Le grand mouvement d’opposition à la guerre et au surarmement, qui depuis quatre ans ébranle toute l'Europe occidentale, nous interpelle doublement. Par son ampleur d’abord — alors qu'en France la mobilisation démarre difficilement, et dans la division. Mais aussi en tant que femmes et féministes : comment ne pas être saisies parle nombre de femmes qui y participent ? De la Grande-Bretagne à l’Allemagne, de la Scandivanie à l'Italie, jamais mouvement n'a mobilisé autant de femmes !
Nous avons voulu essayer de comprendre ce qui les pousse à descendre dans la rue par centaines de milliers, à se regrouper, souvent à prendre elles-mêmes l’initiative des mobilisations. Nous ne prétendons pas, dans les limites de cet article, dresser le tableau exhaustif d’un mouvement d’une telle ampleur et d’une telle étendue géographique, encore quasiment inconnu en France. Mais nous tentons d'en donner un aperçu, en insistant plus particulièrement sur le cas de la Grande-Bretagne, où le mouvement des femmes pour la paix nous paraît être le plus significatif.
En 1980, un groupe de femmes danoises lançait un « Appel des femmes pour la paix », dans lequel elles s'adressaient à toutes les femmes : « Avons-nous encore un avenir, nous et nos enfants ? Avec les femmes du monde entier, nous voulons transformer notre impuissance en pouvoir (. . .). Nous exigeons le désarmement pour assurer une paix durable. » En très peu de temps ce texte recueillait 500 000 signatures dans les pays Scandinaves, était repris par d’autres femmes en Allemagne et ailleurs. Autant de manifestations de l’inquiétude profonde suscitée par la décision de l’OTAN d’installer de nouveaux missiles en Europe 1 : cette nouvelle escalade dans la course aux armements représente un accroissement considérable des risques de guerre. La perspective d’un holocauste nucléaire n'est plus seulement un thème de science-fiction : « Si une guerre éclate demain, expliquent les femmes danoises, l’Europe sera rayée de la carte. La question est aujourd'hui très simple : c'est la survie de l’espèce humaine qui est en jeu. » Rapidement, des dizaines puis des centaines de milliers de femmes vont se mobiliser dans cette lutte contre les missiles et jouer un rôle capital dans la montée du pacifisme en Europe.
Au-delà de l’importance de la participation féminine aux mobilisations antiguerre, un autre fait est tout aussi significatif : quasiment partout, ces femmes éprouvent le besoin de se regrouper, de créer leurs propres structures et leurs propres formes de lutte. Dans toute l’Europe apparaissent des groupes de « femmes pour la paix » : « Vrouwen voor Vrede » aux Pays-Bas, « Kvinder for fred » au Danemark, « Women’s peace movement » en Grande-Bretagne, etc. La multiplication de ces groupes est loin d’être un phénomène limité aux grandes villes : la vague de mobilisation ne cesse de progresser, atteignant des couches de plus en plus larges. Aux côtés des femmes pour qui la lutte contre la guerre est un prolongement de leur lutte sur d’autres terrains (féministes, écologistes, syndicalistes, militants des partis de gauche, etc.), de plus en plus nombreuses sont celles qui s'engagent pour la première fois dans une action collective — qu’il s'agisse des travailleuses ou de femmes au foyer. Certes les motivations ne sont pas toutes les mêmes, et des divergences s’expriment ; mais le plus souvent, elles ne constituent pas un obstacle à la poursuite de la lutte commune, tant est grande la conscience de l’importance de l'enjeu.
