissent sur les murs de Paris. Elles sont imprimées en Italie et déjà utilisées depuis longtemps par le MSI à son usage personnel : on transforme le vert du drapeau en bleu, Ordine Nuovo par Ordre Nouveau et le tour est joué. Ce petit jeu se renouvelle souvent : la quasitotalité des affiches des nazillons de la rue des Lombards est imprimée en Italie. C’est que le MSI a les moyens : fonds C.I.A. par le canal grec distribué par Constantin Plevris responsable de la « question italienne » chez les colonels, financement de la Continental Illinois Bank de l’ex-conseiller de Nixon, David Kennedy mis en rapport par Phipip Guarino avec le député MSI Luigi Turchi, sans oublier bien sûr la Banque de Paris et des Pays Bas spécialiste européenne de ce genre d’opérations.
Par. ailleurs, depuis le meeting interdit par les révolutionnaires du 26 février 1970, il est de tradition, dans les troupes de Robert dit Le Petit, de quémander auprès du MSI un orateur à chaque grande occasion. C’est à Massino Anderson qu’échoie la tâche de parler dans ces tristes assemblées que
ESIATROPPO TARDI
AFFICHE DU M.S.I.
AVEC NOUS AVANT QU'IL NE SOIT TROP TARD. Ordre Nouveau a repris le même slogan. 88
LES PARTIS FRERES EUROPEENS
Voici la liste des divers mouvements européens, nationalistes et révolutionnaires, qui partagent notre conception de l'Europe.
ANGLETERRE : National Front, de Chesterton et Tyndall.
SUEDE : Nysvenska Rorelsen de Peer Engdhal
FINLANDE : Petits Paysans, de Vennamo (18 députés).
ESPAGNE : Fuerzas Nuevas, de Blas Pinar (20 députés).
ITALIE : Movimento Sociale Italiano , d'Almirante (25 députés).
GRECE : Mouvement du 4 août, du Colonel Ladas
HOLLANDE : Diest Volks Unie
TURQUIE : Parti de l'Unité Nationale, du Colonel Asplan Turkesh (16 députés). BELGIQUE : Ordre Nouveau Belgique, et Volks Unie, de Ven Der Elst (22 députés). ALLEMAGNE : Aktion Neue Recht du Docteur Pohiman
SUISSE : Action Nationale et Mouvement Républicain (11 députés)
PORTUGAL : Legiao Nacional, de Luis Fernandes, fraction nationaliste de l'Action Nationale Populaire.
AUTRICHE : N.D.P. du Docteur Burger.
CROATIE : Front de Libération de la Croatie
POLOGNE : Norodhnie Silly Zbrojne (Forces Armées Nationales) LITHUANIE : Comité de Libération de Lithuanie.
UKRAINE : Jeunes Ukraïniens
RUSSIE : N.T.S. (Norodnie Troboye Soyouz) du Dr Okholovitch.
P
sont les congrès d'Ordre Nouveau.
En plus des affiches, du matériel de propagande, des orateurs, du service d'ordre comme à chaque « grand » meeting dans le Sud-Est (Nice...), le MSI fournit sa ligne aux frappeurs « politiques » d’Ordre Nouveau. Ces penseurs indigents élèvent le mimétisme au rang d'orientation : tout ce qui vient d'au delà des Alpes est tout beau, tout bon. Mais comme la confiance règne, pour être certains qu'ils ont bien compris, ils sont conviés à des stages du MSI chaque année. Ce qu’ils ont appris, ils le ressortent mécaniquement comme un potache, une récitation :
— lat stratégie de tension » (illustrée à Milan par l'attentat qui afait 16 morts et toute une autre série d’autres exactions), dont le plus beau fleuron est l’« attentat » « contre » la crapule Brigneau, action qui aurait pu rester, à l'image de ses promoteurs, seulement minable, si un travailleur n'avait été blessé par l’explosion.
— Façade de respectabilité, de légalité. Robert et ses semblables nervis connus d’Assas nous assurent sans rire qu'ils excluent « impérativement le recours à l’action clandestine » et qu’ils sont des fervents du « respect de l’ordre juridique et de la législation en vigueur, ainsi que de la participation à toutes les luttes légales ». Mais il est connu que les fascistes pas plus à Rome qu’à Paris n’annoncent clairement la couleur (brune) : à Paris le Groupement d'Intervention Nationaliste (GIN) est le « cache sexe » pour la basse gesogne du «très respectable » Ordre Nouveau. A Rome, après les élections, Almirante déclare, pour la plus grande surprise de ceux qui s'étaient laissés « surprendre » par sa campagne somme toute démocratique et modérée : « Si le gouvernement continue à manquer son rôle, nous sommes prêts à nous substituer à l'Etat. Nous ferons sonner le tocsin partout. Nos jeunes doivent se préparer à l'afffontement avec les communistes. J'ai déjà été mal entendu une fois, et je veux éviter cela à présent. Quand je parle d’affrontement, je veux dire affrontement physique » (4 juin 1972). :
— Constitution d’un large « Front National » démocratique et respectable en vue de la bataille électorale. Mais comme bon sang ne saurait mentir, le sigle du « très modéré » Front National n’est autre que celui des fascii de leur idole Mussolini.
Pas plus qu'aucun méfait de ces potaches minables ne doit rester impunis, pas plus leur propagande insidieuse ne doit pouvoir sévir en paix sous quelque aspect qu’elle se présente. Comme par le passé, nous nous y emploierons de même que nos camarades italiens vis-à-vis des tristes « maîtres » de nos nazillons, le gang assassin du MSI.
L'entrainement d'été des nazillons.
: ® VI e auJour UE,
le Front National
ON PREND LES MEMES ET ON RECOMMENCE :
Front National (1895 : Dérouléde).
Front National (1934 : Buccard, Taïttinger).
Front National des Combattants (1957 : Le Pen).
Front National Français (1958 : Ortiz).
Front National pour l’Algérie Française (1960 : Le Pen, Soustelle). Front National (1972 : Robert, Le Pen).
Lancé par un meeting le 7 novembre 1972 à la Mutualité, le Front National se présente comme l’œuvre d’une organisation, Ordre Nouveau, et le rassemblement d’un certain nombre de chefs d’extrême-droite en quête de troupes et de bravos.
Ce projet s'inspire directement du modèle italien : le M.S.I. a lancé aux dernières élections le rassemblement « Destra Nationale » (Droite Nationale). Mais Ordre Nouveau est loin d’avoir la force du M.S.I. et son « Front National » est bien étriqué, comme en témoigne le relatif échec de leur meeting.
Les déclarations de leurs dirigeants ne brillent pas par leur côté nuancé :
« Saluons les soldats de la liberté » (c’est-à-dire les fantoches de Thieu), R. Holleindre, Mutualité, 7.11.72.
« Nous sommes des anti-communistes primaires », F. Brigneau, Mutualité, 7.11.72.
Le programme provisoire du Front National indique :
« c’est la famille qu'il faut glorifier, défendre, honorer ».
« l'Etat national a pour mission essentielle d’assurer l’avenir du peuple français et d’abord de protéger la santé physique et morale de la jeunesse menacée par les désordres, la drogue, la pornographie ».
En ce qui concerne les travailleurs immigrés, on.parle dans le programme d’« invasion », ce qui implique une surveillance pour éviter qu'elle ne « change la nature, le particularisme, et le génie de notre peuple ».
Ordre Nouveau, qui constitue la seule force militante de ce front, s’est donc, pour cette campagne, reconverti : affiches présentant une calligraphie différente, absence de croix celtiques, visage « ouvert ».
Ce rassemblement électoral, qui regroupe des hommes se détestant très cordialement, a peu de chances de survivre aux élections. Les militants antifascistes mèneront contre lui une lutte de tous les instants.
La biographie sommaire de ces principaux dirigeants rappelera utilement qui sont ceux qui tentent de se cacher derrière une telle apparition.
texte de base du Front
La crise où s’exaspère et se défait la France est moins économique et sociale que morale et politique. En effet, il est immédiatement possible de corriger la société actuelle de ses erreurs les plus marquées. Les bas salaires, l'amélioration des conditions de retraite et de vie des travailleurs (logements, transports, environnement), tout cela est parfaitement réalisable dès aujourd’hui, à condition que le patron ne soit pas l’Etat, ni l’Etat le patron, mais l’arbitre.
En revanche, il paraît autrement difficile d’arrêter le processus de décadence intellectuelle, morale et physique où nous sommes engagés.
Cette décadence est aujourd’hui le péril majeur qui guette la France. Elle mine l'individu. Elle détruit la famille. Elle affaiblit la Nation. Elle ronge les principes sans lesquels les communautés disparaissent dans le chaos de l’intérieur ou la main-mise de l'étranger, à savoir : l’autorité, les libertés, la responsabilité, le courage, le gôut de l'effort, le respect du travail, la propriété individuelle.
Ce langage tranche singulièrement avec celui des politiciens actuels, qu’ils soient de gauche ou de droite. Nous le tenons parce qu’il semble essentiel. De cette prise de position découlent les lignes de force du Front National.
La famille
C’est dans la famille que l’enfant commence à devenir l’homme ou la femma qu'il sera. C’est là que se forme son intelligence, son caractère, sa sensibilité ; c’est là qu’aimé il apprend à aimer. Or, la famille est aujourd’hui attaquée de toutes parts. On ne cesse de dénoncer et de réduire son autorité. L'enfant-roi, l'enfant qui a tous les droits, l'enfant naturellement bon, cela sous-entend les parents esclaves, les parents qui n’ont que des devoirs, les parents naturellement mauvais. 4
Pour éviter cette « démission des parents » provoquée par la nouvelle société, étrangement hostile à l’esprit de famille, c’est la famille qu'il faut glorifier, défendre, honorer et célébrer autrement que par la Fête des Mères.
Nous lutterons pour protéger et renforcer la famille et contre les manœuvres visant à sa destruction. L
L'Ecole
L'école qui est le prolongement de la famille doit redevenir ce qu’elle fut : le lieu où l’on forme des citoyens conscients de leurs droits — sans lesquels ils sont avilis — et de leurs devoirs — sans lesquels ils sont corrompus. Enseigner doit aller de pair avec éduquer. Il faut redonner à la fonction de maître et de professeur son sens et son éclat. La réforme des programmes, leur allègement, l’adaptation de l’enseignement aux exigences du monde moderne, le sport et la formation du corps considérés comme des éléments importants d’une éducation nationale ne seront efficaces que si l’esprit change, de la Maternelle à l’Université. À cette tâche primordiale, nous appelons les parents d'élèves, les enseignants, les élèves conscients des périls d’une école sans âme, sans hiérarchie, sans discipline, sans sélection, sans esprit civique et pratique. L'introduction légale de la politique à l’école nous semble aussi l’un des périls qui menacent l’avenir des adolescents.
Le travail
- Le travail est non seulement ce qui fait vivre l'homme, mais l’activité où il s’accomplit. Plus exactement où il devrait s’accomplir. C’est dire que là encore le droit au travail et les devoirs des travailleurs se mêlent intimement. C'est dire aussi que, dans ce domaine, des réformes profondes sont à accomplir en ce qui concerne la formation professionnelle continue, les rapports des salariés et du chef d entreprise, la qualité du travail offert, sa rémunération, sa protection.
Quelle commune mesure entre le trust international et le petit patron ? Entre les super-marchés et les petits commerçants ? Entre les facilités que l'Etat dispense aux premiers et les difficultés dont il accable les seconds ?
Quelle commune mesure entre la petite entreprise où chacun se connaît et s’estime, où le métier a encore un sens et la parole donnée un poids, et l'usine tentaculaire où l’ouvrier n’est plus qu’un automate, un numéro, et le cadre un esclave privilégié dans un univers froid, tandis que le patron disparaît derrière l’écran des conseils d’administration ?
Quelle commune mesure entre le médecin de famille et le fonctionnaire de la Santé qu’on cherche à nous imposer ?
Quelle commune mesure entre l’entreprise nationalisée et l’entreprise libre où patron, cadres et ouvriers sont liés dans la réussite ou dans l'échec ?
Tous ces problèmes il convient de les examiner d’un œil neuf qui ne soit ni celui d’un patronat fasciné par le profit immédiat (Lénine disait : « les capitalistes sont si bêtes qu'ils nous vendront la corde pour les pendre »), ni celui de syndicats professionnels de la lutte de classes qui vivent des antagonismes sociaux et donc les entretiennent, ni celui des technocrates abstraits qui oublient les êtres pour ne penser qu’aux chiffres.
Il faut redonner aux hommes le goût du travail, en leur permettant de faire un travail qui ait du goût.
Il faut pratiquer une politique hardie des hauts salaires, qui récompensera les travaux manuels pour empêcher la fuite vers les fausses intellectualisations, la prolifération des emplois administratifs et des bureaux.
