La presse de la LCR

Archives des publications de la Ligue communiste révolutionnaire, section française de la IVe Internationale

Collection « Qu’est-ce que ? »

Sexualité, jeunesse, capitalisme

Collection « Qu’est-ce que ? », n° M, février 1973 · 5 866 mots

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qu'est ce que.

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lisme

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communiste

supplément à rouge n°197 - 0.50

Pour avoir distribué à la sortie d’un lycée un tract intitulé « Apprenons à faire l'amour », qui protestait contre la sanction touchant deux lycéens surpris à s'embrasser, le docteur Carpentier ne peut plus exercer pendant un an : décision de l'Ordre des Médecins et doit passer en procès prochainement : décision de la « justice ».

Pour avoir accepté que ses élèves discutent de ce tract, pendant un cours de philosophie, à Belfort, Nicole Mercier a été inculpée sur plainte d'un parent (au demeurant colonel !), d'une élève dont « la pudeur avait été profondément choquée ».

A Sceaux, pour avoir fait étudier — sur demande des élèves, l'Arrache-cœur de Boris Vian, un professeur de français subit les attaques du Syndicat Autonome des Parents qui porte plainte contre lui.

Avant eux

Gabrielle Russier s'était suicidée en prison. Son crime ? Avoir osé aimer l'un de ses éleves.

Geneviève Do Chi Cuong, professeur de philosophie, est suspendue au lycée Rodin, pour avoir organisé une discussion ir Wilhelm Reich, sexoloque autrichien, disciple de Freud.

A Vernon, en 1969, J.M. Canu, prof de lettres, est muté pour avoir fait étudier le Mur de J.P. Sartre, à ses élèves de lère.

A bas

la répression sexuelle ! La mobilisation a déjà payé

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A Belfort, les lycéens sont descendus dans la rue pour défendre Nicole Mercier.

Nicour MERTIER

AUD)

Il y a un non lieu pour Nicole Mercier.

A la rentrée prochaine, sera intégrée dans les programmes de biologie du secondaire une « Information sur les questions de procréation »

Mais.

Les manuels scolaires évoqueront longuement la procréation chez les souris. On commentera des planches anatomiques multicolores décrivant l'appareil génital de l'homme et de la femme.

LE SEXE À L'ELOLE

Mais ils oublieront sans doute de dire :

— que l'acte sexuel c'est avant tout le plaisir qu'il procure, et non la simple volonté d'avoir un enfant (dans la vie d'un adulte moyen, il peut y avoir deux ou trois enfants et plusieurs milliers de rapports sexuels) :

— que la masturbation n'est pas quelque chose de « sale », d'« anormal », qui diminue physiquement ceux qui la pratiquent.

— qu'il y a des moyens très simples de faire l'amour sans avoir d'enfant : les contraceptifs.

Et que certains jeunes parviennent à s'en procurer. Mais

Les associations réactionnaires de parents d'élèves — atteignant les sommets de la bêtise et du ridicule — n'ont pas désarmé : à nous de réagir avant que les poèmes de Baudelaire ou les textes de Rabelais ne soient interdits dans les lycées sous couvert de « pornographie ». Mais

L'archevèque de Besançon, le jour de Noël, a proclamé que le tract de Carpentier était une « provocation à la débauche ». Mais

Déjà, le 28 juin 72, à l'Assemblée Nationale, un député Républicain Indépendant, Pelleray, protestait contre « de tels agissements qui constituent l'un des aspects d'une entreprise délibérée d'avilissement de la jeunesse de notre pays et de la destruction des valeurs auxquelles l'immense majorité du pays reste encore attachée ».

Il faut rester vigilants !

MADAME , OÙ VoUDRAIT QUE VOUS COMMENT IEZ. _ CE TRACT INTITULÉ :'APPRENONS y

(A FAÏRE L'AMOUR”... ch NE

la pourriture capitaliste : sexe = profit

Officiellement les membres de l'UDR se donnent le visage d'austères défenseurs de ce qu'ils appellent la « moralité ». Ils vitupèrent contre « la corruption de la jeunesse ».