Greenham Common, un symbole pour le mouvement anti-guerre
Tout en participant activement aux mobilisations de l'ensemble du mouvement pacifiste, les groupes de « femmes pour la paix » multiplient les initiatives autonomes : appels, pétitions, rassemblements, rencontres nationales ou internationales, manifestations, marches, chaînes humaines, sit-in, « die-in » (des femmes s’allongent dans la rue comme des mortes, mimant une catastrophe nucléaire), etc. : ce ne sont pas les propositions qui manquent ! Des formes d'action nouvelles apparaissent, tels ces « camps de la paix » que des femmes ont établi dans plusieurs pays, à proximité de bases militaires où doivent être installés les nouveaux missiles de l’OTAN. Le premier fut celui de Greenham Common en Grande-Bretagne, dont nous reparlerons tout à l’heure, et dont
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Greenham Common, 13 décembre 1982.\
l'exemple a été repris à Comiso en Sicile, aux Pays-Bas, en RFA. Partout l’objectif est le même : affirmer l'opposition totale, radicale, des femmes à l'installation de ces missiles, leur volonté de voir cesser la course aux armements.
Pour montrer le lien qui unissent toutes ces actions, il a été décidé lors d'une rencontre européenne de femmes en 1982, de faire du 24 mai, chaque année, la « Journée internationale des femmes pour la paix et le désarmement ».
Dans ce vaste mouvement aux multiples ramifications, l’action des femmes de Greenham Common fait peu ou prou figure de référence. Aux quatre coins de l'Europe — et même en Australie et aux États-Unis — des groupes se réclament d'elles, s'inspirent de leurs formes de lutte. Leurs déclarations sont reprises un peu partout, prenant ainsi valeur de Manifeste : « Pendant des années, les hommes ont quitté leur foyer pour faire la guerre. Aujourd'hui ce sont les femmes qui le quittent pour lutter pour la paix. »
5 septembre 1981 : une quarantaine de femmes installent un « camp de la paix » à l'entrée de la base de Greenham Common.
21-22 mars 1982 : 10 000 manifestants devant la base. 3 000 femmes bloquent l'entrée pendant 24 heures. 34 arrestations.
24 mai 1982 : Journée internationale des femmes pour la paix. 80 initiatives différentes ont lieu dans tout le pays (en pleine guerre des Malouines, dans un climat de chauvinisme exacerbé et de quasi « unité nationale » !). 12 décembre 1982 : manifestation nationale à Greenham Common pour l'« anniversaire » de la décision de l’OTAN de-1979. 30 000 femmes encerclent la base, formant une longue chaîne de 14 kilomètres !
1er janvier 1983 : à l'aube, 44 femmes escaladent la clôture et rentrent dans la base. Elles sont arrêtées et condamnées à quinze jours de prison.
24 mai 1983 : Journée internationale des femmes pour la paix : des initiatives ont lieu dans 600 villes de Grande-Bretagne ; grands rassemblements à Londres, Manchester, Glasgow, Edimbourg.
22 octobre 1983 : 400 000 manifestants à Londres à l'appel de la CND.
29 octobre 1983 : à Greenham Common, 2 000 femmes cisaillent et arrachent la clôture sur un kilomètre, démontrant ainsi la vulnérabilité de la base, et donc les risques pour la sécurité. 187 arrestations.
14 novembre 1983 : arrivée des premiers missiles sur la base. 24 heures de manifestations sans interruption devant l'entrée. Plusieurs centaines d'arrestations.
1 1 décembre 1983 : nouvelle manifestation nationale à Greenham Common : 30 000 femmes encerclent la base.
Aussi avons-nous voulu regarder d’un peu plus près ce qui se passe à Greenham Common, cette base américaine qui doit recevoir 96 missiles Cruise (dont les premiers sont arrivés en novembre dernier).
Voilà plus de deux ans (depuis septembre 1981) que des femmes campent à l’entrée de la base pour manifester leur refus des missiles et de l’armement nucléaire (voir encadré). Plus de deux ans qu'elles poursuivent leur action, malgré les agressions, les arrestations, la prison ; qu’elles tiennent tête aux campagnes de la presse réactionnaire qui se déchaîne contre ces « droguées », ces « gitanes lesbiennes », ces « femmes qui sous-alimentent leurs bébés », etc. Aujourd'hui, bien qu’elles n’aient pu empêcher l'arrivée des premiers missiles, leur détermination reste aussi grande, elles ne se considèrent pas comme battues : « Nous ne lèverons pas le siège de sitôt », affirment-elles. Leur objectif est maintenant d'empêcher la sortie des missiles hors de la base lors des essais.