Il faut appliquer les règlementations existantes sur le droit de grève, pour que celle-ci ne soit plus politique, mais sociale, surtout dans les services publics, au nom même de la justice sociale et de la justice tout court. Les grèves des transports, des postes, de l'électricité et de l’enseignement, ne châtient que des innocents sans jamais gêner les responsables.
Il faut que le patronat sache et que l'Etat le lui apprenne au besoin, que ses devoirs sont proportionnés au pouvoir que sa tâche lui confère, Tout chef responsable a droit au respect et à la collaboration loyale de tous. Il n’est plus digne d'être un chef dès lors qu'il devient un profiteur ou un oppresseur.
Tel est, dans le domaine du travail, l'esprit de notre combat.
La nation
La nation est la communauté de langue, d’intérêts, de races, de souvenirs où l’homme s’épanouit. Il y tient par ses racines, ses morts, le passé, l’hérédité et l'héritage. Tout ce qui lui a été transmis, tout ce qu’il devra transmettre, son équilibre, sa réussite, sa sérénité, son bonheur, dépendent de l’équilibre, de la réussite, de la sécurité de la Nation. L'intérêt de la Nation est celui de chaque citoyen.
En conséquence, toute notre pensée et notre action politique doivent être au service de la Nation. Sa sécurité, son développement, son harmonie, sa prospérité sont les critères de nos décisions. Il faut redonner à la politique son éminente dignité : celle qui s'attache à la science du Bien Public.
Pour tout ce qui est bénéfique à la Nation, contre tout ce qui lui est nuisible, telle est la première exigence du Front National.
Cela implique un certain nombre de positions philosophiques et d’attitudes concrètes.
L'Etat national
— L'Etat national exige des citoyens l'égalité des devoirs et des sacrifices. Il doit leur assurer en retour légalité des droïts et des chances.
— L'Etat national refuse à la naissance et à la fortune le droit à la direction et au commandement. La seule hiérarchie qu’il reconnaisse est celle basée sur l'intelligence, le talent, la volonté, le courage, le mérite.
— L'Etat national doit aux innocents la protection, aux criminels le châtiment. La justice, c’est d’abord le respect et l'application de la loi.
— L'Etat national est l'arbitre suprême de l'intérêt général. Ses fonctionnaires sont au service de la collectivité. Dans le service public, ils n’ont pas à faire état de leurs préférences politiques. Ils ont droit à une digne rémunération, à l’appui des citoyens et au respect de la sation.
— L'Etat national n’est soumis à aucune oligarchie, qu’elle soit religieuse, politique, économique, philosophique ou autre.
— L'Etat national doit se consacrer à ses fonctions essentielles. Il perd son autorité et son prestige dans des tâches subalternes. Il convient donc de réduire le secteur public et nationalisé au strict minimum.
— L'Etat national doit répartir équitablement les charges communes et gérer scrupuleusement les finances nationales. L'impôt, s’il est excessif,
décourage l'initiative et ruine l’économie.
— L'Etat national doit protéger la propriété individuelle, base de la liberté individuelle et de la responsabilité sociale.
— L'Etat national doit veiller à l’indépendance de l'information sans laquelle la démocratie est un piège et la République une tyrannie déguisée.
— L'Etat national a pour mission essentielle d’assurer l’avenir du peuple français et d'abord de protéger la santé physique et morale de la jeunesse menacée par les désordres, la drogue, la pornographie. Il veille aussi aux conditions dans lesquelles s’effectuent l'immigration et l'assimilation des étrangers. Rien ne sert en effet de veiller aux frontières d’une civilisation si une invasion pacifique ou légale change la nature, le particularisme et le génie de son peuple.
Enfin, l'Etat national s’élève avec vigueur contre les doctrines qui tendent à la disparition de la Nation. L’Internationale communiste et l’internationale financière lui sont également suspectes.
Au siècle de l'avion supersonique, de la télévision mondiale et de la conquête de l’espace, la Nation ne peut exister et durer en se repliant sur elle-même. Entre le géant américain et l’empire soviétique, les nations d'Europe ne peuvent survivre qu’en s’unissant. Mais on ne batira pas l’Europe en détruisant les patries qui en sont la substance vivante. C'est pourquoi nous sommes, dans un premier temps, pour une Confédération des Etats d'Europe.
Tels sont, rapidement énoncés, nos principes d’action.
Ils expliquent notre profonde hostilité à la subversion communiste et à sa déviation gauchiste, au nivellement par le bas et à la termitière marxiste qu’elles impliquent, au collectivisme qui broie l'individu, la famille, les particularismesprovinciaux, en un mot à la misère et au désespoir qui sont imposés à nos frères de l’Est européen.
Ils éclairent notre opposition au régime actuel, qui n’a su défendre la communauté française ni à l'extérieur (perte de l'empire), ni à l’intérieur (abdication devant les banques et les syndicats, écoles livrées à la chienlit, jeunesse abaridonnée, vieillesse condamnée, anarchie, scandales que des gouvernements veules n’ont su ni empêcher ni punir).
Le combat que nous entreprenons, riches de nos traditions et de l'expérience du passé mais pleins de foi dans l’avenir est le seul qui puisse enrayer la décadence et permettre un renouveau de la France. :
Regroupant la très grande majorité de l'Opposition Nationale, le Front National dont le bureau est composé de Messieurs Le Pen, Brigneau, Robert, Holleindre, Bousquet, Durand, s’est donné pour objectif immédiat la
mobilisation des nationaux. Aux élections législatives de mars 73, il présentera auxsuffrages des Français un programme qui s'inspire de ces principes.
Il lance aux Françaises et aux Français qui refusent la démission, la décadence et le désespoir un appel solennel.
Si vous approuvez ce message, son esprit et l'attitude qu'il impose,
Adhérez au Front National,
Constituez des comités-de Front National,
Soutenez les candidats de Front National.
« La croix celtique est le plus vieux symbole de l'Occident. Elle n'est pas l'emblème d’un clan, mais de tous ceux qui en Europe, sont conscients qu'il y a des valeurs à sauver. Arborons la sans crainte, et apprenons aux timorés à l'estimer »
2-les groupuscule de l’exftrème droite
Action Francçai
Aujourd'hui un article politique sur la Restauration Nationale (nom pris par l'Action Française après sa dissolution à la Libération) ne peut raisonnablement trouver de place que dans une rubrique nécrologique. C’est un groupe qui depuis la deuxième guerre mondiale s’épuise à se survivre après avoir connu son heure de gloire avec les « camelots »des années 30, Cela fait déjà longtemps que son avenir politique est irrémédiablement derrière lui.
Monarchiste, on s’y succeda de père en fils naturel de Maurice en Pierre Pujo où adoptif de Charles en Jacques Maurras, l’ancêtre P. Juhel assurant la pérennité et la cohésion du mouvement par delà les générations. Traditionnaliste en diable, il à moins bien que les autres groupuscules fascistes, ce
qui pourtant paraît difficile, supporté l'épreuve de Mai 68 et ses conséquences. Depuis ce moment, plusieurs scissions l’ont durement affecté dans ses « forces » vives et jeunes. Certains en eurent assez de s’esquinter les yeux à lorgner vers les « forces montantes » du fascisme tel Ordre Nouveau. où ils passèrent sur la pointe des pieds, en particulier à Assas.D’autres, hypnotisés par les événements de mai 68 veulent se faire les chantres du royalisme « in » et créent la NAF, criant, et si c’est eux qui le disent pourquoi ne pas les croire, qu'ils en ont assez d’une AF dont la principale action militante, est de servir une des multiples meskes commémoratives qui font figure de parcours du combattant royaliste, d’une AF qui n’est pas autre chose qu’« un musée Charles Maurras fermé le dimanche et les jours fériés et qu’un mouvement d’anciens, plus ou moins combattants, de guerres plus ou moins lointaines et plus ou moins perdues ».
Il est évident qu’ AF est maintenant incapable de figurer comme une force politique c’est-à-dire comme un groupe capable d’avancer un projet original conséquent et crédible vis-à-vis des forces du capital dont il est le fidèle serviteur. Mais cependant, il peut encore aujourd’hui servir de force d’appoint à d’autres projets que le sien, comme peut en témoigner entre autres la présence de quelques nostalgiques de Louis XVI auprès des nazillons d'O.N. lorsqu'ils lancèrent leur commando fasciste contre le meeting des étudiants grévistes de médecine à Marseille.
Tristes sires d’AF, ce n’est ni votre grand âge ni votre sénilité profonde qui vous garantiront une quelconque impunité pour vos actes de nervis.
Minute
Ce libre journal qui rassemble une bande d’écrivassiers fascistes de bas étages, de crapules nazies de tout acabit, est bien connu pour ses écrits racistes, anti-ouvriers, pour ses appels au meurtre.
Il n’est pas inutile ici de rappeler quelques hauts écrits parus dans leur sale torchon.
Ces quelques exemples ont été pris au hasard, ils montrent que « Minute » est :
1) Pour la poursuite de la guerre au Vietnam :
« Nixon he finira pas la guerre du Vietnam par une retraite honteuse qui ruinerait la confiance de ses alliés et qui, consacrant la supériorité militaire d'une petite nation jaune, accroîtrait l'audace de ses propres minorités de « couleur ».
NO 344
2) Pour Massu la Torture :
« Des affiches qu’on ne peut regarder sans colère s’étalent sur les murs de Paris. Qui les a payées ? Pourquoi sont-elles tolérées ? Ils sont fiers d’avoir gagné, les fellagha, de l’intérieur ! Ils favorisent, ils pérorent, ils PEUR Lys
NO 519
3} Pour l’assassin d'Overney :
« Mr. Tramoni qui s’est servi d’un pistolet pour se défendre et défendre les gardiens désarmés contre l’assaut d’un commando rouge muni de barres de fer est en prison ».
4) Pour Ordre Nouveau : « En quoi un meeting d’O.N. où participaient les anciens d’Indo pouvait-il offenser la mémoire du Général ? ».
5) Pour lé Front National : Franoçis Brigneau est à O.N. et vice-président du Front National. Minute
NO 531
* soutient cette initiative.
6) Et bien entendu pour le retour des cendres de Pétain à Verdun.
7) Contre les Noirs :
* « Ce sont lès Noirs qui fomentent la guerre civile et prétendent imposer par la violence leur propre pouvoir : le « Black Power ».
* « L'élection de Nixon est un « non » à la capitulation et un « non » au
pouvoir noir ». Ÿ NO 344.
9) Contre la libération des femmes :
« On verra bientôt surgir un mouvement pour libérer les rues des garces du MLF qui les encombrent ».
È NO 502
8) Contre la pilule :
« Il y a déjà beaucoup d'entreprises de pourrissement qui menacent notre vieux monde, la civilisation chrétienne et l’ordre naturel. Il ne faudrait pas que la pilule en soit une de plus ».
NO 408
10) Contre les Algériens :
« Tout comme le problème noir sape aujourd’hui les Etats-Unis, nous risquons de voir dans 20 ans quatre millions d’Algériens revendiquer chez nous le pouvoir arabe. Il est temps de relancer le vieux cri du cœur national
« la France aux Français ». NO 343
Contre Sartre, Krivine, Clavel ; Geismar, etc... Nous n'oublions pas que c’est la même litterature pourrie qui paraissait dans la presse du groupe « Springer » en Allemagne, qui a conduit à l’attentat contre Rudi Dutschke le 11lavril68. .
Nous saurons le moment venu leur faire rentrer dans la gorge tous leurs écrits et déclarations.
Pas plus que nous ne craignons les nervis d’Ordre Nouveau, nous ne craignons ceux de Minute même si comme l'annonce François Brigneau dans Minute NO 478, « il n’y a plus de temps à perdre pour s'organiser, au besoin s’armer et faire front », nous les attendrons de pied ferme, le mot d'ordre d’auto-défense ouvrière n’est pas fait pour les chiens, ou plutôt si, il est aussi fait pour ces chiens-là ! à
le NO.E.
LA MYTHIQUE ARCHE DE N.O.E. FASCISTE
Créé en 1951, le groupe pour un NouvelOrdre Européen (NOE) va dès le début montrer ce pourquoi il a été mis en place ; défendre la race blanche, remplir le mandat hitlérien de construction d’une Europe Unie.
Le NOE est une tentative pour regrouper l’ensemble des nationalistes des pays européens. Et effectivement bien que très peu nombreux, on va retrouver en son sein une série d’ordures nazies.
En Suisse : G.A. Amaudruz (secrétaire général du NOE), est un responsable qui ne manque pas à chaque parution de l’« Europe réelle » de vanter son œuvre :
« Nous autres racistes : (l’auteur rappelle d’abord les fondements scientifiques du racisme tout en précisant sa portée à la lumière des conclusions les
plus récentes, puis il présente le manifeste social raciste du Nouvel Ordre Européen, et fournit l'argumentation à l’appui ; enfin il analyse les perspectives s’offrant au monde aryen ainsi que les tâches incombant aux hommes de bonne volonté) ».
