Les 13, 14 et 15 mai derniers s’est tenu à Tunis un colloque sur le thème : « Sexualité, contraception : choix ou contrainte ? » Il était organisé par les femmes du Club de la condition féminine du club culturel Tahar Haddad. Soixante-dix femmes environ y ont participé, dont quelques représentantes des femmes marocaines et algériennes ainsi que des femmes immigrées vivant en France.
Ce colloque s’est déroulé sur tout un week-end. Les débats des premières journées furent organisés de manière non mixte afin de favoriser le débat entre femmes.
Le premier jour fut consacré au thème de la sexualité et du rapport des femmes à leur corps. C’est la première fois qu’un tel sujet, particulièrement tabou dans les sociétés musulmanes, était abordé en public. Cela explique les blocages et les hésitations qui se manifestèrent au début. Ensuite, ce fut au contraire une explosion de témoignages personnels, d’interrogations sur le vécu du corps, la sexualité, le rapport à l’homme, aux autres femmes, aux fantasmes...
Le deuxième jour, on dressa le bilan de la politique de contrôle natal menée par les gouvernements respectifs des pays du Maghreb, en particulier en Tunisie. Au centre du débat, la question du libre choix des femmes. Par sa législation, la Tunisie peut faire figure de pays progressiste puisque l’accès aux contraceptifs est libre et gratuit. Pourtant on ne peut parler de liberté des femmes à ce sujet, puisque seul un souci démographique guide la politique gouvernementale. Concrètement, celle-ci peut se traduire par des mesures autoritaires telle la suppression des allocations après le troisième enfant, ou la stérilisation forcée dans certains cas.
La situation des femmes immigrés en France a également été abordée au cours du colloque.
Le dimanche après-midi, ces débats furent repris devant un public mixte, mais ce ne fut pas à l’évidence la partie la plus intéressante de ces journées.
Le compte-rendu de ce colloque doit être publié prochainement à Tunis.