Dans les faits, la sexualité n'est pas seulement un tabou dont on ne parle point pour ne pas « froisser les jeunes âmes de nos enfants », c'est aussi et en même temps une colossale source de profit

La prostitution Trafic de chair humaine, avilissant la femme,et la rabaissant au rang d'une simple marchandise, la prostitution réalise un chiffre d'affaires fabuleux. Des chiffres

10.000 proxénètes ; — entre 20 et 40 000 prostituées (sans doute plus) ;

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— 9 millions de chiffre d'affaire par an pour une prostituée moyenne ;

— entre 180 et 360 milliards d'AF de chiffre d'affaire total ;

— 300 milliards de bénéfice pour les « maisons » et les hôtels ;

— une comparaison : un des plus gros trusts du pétrole, la société Elf-Erap, à fait 2 milliards et 61 millions de francs de bénéfice net pour 1970.

Ce commerce florissant est entièrement basé sur l'oppression et les contraintes sordides : 80 % des prostituées le sont devenues par force. La plupart sont tenues par les menaces et le chantage des proxénètes.

L'affaire de Lyon : les coulisses du pouvoir

Le député UDR Fdouard Charret est un des principaux bénéficiaires d'une «chaîne » de bordels chics dans la région de Lyon.

Le même député, dans un accès de vertueuse indi-

JE NE Suis PAS PAYÉE FOUR TRAUMATISER DES ESPRITS JEUNES ET TROP MALÉABLES .…

TN

AUJOURD'HUI, J'AÏ MoN COURS À FAIRE , ET MON CouRS, ALjoUR D'Huï,

C'EST LA GUERRE [4-18

ue

gnation, pose, le 7 juin 1971, une question sur les « sex-shops » à l'Assemblée Nationale. Il demande à Marcellin :

« Les mesures qu'il envisage de prendre pour lutter contre les atteintes portées à l'intégrité morale de la jeunesse française ».

Le même député avait demandé le 26 juin 1969 à l'Assemblée, la réouverture des maisons closes.

Indignation morale... … Ou crainte de la concurrence ?

Le commissaire de police Tonnot, homme de Marcellin, est tellement compromis dans l'affaire qu'on le mute à Lille. Il y a quelques mois, un nouveau scandale éclate : le commissaire, homme persévérant, continuait les mêmes activités dans son nouveau lieu d'exercice.

Les hommes du « milieu», demi-flics, indicateurs occasionnels, capables de rendre de menus services aux « autorités » constituent une pêgre non seulement tolérée mais sciemment entretenue.

La presse

Toutes les revues « spécialisés » se vendent bien : l'une

d'entre elles revient à 50 cts. et se vend 5 F (elle tire à 200.000 exemplaires !).

M. Filippachi, directeur de Lui, pourrait-il nier qu'il réalise plusieurs millions de bénéfice avec sa presse ?

Fn septembre 72, un PDG américain, Bob Guccione, annonce pour sa revue Penthouse, un tirage total de 3,3 M, soit environ la moitié du tirage de la revue Playboy.

S abadel

L'affaire qui lui appartient, à plus de 90 %, parait florissante : 175 M de francs de chiffre d'affaires cette année, anonce-t-il, et 32,5 M de bénéfices. « Mon ambition », déclare-til, « est de battre Playboy, de devenir le No 1 de mon secteur, et, après ça, de bâtir un empire ».

La publicité

Le sexe est devenu un merveilleux et indispensable support pour faire vendre: perpétuant l'image de la femme-objet, de la femme soumise, il n'y a aucun moyen d'échapper à la femme «érotiquement » dénudée pour

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entendre vanter les mérites d'un aspirateur ou d’un moulin à café. Ce sont les mêmes : ” — qui parlent de « protéger l'intégrité de la jeunesse française » au nom de l'UDR... .… et qu'on retrouve patrons de maisons closes. Ce sont les mêmes :

— qui répriment lycéens et enseignants au nom de la « défense de l'ordre moral ». et qui s’'accomodent fort bien des coquettes sources de revenus procurées par l'exploitation commerciale du sexe.

La contraception

La fourniture de contraceptifs aux mineures est strictement réglementée :

— moins de-18ans, non émancipée il faut l'autorisation écrite de l'un des parents, de leur représentant légal ou du mari ;

— de 18 à 21 ans:

* l'obtention du diaphragme ne nécessite pas l’autorisation des parents ;

* la pilule, par contre, nécessite l'autorisation des parents.

Et c'est là que l’on voit où la loi codifie les mœurs, et protège la « vertu » des jeunes filles. En effet, la pilule, produit efficace à 100 %, est le seul moyen contraceptif qui convient à celle qui veut avoir ses premiers rapports sans risques. Car le diaphragme, d'efficacité moins grande, ne peut être utilisé que par une fille ayant déjà perdu son hymen, donc qui est déjà « fille perdue ». L'autorisation des parents, gardiens de la vertu de leur fille, est nécessaire pour qu'elle ne prenne pas le chemin du vice.