Périodique mensuel + No 112 Le numéro : 15 FB - 1,90 FF. - 1,29 FS. - 0,50 cons canadiens - 150 lires
EUROPE REEI
PERIODIQUE DE COMBAT POUR UN NOUVEL ORDRE EUROPEEN DEFENSE DE LA RACE — JUSTICE SOCIALE — INDEPENDANCE EUROPEENNE am D
AUX FAISCEAUX
ème année - février 197
En Belgique, le représentant du NOE est Jean Robert Debbaudt, exrexiste et Waffen SS. C’est lui qui s'occupe de la direction politique et administrative de l’« Europe réelle », leur périodique. Et qui publiait en février 71 No 112 un article intitulé :
Fasciste ? Oui! « Ce que nous appelons encore la civilisation... et que nous perdrons si nous ne nous décidons pas de nouveau, nous, Européens, à revêtir la cuirasse et à saisir l'épée fasciste. Heureux les temps où suffisaient le bâton et l'huile de ricin ».
Plus loin, sous le titre « Le plus grand des prisonniers est à Berlin », un article qui finit de la façon suivante ::
« Il a prononcé un seul mot à l’inique procès de Nuremberg, d’où sont partis ses amis pour la potence : Nein !
Dans un cri ! Avec quelle foi !
Avec toi, Rudolf Hess. nous disons : Nein !
(..) Vive Rudolf Hess ! Vive la race blanche ! Vive l’Europe unie ! Nous vaincrons ! ».
En Italie, correspondant et rédacteur D.A. Cruciani, assure la diffusion des idées du NOE dans le MSI.
Puis adhèrent au NOE des délégués du Portugal, Norvège, Autriche, Irlande, Angleterre.
Mais si peu soient-ils, des vermines de cet espèce sont toujours de trop, surtout quand on apprend que c’est en France qu’ils pensent pouvoir se développer notamment par le biais du Comité d’Action Européen. Mais pour déterminer ces axes d'intervention, ces vétérans fascistes ont convié leurs confrères à une conférence internationale qui s’est déroulée en France, à Lyon.
France : à qui fera-t-on croire que le pouvoir n’était pas au courant de la tenue de la onzième assemblée du NOE les 1er et 2 avril 71 où participaient des représentants d’Espagne, d'Italie, d'Allemagne, de France, de Pologne, du
Canada, du Danemark, des Pays-Bas, du Portugal, de Belgique, de Grèce, de Suisse, d'Argentine ?
Marcellin, tenu au courant jour après jour des activités des militants révolutionnaires, expulsant, interdisant de séjour, refusant l’asile politique, a-t-il été trompé par le commissaire Tonnot, ce bon flic de la ville de Lyon, où ‘ Touvier, ex-chef milicien assassin, paradait fièrement devant ses « dizaines » et ses « trentaines », l’insigne gamma sur son béret, faisant le salut fasciste, exhortant ses troupes au combat anti-communiste pour l’ordre nouveau. Lyon, choisi par Pierre Clémenti, membre de la direction politique du NOE français, pour la tenue des dernières assises. Clémenti est un petit vieux à lunettes qui s’abrite derrière les rangs d’ON pour insulter les militants révolutionnaires sur le marché Convention. Il était dirigeant du Parti Français National Collectiviste, fondé en 1934, il était rédacteur en chef du « Pays Libre » à partir de 1940 avec Guillain de Bénouville (actuel UDR XIIème). C'était un journal qui titrait : « faites payer les Juifs », en 1941, ils demandaient-dans” les numéros suivants d'éliminer «la gangrène juive » : «il faut exterminer les juifs fossoyeurs de la France. ».
Puis Clementi voyant que.la collaboration était plus payante pour les grosses organisations que pour lui, petit groupe, malgré tout son zèle de délateur, et d’antisémite, il décida qu’il n’y avait pas d’autres moyens d’obtenir les bonnes grâces de l’occupant que de se battre à ses côtés, et c’est ainsi que fort d’un strapontin il s’engagera comme dirigeant dans la LVF (légion des volontaires français contre le bolchevisme), puis il revint en France et établit en 42-43 son PC à Lyon (!!!).Serappelle-t-il de Klaus Altman Barbie, de son collègue Touvier, se rappelle:t-il tout ça ce chien puant, misérable assassin ?
Maintenant il s’occupe donc du NOE espérant par son action et le développement de ce mouvement réaccéder aux responsabilités qu’il avait dans la France de Pétain.
Voilà quelques exemples des articles qu’il a pu écrire ces tout derniers temps.
Comme introduction, une violente diatribe antisémite, puis il écrit aussi « le danger que fait courir à l’humanité, et particulièrement à la race blanche, le bolchévisme.. avec ses alliés les terroristes Noirs, et malheureusement certains arabes ».
Et il conclut cet éditorial du No 112 de l’« Europe réelle » : « Quand l'alerte sonne dans l’armée, un commandement retentit : « aux faisceaux ! » Nous poussons ce cri conscients d’être à la dernière limite où il est encore temps de faire front. Demain il sera trop tard. Nous vous attendons ».
Pierre Clementi
Ces écrits étaient reproduits dans l’« Europe réelle » mais depuis la perspective de ces assises du NOE en France, Clementi jugea qu’il n’était pas assez mis en valeur dans cette publication, et il organisa son propre journal :
— ilse nomma directeur politiqueaux dépends de la rédaction belge, et en associant à ses délires de mythomane plusieurs de ses relations italiennes, belges, grecques et suisses et une partie de l’ancienne rédaction française, un nouveau journal était né :l’« Action Européenne ».
Peu à peu, des désaccords vont se faire jour : pourquoi les sections du NOE n'’adhèrent-elles pas aux mouvements nationaux de leur pays, MSI, NPD, ON ?
Clementi, lui, mettra la direction devant le fait accompli . Editorial du No 4 de l’« Action Européenne » :
« Je soutiens Alain Robert et son « Ordre Nouveau ».… j'espère surtout que la jeunesse italienne, allemande et française aidée par des gens d’expérience, pourra très vite, constituer la force capable d’endiguer le flot moritant de l’est. ». f
Espérant sans doute une place à la direction d’ON, il avait contacté le GUD dès sa création, car n’est-ce pas l’exemple type de l’« homme d’expé--
rience » qui pourrait « aider » une jeunesse ?
« Ceux qui savent à quoi j’ai employé’ ma vie depuis l’âge de quatorze ans, sourient en entendant des convertis de fraiche date prétendre me donner des leçons. ». « Quarante sept ans de ligne droite, malgré sept arrestations, cinq condamnations, dont deux à mort, dix années d’exil, deux ans de guerre, les ruines financières et familiales, les insultes, les crachats, sans jamais un écart. Faut être cinglé, non ? … » (!!!). « S’il est vrai que seuls les imbéciles ne changent jamais d'opinion je suis sans doute le plus grand crétin qui soit »
Ensuite, dans ce journal ce n’est que louanges aux régimes bolivien, portugais, espagnol, compliments au NDP et MSI. On parle aussi de la Grèce, en bien, car celui qui fait ces articles se nomme le Dr. Siegfried Schoenberg, ancien SS réfugié à Athènes et payé par les colonels pour ressusciter un mouvement fasciste uni. Ils mettent à la disposition de tous les groupes nazis une agence, la World Service, qui se propose par la diffusion d’une brochure « The World Service Digest », bulletin multi-langues mensuel, de se charger de coordonner les expériences anti-subversives et contre-révolutionnaires internationales. Ce réseau se dote de responsables, et se constitue lentement mais à partir de maintenant beaucoup moins sûrement.
Et puis souvent au milieu de ce torchon, des articles de « fond » comme celui-ci :
« Notre flambeau » par G.A. Amaudruz (secrétaire général du NOE) : « Mais nous portons un flambeau : la conscience de la race. Il éclaire le début du chemin, celui du redressement possible. Et nous savons déjà deux choses : vas de salut sans la reconduction des effectifs de couleur d'Europe sur leurs terres d’origine et sans le remplacement de l’écume biologique actuellement au pouvoir par une élite aryenne, ce qui s’appelle la Révolution Eurppéenne ».
Puis Clementi publie les « sept commandements du vrai nationaliste » :
1. Tu respecteras les différentes races humaines, en commençant par la tienne que tu défendras de toutes tes forces, fier de son passé et confiant dans son avenir.
2. Tu rejetteras le bourrage de crâne qui sévit depuis des années et qui a pour but de te donner mauvaise conscience pour te désarmer moralement et te dévorer.
3. Tu te battras pour que la justice règne et spécialement du point de vue social.
4. Sûr de survivre dans ta race, tu ne craindras pas la mort.
5. Tu protègeras toujours la vie contre ceux qui la détruisent sans nécessité.
6. Tu écouteras les anciens.
7. Tu enseigneras la doctriñe autour de toi.
Puis il imprime l’article suivant: «Peut-on être fasciste ? », par Marc Frederiksen :
— « Un peuple a son destin il doit être conduit par un chef... »
— « Les divergences. proviennent en grande partie des différences ethniques »
— « Un chef d’Etat fasciste doit en conséquence veiller à l'intégrité de la race et à son unité dans le peuple. Les apports allogènes et le métissage ne font que les diviser »
— «Si nous voulons réellement assister à la renaissance du fascisme nous ne devons pas nous dérober mais nous affirmer fascistes ».
Mais ce journal, avec à sa tête Pierre Clementi, et comme collaborateur Marc Frederiksen, va éclater. Clementi va se retrouver évincé de la reéomposition du NOE où Frederiksen va revenir avec comme cadeau la possibilité de ressortir le bulletin de la F.A.N.E. « Notre Europe », puis il va organiser une réunion les 14 et 15 octobre 1972 où seront présents « Europe réelle », « Le devenir européen » et « Notre Europe». :
Division, haine, arrivisme, inefficacité, voilà ce qui caractérise le NOE;
impressionnant projet sur le papier, cette entreprise n’est plus qu’un des derniers réseaux où s’abritent de séniles abrutis ; si leurs obsessions sont dangereuses, leurs activités le sont beaucoup moins car elles sont nulles, ou réduites à la survie de quelques anciens combattants dont la seule chance par rapport à ceux qui seraient tentés de les imiter est d’avoir pu, eux, vivre si longtemps.
d'Europe Action
.…… Europe Action
En janvier 63 sort le premier numéro d’« Europe Action » (EA). Janvier 63, perte de l'Algérie, une extrême-droite activiste doit affronter des conditions politiques nouvelles, et convaincre une génération de militants moins traumtisés que les membres de l'OAS ou de Jeune Nation par leurs multiples échecs.
Mais comme pas une histoire de l’extrême-droite ne commence sans un grenouillage invraisemblable, commençons par le début : Pierre Sidos est en prison, Dominique Venner considère comme dépassé celui qui voulait transformer le noyau Jeune Nation de l'OAS métro en Armée Nationale Secrête. Qu’il continue donc à croupir en prison, surtout que Venner, qui en sort, a eu le temps de discuter avec Maurice Gingembre (un des trésoriers de l'OAS) qui va se ranger à l’avis du nouveau dirigeant : il faut dégager une nouvelle frange au moyen d’un mensuel politique.
Et c'est donc sur des thèmes « nouveaux » que EA va se lancer. Rapidement on retrouvera les sempiternels « idéaux » fascistes retranscrits dans cette revue dirigée par :
Dominique Venner : son père était PPF, il sait donc son chemin et s'engage volontairement en Algérie, il se bat, et poursuivant son combat avec Sidos va en prison, sort, crée Europe Action, appuie Vignancourt, crée le MNP, dirige le REL, est impliqué dans un scandale financier lié à la faillite des groupes qu’il dirigeait, il apparaît ces derniers temps soit pour écrire le petit livre vert, réplique du petit livre rouge, ou pour plagier le dictionnaire de Coston, par son guide de la politique.
Jean Mabire, officier du 1er bataillon de parachutiste de choc, Algérie en 58, revient avec le grade de capitaine, et d’assassin avec la croix de la valeur militaire, dirige comme rédacteur EA, à sa disparition rentre à Minute, appartient au Comité Central du Parti Fédéraliste Européen. Il milite activement dans les mouvements régionalistes, tendance nationaliste .
Dans EA, les idées sont écrites par une série de jeunes et ça donne exactement la même chose que dites par les vieux.
« Combien une éducation, fondée sur la non violence, le pacifisme, et le refus vital est dévirilisante, attentatoire à la personnalité même ». l
Avril 64
« Dans leurs quartiers réservés, les Noirs affûtent leurs rasoirs ».
Sept. 64
« Pour dissoudre les valeurs de l'Occident, la Culture devient une arme idéologique supplémentaire dans l’arsenal des moyens d'ahurissement destinés
à détourner l’homme blanc de sa propre nature... ». Sept.64
EUROPE ACTION
AEVUE NATIONALISTE D'ACTION EUROPEENNE — N° 16 - AVRIL 1964 - 2F
TOUT UN PROGRAMME...
