La presse de la LCR

Archives des publications de la Ligue communiste révolutionnaire, section française de la IVe Internationale

SI TOUTES LES FEMMES DU MONDE

Femmes maghrébines

· Cahiers du féminisme, n° 22, décembre 1982 - janvier 1983 · p. 21 · 919 mots

L’invasion du Liban et le siège de Beyrouth ont révélé aux yeux de beaucoup la nature du projet sioniste. Mais ils ont aussi mis à nu la trahison totale des régimes arabes, qui ont assisté sans bouger aux massacres des populations palestiniennes et libanaises. La Ligue Arabe a attendu trois semaines, après le début de l’offensive israélienne, pour se réunir, et elle a repoussé toutes les demandes d’aide, tant matérielle que politique, formulées par l’OLP. Cette passivité complice, de la part des gouvernements arabes, est allée jusqu’à réprimer et interdire, à l’intérieur de leurs états respectifs, toute forme de manifestation de solidarité avec le peuple palestinien. Ainsi le roi du Maroc, Hassan II, qui a accueilli en grande pompe Yasser Arafat lors du sommet de Fès et s’est laissé complaisamment photogra-

En Tunisie

Au cours de l’été, un certain nombre de femmes (militantes syndicalistes de l’UGTT, féministes du Club de femmes Tahar Haddad, intellectuelles) se sont regroupées pour dénoncer l’agression sioniste au Liban et développer un mouvement de solidarité avec le peuple palestinien. A plusieurs reprises elles ont manifesté dans la rue, en particulier le 23 septembre dernier, où elles ont appelé àun rassemblement devant le siège de l’ONU à Tunis. Ce rassemblement fut un succès malgré les tentatives policières pour disperser les participantes. Une délégation est allée porter au représentant de l’ONU la motion dont nous reproduisons ci-dessous les principaux extraits :

En Algérie

Tout au long de l’été, gouvernement et médias ont fait peuve de la plus grande discrétion sur les évènements du Liban, largement aidés par le déroulement au même moment de la Coupe du Monde de football : l’arrivée de l’équipe algérienne jusqu’aux quarts de finale a canalisé bien des énergies !...

Seules, ou presque, des femmes se sont efforcées à plusieurs reprises de briser le silence entretenu autour de la tragé- phier à ses côtés, n’a-t-il pas hésité à envoyer sa police encercler le théâtre de Rabat où se tenait un meeting de soutien à la Palestine, et a-t-il laissé les flics matraquer les participants à la sortie du théâtre, pour les empêcher de partir en manifestation. De même, le gouvernement algérien a violemment réprimé la manifestation de solidarité organisée par les étudiants en Septembre dernier. Et ce ne sont que quelques exemples...

Cela explique en partie pourquoi les trois mois d’agression israélienne contre le Liban et les forces palestiniennes n’ont pas suscité de réaction de masse dans les autres pays arabes. Mais la répression n’est pas le seul facteur. Il y a aussi l’attitude de la direction de l’OLP dans les années passées, qui a toujours privilégié les

Appel des femmes Tunisiennes démocrates au secrétaire général des Nations Unies.

« Nous, femmes tunisiennes démocrates, adressons cette motion à l’organisation des Nations Unies (...) et lui demandons de dépasser le stade de la simple condamnation et de la protestation passive qui depuis 1948, n’ont abouti à aucun résultat. Aussi est-il nécessaire de prendre des mesures concrètes contre l’Etat sioniste :

-exclusion de l’Etat sioniste des Nations Unies et des organismes qui en dépendent, puisqu’il n’a cessé depuis sa création de bafouer les principes humains et moraux les plus élémentaires et de passer outre les résolutions internationales émanant des Nations Unies (...)

-reconnaissance des droits légitimes die du peuple palestinien.

Ainsi, la section d’Alger de l’U.N-.F.A. (Union Nationale des Femmes Algériennes -organisation pourtant contrôlée par le gouvernement) a fait circuler dans les entreprises une pétition pour le retrait des troupes israéliennes et le soutien aux peuples palestinien et libanais. Cette pétition, adressée à la communauté internationale et aux chefs d’Etat arabes, a recueilli très vite des centaines de signatures.

Cette section a également mis sur relations avec les gouvernements arabes, même les plus réactionnaires, au détriment des liens avec les populations de ces pays, érigeant cette attitude en un principe, celui de « non-ingérence dans les affaires intérieures des pays arabes ».

Ainsi la mobilisation des pays arabes est restée très loin de répondre au défi lancé par l’intervention sioniste. Mais cela n’enlève rien de leur valeur aux diverses initiatives qui ont quand même eu lieu, malgré la répression -et en particulier aux manifestations organisées par les femmes algériennes et tunisiennes. Manifestations qui témoignent, à leur façon, de l’approfondissement de la radicalisation et de la conscience féministes dans ces pays, et doivent être saluées comme telles.

Anne Marie Granger et inaliénables du peuple palestinien sur son territoire national : La Palestine.

-retrait immédiat des forces sionistes du Liban; sauvegarde de son intégrit territoriale et de son indépendance; fourniture de toute forme d’aide nécessaire pour effacer les séquelles de l’agression sioniste.

-pressions sur les U.S.A et leurs alliés afin qu’ils cessent toute fourniture d’armes à l’Etat sioniste et l’empêchent ainsi de continuer à exercer ses guerres destructrices.

Enfin, nous appelons toutes les forces éprises de justice, de liberté et de paix dans le monde à soutenir le peuple palestinien afin qu ’il acquière ses droits légitimes et inaliénables et qu’il constitue son Etat national.

Nous appelons toutes les femmes du monde à soutenir le peuple palestinien et libanais dans leur juste cause. »

pied des collectes de vêtements, d’argent, de médicaments, envoyés au Liban, et a organisé en Août un meeting qui, malgré le black-out total observé à son sujet par les moyens d’information officiels, a regroupé environ 300 femmes.

Enfin l’U.N.F.A. avait appelé pour le 26 Septembre (le lendemain de la manifestation étudiante réprimée par la police) à une nouvelle manifestation, que le gouvernement s’empressa d’interdire, soucieux d’enrayer le développement de toute mobilisation.

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