Il est interdit de faire officiellement de la publicité pour les contraceptifs.

La grande presse répand les äneries les plus inquiétantes : la pilule donne le cancer, fait grossir, etc. Cette répression, ce bourrage de crâne, cette ignorance

dans laquelle on essaie de maintenir tous les jeunes ne peuvent rester sans conséquences.

Faits divers Reims : janvier 1972, une lycéenne accouche seule

dans les lavabos de son école et abandonne son enfant dans une poubelle.

— Contraception gratuite, sans limitation d'âge !

— Création de centres d'information et de diffusion de contraceptifs, ouverts aux mineurs, dans les établissements scolaires et universitaires, les quartiers, les entreprises !

Faire l'amour pour le plaisir, faire l'amour sans risques

Depuis des siècles, les jeunes étaient élevés dans la foi que les rapports sexuels n'étaient permis que dans le cadre du mariage.

Depuis ces récentes années, ces interdits sont franchis, mais la culpabilité de la sexualité n'a pas complètement disparu. Fn particulier, faire l'amour pour le plaisir (sans risque de grossesse indésirée) nécessite une contraception efficace et on peut constater une réticence, par exemple à utiliser la pilule, seule méthode efficace à 100 %. La croyance à tous les bobards que l'on raconte (la pillule donne le cancer, des monstres quand on l’arrête) correspond à

toute une série de préjugés plus ou moins conscients et cela explique que, aujourd’hui encore, la majorité des jeunes utilisent des méthodes inefficaces.

Comment jouer une grossesse indésirée à pile ou face ?

— le rapport sexuel interrompu avant l'éjaculation (le célèbre « faire attention ») : 30 % d'échecs et frustrant.

— la méthode Ogino : basée sur des calculs de périodes ; soidisant sans risques ; avec tous les enfants nés grâce à la méthode Ogino, on arriverait à peupler des villes entières. — la méthode des températures : elle ne permet que 8 jours de rapports par mois et dans ces conditions, il y a une chance sur 10 d'échec.

Aucune de ces méthodes ne permet d'avoir des rapports sans risque, pour le plaisir.

La pilule :un moyen sans danger, efficace à 100 %

— Qu'est-ce que c'est et comment ça agit ?

Ce sont des hormones synthétiques mais identiques aux hormones que fabrique l'ovaire de la femme tous les mois. La pilule bloque l'ovulation et empêche ainsi d’avoir un enfant non désiré.

—Comment se prend-elle ?

D faut commencer à la prendre pour la lére fois dès le 5ème jour au plus tard après le ler jour des règles. On la prend tous les jours pendant 21 ou 22 jours, selon les pilules choisies. Il ne faut pas rester entre 2 séries de pilules plus de 7 jours sans en prendre, quel que soit le jour des règles. — Ft sion l'oublie ?

Si on l'oublie un jour, on peut rattraper le lendemain.

Si l'oubli est de 2 jours, il faut continuer à en prendre jusqu’à la fin du cycle, mais en prenant d'autres précautions.

— Mais est-ce que ça peut nuire à la santé ?

Fn dehors de contre-indications dans quelques cas précis (hypertension, diabète, jaunisse grave récente...) — qu'un examen médical éliminera — elle est sans danger chez les filles en bonne santé, qui peuvent la prendre sans inconvénient. Il est simplement préférable de faire une visite médicale deux fois par an.

Dans certains cas, elle peut faire grossir les filles prédisposées, mais un changement de pilule ou un léger régime stabilise les choses.

— Est-ce qu'elle coûte cher ? De 5 à 12 F par mois selon les marques.

D'autres moyens efficaces existent

— Le stérilet :

C'est une toute petite spirale de plastique qu'un médecin place à l'intérieur de l'utérus. Il convient de préférence aux femmes qui ont déjà eu des enfants. I] nécessite une visite médicale tous les 6 mois. Ffficace à 95 %. Prix : entre 60 et 150 f, selon que ça se passe à l'hôpital ou chez les médecins conventionnés.

— Le diaphragme :

C'est une membrane de caoutchouc que la fille peut placer elle-même, après l'avoir enduit de gelée spermicide, avant de faire l'amour et qu'elle doit garder 8 h après. Ffficace à 95 %.