Des articles : « Le culte du courage », « Le fait biologique », « l'Occident au combat : les fondateurs de la Phalange ».
Des correspondants : au Portugal, en Espagne, en Italie...
Des éditoriaux : les Algériens « ces messieurs qui arrivent à cadences accélérées apportent en guise de cadeau leurs maladies, leur vermine, et leurs vices, la syphilis.…
Dominique Venner Oct. 64
« La grande offensive anti-blanche 1964 est déclenchée aux USA ».
Des définitions : « honneur : mot intraduisible dans les langues non européennes.
Parachutiste : symbolise les vertus viriles et le réflexe vital de l’homme européen ».
Mais ce qui «fait» cette revue, c’est l’impensable illustration d’un racisme et d’un style si grossier qu'ils n’ont qu’une chance c’est qu’une telle revue ne paraisse plus actuellement !
Mais si ! Car ceux qui l’ont écrite, illustrée, vendue, sont encore là, et ils ont récidivé, mais avec quelle habileté, quel talent, quel luxe.
Ils ont donc remis ça, ce comité de rédaction de nazis, ces crapules racistes et anti-sémites, ces tenants du « réalisme biologique ».
Car depuis 66 (fin d’EA) on a fait des progrès, ou bien, et nous sommes portés à le croire, il n’est plus possible de sortir de manière aussi flagrante un tel tissu d’ignominies hitlériennes. A
Et pourtant dans cette revue tout y est. Mais il y a la manière. Couverture de luxe, une imposante revue, patronée par des scientifiques, paraissant tous les deux mois depuis trois ans, diffuse les mêmes idées !
Comment est-ce possible ?
Déjà un avertissement montre quel va être le style de la brochure :
« La revue Nouvelle Ecole se fixe... une double tâche :
1) étudier et analyser un certain nombre de thèses et de faits nouveaux, émanant d’autorités incontestables qui apportent au monde contemporain des éléments essentiels de connaissance, mais qui restent noyés dans le fatras des derniers dogmatismes, parce qu'ils remettent en cause des idéologies périmées ;
2) … Montrer, à l’exclusion de tout argument politique ou polémique, mais avec l'esprit d'initiative, de tolérance et de réflexion propre aux Occidentaux, comment les faits confirment ou bien démentent des théories qui n’auraient, de toute façon, jamais dû s’en écarter ».
Est-ce clair ?
Point trop encore, car ce style est embrouillé et confus. Comme l’est la liste des membres du comité de patronage, dont nous avons pourtant, pour quelques uns d’entre eux, éclairci la situation.
Jean Mabire : déjà cité.
Raymond Bourgine : dirige « Valeurs Actuelles » et « Spectacle du Monde », dirigeant du comité Tixier Vignancourt et de l'alliance républicaine pour les libertés et le progrès (ARLP) depuis le ralliement de Tixier au gaullisme il s’est éloigné de cette formation et anime les « clubs valeurs actuelles ».
Jean Cau : qui déclarait à propos de la peine de mort que supprimer la menace de mort pour les assassins, c'était supprimer la peur du gendarme, seul remède pour les Français, l’ordre et la famille.
A. Dauphin Meunier : collaborateur.
Thierry Maulnier : rentre à AF en 1930 puis participe à la rédaction de journaux nationalistes, écrivain, il est membre de l’Union des Intellectuels Indépendants : association de droite. F
Paul Meritens : anime les cahiers « Courrier de Paul Dehème », bulletin anti-communiste.
Louis Pauwels : auteur de la «lettre ouverte aux gens heureux », incroyable tentative de justification du système capitaliste.
Paul Serant : écrivain, participe à la rédaction de Défense de l'Occident, la Nation Française, Carrefour, auteur de « Salazar et son temps », « les vaincus de la libération ».
Mais, eux, ce sont les cautions, les responsables, les voilà :
Pierre Vial : ex-responsable FEN, professeur à la faculté de St Etienne, responsable de Lyon.
Yves Pondaven : ex-responsable Europe Action et FEN de Toulouse, interne-hôpital, responsable de Nîmes. \
Pierre Henrie Reboux: ex-responsable FEN et REL, ingénieur biochimiste, responsable Rennes.
Jean Claude Rivière : ex-responsable Europe Action et MNP à Tours, professeur maître-assistant delettres à Nantes,responsable Nantes.
Jean Marcel Zagame : ex-créateur de la FEN Toulouse, responsable Nancy.
Jean-Jacques Mourreau : ex-responsable Europe Action, FEN et MNP, journaliste, Paris.
Gilles Fournier : ex-Europe Action, responsable Paris.
Jacques Vernin : comité Europe Action, ingénieur Ponts et Chaussées, Paris.
Patrice de Plunkett : Ordre Nouveau.
François d'Orcival : de son vrai nom Amaury de Chaunal Lanzac, comité de rédaction d'Europe Action, membre Occident et collabore à Ordre Nouveau.
Et le rédacteur en chef : Alain de Benoist, dit « Fabrice Laroche », auteur d'articles racistes d'Europe Action, membre du comité de rédaction d’« Europe Action, de l’« Observateur Européen », « Fascisme Français », « Défense de l’Occident », « Valeurs Actuelles », membre du MNP, du REL, d’Occident et collaborateur d'ON.
Qu'écrivent-ils ?
Un seul exemple, que 200 pages, vingt belles gravures et d’ autres numéros, n’arriveront pas à faire oublier :
«JDJ Hofmeyr et WC George répondent aux questions de Nouvelle Ecole ».
« Quel est à l’heure actuelle la situation des études d’anthropologie, de génétique et de biologie dans votre pays ? »
Réponse du professeur JDJ Hofmeyr, ancien directeur du département de génétique de l’Université de Pretoria (République Sud-Africaine) et de WC George, ancien président de l'académie des sciences de Caroline du Nord.
« Le taux de criminalité chez les Noirs est, en général, à peu près huit fois plus élevé que chez les Blancs. On a l’habitude d'expliquer cette différence en mettant l'accent sur les conditions socio-économiques de vie, mais une telle explication revient purement et simplement à chercher des excuses aux intéressés. Banton parle de beaucoup de choses dans son livre, mais ne dit pas un mot du taux de criminalité chez les Noirs. Pourquoi? (current anthropology 1969, vol. 10, p. 204).
« Les résultats obtenus par les auteurs pour tous les tests qu'ils ont pratiqués (tests d'intelligence conceptuelle, d'aptitude à réaliser, etc.) révèlent un écart moyen constant, donc significatif, en faveur des écoliers blancs. Cet écart se constate dès les petites classes et augmente avec l’âge ».
« Le fait qu'il existe des différences immuno-génétiques, non seulement entre les individus mais aussi entre les races, revêt d’ailleurs une très grande importance du strict point de vue médical ».
« A tous les tests d'intelligence, quels qu’ils soient, les Blancs obtiennent de meilleurs résultats, les différences étant d’ailleurs plus marquées pour l’analyse logique et le raisonnement abstrait, que pour l’aptitude à résoudre les problèmes pratiques ou concrets ».
« On admet généralement que la population noire des Etats-Unis est déjà
étisée dans une proportion -d’environ 20 %. On peut donc supposer que ’écart enregistré serait encore plus grand si on appliquait les mêmes tests à des Noirs africains ».
« La couleur de la peau est peut-être la moins importante des différences raciales. Les Noirs et les Blancs par exemple, diffèrent, les uns des autres jusque dans chaque cellule de leurs corps ».
« Après avoir évalué la capacité crânienne de 3444 Noirs de l'Est Africain, on a obtenu un volume moyen de 1316 cm3, soit, précise-t-il, 165 cm3 de moins que la capacité moyenne de crâne des Européens ».
« Poynter et Keegan ont remarqué... les circonvolutions du cerveau des Noirs sont indéniablement moins complexes et plus faciles à interpréter que celles des blancs ».
Conclusion : ‘
« Il me parait donc évident que nous sommes devant une alternative précise : soit nous acceptons le dogme que l'on veut nous imposer, soit nous rendons compte de la réalité telle qu'elle est, et, dans ce cas, nous encourrons la condamnation de certains idéologues dogmatiques. En ce qui me concerne, je préfère être condamné et pouvoir continuer à chercher la vérité grâce aux techniques de la science, dans un esprit d’amabilité, de courtoisie et de générosité à l'égard de chacun ». : propos recueillis par
Alain de Benoist
Voilà donc la « Nouvelle Ecole », publication du Groupe de Recherche et
d'Etude pour la Civilisation Européenne : prononcez Grèce, quel nom ! Quel
. symbole! Mais les fascistes inorganisés qui collaborent à ce groupe et pensent ne rien devoir redouter, n’ont qu'à demander aux membres d'ON quels sont les moyens qu'emploient les militants révolutionnaires face à leur organisation, et désormais à une revue qui n'est ni plus ni moins un des organes d’ON : pas besoin de détours scientifiques pour expliquer les résultats de la violence anti-fasciste, anti-raciste et révolutionnaire.
L'avertissement vaut aussi pour ceux qui suivent :
Henri Savonnet : prof de philo à Beaune.
« Le numéro de NE consacré à l’empirisme logique est digne des plus grands éloges... »
Jules Romains : académie française.
« Parmi les nombreuses publications qui me sont envoyées, NE a, depuis le début de sa parution, retenu tout spécialement mon attention tant par l'intérêt de la plupart des articles que par sa très haute tenue générale ».
Raymond Aron.
« J'aurais dû, depuis longtemps, vous dire le très vif intérêt que je prends régulièrement à la lecture de NE... Vous avez le courage de violer des « tabous » et de poser, avec liberté d'esprit, des problèmes difficiles.
Jean Capelle : recteur.
« … Il faut en effet remercier ses animateurs (de NE) d’avoir conçu une publication originale, éclectique et qui s’impose à l’attention.. ».
Jean Plumyene : auteur, entre autres, d’un livre considéré comme « objectif » sur le fascisme.
« … Je tiens à vous dire que je lis NE dès sa parution, et avec beaucoup d'intérêt. Présentation, notes bibliographiques, tout cela est excellent. J'espère que vous êtes vous-mêmes satisfaits des résultats ».
Et de M. Pierre Fournier, collaborateur de « Charlie Hebdo ».
«NE est une revue passionnante et remarquable. Je l'ai connue par l'intermédiaire du journal l’Affranchi, qui avait indiqué que vous y traitiez notamment du problème racial, c’est-à-dire (voilà que je parle comme un gauchiste, la force de l’habitude) de la réalité raciale. Pour ma part, l'anti-racisme contemporain me paraît ge de l’ordre de la négation passionnelle des faits. Un aveuglement parmi‘ d'autre. .
Le projet de ‘« village communautaire dont j'avais parlé dans Charlie Hebdo doit beaucoup plus à Lanza del Vasto qu'aux idéaux amarchistes. ül s’agissait de recréer un « clan » et non de faire une « communauté » au sens gauchiste du terme. Si vous voulez je considère le projet comme
« révolutionnaire » mais pas de « gauche ». Et si on me pousse un peu, j'avouerai, Ô scandale !, que sa coloration générale était même de « droite » et que je suis profondément, avec mon obsession de l’enracinement, de la fidélité, de la pérennité, un type de droite. J’ai vraiment très honte... ».
le FANE.
Notre Europe
Organe de la Fédération d'Action Nationale et Européenne Directeur Politique Marc FREDRIKSEN
FANE B.P. 48 - 75961-Paris - CEDEX 20
MENSUEL DECEMBRE 1972
Ne 22 COMBATTRE LE COMMUNISME
Marc Frederiksen qui créa Action Occident en liaison avec Pierre Sidos constitua ce groupe (Fédération d'Action Nationale et Européenne) mais rapidement les positions qu’il va développer au moment de la guerre des six jours, vont rétrécir ses possibilités d’action au sein de l’extrême-droite. Car en même temps que Sanguinetti manifestait avec Ti.ier Vignancourt pour la victoire d'Israël, Occident distribuait des tracts célébrant la victoire de Dayan, la FANE entrait en liaison avec des mouvements palestinens (rassemblement pour la libération de la Palestine) et commençait une campagne « anti-sioniste » qui pourtant n’était que de violentes attaques racistes et anti-sémites, mais l’extrême-droite avait choisi un autre camp et le pouvoir condamna la FANE pour un de ses tracts, ce qui brisa leurs dernières velléités de recrutement
Louis Rollin (secrétaire général) : deux mois de prison.
Dider Renard (ex-Occident) : un mois de prison (sursis).
Hubert Kohler (candidat ON dans le 11eme arrondissement, 9ème circonscription) : 15 jours (avec sursis).
Quant à Frederiksen, sa participation n’a pu être établie (!!!) lui qui a écrit dans le No 21 de « Notre Europe », bulletin de la FANE, un article intitulé « La liberté et le fascisme » :
«Le fascisme constate que seule une minorité fait progresser la civilisation. Cette élite est essentiellement individuelle. . ».
