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Le droit à l’emploi : Une lutte internationale

· Cahiers du féminisme, n° 13, mars - avril 1980 · p. 9-13 · 3 285 mots

SI TOUTES LES FEMMES DU MONDE

Le droit à l’emploi : une lutte internationale « Nous voulons du travail » criaient les femmes italiennes qui, par dizaines de milliers, sont descendues dans la rue le 8 mars de Van dernier. « Vive les femmes en lutte, pas touche à son poste de travail ! » scandaient les travailleuses romaines, à quoi faisait écho le cri de ralliement des ouvrières milanaises : « Toutes à la Pirelli ! Quand le travail était épuisant, on y employait aussi des femmes. Maintenant que certains travaux très durs sont effectués par des machines, on ne veut plus d’elles ! »

Les discriminations de tous ordres auxquelles sont confrontées les femmes sur le plan de l’emploi suscitent de plus en plus de réactions parmi les travailleuses et leurs organisations. Comme le montrait l’article sur « L’Europe des femmes au travail » paru dans le numéro 10 des Cahiers du féminisme, les chances d’une femme de trouver un emploi bien rémunéré et si possible intéressant sont plus que limitées. En dépit des statistiques indiquant une très forte augmentation du nombre de femmes actives durant la dernière décennie, les travailleuses sont loin d’occuper une situation identique à celle hommes sur le marché du travail. Dans la plupart des pays industrialisés ou semi -industrialisés, la courbe du taux des femmes salariées continue à monter, que ce soit en relation avec l’expansion du secteur tertiaire, ou avec le développement d’entreprises à caractère « typiquement féminin » dans des secteurs comme l’électronique. Dans certains cas, comme l’Allemagne, la Suisse, la France, la Grande-Bretagne, le Canada, etc., cette croissance est aussi à mettre en relation directe avec la politique de la bourgeoisie vis-à-vis de la main-d’œuvre immigrée : les mesures de contrôle qui, d’une manière générale, tendent à imposer une stricte limitation de l’entrée des immigrés dans ces pays ont pour conséquence un besoin accru de main-d’œuvre dans des emplois non qualifiés et mal payés qui sont partiellement occupés par des femmes.

LE DROIT A L’EMPLOI

Il existe, bien évidemment une contradiction criante entre la propagande de la bourgeoisie pour le retour des femmes au foyer — qui s’est exprimée au travers de campagnes vicieuses sur le « rôle de la mère » à l’occasion de l’Année de l’enfance — et les besoins immédiats du patronat. C’est ainsi qu’au Japon, où les relations économiques et sociales font que la femme reste encore très dépendante de l’homme et de la famille, on a vu le ministre du Travail, au nom de l’égalité entre hommes et femmes, proposer l’abolition des lois protectrices relatives à l’interdiction du travail de nuit des femmes, de leur emploi dans des travaux dangereux pour leur santé ou du congé mensuel pour les règles. Ce à quoi, une centaine de féministes connues et de dirigeantes syndicales ont riposté dans un appel disant qu’il s’agissait bien plutôt de lutter pour la diminution des horaires et pour l’amélioration des conditions de travail de tous les salariés, dans un pays où la semaine de travail légal est encore de quarante-huit heures, où le patron peut imposer des heures supplémentaires sans autre limite que l’accord des travailleurs de l’entreprise et où il est extrêmement difficile pour ces derniers d’obtenir les congés salariés auxquels ils ont droit. Dans un tel contexte, l’« égalité » ne peut avoir d’autre signification que la surexploitation, d’autant plus que la majorité des travailleuses japonaises occupent des postes temporaires ou à temps partiel, sans aucune garantie d’emploi.

Le travail à temps partiel : une tendance générale

L’augmentation du nombre d’emplois à temps partiel est d’ailleurs un phénomène généralisé qui prend des proportions sans précédent dans les pays où le taux de la main d’œuvre féminine est le plus élevé.