Si ces femmes résistent ainsi contre vents et marées, depuis plus de deux ans, c’est qu'entre temps leurs initiatives et leur détermination ont provoqué une large prise de conscience dans la population et mobilisé des milliers et des milliers de femmes, contribuant à un renforcement considérable du mouvement antimissiles animé par la CND (Campaign for nuclear disarmament ). Elles sont ainsi devenues un obstacle sérieux pour le gouvernement britannique. Il suffisait pour s’en convaincre de voir comment, dès l'approche de l’arrivée des missiles, la base de Greenham s’était transformée en véritable camp retranché en état d’alerte : mille policiers, un régiment de paras (ceux des Malouines !), des chiens de garde, une clôture de barbelés, des miradors, des projecteurs et des hélicoptères survolant le camp en permanence !... Le ministre de la Défense n’a pas hésité à annoncer que les femmes qui tenteraient de pénétrer dans la base seraient considérées comme des terroristes et que les soldats pourraient ouvrir le feu.
Greenham Common, 13 décembre 1982
« Assurer l’avenir de nos enfants. »
Rien à l'origine ne semblait prédisposer ces femmes à jouer un tel rôle ; elles n'imaginaient certainement pas qu’elles arriveraient à faire trembler le gouvernement de la « dame de fer », ni qu'on les traiterait de terroristes... : une grande partie des « folles » de Greenham Common étaient auparavant des mères de famille qui consacraient l’essentiel de leur temps et de leurs préoccupations à l'éducation de leurs enfants. Mais c’est justement le souci de préserver l'avenir de ces enfants, de plus en plus menacé par l’accumulation des armes nucléaires, qui les a poussées à agir, à changer tout leur mode de vie, et même pour certaines à opérer une rupture totale (comme Helen John, la porte-parole du mouvement, qui a quitté son mari et ses cinq enfants pour vivre à Greenham) : « Nous ne voulons pas que nos enfants soient tués dans un holocauste nucléaire », expliquent-elles. Il faut dire que le réseau des bases des bases de l’OTAN est tel dans ce pays, qu’il est difficile d’oublier la menace permanente qui pèse au-dessus des têtes, et les Britanniques n’ont pas attendu la diffusion du film « The day after » pour se sentir concernés par la lutte contre
On retrouve aussi, dans les motivations de ces femmes, dans la façon dont beaucoup expliquent leur action, bien des arguments souvent entendus dans les mouvements pacifistes féminins, selon lesquels les femmes sont « par nature » non-violentes et ont donc la « mission naturelle » de s’opposer à la guerre — celle-ci étant le prolongement de l’agression « naturelle » des hommes. Autant d’arguments avec lesquels nous sommes en total désaccord (voir l’article précédent) : ils ne font que reproduire la division traditionnelle des rôles, avec la seule différence qu’ici ce sont les femmes qui ont le « beau » rôle... Il n'en demeure pas moins que des milliers de femmes se sont ainsi engagées dans une action qui bouleverse complètement leur vie, et qu’un tel bouleversement ne va pas sans de profondes remises en cause personnelles : une prise de conscience féministe se fraye un chemin favorisée par la possibilité de discussion collective, et nombre de femmes se radicalisent, se rapprochant des militantes féministes dans la course aux armements » 3. Par là, c’est aussi le mouvement ouvrier qu’elles interpellent, contraignant les directions syndicales à mettre en pratique leurs résolutions de congrès sur le désarmement : pour le 24 mai, elles ont obtenu le soutien officiel du Parti travailliste et du TUC (confédération syndicale) et fait ainsi de cette journée la première action syndicale d’ampleur contre l'armement nucléaire — alors qu’on était en pleine période préélectorale et que Thatcher menait campagne sur la nécessité d'une défense solide contre la « menace soviétique ». On peut juger là, une fois de plus, l’importance de la dynamique enclenchée par les femmes de Greenham Common. Et aujourd’hui, alors que des forces au sein même du mouvement ouvrier cherchent à obtenir un retour en arrière sur toutes ces questions, nul doute que leur action résolue peut contribuer à peser dans ces débats et à maintenir le cap sur la lutte pour le désarmement unilatéral et contre l’austérité.