«Le rôle de l'Etat fasciste est de permettre aux élites de se dégager de la masse donc de favoriser au maximum la liberté individuelle » (!!!). g
« L'Etat fasciste s'efforce d'améliorer le sort de la masse parce qu’il considère que celle-ci contient les élites qui doivent s’en dégager ».
« L'individu appelé à accéder à l'élite doit prendre conscience de son identité et communier avec toutes les composantes de sa personnalité. Il se reconnait à son désintéressement matériel et à son dévouement à l’avenir de son « sur-soi » que constitue sa race ».
«… Le fascisme est essentiellement un régime de liberté individuelle ».
Marc Frederiksen
Ce mensuel contient, entre autres, un carré blanc en fin de page : « afin de protester contre les lois Pleven et Marchandeau qui limitent la liberté de la presse, de la nôtre en particulier, nous avons décidé de laisser un carré blanc symbolique représentant l’expression de notre idéologie que nous sommes contraints de censurer »
Ce groupe qui avait disparu pendant trois ans vient donc de résusciter. Quant au nombre de ses militants, il doit être maintenant de cinq si l’on considère qu'ils étaient six avant qu'Hubert Kohler ne rejoigne le Front National. ñ
le MSF.
MOUVEMENT SOLIDARISTE FRANÇAIS
En 1966 un groupe d’anciens dirigeants de l’'OAS-Métro, fondent le « Mouvement Jeune Révolution » (MJR). Refusant l’activisme et la bagarre, contrairement à Occident, ils ont un autre projet : former des cadres contrerévolutionnaires, accumuler par un travail souterrain, de type clandestin, renseignéments et fiches sur l’extrême-gauche pour, le jour venu, frapper.
Mais, dans l’extrême-droite, on ne recrute guère sur des convictions idéologiques. Alors qu’Occident va rassembler autour de lui les « durs » le MIR va rapidement devenir, par manque de forces, un sujet de plaisanteries renouvelées sur les « nouveaux clandestins ».
Le capitaine Sergent qui travaillera un moment avec eux prendra ses distances vis-à-vis d’un groupe qui apparaît très faible.
Après 1968, le MJR axe sa propagande sur les pays de l'Est. Sans grand succès. Un meeting en novembre 1969 à Neuilly, ne réunira qu’une soixantaine de personnes.
En octobre-novembre 1971, une crise larvée conduit à l’apparition d’un nouveau sigle, le Mouvement Solidariste Français (MSF). L'année scolaire 1971-1972 est une année noire. Une tentative d’apparition « démocratique » à travers le « Secours Européen », qui tient un meeting salle des horticulteurs, se traduit par un nouvel échec. Le journal du mouvement, Action Solidariste, lance de nombreux appels demandant une aide financière. D’avril à juin 1972, les seules apparitions du MSF consistent en « surbooms » organisées les samedisoirs.Mais, parallèlement, des contacts sont pris avec diverses « personnalités » et groupuscules dont le trait commun est l’hostilité à l’égard d’« Ordre Nouveau ». Finalement, après quelques voyages à l’étranger, on trouve les fonds pour lancer un nouveau journal « Impact » dont le premier numéro sort le 15 novembre.
Parmi les responsables de cette publication on voit réapparaître Philippe Pinquier, ancien rédacteur avec F. Duprat de l’« Elite Européenne »; puis responsable de l’« Observateur Européen », feuille ultra-confidentielle destinée à prouver que François Duprat est un indicateur de police !
Les autres dirigeants d’« Impact » sont connus pour leur appartenance au MSF.
Cette nouvelle tentative, qui n’a pas plus de chances de réussir, doit cependant être suivie. Pour se signaler à la presse les « groupes d'action populaire » regroupés autour d’« Impact » ont jugé utile, en décembre 1972, de lancer un engin incendiaire contre le consulat de la République du Nord- Vietnam à Paris pour « protester contre l’agression communiste ».
Inutile de dire que de telles plaisanteries seront contrées impitoyablement par les anti-fascistes et gageons que, comme à Toulouse récemment, le MSF recevra la juste récompense de tels forfaits.
Parmi les « solidaristes » qui se sont fait récemment remarquer il faut citer :
— Philippe Lemoult, ancien responsable d’Assas. Vient d'accomplir son service militaire chez les parachutistes ce qui semble, d’après ce qu’il en dit, lui avoir profité. Un cas.
— Sylviane Lemoult, ancienne militante de l’UEC à Assas. Issue d’une famille ayant eu des responsabilités au sein du PCF. Femme de Philippe Lemoult a dirigé « Action Solidariste » durant le service militaire de son mari.
— François Martin, membre du Bureau Politique, étudiant dans une grande école de la banlieue parisienne. Responsable de formation.
— Jean-Pierre Stirbois, négociant. À son domicile, à Neuilly, la police découvrit en novembre 70, des armes et du matériel. Sa femme est professeur dans un lycée de la région parisienne.
— Marie-José Dorot, employée de bureau. S’occupe du secrétariat et de la trésorerie du MSF. Réside à Paris. Est amenée à s’occuper des contacts avec l'étranger ne serait-ce que parce que son « ami » est membre du groupe paramilitaire italien « Europa Civilta ».
— Gérard Bouchet, un des « leaders historiques ».
— Jean-Claude Noury, dirigeant du service d'ordre d’Ordre Nouveau. Démissionnaire en 1970. Rentre à l’'ETEC avec Gilbert Le Cavelier. Anime la section anti-gauchiste. Depuis peu a rejoint le groupe d’« Impact ».
l'Œuvre Francaise
TRACT
Les jeunesses de l’œuvre française s'adressent à tous les jeunes Français
Sous la direction d’un homme que tous s'accordent à reconnaître comme le futur guide du Peuple et de la Nation : Pierre Sidos, nous lüuttons pour vaincre.
Ceux qui nous narguent Les éléments sionistes qui, dans tous les camps, de tous côtés, travaillent
sournoisement à la destruction de la Nation et de la société. Ils font pourrir lentement, mais quasi-inexorablement, la situation de notre Patrie. »
L'OEUVRE FRANCAISE
Ce groupuscule d’extrème droite est la création de Pierre Sidos. Regroupement d’une quarantaine de maniaques entassant des armes en vue du
grand soir fasciste, il n’a d'existence que pour et par le grand chef. Ce Pierre Sidos est né à St Pierre d'Oléron, le 6 janvier 1927. Son père, Francois Sidos, ancien inspecteur adjoint des forces de maintien de l’ordre sous Pétain, fut fusillé à la libération. Les fils Sidos, qui avaient plus ou moins évité l’épuration, ne tardèrent pas à se lancer dans la politique. En 1951, Pierre fonde « Jeune Nation ». Au moment de la guerre d’Algérie, « Jeune Nation » sera dissous. Rentré dans la clandestinité, Pierre Sidos sera arrêté en juillet 1962 puis relâché en 1963. Un de ses frères sera tué en Algérie sous l’uniforme parachutiste.
Libéré, il participe à la création d'Europe Action avec Dominique Venner. Mais les relations entre les deux hommes ne sont pas excellentes, et, en février 1964, Pierre Sidos est un des fondateurs d'Occident.
Après deux ans de collaboration , Occident » laisse Sidos sur la touche.
Ce dernier, qui avait lancé un journal, « Le Soleil », va tenter, sans grand succès, de construire sa propre organisation. En 1968, il lance l’Oeuvre Française sur le thème « la France aux Français ». Tente de se présenter aux élections présidentielles de 1969. Depuis, il se trouve en perte de vitesse. Continue de sortir son journal où il dénonce sans relâche la « grande conspiration juive ».
Atteint de paranoïa aigüe, il voit dans toutes les organisations autres que la sienne un complot juif visant à détruire l’« Oeuvre Française ». Titre particulier de cet anti-sémite acharné : se prétend le seul héritier de la croix celtique qu’il lança comme emblème de Jeune Nation en 1951. Voue, pour cette raison, une haine farouche à Ordre Nouveau qu’il accuse... d'être
vendu aux Juifs ! Si le groupe n'est pas dangereux en tant que tel, il est non moins évident que les militants d’une telle organisation sont à surveiller de très près.
NA
la nouvelle
ACTION FRANÇAISE OM. RP NET,
F HEBDOMADAIRE ROYALISTE - CEUXIÈME ANNÉE - 22-11-1972 - N° 82|
En 1971, la « Restauration Nationale », héritière de l’Action Française, éclatait. Seul groupe d’extrême-droite à subsister après 1968, la R.N. recelait en son sein bien des tendances depuis les vieux nostalgiques des années trente jusqu'aux nervis isolés qui auraient vu là un cadre de recomposition.
Quelques reponsables (banlieue Ouest de Paris) passaient au maoïsme. Certains rejoignaient Ordre Nouveau dont l'étoile montait. Mais, le coup le
plus dur était porté par la majorité des étudiants et lycéens qui, sous la conduite de quelques anciens comme Wagner, Lemaignen fondaient la Nouvelle Action Française.
Refusant de combattre systématiquement le gauchisme en qui elle voyait le « surréalisme de la politique », elle intériorisait en quelque sorte le rapport des forces créé par les groupes révolutionnaires. La NAF se caractérisa rapidement par une démagogie sans limites. Soutien aux grèves, dénonciation lors de l'assassinat d'Overney de la « collusion objective du PC et du pouvoir » désir de « changer la vie ».
Cet aspect «.jeune », « neuf », « au dessus des partis sclérosés de droite comme de gauche », sert, comme d’habitude, de sauce au bon vieux plat anti-communiste et anti-ouvrier.
Jouant sur le tableau de la révolte, la NAF a vu certaines portes s'ouvrir. C’est ainsi que récemment Gérard Leclerc, membre de la direction, donnait une tribune libre dans « Combat ».
Les exploits de ceux qui prétendent vouloir une « monarchie populaire » doivent être dénoncé sans relâche. Ces fils-à-papa en colère, dont les effectifs sont aujourd’hui bien réduits, ne doivent guève s'attendre à trouver dans leur verbiage un bouclier pour éviter les coups. Il est clair que la plupart de leurs cadres se retrouveront, le jour venu, en première ligne « contre le communisme ».
Le traitement à réserver à la NAF est le même que celui à donner aux autres groupes du camp des nationalistes : les écraser dans l’œuf.
Rivarol
Rivarol est fondé en janvier 1951. On retrouve au départ une équipe d’anciens pétainistes épurés à la Libération, dont beaucoup figurent encore dans l’équipe de rédaction.
— Maurice Gait, aujourd’hui rédacteur en chef, instituteur révoqué, commisaire général à la jeunesse en 1964.
— Emile Grandjean, dit Jean Pleyber, haut-fonctionnaire sous Vichy.
— Pierre-Dominique Luchini, qui signe Pierre Dominique, directeur sous Pétain du trop fameux « Office Français d'Information ».
— René Mallavin, dit Michel Dacier, directeur du journal, décédé il y a deux ans.
Tous ces journalistes fascisants ou même carrément fascistes ont collaboré ou collaborent encore à Rivarol, que ce soit Henri Lebre, ancien membre du bureau politique du Parti Populaire Français de Doriot, Lucien Rebatet, chantre de l’anti-sémitisme dans son ouvrage « décombres », aujourd’hui décédé, Emmanuel Allot, qui signait Julien Guernec, plus connu aujourd’hui sous le nom de François Brigneau, etc.
Rivarol se caractérise par son « œcuménisme » d’extrême-droite. C’est le carnet mondain fasciste. Tous les mouvements anti-communistes s'y expriment par des communiqués, des avis. Ceci va du Mouvement Solidariste Français à l'Association Catholique Intégriste « Forts dans la foi » en passant par la Nouvelle Action Française.
Une place spéciale est réservée à Ordre Nouveau. Chaque semaine François Duprat dispose d’une demi-page intitulée pompeusement « Nouvelle du Front » où, sous le pseudonyme de François Solchaga, il raconte, avec le sens de l’invention qui le caractérise, l’activité de son mouvêment. Les militants
d’Ordre Nouveau, avant de disposer d’un journal à eux, ont vendu, à la criée, cet hebdomadaire en 1971. k
Cet aspect « jouer sur tous les tableaux » se retrouve au niveau de l’attitude de Rivarol pour les élections législatives de 73. Alors que François Duprat, dans sa demi-page s’extasie tout seul devant la « crédibilité du Front National », une partie de la rédaction du journal, plus prudente, semble miser sur les réformateurs de Lecanuet.
Le contenu politique de Rivarol, cela n’étonnera personne, se résume à un éloge sans fards de la collaboration et de la Milice, un soutien sans réserves aux dictatures militaires (Indonésie, Grèce, Vietnam-Sud) et une haine antiouvrière jamais démentie.