En Suède, où 66 % des mères ayant un enfant de moins de sept ans, et 70 % de l’ensemble des femmes étaient salariées en 1977 (contre 38 % et 54 % respectivement quinze ans plus tôt), on notait que, dans certains domaines du secteur public affectant avant tout des femmes, les emplois à temps partiel sont passés de 31 % à 53 % en dix ans, allant jusqu’à 11 % parmi les employé(e)s des municipalités. L’introduction du mi-temps ou de toute autre forme d’aménagement du temps de travail, sous prétexte de « libérer la femme pour ses tâches de mère » visent en fait à alléger les charges salariales des patrons. Ce sont là autant de mesures qui vont à l’encontre de la stabilisation de l’emploi des femmes et la possibilité pour elles d’accéder à des emplois qualifiés. La politique de la bourgeoisie des pays capitalistes développés est certes moins brutale, en apparence, que celle de la classe dominante de certains pays sous-développés où les femmes peuvent être licenciées dès qu’elles se marient (comme en Inde). Mais dans tous les cas, les objectifs sont les mêmes ; maintenir un volant de main-d’œu- vre non qualifié, taillable et corvéable à merci, sans garantie d’emploi C’est en gardant ces données à l’esprit qu’il faut apprécier les chiffres avancés par les économistes bourgeois de toutes nationalités prévoyant une augmentation du taux de l’emploi des femmes pour les années à venir (+1,8 % en France pour 1980 selon l’Expansion ), quand bien même toutes les statistiques indiquent une augmentation du chômage des femmes beaucoup plus forte que celle des hommes. Aux USA, où l’on prévoit que 66 % des mères seront actives en 1990 (contre un peu plus de 50 % aujourd’hui) ces messieurs ne se gênent pas pour indiquer que cela impliquera une diminution relative des salaires dans les secteurs traditionnellement féminins (secrétaires, infirmières, etc.) à moins que le nombre d’emplois n’augmente parallèlement, ce qui ne semble pas faire partie de leurs prévisions...

« A travail égal... » ?

Face à une telle situation, les féministes de divers pays en sont venues à s’interroger sur le sens réel d’une revendication comme « A travail égal, salaire égal ». Non que quiconque mette en cause le principe élémentaire auquel renvoie ce mot d’ordre. Mais, parce qu’il apparaît chaque jour plus clairement qu’il est insuffisant et ne met pas en évidence les racines de la surexploitation et de l’oppression des femmes. Ne serait-ce qu’en raison de la division du travail, des tâches et des rôles qui sous-tendent les rapports sociaux et déterminent la place des femmes dans la société. Selon qu’on fait un apprentissage ou non, on n’a pas les mêmes possibilités de trouver un travail qualifié. Selon qu’on suit des cours pour être électricien ou sténodactylo, on n’a pas les mêmes débouchés. Et ce sont des « choix » qui sont déterminés autant par les rapports économiques et sociaux que par l’idéologie dominante et le type d’éducation dispensée à l’école et dans la famille dès la plus tendre enfance. Comment expliquer sinon qu’en Allemagne, où les filles représentent plus du tiers des apprentis en formation professionnelle (chiffre sensiblement identique au pourcentage de femmes dans la population active), elles ne « choississent » de faire un apprentissage que dans 17 % des branches qui leur sont offertes ? Cela « explique » ensuite que les femmes représentent le pourcentage le plus élevé d’OS n’ayant aucune autre formation que celle acquise sur le tas pour effectuer une ou deux opérations limitées.