— Le préservatif masculin (« capote anglaise ») : C'est un doigt de caoutchouc que le garçon se met sur le sexe. Il faut le mettre avant de commencer à faire l’a-

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mour. Ffficace à 95 %. Comment se procurer des anticonceptionnels ?

Le mieux est de passer par le Planning Familial qui adresse toute consultante, quel que soit son âge, à des médecins qui ne s’embarassent pas de l'autorisation des pa- -rents.

Planning Familial : 10 rue Vivienne - 75002 Paris. On peut obtenir à cette adresse celles de tous les centres qui existent en France.

L'avortement

France, 1973 : la terrible loi de 1920 est toujours en vigueur. Flle condamne à : - 1 à 10 ans de prison - 1 800 à 72 000 f d'amende - 1 à 5 ans d'interdiction de pratiquer (pour les médecins) toute personne qui veut avorter, qui aide à avorter ou qui avorte par quelque moyen que ce soit (efficace ou pas) toute femme (enceinte ou pas).

Mais...

Une femme sur deux a déjà avorté aujourd'hui. 800 000 femmes avortent dans la clandestinité.

Qu'est-ce que cela veut dire ?

Pour celles qui ont les moyens (une minorité), elles peuvent se faire avorter dans les cliniques du XVIème... pour 3 000 NF.

Pour celles qui ne les ont pas, un avortement par une sagefemme, une amie, soimême avec « au mieux » une sonde, sinon une aiguille à tricoter et les autres moyens du bord. Ft ça donne :

- 5 000 morts, - 10 à 20 000 stérilisations à vie, - 200 000 maladies infectieuses.

L'affaire Marie-Claire

Marie-Claire a 17 ans. Flle se trouve enceinte. Elle ne peut aller en Suisse ou en Angleterre (1 500 à 3 000 francs) car elle ne gagne que 300 f par mois comme apprentie-vendeuse. Sa mère ne peut l'aider financièrement (elle vit seule avec 3 enfants et 1 300 f par mois). La seule solution qui leur restait : avec 2 amies et sa mère, Marie-Claire réussit à avoir une adresse... et se fait avorter. Pour cela, elles passent en justice. Mais cette fois-ci, il y a une mobilisation ! Marie- Claire est acquittée, sa mêre et ses amies sont condamnées à de faibles amendes. Les juges ont prétexté que le cas de Marie-Claire était exceptionnel !

Fxceptionnel ? Alors qu'il y a autant d'avortements clandestins que de naissances ?

L'hypocrisie de la société bourgeoise

… À éclaté au grand jour : 343 femmes — des personnalités médicales, artistiques ou intellectuelles — ont pu signer un texte déclarant qu'elles avaient avorté.

L'actrice Delphine Seyrig a déclaré la même chose devant des millions de téléspectateurs

Elles n'ont pas été poursuivies.

330 médecins se mettent hors-la-loi et déclarent qu'ils ont pratiqué des avortements. L'Ordre des Médecins et le gouvernement sont dans l'embarras. Ce sont des individus qui portent plainte.

.… et ses contradictions

En Belgique (18.1.73), le docteur N. Peers est arrêté : gynécologue de Namur, fondateur d'un comité pour la libéralisation de l'avortement, il est poursuivi pour « manœuvres abortives ».

Aux USA (22.1.73), la Cour Suprême autorise les interruptions de grossesse pendant les six premiers mois.

En France « métropolitaine » : une législation restrictive sur la contraception pour les mineures, une loi répressive sur l'avortement.

En « France » d'Outre-Mer : la contraception est accessible aux jeunes à partir de 15 ans, la stérilisation forcée est pratique courante.

Ce sont bien les deux visages d'une méme politique réactionnaire.

L'avortement sans danger, ça existe : la méthode Karman.

Du fait de là répression, l'avortement clandestin a des conséquences dramatiques que maintenant personne ne nie. Mais ce qu'il y a d’ignoble, c'est de tirer des conséquences dramatiques de l'avortement clandestin des arguments contre l'avortement dans de bonnes conditions.

Or, il existe aujourd’hui une méthode moderne d'avortement qui, quand il s’agit d'une grossesse de moins de 6 semaines, est sans danger quand elle est pratiquée par un personnel médical compétent. Cela relègue * la préhistoire l'avortement où l'on joue sa santé ou sa vie à quitte ou double. C'est la méthode Karman.