Journal du passé, Rivarol satisfait une clientèle de vieux bourgeois fascisants, allant de messe-anniversaire en réunion-souvenir où sont exaltées les mémoires de leurs héros : Philippe Henriot, Darnand, Brasillach, Maurras et Xavier Vallat,
LE JUIF
Le juif, que l'on retrouve partout où il s’agit d’exploiter la misère humaine et de détruire tout ce qui est bon et beau sur cette terre.
LE JUIF
Le juif aux mains molles et humides.
LE JUIF
11 lui fallait être en Russie le principal artisan du bol“hevisme:
aux côtés de Staline Joseph ! d . , 1] lui fallait tenter de présider à la décomposition de l'Europe.
LE JUIF
ENCORE ET PAR
Le juif sans patrie. I f JU
T
Une des publications d'Europe Action.
Jean Jacques Susini
flic, fasciste, gangster.
Jean-Jacques Susini est né en 1943. Il a 25 ans au moment des émeutes d’Alger. Il est alors étudiant en médecine à Lyon et participe à la création d’un maquis destiné à soutenir une action éventuelle des parachutistes. Ensuite, on le retrouve à Alger. L'apparition de l’OAS va lui donner l’occasion de s’imposer. Prêt à tout, sans scrupules, son rôle est immense. Il est responsable de l’action psychologique, et, avec son copain Degueldre, ne répugne pas à l’assassinat que les commandos Delta pratiquent à grande échelle. La radio de l’OAS, les journaux clandestins, c’est lui.
Il ne supportera pas de voir son pouvoir contesté. Au sein même de l’'OAS, il a des ennemis implacables. Il ne s’embarrasse pas sur le choix des moyens pour les éliminer. Dès cette époque, ce « dur » qui est un peureux laisse derrière lui une forte odeur de cadavres. La revue fasciste « Europe Action » l’accusera plus tard d’avoir fait assassiner deux responsables du Front Nationaliste (Leroy et Villars).
Passé dans la clandestinité, il voyage avec Salan qu’il essaye de manœuvrer. Il sera condamné à mort par la justice française. Réfugié en Italie, il accomplit plusieurs voyages en France sans être le moins du monde inquiété. En mai 68, il reprend contact, officiellement, avec le pouvoir, comme tant d’autres «ennemis-implacables-du-régimepourri ». Il propose ses services, ceux-ci sont acceptés.
Entouré d’un petit groupe de spécialistes venus de l’OAS, bénéficiant d’une couverture politique, il s’occupe avec les SAC du Sud Est
de la campagne électorale. Avec l’aide de ses « étudiants musclés », jugés moins encombrants que les appariteurs, il est chargé de s’occuper du milieu étudiant.
Mais, Susini a un projet politique bien précis : construire le parti nationaliste. Pour cela, il lui faut des contacts et surtout de l’argent, beaucoup d'argent. C’est à cette époque, en 1969, qu’il se lance dans les attaques de banques pour récupérer des fonds. Parallèlement, certaines organisations d’extrême-droite sont « visitées » et leurs fichiers dérobés. Ainsi Susini voit son projet prendre forme. Il prend contact avec les futurs dirigeants d’Ordre Nouveau.
Le 11 mars 1971, il est arrêté pour « attaques à main armée ». Pour peu de temps d’ailleurs. Sur intervention particulière de Maître Michard Pélissier, il est remis en liberté provisoire. Ce Michard Pélissier est un personnage très intéressant. Introduit dans les milieux gouvernementaux, il est en relations suivies avec Roger Frey, dont les liens avec les réseaux parallèles sont pour le moins connus. Par là, Michard Pélissier côtoie toute la pègre gaulliste, SAC, CDR et autres barbouzes. Cet avocat a même eu l’honneur de se voir remettre la légion d’honneur, chez lui, par Jacques Chaban-Delmas qui avait tenu à se déplacer en personne. Mais la chance de Susini va tourner. Marcellin réorganise sa police. Les bandes d’extrême-droite comme les réseaux parallèles n’ont lus, dès lors, le même intérêt pour le pouvoir. Risquant de s’autonomiser, peu contrôlés, sans compter les inévitables « bavures », ils présentent finalement plus d’inconvénients que d’avantages.
Dès lors Jean-Jacques Susini n’est plus utile et son projet politique irrite. Ressortant une vieille affaire connue de tous, le meurtre de l’ancien trésorier de l’OAS, Raymond Gorel, le pouvoir va frapper. Aujourd’hui Susini est en prison.
ICOÏS
Historien. Né en 1941. Commence sa carrière à Toulouse. Devient un des responsables de la Fédération des Etudiants Nationalistes. En novembre 1963 il est exclu de la FEN pour opposition à la prise en main de cette dernière par Venner et ses amis d'Europe Action. S’occupe, pour le compte des services spéciaux du gouvernement français, de recruter des mercenaires pour le Congo, où il séjourne quelques temps. Il participe ensuite à la création d’« Occident » (avril 1964). En 1967, il quitte Occident, l’estimant « noyauté » par le gouvernement ! ! ! Certains de ses « camarades » de l’époque affirmeront l’avoir exclu pour son rôle d’indicateur de police.
En Mai 1968, contacté par ses anciens patrons du SDECE, il propose à « Occident » de se mettre au service du pouvoir. Mais la base activiste de ce mouvement refusera de passer un accord avec les gaullistes au nom de la « pureté doctrinale ». Ce refus vaudra à « Occident » une dissolution en bonne et dûe forme en novembre 1968.
En décembre 1969, à l’Assemblée Nationale, il tient une conférence sur le gauchisme devant une vingtaine de députés de la majorité. On le retrouve
ensuite à « Ordre Nouveau ». Depuis 1966, il collabore à Rivarol. Ses articles sont basés, outre la lecture de « Rouge », sur un bluff exceptionnel, même dans l’extrême-droite française. Bien connu pour son manque de sérieux, il a, de ce fait, de solides ennemis dans et hors de son mouvement.
Se déclarant publiquement anti-sémite, il aime à jouer les théoriciens fascistes et il dirige la « Revue d'Histoire du Fascisme ». Son rôle dans la création du Front National semble important, même s’il laisse à d’autres le soin de parader sur les tribunes.
Né en 1929. « Popeye » pour les amis. Le type même du baroudeur. Participe, à l’âge de quinze ans, aux combats de rue pour la libération de Paris en 1944. Volontaire pour la guerre de Corée, il est refusé à cause de son âge. S’engage dans l’armée et va en Indochine. Parachutiste. On le retrouve durant la guerre d'Algérie. Rallie l’'OAS. En 1962 crée le maquis OAS « Bonaparte » dans le Constantinois. Il est fait prisonnier. Après sa détention à Toul, en 1965, il participe à la campagne Tixier-Vignancourt. Nommé responsable du « Comité Jeunes T.V. » qui tente plusieurs actions musclées. Après l’échec de Tixier, il est mis sur la touche.
Moitié par conviction, moitié par intérêt financier, il crée le Front Uni de
Soutien au Sud Vietnam. A ce titre il reçoit une correction méritée le 29 avril 1968 quand les CVB attaquent l'exposition à la gloire des fantoches tenue au 44, rue de Rennes, à Paris. On le retrouve, après Mai 68, à la tête d’une petite formation, les Jeunesses Patriotes et Sociales (journal :le Contre-poison) qui s'illustre tristement le 2 mai 1969 en attaquant, avec le GUD, le lycée Louis-le-Grand. Arrêté, il est mis hors de cause mais cet « exploit » va, là encore, le mettre sur la touche.
1 voyage. Il visite le Sud-Vietnam. Le succès d’Ordre Nou veau le rejette, isolé. Réduit à opérer des « regroupements » plus fantômatiques les uns que les autres, il doit finalement se rallier au Front National qu'il pense utiliser pour se remettre en selle.
DEUX AMIS DE TOUJOURS : DUPRAT-HOLLEINDRE
Entre ces deux dirigeants du Front National il existe une vieille inimitié. Pour simplifier, nous résumerons les derniers demêélés de ce roman à épisodes.
En 1967, Roger Holleindre monte le Front Uni de Soutien au Sud- Vietnam. Duprat l’accuse d’être payé par les Sud-Vietnamiens et d'agir uniquement pour de l’argent. Holleindre, lui,applaudit à l'exclusion de Duprat du mouvement Occident. En 1968 à part des injures, rien de spécial. En 1969, après l’équipée du lycée Louis le Grand, Duprat traite Holleindre de personnage irrascible dangereux. En échange, Holleindre, qui organise le Centre de Ralliement National, en exclut Duprat en le traitant d’indicateur de police. Alors que ce dernier rejoint Ordre Nouveau, Holleindre participe au Parti National Populaire qualifié par son acolyte de « ramassis de notables ».
Pour lui renvoyer la pareille, Holleindre se répand en insinuations sur le rôle des services spéciaux dans l’entrée de Duprat à Ordre Nouveau.
Aujourd’hui ils sont tous deux au Front National. Pour combien de temps ?
Henry Cl
Fils d’un général, Henry Charbonneau est né à Saint-Maxient (Deux- Sèvres) le 12 décembre 1913. Très jeune, il milite à l’Action Française. On le retrouve ensuite au comité secret d’action révolutionnaire (CSAR), une des organisations clandestines regroupées dans ce qu’on appelait « la cagoule ». Ces organisations ne se contentèrent pas de faire de la propagande, puisque, outre quelques provocations, elle assassinèrent plusieurs militants ouvriers.
Après 1940, Charbonneau appartient au Mouvement Social Révolutionnaire (MSR) dont il devient dirigeant. En 1942, il est le second à l’organisation territoriale de ce groupe collaborationniste, alors animé par Eugène Deloncle, venu, lui aussi, de la « cagoule ».
Mais c’est dans la sinistre Milice de Joseph Darnand que Charbonneau va s’illustrer. Neveu par alliance de Darnand, il devient directeur de « Combats », l'hebdomadaire de la Milice.
Inspecteur général de la zone Nord, il part ensuite dans l’état-major de la phalange africaine. En 1944, toujours là, il est chargé du recrutement des miliciens en Allemagne. Pour « Porthos » la libération est une période noire. Mais, alors que Darnand est fusillé pour les multiples crimes commis par la Milice, lui, échappe à l’épuration. Dès lors il se cantonne dans une prudente
F
activité journalistique. En 1971, il décide de reprendre du service et se rapproche du mouvement « Ordre Nouveau ». C’est à cet assassin que le Bureau Politique d'Ordre Nouveau confie le soin d’animer les écoles de formation. Avec Gabriel Jeantet et quelques autres, il fait partie de cette poignée de fascistes français qui voient dans Ordre Nouveau la dernière carte à jouer. Les militants révolutionnaires feront tout pour leur montrer qu’ils auraient mieux fait de ne pas la jouer.
Jean Marie Le Pen
Né à la Trinité-sur-Mer (Morbihan) le 20 juin 1928. Après la libération, il suit des études à la faculté de droït de Paris. Adhère à Action Française. S'empare de la corpo de droït dont il fera son fief personnel. Participe à la guerre d’Indochine. Deux fois élu député, une fois comme poujadiste, l’autre comme indépendant. Chaud partisan de l'Algérie française.
à
R. v
L
"pass
BRIGNEAU et son oeil vengeur, LE PEN et son bandeau mythique.
Durant cette période, se spécialise dans les ratonnades d’Algériens à Gennevilliers, Saint-Denis où il peut donner libre cours à son « tempérament ». Battu par Capitan aux législatives de 1962, on le retrouve en 1965 dans le Comité National Tixier-Vignancourt. Après l'échec de celuici, son rôle diminue. Il se lance alors dans l'édition et monte le SERP. Ceci lui vaudra d’être condamné pour éloge du nazisme à la suite de la publication d’un disque « Chants et Voix de la révolution allemande,».
Ordre Nouveau cherchant désespérément des « personnalités » pour son soi-disant Front National, il est propulsé à la direction de cet organisme et participe au meeting de lancement, le 7 novembre 1972 à la Mutualité.
Francois Brigneau
Journaliste. Né à Concarneau (Finistère) le 30 avril 1919. Son vrai nom est Emmanuel (Nell) Allot. Son père, instituteur anarcho-syndicaliste, lui fait fréquenter les milieux pacifistes. Très proche du journal « La Flèche » de Bergeray. Munichois en 1938. En 40 rallie Pétain. Arrêté en 1944 par les résistants. Quinze mois de prison à Fresnes. Il est acquitté mais tombe sous le coup de dix ans d’indignité nationale. Interdit dans la presse, il use de nombreux pseudonymes : Coco-bel-æil, Julien Guernec et enfin, à partir de 1952, François Brigneau. Collabore à Paroles Françaises, France-Dimanche, Paris-Presse, l’Aurore puis Minute. En devient rédacteur en chef. Participe au Front National pour l'Algérie française puis au Comité National Tixier- Vignancourt. Ecœuré, affirme-t-il, par les suites lamentables de cette affaire, il se dégage de la politique active et se cantonne dans des campagnes racistes à « Minute ».