Cela explique également que, dans le contexte de crise économique actuelle, et dans un pays comme la Suède où les conquêtes des travailleurs sur le plan social et de la formation professionnelle sont loin d’être négligeables, les patrons puissent organiser des cours de formation pour certains emplois très qualifiés excluant explicitement les femmes — qui y étaient admises auparavant — sans susciter pour autant une levée de boucliers de la part des travailleurs et de leurs organisations. Que signifie, dès lors, ce « A travail égal, salaire égal » ? Comment l’appliquer à la majorité des femmes dont on sait qu’elles travaillent dans des branches dont les salaires sont traditionnellement les plus bas et qui, de plus, sont en crise ? Que signifie cette revendication pour l’ouvrière du textile français qui sait pertinemment que la moitié des emplois ont été supprimés en quinze ans dans sa branche (600 000 en 1979 contre 1 140 000 en 1964) et que les responsables du ministère du Travail n’excluent pas la disparition de cette branche si les importations continuent à progresser ? En Suède, en Belgique et dans bien d’autres pays,

SI TOUTES LES FEMMES DU MONDE les chiffres l’attestent, le nombre de femmes actives dans l’industrie a diminué alors qu’il augmentait dans le tertiaire. Ce qui implique un abaissement de la moyenne des salaires féminins.

En Allemagne...

Certes, les discriminations salariales sont loin d’avoir disparu, même là où les femmes font un travail identique à celui des hommes. Pour preuve la lutte que les travailleuses allemandes de l’entreprise Foto Hein-ze de Gelsenkirchen ont dû mener pour obtenir l’application du principe du « salaire égal ». Sous prétexte que les hommes étaient plus forts physiquement (alors qu’il s’agissait d’un atelier de développement de films...) et que la main-d’œuvre masculine était plus « flexible » (entendez par là qu’on pouvait leur demander de faire du travail de nuit), le patron accordait 2 DM de plus à l’heure aux travailleurs masculins. 29 femmes de cet atelier ont intenté un procès collectif et l’ont gagné en juillet dernier. Effet rétroactif à octobre 1978: le patron leur devait plus de 20 000 DM !

Briser les résistances

Si la revendication « A travail égal, salaire égal » garde donc toute son actualité, elle n’a de force que si elle s’articule avec une série d’autres revendications indiquant clairement les objectifs de la lutte pour le droit à l’emploi, à qualification et à conditions égales avec les hommes, sans discriminations d’aucune sorte.

Comme le montre l’exemple de la bataille menée aujourd’hui par des travailleuses canadiennes, l’un des premiers verrous à faire sauter, c’est le refus de nombreuses directions d’entreprise d’émbaucher des femmes dans les secteurs non traditionnels. Or, tant que les organisations ouvrières et les travailleurs considéreront comme normal qu’on n’embauche pas de femmes dans la sidérurgie, l’aviation, les chantiers navals, le bois, etc. Il sera extrêmement difficile, voire impossible pour les femmes de faire valoir leurs droits (ou alors de manière exceptionnelle et à titre individuel). Il faut en finir avec les idées toutes faites sur la faiblesse des femmes et leur incapacité à effectuer certains travaux. L’un des arguments avancés par la Stelco au Canada pour refuser d’embaucher des ouvrières à Edmonton était que les femmes en question n’étaient pas assez fortes — plus précisément que leur poids était insuffisant ! — alors qu’à l’évidence certains hommes dans l’entreprise ne pesaient pas plus qu’elles et avaient été engagés avec une qualification moindre que la leur. Ce genre de prétextes qui, la plupart du temps n’est pas remis en cause par les travailleurs tant qu’ils ne sont pas confrontés à des cas concrets, est communément utilisé par les patrons pour tenter de décourager les femmes durant leur période d’essai quand par hasard ils ont accepté de les embaucher dans des emplois dits « masculins ». C’est ainsi que pour essayer d’éliminer une des femmes qui voulait entrer aux chemins de fer canadiens en tant que roulante, on l’obligea à soulever d’une seule main un poids deux fois plus lourd que ce qu’on demandait habituellement aux hommes de faire avec les deux mains, la direction du CN tenta ensuite de la décourager en l’affectant aux tâches les plus dures et les plus dangereuses et en la menaçant de renvoi si elle n’acceptait pas de signer un papier disant qu’elle acceptait de rester nettoyeuse à vie...

La plupart des femmes qui sont parvenues à entrer dans des secteurs non-traditionnels peuvent rendre compte de ce genre d’intimidations.