Le matériel nécessaire est simple :

- une canule de plastique souple (de 6 à 8 mm de dia-

mètre)

- une seringue aspirante (de 50 cm3). L'intervention ne dure que quelques minutes. El-

le n'exige pas l'hospitalisation. Mais elle doit absolu-

ment être pratiquée sous contrôle médical.

Cette méthode doit pouvoir être prise en charge comme un acte médical dans les hôpitaux, les dispensaires. La lutte pour cet objectif pourra passer dans un premier stade par l'ouverture de centres où des médecins pratiqueront l'avortement en même temps qu'une lutte pour que l’avortement soit pris en charge par la collectivité.

Actuellement, il est possible de partir avorter en Angleterre, où l'avortement est légal, ou en Hollande, où il est toléré.

MR 70/Beatrixoord Mauritskade - Amsterdam Tel :20 35 84 76

Prise en Charge psychologique

des femmes - bons rapports 4

vec les gens. Conseils contra-

ceptifs pose de stérilet sur demande.

De Huis

Docteur LÉ =” es Romerkerweg - Bewerwijl Tel: 19 31-25 1027920 Possible jusqu'à 12 semaines 520 F-

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Ooster park 59-60 - Amsterdanr Tel : 020 932 151

Possible jusqu'a 12 semaines.

Bon accueil mais un peu rapide

ui y a un retard des règles de plus

Que faire dès q d'une semaine ?

— Première chose à faire : aller à la pharmacie acheter un G-Test. Le G-Test est vendu dans toutes les phar-

sur le plan psychologique. Les femmes attendent ensemble dans une grande salle où elles discutent et picniquent.

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Wistong nursing Home

Docteur Hudon (la secrétaire parle français)

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macies, il coûte 29 francs. Il peut se faire dès le 9ème jour de retard des règles. C'est un petit laboratoire de poche qui permet de faire soi-même — très simple ment — une analyse sur l'urine pour savoir (2 heures après) s'il y a grossesse ou pas. Dans le cas où les règles ne viennent pas, Ï faut recommencer 8 jours plus tard. Le test est valable à 90 %.

— Éviter absolument d'aller voir un charlatan ou une « faiseuse d'anges ».

Pour qu'il n'y ait pas deux poids, deux mesures selon la classe sociale à laquelle on appartient

Pour que la femme puisse avoir les enfants qu'elle veut

Pour que l'avortement ne se transforme pas en une industrie rentable, comme aujourd'hui en Angleterre

Pour que le choix d'avorter ne soit pas déterminé par des contraintes économiques

* Avortement libre et gratuit, sur simple demande !

* Contraception libre et gratuite, y compris pour les mineures !

* Crèches fonctionnant 24 h sur 24, y compris pour enfants malades !

Pourquoi la famille ?

La famille patriarcale (papa commande) n'a pas toujours existé. D'autres formes de groupements entre hommes et femmes ont eu lieu dans l’histoire et varient selon les pays (tribus, polygamie, matriarcat…)

La famille est donc une forme de vie en commun entre hommes, femmes et enfants apparue à un moment de l'histoire des hommes. Elle consacre une division des tâches entre les sexes :

-la femme est maintenue au foyer par les accouchements successifs et la nécessité de l'allaitement ;

- l'homme peut chasser, voyager, commercer et ramener de quoi faire vivre la famille.

Mais, plus la production s'est développée, et plus l'homme, maître de la petite exploitation agricole ou artisanale, affirme sa « supériorité », sa prééminence :

- la femme est avant tout cantonnée au rôle de mère des enfants ; L

- l'homme leur transmet le métier, l'héritage, les enfants lui doivent obéissance et travaillent sous ses ordres jusqu'à ce qu'ils soient « grands ».

Cette division correspond donc, à l'origine, à un certain degré de développement de la société datant d'avant le capitalisme.

Le capitalisme a bouleversé ces données : la femme s'est mise à travailler. Et ce qui n'était pour les bourgeois que volonté de trouver un nouveau bétail à exploiter, a fourni aux femmes les bases matérielles d'une autonomie plus grande par rapport aux hommes. Mais le fait de gagner leur vie n'a pas libéré — il s’en faut de beaucoup — les femmes de l'oppression et des discriminations dont elles étaient victimes. Au contraire, elles ont été soigneusement entretenues, pour le plus grand intérêt du patronat. De même, le besoin pour le capitalisme de travailleurs qualifiés en plus grand nombre (donc la scolarité rendue obligatoire et prolongée), le développement des moyens de diffusion (télé, cinéma, journaux), le travail de nombreux jeunes bien avant leur majorité... tout cela a contribué à déplacer le centre de gravité dela vie des jeunes hors de la famille, cadre de plus en plus étouffant où ils ne trouvent plus le monopole de la formation et de l'information. Mais, en même temps, un très grand nombre de jeunes qui suivent des études restent

dépendants financièrement de leurs parents, ce qui accroit les tensions.