« Raciste ? Mais bien sûr. Autant par respect des autres races que parsouci de la mienne. On peut travailler ensemble, s’estimer, s'aimer même sans qu'il soit souhaitable de se ressembler, de se fondre, de mêler ses sangs. Protégeons au contraire les différences, les particularismes. Opposons-nous au monde gris des métis. Souvenons-nous de l’œuf. Quand on mélange le blanc et le jaune, tout devient jaune. Restons blancs ».
in « Mon après-guerre » p.322
En 1971, il rentre à « Ordre Nouveau, et devient ensuite président du
Conseil National de ce mouvement. Vice-président du Front National.
d'O.N.
« Voilà rapidement tracé notre portrait robot »
Ordre Nouveau No 7
le nafios
Eléments d’une doctrine moderne du nationalisme.
A) Les lois de la vie
Le nationalisme n’est pas seulement une doctrine politique, économique et sociale. C’est une conception du monde. La démarche nationaliste s’ordonne autour du réel. Elle est réalitaire. Le Nationalisme est un réalisme. C ést pourquoi l’un des rôles de l’Etat nationaliste sera de mettre en accord la vie des individus avec les données naturelles de la vie.
Alexis Carrel écrivait : « Pour réussir, la vie doit être conduite de la manière voulue par la nature ; en d’autres termes, de la manière indiquée par la structure des choses. C’est la désobéissance aux lois naturelles qui a amené la maladie de la civilisation. La punition a été automatique. Comme une machine conduite par un chauffeur ignorant, la vie s'est brisée, et la civilisation d'Occident s'écroule ».
Pour gagner, il faut connaître les règles du jeu : la vie ignore l’uniformité et l’indifférenciation. Du chaos amibien jusqu’à nos jours, ses principes évolutifs sont : complexification, spécialisation et différenciation.
Au niveau de l’homme, les lois de la vie sont :
— l’hérédité : elle est irréversible et détermine les individus dans une très large mesure, Elle explique l'inégalité entre les hommes.
— les besoins : l’homme a des instincts qui engendrent des besoins.
— le combat : un monde sans tension relève de l’utopie. Pour s'affirmer et se réaliser, l’homme doit être constamment en état de lutte. Le Nationalisme reconnaît la réalité de la lutte pour la vie. #
Au niveau de la communauté, les lois de la vie sont :
— la sélection naturelle : d’où l'apparition de la hiérarchie et de l'élite. Une société égalitaire relève de l'utopie. L'égalitarisme conduit au nivellement par le bas.
— L'instinct d’agressivité : c’est l’un des instincts les plus fondamentaux de l’homme, notamment de l’homme européen. L'esprit prométhéen en est une illustration.
— L'instinct de territoire : les hommes, comme les animaux, vivent sur des territoires. F
— la différenciation raciale : la race blanche n’a pas de supériorité absolue (il n’y a pas de « races pures » mais des « races homogènes ») ; elle apparait simplement, de façon statistique, comme la plus apte à progresser dans le sens de l’évolution. Partant de cette constatation, le Nationalisme affirme que chaque race a le droit de vivre selon le rythme qui lui est propre.
B) Les valeurs
En raison de l’hérédité psychologique, chaque peuple possède sa psychologie propre. Toute psychologie est génératrice de valeurs. Les valeurs européennes peuvent se résumer en quatre points :
— Le sens tragique. C’est la conscience de l’immensité du monde face à sa propre brieveté. Cette conscience engendre une éthique non utilitaire qui est l'éthique de l'honneur.
— Le sens du réel. Il se manifeste par le goût de l’exactitude aussi bien dans la science que dans l’art. L'esprit scientifique est né dans la Grèce antique, à une époque où la science orientale n’était qu’un ensemble de recette pratiques.
— Le sens de la volonté. Tendance générale à la maîtrise du milieu comme moyen de s'affirmer et de connaître sa propre valeur. Tendance naturelle au travail, stimulée par la concurrence. Goût de l’effort.
—.Le sens de la responsabilité. On est libre quand on peut réaliser un acte et en assumer la responsabilité. Le sens de la responsabilité suppose le respect de l’individu. Goût du sacrifice.
L'observation de ces valeurs, au niveau du comportement, s'appelle l'éthique.
EEE)
CE POUR QUOI ILS COMBATTENT
« Un ordre nouveau politique » :
« Un Etat fondé sur la responsabilité et le mérite. Une sélection des plus valables afin de recruter le personnel dirigeant de l'Etat. Organisation du peuple dans des structures librement choisies afin de participer réellement à la vie de l'Etat ».
« Un ordre nouveau économique » :
« L'exploitation de l’homme par l’homme doit cesser et être remplacée par la coopération entre les producteurs. Les classes sociales, directement liées à la naissance et au développement du capitalisme, disparaîtront avec l'avènement de l'Etat nationaliste, anti-capitaliste. La lutte de classes cessera par suite de la transformation des structures économiques de la France ».
« Un ordre nouveau social et moral » :
« L'unité de la Nation sera assurée par la fin de la lutte de classes et par une éducation communautaire de la jeunesse.
Contre la société de jouissance et de permission sera instaurée une société de solidarité et de sacrifice. La communauté aura l'obligation d'assurer une vie décente à tous les Français.
La société sera fondée sur la défense et la restauration des valeurs occidentales : goût du risque, du combat, de l'effort et de la liberté.
Former un homme nouveau libre et fort au caractère fier et courageux conformément à la tradition occidentale de la vertu et de la pureté.
Les trois vertus de l’Etat nouveau : UNITE, DEVOIR, SACRIFICE. 70
… Une autre des publications d'Europe Action.
CET HOMME EST DANGERE
gvsceplible de :
VoLER |
Pour le trouver inuriled aller très, Loin.aulour devous il Ven a :
100.000 COMME LUI Ÿ
O.N. et l’immigration MP:
« Environ la moitié de l'augmentation annuelle de la population est dûe à l'immigration. Cette situation est dramatique. Elle risque d'ici une génération d'aboutir à modifier radicalement le caractère de notre peuple » et qu’on doive « actuellement avoir recours à des armées d'esclaves est la démonstration la plus claire de la facilité et de la dégénérescence de cette société que nous subissons ».
O.N. No
Plus que jamais nous devons :
CROIRE en la nécessité et la grandeur de notre Nation.
COMBATTRE pour que le peuple français connaisse une vie plus heureuse et plus digne.
VAINCRE les rouges et le régime, pour que le peuple reprenne les rênes de son destin ».
Voilà comment ils se définissent.
« Mettant au service d'idées justes une pratique politique réaliste, nous avons doté l'opposition nationale de l'outil organisationnel qui lui avait toujours manqué. Nous avons fait admettre à l'opposition nationale que nous étions le seul instrument de son salut. Nous devons maintenant convaincre les patriotes abusés, les honnêtes gens bafoués, les électeurs de droite trahis par leurs élus que nous sommes, pour eux aussi, les seuls capables de faire barrage à la montée du communisme ».
« Pour un Ordre Nouveau » No 6
C’est en effet l'Allemagne en fête aux plus beaux jours du IIIème Reich qu'’évoque Brasillach, et ce qui le frappe par dessus tout c’est la joie dont le rayonnement s'impose avec une irrésistible évidence (...)
« Le jeune fasciste, appuyé sur sa race et sur sa nation, fier de son corps vigoureux, de son esprit lucide, méprisant les biens épais de ce monde, le jeune fasciste dans son camp au milieu de ses camarades de paix qui peuvent être des camarades de guerre, le jeune fasciste qui chante, qui marche, qui travaille, qui rêve, il est tout d'abord un être joyeux... Rien n’empêchera la joie fasciste d'avoir été et d’avoir tendu les esprits par le sentiment et par la raison ».
(Brasillach in « les 7 couleurs ») Article de Jean Verlard « La dépêche nationaliste » No 24 Mars 71
Portugal « La grande école professionnelle c’est le service militaire... Beaucoup sont engagés volontaires, dès 18 ans. En 6 années sous les drapeaux, ils apprennent le métier de leur choix : mécanique de précision, télécommunications, préparation pharmaceutique, secrétariat, études longues que leurs parents n'auraient pu leur payer. À 25 ans, ils ont un débouché assuré... » O.N. No 5
Et le Vietnam
« Vietnam : halte aux rouges,
halte à l'invasion communiste !
Avec les communistes on ne discute pas, on se bat. C’est au Sud-Vietnam, dans ce pays cruellement meurtri par la guerre, dans ce pays où par sa démence sanguinaire la clique militaire de Hanoï s'efforce à tout prix de creuser entre les frères d’un même peuple un fossé de sang à tout jamais infranchissable. C’est là plus que partout ailleurs et maintenant plus que jamais que se joue le destin de tout l'Occident.
Gloire à l’armée de la République du Vietnam,
Victoire pour l'Occident ! »
O.N. No 11
O.N. et la police :
« O.N. propose que l'effort en matière de police porte sur la gendarmerie. En l'absence de telles mesures, il ne faudra pas s'étonner de la multiplication des groupes et associations d’auto-défense de citoyens exaspérés. Notre mouvement participera et au besoin suscitera de Fete groupements partout où la
sécurité n’est plus assurée ». O.N. No 13
O.N. et l’Algérie, la crise du pétrole :
« Nous sommes les seuls, en 1972, à nous souvenir avec le million de pied noirs, avec les Français qui ont aimé l'Algérie française et se sont battus pour elle. Nous sommes heureux en ce dixième anniversaire du crime d’Evian de conserver intact au fond de notre cœur la nostalgie de cette Algérie perdue ».
ON. No
« Les compensations étaient bien modérées, voire insuffisantes, en comparaison du patrimoine immense que nous avions abandonné au ramassis de hors la loi syphilitiques que notre Armée aurait pu, en d'autres temps, écraser ».
« Ignorait-on en haut lieu que la parole d’un Arabe ñe vaut pas celle d’un chien ? ».
« Hs vivent de racket, de prostitution, de trafics illicites, etc.
Messieurs les Sidi ben. dehors !!! »
H. Caurois « Les Français, le pétrole et l'Algérie »
> Tribune du Nord Nationaliste O.N. et ses perspectives :
« L'Etat nationaliste réunit au service d’une équipe politique limitée en nombre l’équipe présidentielle responsable devant les citoyens français par le jeu du suffrage universel. Cette équipe responsable est chargée de la conception, de l’exécution et du contrôle de la politique nationale.
La sélection sociale : chaque catégorie sécrète son élite. Toutes ces élites sont appelées à former les hommes du service public, cette élite politique dont les effectifs varient entre 1200 et 3009 membres constituerait le réservoir de dirigeants dans lequel puiserait l'équipe présidentielle pour assumer l'Etat nationaliste ».
O.N. No 1
O.N. élitisme « Nous sommes fiers de notre civilisation occidentale et la défense de son génie est le plus sacré des devoirs. Nous croyons à l'inégalité des hommes et aux responsabilités des meilleurs dans le gouvernement des communautés ». O.N. No7
« Monde occidental intoxiqué par l'arsenal d'idées fausses parmi lesquelles nous dénonçons particulièrement le concept d'égalitarisme des individus, (.….) la fuite devant la réalité de la destinée tragique de l’homme dans une société qui n’est plus à sa mesure ».
O.N. No 7
« Ou élude systématiquement la cause essentielle de l’enchaïînement historique : le fait biologique (...). Cela implique d'admettre une hérédité psychique liée à l’hérédité physique ».
La Dépêche Nationaliste Mars 71 No 24
4 Le militant est celui qui possède cette caractéristique occidentale de réaliser, transposant l’idée en action, le militant a moins une doctrine qu’une formation et ce qui frappe chez un militant nationaliste, c’est la force de son jugement aux prises avec l'évènement, en un mot sa lucidité ».
La Dépêche Nationaliste No 24
« Le folklore, avons-nous dit, est terminé, l’image d’Epinal du fasciste botté casqué doit disparaître car elle n'attire vers nous que les hystériques et à demi fous en quête de sensations fortes. Le militant doit être stable et ne pas passer 2 années dans chaque année d'étude ».
Robert Alain alias « le petit » 5 années en lère année de capacité de droit
« Croire à l'heure actuelle qu'un groupuscule de 100 personnes peut changer la situation cela n'est pas sérieux. La minorité agissante sera le parti, avec ses 20 000 ou 30 000 militants travaillant au sein d’une clientèle représentant au moins 10 % du corps électoral, c'est le cas actuel du MSI qui a maintenant une chance, pas avant » ON No 1
« Cette victoire permanente du MSI est un exemple pour nous, elle soutient nos efforts, en nous rendant plus crédibles, puisque nous sommes le parti frère (et le seul) du MSI. Elle nous permet d'espérer bientôt bâtir un instrument puissant de combat, cette fois-ci à l’échelle européenne. Toute victoire de l'ON italien est une victoire pour l'ON français. Faisons que nos victoires soutiennent la marche en avant de nos camarades transalpins » ON No8
« L'objectif final de cette action au sein de la classe ouvrièrereste bien entendu la constitution d'une centrale syndicale nationaliste, analogue à la CISNAL de nos camarades italiens, assurant l'implantation réelle de nos idéaux » ON No 2
« Le syndicat d'entreprise devra veiller à ne pas se laisser emporter par v'intérêt de classe » Propositions pour un programme de gouvernement nationaliste et populaire.