Manifestation pacifiste à Bonn (RFA), le 23 mars 1983
Manifestation pacifiste à Bonn (RFA), le 23 mars 1983.
les risques de guerre.
Et les femmes se sont senties d'autant plus concernées que la politique d’armement du gouvernement Thatcher s’accompagne d’une remise en cause brutale de tous les acquis sociaux des périodes précédentes, dont elles subissent directement les conséquences dans leur vie quotidienne. C'est tout cela que les femmes de Greenham Common veulent dénoncer et combattre, comme l’explique Helen John : « Celles que l'on prétend “protéger" le plus lorsqu 'on tente de justifier l'accroissement des budgets militaires et de défense, ont ainsi pu faire savoir clairement combien, au contraire, elles voient leurs vies menacées, leurs conditions d'existence rendues plus difficiles par ce genre de choix de la part des gouvernants2. »
présentes à leurs côtés.
Contre l’austérité et le surarmement
Dans le même temps, au fur et à mesure que l’action se développe, les objectifs se précisent : d’une réaction spontanée face aux menaces de guerre, le mouvement des femmes de Greeham est rapidement passé à une mise en accusation publique des choix politiques faits par le gouvernement. Ainsi le 24 mai dernier, pour la Journée internationale des femmes pour la paix, elles ont appelé à manifester devant les écoles, les hôpitaux, les offices de l'emploi, pour montrer « les liens entre le manque de fonds pour ces établissements et l'argent versé
L’expérience des pacifistes anglaises, on le voit, est riche d’enseignement, pour les féministes comme pour tous ceux qui en Europe se mobilisent contre la guerre. Mais la part que nous lui avons accordée dans cet article ne signifie nullement que nous minimisions les autres mouvements de femmes pour la paix. Au Pays-Bas par exemple, les groupes « Vrouwen voor Vrede », créés par des femmes chrétiennes, ont de la même façon joué un rôle important dans le développement rapide du mouvement anti-guerre depuis 1970, à la fois par leurs actions indépendantes (camps de la paix, chaînes, etc.) et leur participation aux initiatives générales (comme la grande manifestation d’une demi-million de personnes à La Haye en octobre 1983 !).
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En Allemagne, contre le service militaire
L'itinéraire des pacifistes allemands est lui, assez différent ; en RFA (comme plus récemment en Suisse, en Belgique, en Espagne), c’est la question du service militaire qui est à l’origine des premières mobilisations. En 1978, un projet de loi social-démocrate, préconisant l'enrôlement des femmes dans l'armée, soulève aussitôt une opposition quasi générale4. 45 000 femmes signent l'appel : « Les femmes dans la Bundeswehr ? Nous disons NON ! ». En 1979 les féministes organisent un Congrès à Cologne pour dénoncer la militarisation de la société et préparer « la résistance des femmes ». Dès 1980 apparaissent des groupes de « femmes pour la paix », des manifestations ont lieu à Hambourg, Bonn, Munich. Et les manifestations du 8 mars intègrent désormais la revendication du désarmement.