SI TOUTES LES FEMMES DU MONDE positif de la lutte de ces femmes sur les travailleurs de nombreuses entreprises des mines, de la sidérurgie et de l’automobile qui ont affirmé explicitement leur solidarité avec le combat qu’elles avaient engagé contre la politique sexiste des patrons. Face à cela, il est évident que la question de la formation professionnelle des femmes dans les métiers traditionnellement masculins est un élément clé pour faciliter la bataille qui leur permettra de faire valoir leurs droits. Une telle lutte peut être menée dès maintenant pour que cette formation soit dispensée sur le tas, avec des heures prévues à cet effet. Mais ceci nécessite que les travailleuses soient déjà à même de mener une bataille collective dans l’entreprise. Ce qui pose tout le problème des quotas à l’embauche ou des mesures préférentielles afin d’obtenir une embauche collective des femmes dans ces secteurs.

Après un long débat dans le mouvement ouvrier, les ouvrières de Turin ont obtenu que les listes d’em-bauche établies par les syndicats ne le soient pas selon les seuls critères d’ancienneté, mais en tenant compte des discriminations spécifiques dont les femmes sont l’objet. Dans le cas de la Fiat, cela s’est traduit par le fait que les embauches de la dernière période ont concerné une majorité de femmes. Elles ont d’ailleurs fait école dans tout le pays, au point que des paysannes d’un tout petit village de Calabre qui se voyaient systématiquement confinées dans les travaux agricoles journaliers alors que les hommes étaient affectés à des travaux plus qualifiés dans les forêts ont réclamé, elles aussi, l’adoption de critères distincts de ceux établis jusque là.

Aux USA, les innombrables procès intentés par des femmes qui s’étaient vu refuser l’entrée dans des entreprises de la sidérurgie ou des mines ont été à l’origine d’un mouvement d’opinion d’une telle ampleur que des lois ont été passées, obligeant les directions des compagnies à embaucher un quota fixe de femmes -10 % dans le cas des mines, 20 % dans la sidérurgie, etc. Ce qui ne veut pas dire pour autant que les lois soient appliquées... D’ailleurs quand les directions se sentent tenues d’embaucher des femmes parce qu’elles

Aux U.S.A ....

Dans les mines aux Etats-Unis, c’est allé jusqu’aux menaces et aux attaques physiques. Des femmes de la Jim Walter Resources à Broock-wood commencèrent par trouver les pneus de leurs voitures crevés lorsqu’elles sortaient de la mine, puis elles constatèrent qu’une bombe avait mis le feu à leur véhicule. Par ailleurs, la direction les obligeait à travailler à certaines places parmi les plus dangereuses au fond de la mine et elles furent victimes d’un accident ressemblant fort à un attentat. Dans tous les cas cependant, ces 'femmes témoignent de la solidarité qu’elles ont rencontrée parmi leurs compagnons de travail, dès lors qu’elles ont décidé de lutter ouvertement contre ces tentatives de les éliminer par la force. Dans le cas de Broockwood, en particulier, la riposte des syndicats a été immédiate, même si les deux femmes en question — militantes du SWP — ont décidé d’arrêter leur travail étant donné que leur vie était réellement en danger, ce qui aurait pu apparaître comme une défaite s’est transformé en une bataille d’envergure nationale, révélant l’impact

LE DROIT A L’EMPLOI ont peur des procès, elles cherchent la première occasion venue pour les licencier (et la loi ne dit rien à ce sujet). D’où un autre problème : celui des critères retenus pour les licenciements dans tous les pays où prévaut le « seniority system » ou tout autre système s’appuyant sur les critères d’ancienneté. Aux USA, comme en Suède, les femmes et une partie du mouvement ouvrier' exigent maintenant qu’on adopte des critères compensatoires tenant compte du fait que la majorité des femmes ont interrompu leur travail pour s’occuper de leurs enfants (sans parler de celles qui n’ont jamais travaillé) et que leur temps d’ancienneté est nécessairement plus faible.