« Les partis aux ordres d'un gouvernement étranger seront dissous. La société doit se prémunir contre les groupes organisés qui souhaitent délibérément la détruire. Ce contrôle doit rester l'exception et ne s'applique qu'aux partis qui travailleront contre la France au profit d'une puissange étrangère. » Propositions pour un programme de gouvernement nationaliste et populaire.
« Déjà retentit à nouveau ce vieux chant fraternel :
« Contre les rouges, contre l'ennemi
Partout où le devoir nous fait signe
Soldats de France, soldats du Pays
Nous remonterons vers les lignes... »
« Dans le crépuscule du vieux continent fatigué, une flamme recommence à danser. » ON Info No 7. Ce que nous sommes.
« ON entend s'opposer physiquement à la décomposition de l'Occident sous toutes ses formes. Il s'est déjà battu, se bat et il va se battre plus durement encore contre la perversion marxiste. À ce combat nous appelons tous les Français. Nous ne leur promettons ni sinécures, ni profits, ni décorations. Nous allons leur demander au contraire du courage, des efforts, des sacrifices contre une seule récompense : la joie profonde du plus haut devoir accompli jusqu'aux limites de soi-même ». (ON Info No 7 :« Ce que nous sommes ? ).
« Il est évident que pour notre liberté d'expression, pour notre défense, la violence... devient légitime et bonne et doit être utilisée efficacement. » ON NO 1
« Les nationalistes se battent dans la rue, pour participer à l'édification de l’'ON » ON No 2
« Si la Ligue était réduite à ses seules forces, elle ne péserait pas lourd face à ON ». ON No 1
La lutte « ne se terminera que par l’anéantissement d’un des deux camps ». ON No 0
« Un camp de jeunesse dans la nuit, l'impression de faire corps avec sa
nation toute entière, l'inscription à la suite des héros et des saints du passé,
une fête totalitaire ». / (Brasillach)
—————————————————__—_—ê2ê
5-calendrier
© 1968
octobre tournée « cogne » d'Occident g novembre 2« Dissolution
© 1969
février
Assas, première apparition GUD/ élections. mai
2- Louis Le Grand. octobre
réapparition GUD.
novembre
24-affaire Abensour. Naissance officielle 4 décembre
3-Appel groupe auto-défense par GUD.
10-Me.ting remplacement square St Lambert, Galvaire-Goubert.
© 1970
janvier
19-Fafs vidés de Nanterre.
22-Occupation d’Assas par le GUD. Ratonnade.
23-Appel de Guichard pour groupe auto-défense. février
6 Affichage de Brasillach, Mussolini, Primo de Rivera pour anniversaire du 6.2.34.
7: Première apparition appariteur musclé.
9: Grève générale étudiants-enseignants sur Assas contre les fafs, police, appariteurs musclés, examens.
10-11: Fac fermée par le rectorat.
13:« Réunion privée » des fafs sortis par 1 000 étudiants anti-fascistes.
26-Meeting ON interdit. Occupation 26 d’Assas. mars
2-3-Commando ON à Nanterre. Banalisation du campus. Prise d'assaut du Resto-U par les flics.
6 -Heurts très violents à Assas. avril
12-Pré-congrès ON.
15-Prades raccompagné à la gare de Nanterre. Assas : ratonnades fafs continuelles. $
28-Loi scélérate anti-casseurs adoptée. mai
3- Interdiction de séjour d’un étudiant juif à Assas.
12-Occupation Assas.
13-Meeting faf.
14 Congrès ON Lutetia. juin Partielles 12ème. septembre Elections de Bordeaux. novembre Tournée bahuts d’ON. Cogne continue sur Assas. 20-Ouverture du 8 rue des Lombards. décembre 9-Manif « Pologne » d’ON. ae 22-Débat, course « poursuite » des anti-fascistes sur les marchés derrière
© 1971
janvier 7*Convention. Abbesses. février 24-Meeting rue du Renard attaqué par les révolutionnaires. Exclusion de JC. Noury. mars 9- Palais des Sports. 13-Perquisitions local d’ON : Une tonne de matériel découvert. avril Cherbourg : manif contre le faf notoire Oheïix, professeur. mai 3- attaque ON contre Jussieu. 4- attaque ON contre le lycée à Boissy-St-Léger. 13-Manif interdite : thème pétrole algérien. 14- Attentat contre Minute. 17-manif Champs Elysées Minute. 28-Affrontement sanglant Grenoble. uin ? 1er-Accrochages Europe No1, Chambre des députés, Nice, St Etienne, Amiens, Aix. Parution No 0 d'ON. Ratonnades organisées par ON contre des travailleurs immigrés. octobre 13-14-meeting rue de Rennes, salle Lancry contre grève RATP. 27-manif anti-Brejnev, Champs Elysées. novembre 28 Campagne de législatives décembre 18-19-Expo « 2 ans de combat d’'ON », rue de Rennes.
© 1972 janvier
27-Manif du « Comité d’indignation nationale, ». février
Campagne pétition. mars
1er-Manif interdite contre Chaban.
4-réunion interdite Amiens.
10-Meeting Nice.
22-Meeting Mutualité. mai
4- Meeting ULN, Rennes.
7-Manif soutien Thieu.
27-Première intervention GIN à Censier. juin
10-11-Gerbe à Nice, Marseille, Toulouse, Paris, Aix, St Etienne pour célébrer victoire de Dien Bien Phu.
2ème congrès.
18-Meeting Indo interdit.
« Occupation » Figaro. juillet-août
Affrontements Convention. novembre
6- FSI à Assas.
7-Meeting FN. janvier L
17-Meeting Palais des Sports.
6° l’anfi-fascisme
revolufionnaire
L'imbrication des bandes armées du capital ést profonde. Les divergences ne recoupent que des désaccords sur la répartition des tâches. Mais les buts et les moyens sont les mêmes : derniers remparts d’un ordre bourgeois décadent, ces bandes attendent leur « grand soir ». Celui où elles pourront, libérées de toute contrainte juridique ou politique, en découdre avec la classe ouvrière’et la jeunesse radicalisée.
Les factieux,ce sont eux. Les comploteurs, ce sont eux. Les révolutionnaires n’ont jamais caché leur but ni leurs moyens : ils savent que rien ne sera profondément changé dans le système actuel. Ces groupes, eux, préfèrent l’ombre des égouts, l’odeur de la pègre, l'argent des caisses secrètes.
Il n’est pas possible, comme le préconise le programme commun de la gauche, de penser un seul moment que l'Etat bourgeois « se laissera démocratiser ». Justement parce qu’existent de tels courants, conçus, organisés, financés dans un seul but : la répression de tout mouvement populaire, la protection du régime capitaliste.
On ne «démocratisera » pas les SAC ou les milices fascistes. Il faudra les détruire, au même titre que doit être détruit le pouvoir économique de la bourgeoisie, au même titre que doivent être destructurées la police et l’armée du capital.
Cette entreprise de salubrité publique commence dès maintenant. Elle consiste d’abotd à enrayer dans toute la mesure du possible le développement de groupes comme Ordre Nouveau, véritable expérience de laboratoire à ciel ouvert de constitution de groupe fasciste. De la contre-manifestation du 9 mars 71 au Palais de Sports à l’interdiction de vente du torchon nazi sur les marchés, il y a cette même volonté « d’écraser la peste brune avant qu’elle ne renaisse ». C’est faire de la publicité inutile à ces nervis, nous rétorque-t-on souvent, leur donner plus d’importance qu’ils n’en ont. Eh bien oui. Il faut rendre publique la véritable nature d’une telle organisation, il faut dans la pratique mettre en évidence les complicités dont elle bénéficie. Car si Ordre Nouveau ne représente pas un danger dans l'immédiat, ce groupuscule peut, dans d’autres périodes, être à l’avant garde de la réaction blanche.
C’est donc dès maintenant qu’il faut casser les reins de cette bande fasciste, c’est dès maintenant qu’il faut montrer à la bourgeoisie la capacité du mouvement révolutionnaire à crever les ballons d’essai qu’elle lance. La « publicité » faite aujourd’hui aux nazillons n’est rien
en regard de celle que la bourgeoisie serait prête à leur faire dans une période de crise sociale. Si le mouvement révolutionnaire ne réagit pas dès aujourd’hui dans une période qui lui est favorable, comment penser qu’il le fera le jour où les nervis relèveraient la tête ?
L'’attitude à l'égard des SAC, CDR et autres barbouzes est sensiblement différente. Parce que directement liés à l’appareil d’Etat, de tels groupes bénéficient d’appuis politiques et financiers qui l'ur permettent d’armer de véritables « permanents du coup de mair ». S’attaquer aujourd’hui frontalement à eux impliquerait de tous aut ‘es moyens que ceux employés jusqu'ici par les révolutionnaires. Et contrairement à ces messieurs, les révolutionnaires ne sont pas une armée de l’ombre rodée à la seule fin de la violence. Dans tous les cas où ces groupes (SAC, CDR, CET) agressent le mouvement ouvrier, nous organiserons pratiquement l'autodéfense, comme cela a déjà été fait aux entreprises Citroën, et dans certaines localités de la banlieue parisienne (Chelles, Rueil, Puteaux). Mais nous devons envisager également le moyen terme, le moment où ces bandes armées décideront d’entreprendre des agressions individuelles ou collectives contre le mouvement ouvrier. Outre la mobilisation de masse que cela impliquera, il faudra alors montrer à ces gens que nous savons où les trouver, et qui accuser. Il faut donc d'ores et déjà accumuler le renseignement sur ces groupes d’autant plus que eux, bénéficiant des fichiers de Marcellin, ne s’en privent pas.
Telles sont donc nos tâches. Et pour conclure, nous voulons insister sur deux choses :
1) Les bandes armées du capital ne visent pas que les organisations révolutionnaires. Celles-ci, en tant qu’avant-gardes, sont les prémières cibles, mais tout le mouvement ouvrier est concerné par leurs agissements. L’exemple italien montre comment le MSI en vient aujourd’hui à attaquer les locaux du P.S. et du P.C. qui s'étaient crus jusqu’à présent au dessus de « la mêlée des extrémistes de tous bords ». Ne pas comprendre cela, continuer pour certains à pratiquer les pires amalgames, ne peut que contribuer à renforcer les courants fascistes ou «musclés ». Personne, à partir du moment où il se prétend un tant soit peu partisan d’un changement de régime, ne peut revendiquer l'impunité. C’est pour cela que nous proposerons inlassablement l'unité anti-fasciste, ce qui ne nous empêchera pas de prendre nos propres responsabilités quand certaines fractions du mouvement ouvrier théoriseront leur propre immobilisme au nom du refus de l’extrémisme.
2) L'auto-défense ouvrière, le travail de renseignement, ne sont ni l’œuvre de spécialistes, ni la prérogative exclusive d’un hypothétique gouvernement de gauche. C’est la tâche des travailleurs eux-mêmes, parce qu’ils sont confrontés directement à la répression capitaliste à travers leurs luttes. L'auto-défense est la tâche de tous, ne serait-ce que par souci d’efficacité. Le rôle des organisations révolutionnaires est donc parfaitement précisé : en aucun cas se substituer à l’auto-défense de masse, mais la favoriser par certaines actions exemplaires, destinées à redonner confiance à la classe ouvrière, et, en permanence, « armer les travailleurs du désir de s’armer ».
UN ETAT FORT DES FAIBLESSES DE SES ENNEMIS IL.- De 1946 à 1973 :
le développement des « bandes parallèles » RPF, UDCA, OAS, SAC, CDR, CFT, etc...
IL.- Quelques biographies et dossiers : - Raymond Marcellin - Foccart - Mme Lemarchand - L'affaire de l'ETEC - L'affaire Christian David - Un 5 juin au Quartier Latin - L'UNI - La CFT...
LA PESTE BRUNE L’IDÉOLOGIE FASCISTE
IL.- Ordre Nouveau :
son histoire, celle de son prédecesseur « Occident », ses dirigeants et amis (Duprat, Robert, Holleindre, Susini, Le Pen, Brigneau), ses liaisons internationales, ses meilleurs textes.
II.- Le Front National
IIE.- Dossiers : Les groupuscules de l’extrême droite
IV.- Le calendrier du fascisme
Conclusion : L’anti-fascisme révolutionnaire
Supplément à Rouge 191. Imprimerie Typofset. 10 impasse Guéménée Paris 4. ; E= #= S
document rouge 23-24