La bourgeoisie n'a pas désarmé. Elle continue à entretenir par les moyens les plus divers le culte de la famille. Elle a même eu recours à tout un arsenal de lois pour essayer de consolider la cellule familiale par des mesures répressives diverses : divorces coûteux, inégalité juridique de la femme et de l'homme, « majorité » maintenue à 21 ans, interdiction de l'avortement...

Mais, le développement même de la société :

— progrès de la médecine : mise au point de moyens contraceptifs permettant à la femme, pour la première fois, de maîtriser sa fonction reproductive ;

— développement des sciences et des techniques : dans les sociétés capitalistes avancées, on peut poser, dès maintenant, objectivement les bases d'une automatisation de

travaux domestiques ; as

sape à terme les bases de telles contraintes, et donc menace cet instrument classique de domination bourgeoise.

L'obscurantisme familial, la répression sexuelle, l'oppression des femmes

* C'est une fille de 16 ans qui fait une fugue et qu'on ramène entre deux gendarmes « à la maison ».

* C'est un gars qui va en douce lire un livre ou voir un film où «il y a des choses », avec la trouille de se faire surprendre.

* C'est les grands enfants qu'on envoie au lit parce qu'à la télé, il y a le rectangle blanc.

* C'est le départ en vacances en camp d'adolescents avec un adulte-chaperon pour dix.

* C'est une fille qui n'ose pas inviter un garçon à danser.

* C'est le lycée « mixte » où il n'y a pas un garçon assis à côté d'une fille parce que ça ferait jaser.

* C'est, en 1972, un sondage révélant que 64 % des femmes interrogées estiment qu'il est souhaitable qu'un homme ait des rapports sexuels avant le mariage ; c'est le même sondage révélant que 19% des mêmes femmes pensent que c'est souhaitable pour une femme (rapport Simon).

* C'est une directrice refoulée saquant une élève en

C'est le rapport sexuel gâché par la peur d'avoir un enfant, ou la peur d'être surpris.

* C'est toutes les filles qui révent d'être secrétaires parce que c'est un métier féminin.

* C'est celui qui réclame comme son dû le « devoir conjugal » de son conjoint.

X* C'est une fille de terminale renvoyée d'un établissement parce qu'elle est mariée.

* C'est Michel Debré révant d'une « France de 100 millions de Français, forts et puissants » et qui au nom de cette « exigence » s'oppose à la contraception et à l'avortement libres et gratuits.

Changer la vie avec le Programme Commun ?

« L'émancipation des femmes est condi- |

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tionnée avant tout par le fait que le sexe féminin tout entier soit rendu au travail social : à son tour, ce fait exige que la famille individuelle cesse d'être la cellule économique fondamentale ». Engels.

« Nous reprochez-vous de vouloir abolir l'exploitation des enfants par leurs parents ? Ce crime-là, nous l'avouons ». Marx Fngels.

Manifeste Communiste.

Toutes ces mesures « contribueront au développement harmonieux de la famille française (…) Le Programme Commun constitue donc bien un facteur conséquent d'épanouissement de la structure familiale ».

Georges Marchais Interview au magazine « Parents » n°47.

« La famille, cellule de base de la société doit être le lieu de rencontre de l'exemple et de la confiance ». François Mitterrand.

(idem).

Les mesures économiques préconisées par le Programme Commun sont certes souhaitables (égalité des salaires, crèches, logements).

Mais comment les travailleurs des deux sexes peuvent-ils avoir concrètement les moyens de décider, contrôler, diriger en politique et en économie, à l'usine et dans leur ville, en gardant l'actuelle semaine de travail « réduite progressivement » aux 40 heures ?

Il parle d'une « politique hardie de l'enfance et de la jeunesse ».

Mais nulle part il n'y est dit que les mineures auront droit à l'avortement et à la contraception (gratuits ou remboursés par la SS). Nulle part il ne

prévoit l'existence de collectivités de jeunes autogérées, prévoyant au contraire de renforcer la « structure familiale ».

