Si Dijon s’enorgueillit d’une politique d’espaces verts, d’aires de jeux pour les enfants (encore trop peu nombreuses d’ailleurs), d’un lac artificiel construit à grands frais, les crèches y sont tout au -tant en dessous des besoins qu ’ailleurs, et le centre d’IVG, centre de planification du bocage, ne répond pas à la totalité des besoins des femmes.
De janvier à décembre 1978 : 229 femmes ont été reçues par le Planning.
Parmi elles :
— 2 > ont été prises en charge par le centre d’IVG ;
— 116 femmes n’ayant pas dépassé le délai de 12 semaines d’aménorrhée ont été contraintes d’avorter en dehors de Dijon ;
— 3 > ayant dépassé le délai ont dû se rendre ailleurs ;
— 46 n’ont pas informé le Planning des résultats de leurs démarches.
Les mineures, les immigrées ont des difficultés accrues, les femmes ayant déjà avorté sont refusées.
Le Planning, dans une lettre à Veil, pose les questions suivantes : « Pourquoi obliger les femmes à rester 24 heures à l’hôpital ? Pourquoi la pose de laminaires ? Où est le libre choix de la femme ? A-t-elle la possibilité de se faire anesthésier ? » Autant de questions aujourd’hui restées sans réponse.
Dans le cadre d’une série de débats organisés par les groupes femmes de la ville (« le Moi des femmes ») le Planning et les groupes femmes organisèrent en décembre 1978 un débat sur la situation de l’avortement et de la contraception à l’échelle nationale et a dijon. Il en ressortit d’emblée la nécessité d'une mobilisation unitaire.
Parallèlement, une série de débats ont eu lieu sur la question dans un certain nombre de sections syndicales (en particulier animées par les commissions femmes syndicales qui existaient déjà auparavant). Ceci a permis aux sections et aux commissions de se joindre à la campagne sur un pied d’égalité avec les autres associations et organisations, ayant déjà elles-mêmes sensibilisé le milieu sur la question. Une commission avortement-contraception CFDT s'est constituée au niveau de la santé.
Le collectif
En février 1979, la commission avortement-contraception des groupes femmes décida de convoquer l’ensemble des organisations syndicales et politiques du mouvement ouvrier dijonnais pour la création d'un collectif et la préparation d'une manifestation le 31 mars, journée internationale.
Presque toutes les organisations ont répondu à cet appel, sauf l’UD CGT qui affirma dans une lettre adressée au collectif que la mobilisation prioritaire pour elle « était les femmes travailleuses ». On comprend mal ce raisonnement, d’autant plus que lors de la manifestation du 1er Mai, la représentante de l’UD affirma que la CGT se mobiliserait pour le droit des femmes à l’avortement.
Le PCF se retira dès la deuxième réunion, promettant une lettre d’explication que nous n’avons pu encore lire, faute de l’avoir reçue. LO ne revint pas.
Les initiatives
La manifestation du 31 mars fut un franc succès : 700 personnes environ. Elle fut dispersée après une chanson des groupes femmes ridiculisant la politique nataliste du gouvernement. A noter que la presse évita soigneusement de photographier le cortège des sections syndicales ce qui a nui. au caractère de « masse » de cette « manifestation ».
A la réunion suivante du collectif (annoncée dans la presse) des partisans de Laissez -les vivre tentèrent de « participer » à leur manière au travail du collectif. Ils en furent pour leurs frais et durent se retirer.
En dehors du collectif, la LCR pour le 8 mars ti nt un mini-meeting sur l’oppression des femmes et la campagne avortement. Les groupes femmes animèrent un débat après une pièce de théâtre .-la Journée d’une infirmière. Un meeting du GED-UNEF réunit en faculté 300 participants sur le problème de l’avortement-contra-ception.
Après la manifestation du 31 mars
Le collectif a décidé d’approfondir une série de questions.
— problème de la loi ;
— gratuité ou remboursement par la Sécurité sociale ;
— clause de conscience.
Et de poursuivre la campagne avec une série d’initiatives :
— un cortège du collectif le 1 *r
Mai ;
— une exposition itinérante ;
— un tract d’information sur la contraception et les démarches à engager pour pouvoir avorter à Dijon.
Correspondante de Dijon