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Archives des publications de la Ligue communiste révolutionnaire, section française de la IVe Internationale

SI TOUTES LES FEMMES DU MONDE

Sri Lanka : Sur le travail de nuit

Cahiers du féminisme, n° 20, juillet - août 1982 · p. 47 · 541 mots

Suite à notre débat sur le travail de nuit des femmes, nous avons voulu donner un éclairage nouveau à la question en publiant le point de vue d’un mouvement de femmes d’un pays du tiers monde, celui de Sri Lanka.

Extraits d’une déclaration du Mouvement des femmes de Sri Lanka du 1er février 1982

Aujourd’hui, selon la loi en vigueur à Sri Lanka, il est interdit d’employer des femmes la nuit (entre 22 h et 6 h du matin). Cependant, le ministère du Travail a récemment déclaré que le gouvernement avait décidé de lever cette interdiction.

Certaines personnalités du gouvernement ont expliqué qu’en abrogeant cette loi, c’était une loi discriminatoire contre les femmes qu’on abolissait et que les femmes acquéraient ainsi l’égalité avec les hommes.

Nous rejettons cet argument car le gouvernement est bien pressé de nous « accorder notre égalité » quand les conditions nous sont défavorables alors qu’il ne fait aucun effort pour mettre fin à des pratiques qui nous portent préjudice, et nous garantir l’égalité avec les hommes quand les conditions nous sont favorables. Par exemple, pourquoi les ouvrières des plantations ont-elles toujours un salaire moindre pour un travail égal ? Pourquoi le gouvernement est-il si peu disposé à élaborer une loi qui donnerait le droit aux femmes d’accéder à toutes les qualifications et professions ? (...)

Pour notre part, nous sommes contre le travail de nuit pour les femmes parce que toutes les études médicales et scientifiques ont prouvé que le travail de nuit est nuisible à la santé. Il est extrêmement nocif non seulement pour les femmes mais aussi pour les hommes. La véritable égalité consisterait à interdire le travail de nuit pour les femmes comme pour les hommes. Cette revendication doit être celle du mouvement ouvrier dans son ensemble. (...) La loi interdisant le travail de nuit pour les femmes est un droit dont bénéficie la classe ouvrière depuis longtemps. Pourquoi l’Etat essaie-t-il de retirer ce droit aux femmes ? Certaines multinationales ont fait savoir à l’Etat qu’elles n’entreprendraient rien dans ce pays s’il leur est interdit d’embaucher des femmes la nuit. Il est clair que Je principal objectif du gouvernement n’est pas d’accorder l’égalité aux femmes mais de faciliter la venue de capitalistes étrangers qui pourront exploiter sans limite le travail de nos soeurs afin d’amasser des super-profits. (...)

D’autre part, à l’heure actuelle la plupart des entreprises de confection, telle que FTZ, utilisent de vieilles machines qui dans 4 ou 5 ans seront hors d’usage. Faire travailler les femmes la nuit permettrait ainsi d’extraire le profit optimal de ces machines. Après cette période, les ouvrières seront sans aucun doute congédiées. Il est donc faux de dire que le travail de nuit des femmes créerait des emplois à long terme.

Enfin, le port de Trincomalee va devenir un centre de repos et de loisirs pour plus de 2 000 « marines » américains. Ce n’est un secret pour personne que dans d’autres pays de tels centres utilisent un grand nombre de prostituées. La levée de l’interdiction du travail de nuit pour les femmes est-elle une mesure destinée à faciliter une telle embauche à Sri wlanka ? (...)

Womens Libération Movement (Sri Lanka)

C/o The Ceylan Teachers Union 72 Malay Street, Colombo 2 Sri Lanka

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