Il parle d'une « véritable éducation sexuelle » dans les établissements scolaires.

Mais il ajoute qu'elle sera conçue comme une partie de l'« éducation morale ».…

Ce qui est assez ambigü pour être inquiétant.

Il parle de « favoriser l'exercice par les jeunes de leurs responsabilités dans la société ».

Mais il ne dit aucun mot sur l'embrigadement des jeunes par l'armée, le sport, les « loisirs orga-

Il parle d'une « abrogation de la législation répressive sur l'avortement ».

Mais l'avortement n'est autorisé que dans cinq cas précis et limités. Sa décision est le fait d'une commision composée de « spécialistes » et non celui de la femme elle-même.

Et quand parait un manifeste de 330 médecins déclarant avec courage (au risque de perdre leur métier) qu'ils ont pratiqué l'avortement, FHumanité déclare en conclusion d'un article hostile :

« Ramener au premier plan le seul débat philosophique et moral en escamotant son contexte économique et social, n'est-ce pas aider la majorité ? » (sic).

le 5.2.73 Et le PCF prétexte du fait que l'avortement ne résoud rien (certes) pour ne pas lutter pour sa libéralisation.

Le Programme Commun lutte pour vivre « comme maintenant, mais mieux ». Comme il garde l'essentiel de l'industrie capitaliste, comme il laisse intactes les principales forces de répression bourgeoises (police, justice, armée) il est logique qu'il laisse les jeunes en tutelle, ne permet pas aux femmes d’être maîtresses de leur propre corps, et conserve inchangée la cellule familiale, pilier de l'ordre bourgeois.

Les révolutionnaires, eux, luttent pour « vivre autrement ».

Lutter dès aujourd'hui !

Contre ceux qui pensent que la question sexuelle est un sujet à aborder plus tard, après l'avènement de la démocratie avancée et du socialisme.

Contre les tartuffes qui font de la révolution un alibi à leur passivité.

Nous luttons dès aujourd'hui :

— pour la mixité des lycées et de chaque classe

— pour le droit de visite des garçons dans les lycées, les internats et les foyers de filles, et réciproquement

— pour le droit pour les lycéens et lycéennes — marié(e)s ou non — de vivre ensemble et d'avoir, s'ils le veulent, des enfants

— contre la répression qui frappe les filles-mères

— contre le quadrillage policier des plages, des piscines et des festivals pop

— contre la répression vestimentaire (maquillage, habits, etc...) \

contre l'espionnage répressif qui sévit dans les lycées : chasse aux flirts, surveillance des sorties, etc.

— pour la contraception libre et gratuite pour tous y

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compris les mineurs

— pour la création de centres d'information et de distribution des contraceptifs ouverts aux mineurs, dans les quartiers, les établissements scolaires et universitaires, les entreprises

— pour l'avortement libre et gratuit sur simple demande.

— pour des services sociaux gratuits (crêches, laveries, jardins d'enfants)

— contre la répression de l'homosexualité

Pas de véritable libération sexuelle sans révolution sociale

Contre ceux qui pensent que l'essentiel est de « révolutionner les esprits et les mentalités ». Contre ceux qui pensent qu'il suffit de vivre en commune aujourd'hui pour « changer la vie » en vase clos.

Nous disons clairement :

La lutte doit s'engager dès aujourd'hui. Mais la bourgeoisie peut très bien céder sur telle ou telle revendication (voir la loi sur l'avortement aux USA) sans que le système entier soit remis en question.

La tâche numéro 1 renverser

le système capitaliste

Pour les marxistes révolutionnaires, on ne pourra pas

véritablement parler de « changer les mentalités » ni de « libérer la sexualité », tant que sera debout cette société fondée: sur le profit, sur l'exploitation de l’homme par l'homme. Tant que les travailleurs trimeront 45 heures par semaine pour que d'autres s'enrichissent. Tant que l'ouvrière, après ses 8 heures de boulot, sera obligée de recommencer une deuxième journée de travail le soir en rentrant chez elle (pour s'occuper de la maison et des enfants).

Tant que des inspecteurs de l'enseignement primaire pourront écrire tranquillement : «les adolescents. ont atteint l'âge « physiologique » de l'amour avec la puberté, mais ils n'ont pas encore atteint l'âge « social » de l'amour qui n'est acquis qu'avec la pleine possession d'un métier, l'achèvement des études, la conquête des diplômes, la sécurité des ressources. Aidons-les à patienter ».