Contre les agressions sexistes

Bien sûr, cela ne résoud pas le problème des agressions sexuelles et des humiliations dont les femmes sont sans cesse victimes, en particulier dans les secteurs à majorité masculine. Sans aller aussi loin que la situation dénoncée lors du congrès des travailleuses brésiliennes de la métallurgie qui s’est tenu l’automne dernier à Sao Paulo, où les femmes racontaient comment les petits chefs les obligeaient à montrer chaque mois qu’elles avaient bien leurs règles pour s’assurer qu’elles n’étaient pas enceintes, on sait combien les patrons usent de situations humiliantes qu’ils créent à dessein (absence de vestiaires, de toilettes propres pour les ouvrières) afin d’avoir barre sur elles et de créer un climat de crainte.

Mais la lutte des travailleuses contre les agressions sexistes verbales ou physiques se révèle de plus en plus être un levier pour combattre non seulement la politique antiféministe, mais plus généralement la politique anti-ouvrière du patronat. Devant le refus de leur compagnie d’installer des douches et des vestiaires dans les bâtiments où elles travaillent (on leur a proposé d’utiliser ceux qui se trouvent à l’autre bout de l’entreprise, ce qui représenterait une heure supplémentaire de travail), les ouvrières de la US Steel de Chicago ont organisé un piquet devant les locaux de la direction, avec le soutien direct des syndicats qui ont organisé un meeting pour dénoncer ces discriminations. Quant aux 1 400 travailleurs du bois de Shelton, dans l’Etat de Washington, ils sont entrés en grève pour exiger la réintégration d’une ouvrière licenciée après qu’elle eut intenté un procès à la compagnie en raison du caractère sexiste de l’interrogatoire qu’on lui avait fait subir lors du test à l’embauche. Ce genre de luttes tend non seulement à poser l’ensemble des problèmes liés à l’oppression spécifique des travailleuses, mais permet très concrètement de faire un pas en avant dans la bataille contre la politique de division de la classe dominante.

La bataille des femmes pour le droit à l’emploi ne se limite évidemment pas aux luttes que mènent les travailleuses dans les entreprises non-traditionnelles. Cette bataille, c’est aussi et tout autant la lutte des ouvrières du textile contre les licenciements et pour des salaires décents. C’est la lutte des femmes de tous les secteurs contre l’introduction du mi-temps ou de toute autre forme d’aménagement du temps de travail pour les femmes, conçue comme une manière de les rejeter dans une catégorie à part et de les enfermer dans leur rôle traditionnel de mère et d’épouse. Dans ce sens, les travailleuses de la Mondadori, en Italie, qui ont été à la pointe de la lutte contre le temps partiel dans ce pays, ont raison de souligner dans les documents qu’elles ont produit combien cette bataille renvoie à tous les aspects de l’oppression spécifique des femmes contre la division du travail et des tâches, pour la formation professionnelle des femmes, pour la mise en place d’équipements collectifs, leur permettant de se dégager des tâches ménagères et de ne plus assumer seules l’éducation des enfants.

Mais il n’en reste pas moins que la lutte entreprise par des travailleuses d’Amérique du Nord et d’Europe du nord pour rentrer dans les secteurs clés de l’industrie met à jour une série de problèmes sur lesquels le mouvement des femmes doit se pencher. Elle confirme que la bataille pour le droit à l’emploi des femmes ne saurait être victorieuse si elle ne s’inscrit pas dans une bataille générale contre la division du travail, pour la diminution radicale du temps de travail et pour la répartition du travail entre tous et toutes. Car, pour que les femmes puissent occuper la place qui leur revient, il faut d’abord créer les conditions de l’unité des travailleurs. Mais elle indique aussi que les organisations féministes et syndicales ne peuvent se contenter d’avancer la revendication « A travail égal, salaire égal » et qu’il faut, dès maintenant, s’atteler à l’élaboration d’un programme revendicatif prenant en compte les expériences concrètes faites par les travailleuses de nombreux pays qui ont décidé de ne plus se laisser reléguer dans les « éternelles tâches féminines ».

J. H.

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