Comprendre le travail des femmes est, pour un économiste, une affaire bien plus compliquée que l’analyse de l’emploi « en général » (c’est-à-di-re de celui des hommes). En effet le problème de l’emploi des femmes ne peut être saisi dans toute son entièreté et sa complexité qu’en fonction de deux données : celle de la production et de la reproduction (du travail salarié et du travail domestique) et non de la seule production, comme c’est le cas pour l’emploi des hommes.
C’est selon cette optique que Critiques de l’économie politique (1) consacre son dernier numéro à l’étude de divers aspects de l’emploi des femmes dans des sociétés (Algérie, Brésil, Mexique, France) et à des époques différentes.
La diversité des articles et leur comparaison suscitent un tas de questions et permet d’aborder un niveau plus théorique : ainsi, par exemple, à partir de la comparaison entre l’Algérie contemporaine où l’industrialisation et la salarisation de nouvelles couches de femmes s’accompagnent d’un renforcement de la famille, et le développement du capitalisme dans la France du 19e siècle qui s’appuya au début sur l’institution familiale, par le travail à domicile, on en vient à s’interroger sur le processus qui mit en place la double journée de travail si nécessaire au capitalisme.
A l’heure de la campagne emploi des femmes, ce dossier qui ouvre le débat et incite à la réflexion en profondeur sur le travail des femmes ne pourrait être plus indiqué pour toutes celles qui cherchent à mieux s’armer dans cette bataille.
Elisabeth Renan (1) Critique de l’économie politique, N° 17, octobre/décembre 1981
Critiques de l'économie politique
Notes
- (1) Critique de l’économie politique, N° 17, octobre/décembre 1981