Bordeaux : sept lits d’hôpital pour les avortements ! Le reste est absorbé par le privé ou se réalise clandestinement. (...) Bordeaux n’est pas loin de l’Espagne, aussi de nombreuses femmes viennent-elles dans cette ville chercher une solution qui est... de plus en plus difficile à trouver ! Comme partout ailleurs, les cliniques privées s’engraissent sur le dos des femmes.
C'est dans ce contexte que s’est créé à Bordeaux un collectif unitaire contraception-avortement-sexualité a l’initiative du SMG (Syndicat de la médecine générale) qui comprend plusieurs organisations (LCR, PSU, CCA, PS) et de nombreuses organisations de masse (groupes femmes, Choisir, Planning, MAS, SGEN-CFDT). L’UD CFDT y vient en observatrice. Quant à la CGT, elle a, sous les pressions, fini par consentir à
« L’idéal » de l’association Grossesse -secours de Bordeaux
Le bilan d’activité de l’association Grossesse -secours est paru dans un mensuel médical local. On peut y lire que la « prévention des avortements volontaires ». à Bordeaux, a donné des « résultats positifs ». Il faut entendre par là les cas où la dissuasion a été efficace et où la femme a renoncé à son projet...
On y apprend, entre autres, que certaines << interrompent une gestation parce qu elle générait la réalisation d'un projet sans importance (voyage, vacances d'hiver ou d’été) » et que << la continence temporaire bien comprise, rigoureusement contrôlée par la température et strictement appliquée, reste une méthode très sure Son caractère quasi ascétique et la maitrise de soi qu 'elle exige ne la rendent acceptable que pour des couples fortement motivés par un idéal de moins en moins répandu » (sic). C'est signé MAHON, patron du CHR y venir aussi « pour observer ». Elle refuse néanmoins de signer quoi que ce soit. Il y aurait des organisations avec lesquelles elle ne pourrait si-
Ouvert avant les municipales un centre est fermé après les législatives
A l’initiative des groupes femmes « rive -droite ». un nouveau collectif va naître pour exiger l'ouverture d’un centre avortement contraception-sexualité à Cenon, banlieue ouvrière dortoir de Bordeaux.
Les groupes femmes « rive-droite » ont prévu de mener une campagne unitaire sur un axe local précis : l’ouverture d’un centre d’ACS. Figurez-vous en effet qu’à Cenon, un centre d'orthogénie avait été ouvert... avant les municipales, mais il fut fermé... après les législatives !
gner... Le PC. lui, « parti le plus féministe ». n’a pas donné de ses nouvelles.
Dans un premier temps, le collectif s’est enlisé dans des débats à n’en plus finir et très tendus pour définir la plate-forme. Mais à vouloir la fignoler ainsi, sans nous donner les moyens de nous imposer sur la scène politique de Bordeaux, nous risquons fort de passer à côté des possibilités de mobilisation. De son côté, le PS cherche surtout à obtenir le soutien du comité a son projet de loi...
Les groupes femmes constituent une des forces les plus dynamiques investies dans la campagne. Malgré la lenteur incontestable de mobilisation des groupes, ce sont les femmes représentant la coordination des groupes qui font les propositions d'action et ce sont les groupes qui en assurent le succès. C’est ce qui s'est passé le 3 1 mars et le 1er Mai.
Pour devenir efficace, le collectif doit devenir un comité de masse et ne pas rester un cartel d'organisations. Il peut le devenir en intervenant comme cela a été décidé/ à l'hôpital Saint-André pour exiger l’élargissement du centre d'IVG. en accompagnant collectivement des femmes qui y ont été refusées, qui ont dépassé les délais ou sont étrangères. Il faut aussi mener campagne pour l'ouverture d'un centre d'IVG a l'hôpital Pellegrin. le plus important de Bordeaux, où n'existe toujours pas de centre d’IVG. Il faut enfin tout mettre en œuvre pour assurer le succès de la mobilisation à l'occasion du procès des trois médecins (cf. encart).
Trois médecins inculpés pour l’exemple
Trois médecins du Sud-Ouest sont inculpés pour avoir envoyé trois femmes, hors du cadre de la loi (française et espagnole) se faire avorter à Lourdes dans une clinique sous-équipée. Cette clinique était connue et tolérée par la DDASS.
Une de ces femmes, qui venait d'Espagne, est morte. La famille a porté plainte et ce fut le scandale.
On trouva des boucs émissaires et donc, outre Chatenay (le chirurgien qui se remplit les poches), trois autres médecins ont été inculpés pour l'exemple.
Le Syndicat de la médecine générale (SMG) a déjà rassemblé les signatures de plus de 200 médecins demandant à être coinculpés.
Le collectif unitaire de Bordeaux veut faire de ce procès, le procès de la loi et de l'incurie du service public. Malheureusement. on peut s'attendre à ce que le procès ait lieu en juillet.
Il faut créer une mobilisation régionale pour que ce procès ne reste pas dans l’ombre. Le jour du procès, a Tarbes, il faudra qu'il y ait beaucoup de monde décidé a affirmer le droit des femmes de choisir. Une condamnation des trois médecins représenterait en effet un grave échec pour le mouvement.