Georges Lhôpiteau

La tâche numéro 1 restera d'arracher les usines aux trusts capitalistes et de détruire l'État bourgeois, c'est-à-dire la gigantesque machine d’oppression forgée par la bourgeoisie (police, justice, armée...) pour maintenir sa domination.

Notre but est de construire un monde nouveau

Après la prise du pouvoir par les travailleurs, dans une société qui se donne pour tâche collective la construction du socialisme, des mesures concrètes doivent être prises :

— pour créer les conditions matérielles d'une égalité réelle entre hommes et femmes ;

— pour libérer la sexualité du carcan d'interdits et de tabous où l'emprisonne la société bourgeoise

Un gouvernement des travailleurs après avoir arraché les usines aux trusts capitalistes et démantelé les forces de répression bourgeoises, se donne une tâche centrale : la construction consciente du socialisme par les travailleurs eux-mêmes, quel que soit leur âge ou leur sexe.

Mais pour que ce but soit atteint, il faut créer les conditions matérielles pour :

— que les femmes ne soient plus dépendantes des hommes et asservies par les tâches domestiques et l'élevage des enfants ;

— que les jeunes ne soient plus soumis sans défense à

l'arbitraire familial, que leur sexualité ne soit plus réprimée comme une anomalie, et qu'ils puissent s'organiser entré eux. Pour cela il faut : — que le temps passé à travailler soir fortement diminué. C'est parfaitement possible avec le progrès technique. C'est une mesure décisive si les travailleurs veulent se donner non seulement le temps de vivre, mais aussi celui de diriger collectivement le pays ;

— que sautent les barrières de tous ordres qui empéchent la masse des femmes d'avoir un métier ou en font des salariées à tarif réduit (formation professionnelle, salaires, préjugés.) ; :

— que toutes les tâches « domestiques » qui incombent aujourd'hui aux femmes comme travail supplémentaire soient largement prises en charge par la collectivité (par la multiplication des crèches, jardins d'enfants, ouverts, 24h sur 24, des laveries automatiques, restaurants bon marché, etc...) ;

— que la collectivité prenne aussi en charge une part croissante de services fournis gratuitement dans tous les domaines, pour préparer concrètement la fin de la tyrannie du fric, la fin des « hantises sur comment finir le mois ? », la fin de la tyrannie de l'« argent de poche ». Cela veut dire : gratuité de services ou produits en nombre croissant dans le domaine des transports, de la nourriture, des spectacles, des vêtements, de l'hébergement.

Page 9 de la numérisation

que sautent toutes les murailles juridiques qui transforment le mariage et la famille en prison. Le mariage doit devenir une simple formalité administrative facultative. Les couples non mariés (avec ou sans enfants), les « fillesmères » doivent bénéficier des mémes droits. Le divorce doit être gratuit et réalisé sur simple demande des deux ou d'un des deux partenaires. Les jeunes doivent pouvoir choisir de s'éloigner de leurs parents et habiter ailleurs.

— qu'une bataille idéologique très dure et prolongée s'engage contre tous les préjugés et les tabous hérités de la société bourgeoise dans les rapports entre hommes et femmes («supériorité masculine », privilèges, etc...) et dans le domaine de la sexualité (interdit, pas propre, quand tu seras plus grand, etc...)

Alors « les rapports entre les sexes deviendront une affaire purement privée qui ne touchera que les personnes intéressées, la société n'y interviendra pas. Cela sera rendu possible grâce à l'abolition de la proprité privée et grâce à l'éducation des enfants aux frais de la société ; par exemple, les deux fondements du mariage actuel seront abolis ; notamment la femme ne dépendra plus du mari, ni les enfants de leurs parents ».

Engels

Alors tous ces effets « amèneront à une destructuration rapide de la famille bourgeoise, cette cellule économique refermée sur elle-même, porteuse et reproductrice de l'idéologie et de la répression morale, à son remplacement par des communautés moins rigides basées sur le seul désir de vivre ensemble ».

Manifeste de la Ligue Communiste

Série « Qu'est ce que. — Documents Ligue Communiste » a- La violence.

b- Les augmentations uniformes. c- La santé.

d- L'école.

e- Les nationalisations.

£- L'information g- Le gaspillage capitaliste.

h- Le parlement i- L'oppression des femmes.

j La hausse des

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