Après le 10 mai 1981, nous sommes en droit d’attendre que l’avortement soit enfin libre.
Pour cela, nous décidons d’accentuer notre mobilisation dès aujourd’hui et de l’étendre nationalement à l’occasion notamment de l’échéance du vote pour le remboursement de l’IVG à la rentrée.
Multiplication de centres d’information et de consultation sur tous les lieux de travail et d’études, ces lieux étant des antennes et des relais des centres d’IVG, animés par l’équipe du centre avec la participation des usagères, sur leur temps de travail.
(...) Depuis 10 ans nous nous sommes battues pour la liberté de l’avortement, aujourd’hui nous réaffirmons nos exigences :
— l’abrogation de la loi Veil-Pelletier et particulièrement de l’article 317 du Code pénal ;
— l’inscription de l’IVG au Code de la santé et plus au Code pénal ;
— le remboursement à 100 % (comme la stérilité) et la gratuité pour toutes les femmes non affiliées personnellement à la Sécu (mineures, femmes au foyer, immigrées) ;
— la suppression du délai de 1 0 semaines de grossesse ;
L’information sur la contraception et l’avortement doit être accessible à toutes et à tous et la sexualité doit être intégrée à notre quotidien. Pour cela, nous voulons :
— des stages dans le cadre de la formation permanente ou de la formation professionnelle ouverts à toutes et tous ;
— des stages municipaux, animés par l’équipe de centres de quartier ;
— des crédits pour la recherche en matière de contraception.
Face au projet de manifestation de la droite, contre l’avortement le 15 mai 1982, organia-tion d’initiatives (Bus symbolique pour l’Angleterre, prise de parole dans chaque ville, occupations de centres, délégations...)
Propositions d’actions concrètes qui puissent être menées localement et nationalement par toutes les structures du mouve-ment syndical et social. _ (voir également encart p. 50)
— la suppression de l’autorisation parentale pour les mineures : « Majeures pour accoucher, majeures pour avorter » ;
— la suppression du délai de séjour pour les étrangères ;
— la suppression de l’assistante sociale ;
— la suppression de la clause de conscience ;
— l’amnistie totale de tous les médecins inculpés en 1980 et la levée des interdictions professionnelles.
Pour pouvoir exercer librement et correctement ce droit, nous voulons :
— la création de services autonomes dans tous les hôpitaux avec gratuité des soins (fonctionnant comme des dispensaires) .
— la création de centres d’orthogénie de quartier, structures plus légères et plus accessibles aux femmes.
Ces différents types de structures d’accueil offrant un choix pour les femmes.