On peut dire que les féministes ont été ainsi en RFA les « pionnières » du mouvement pacifiste qui va se développer à partir de 1981 et devenir l'un des plus puissants d’Europe (près d'un million et demi de manifestants, en tout, le 22 octobre dernier 0, renforcé récemment par; l'entrée en lutte, à ses côtés, du mouvement ouvrier traditionnel (le 5 octobre 1983 la confédération syndicale DGB — 8,5 millions de syndiqués — a appelé à une grève nationale de cinq minutes contre les missiles).
Le mouvement des femmes pour la paix a continué à intervenir et à se développer parallèlement, au travers de ses nombreux groupes locaux ; il a organisé des rencontres nationales, des « camps de la paix », des marches, et surtout, dans le cadre de la semaine d’action de cet automne, une « Journée des femmes » le 17 octobre avec des manifestations dans plus de cent villes — 30 000 femmes dans la rue au total. Ces chiffres sont loin d’être négligeables. Mais force est de constater que, dans la puissante lame de fond qui secoue tout le pays, les groupes de femmes sont aujourd’hui un peu marginalisés, et bien loin de jouer un rôle moteur comme en Grande-Bretagne. Les femmes sont très nombreuses dans le mouvement pacifiste, mais une petite partie seulement se retrouve dans les actions non mixtes. C’est qu'à notre avis les axes mis en avant par ces groupes ne nous paraissent pas les plus susceptibles de rencontrer un écho de masse : pour eux la question centrale est celle de la violence masculine, patriarcale ; la guerre n'en est qu'une des formes, au même titre que le viol, la violence conjugale, la pornographie (ch un de leurs principaux mots d’ordre : « Ce que les hommes appellent paix, c'est pour les femmes la guerre quotidienne »). La non-violence est à l’ inverse une « spécificité féminine ». Sous un langage plus radical, une tonalité plus féministe, c’est en fait la même conception qu’à Greenham Common, par exemple, la même division des rôles. Mais ici, cette conception est souvent systématisée dans toutes ces conséquences : le souci de trouver des formes d’action « spécifiquement féminines » l’emporte alors sur celui de convaincre le maximum de femmes ; et la volonté d’affirmer cette « spécificité » conduit certains groupes à un refus de coopérer avec le reste du mouvement pacifiste.
Gardons-nous cependant de toute généralisation. D’autant plus qu’une évolution se manifeste, les déclarations et les initiatives des groupes de femmes mettent aujourd'hui souvent l'accent sur le lien entre la politique d'armement et les attaques de plus en plus dures que subissent les femmes avec l’accentuation de la crise et de la politique d’austérité (déjà, ces attaques ont considérablement restreint l’« espace alternatif » que le mouvement féministe avait réussi à créer dans les années soixante-dix : centres de femmes, maisons pour femmes battues, etc.). Ainsi s’opère peu à peu un rapprochement entre les groupes « femmes pour la paix » et les femmes des syndicats.
De toutes façons, au-delà des critiques ou des réticences que nous pouvons exprimer à l’encontre de telle déclaration ou de telle action, l’essentiel pour nous reste la force et la richesse que représentent ces mouvements de femmes à travers toute l’Europe, aussi bien pour la lutte antiguerre que pour les femmes elles-mêmes. La journée du 8 mars doit être l’occasion d’affirmer notre solidarité avec ces mouvements ; mais il ne s’agit pas seulement de solidarité : nous sommes nous aussi concernées, en France, et il devient urgent que le mouvement des femmes prenne sa place dans cette lutte !
Anne-Marie Granger et Linda Woods
Notes
- 1. Décision du 12 décembre 1979 qui prévoit le déploiement en Europe, à partir de 1983, de 108 Pershing 2 et 464 missiles Cruise.
- 2. Interview paru dans Rouge n° 1068 du 17 juin 1983.
- 3. Extrait d’une lettre envoyée à tous les groupes pour la préparation du 24 mai.
- 4. Sur les débats soulevés par ce projet, voir dans la suite du dossier l’article consacré à l’armée et au service militaire.