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Nicaragua : A l'occasion de la visite de Magda Enriquez...

· Cahiers du féminisme, n° 28, printemps 1984 · p. 26-29 · 3 257 mots

Entretien avec Magda Enriquez.

A l'occasion de la visite en France de Magda Enriquez...

Entre le 14 et le 19 mars, Magda Enriquez, responsable nationale de AMNALAE, association des femmes nicaraguayennes « Luisa Amanda Espinoza », et membre du conseil d'Etat, a fait une tournée en France, coorganisée parles comités de solidarité avec le Nicaragua 1 et la CIMADE. Au cours de son séjour, elle a rencontré de nombreux responsables politiques et syndicaux, ainsi que des groupes de femmes et des travailleuses des Chèques postaux et de Renault. C'est l’occasion de faire le point sur la situation des femmes au Nicaragua cinq ans après la victoire contre Somoza, alors que l’agression impérialiste contre-révolutionnaire se poursuit : « Le blocus naval devient total, écrit le journal des comités Nicaragua aujourd’hui dans son numéro d’avril2, et l'on voit de la côte, la nuit, scintiller les lumières des grands porte-avions tranquillement ancrés dans les eaux territoriales nicaraguayennes. De grandes manoeuvres s’engagent à nouveau au Honduras... Pendant ce temps, les combats se poursuivent à la frontière. Ici, vingt paysans combattant dans la milice se font tuer ; là, c’est une petite fille âgée d'un an qui se fait tuer par une roquette provenant du Honduras ; là encore, des installations militaires subissent une attaque menée par seize chasseurs bombardiers (. . .). Mais cette nouvelle offensive n 'est pas dûe au hasard. Elle semble bien viser les élections afin de provoquer un raidissement du régime, un mécontentement populaire dont devrait profiter l’opposition. . . Ainsi à l’annonce des élections tant réclamées par l’opposition et aux nombreuses ouvertures récentes telles que l'amnistie des Miskitos, les garanties aux partis politiques, l'assouplissement de la censure. . .

Reagan répond par l'escalade de la guerre. » C'est dans ce contexte, à la veille de l’été, où des dizaines de brigades de solidarité s'apprêtent à soutenir en actes la révolution nicara-guyaenne, que « les Cahiers du Féminisme » ont interviewé Mariana, militante des Comités de Solidarité, ayant elle-même séjourné là-bas après la victoire sandiniste.

N.B.

• Magda Enriquez au cours de ses interventions a toujours beaucoup insisté sur le passé, l’histoire des luttes de femmes au Nicaragua. Pourquoi est-ce important ?

C'est important parce que c’est dans ce passé que plongent les racines actuelles du mouvement des femmes Nicaraguayennes. Elle a expliqué que la première grève générale qui a été faite au Nicaragua, ce sont les femmes qui l'ont réalisée quand à l'époque coloniale elles ont refusé d’avoir des enfants, faisant une « grève des ventres » pour ne pas engendrer des esclaves. A l'époque de Sandino au début des années trente3, l’intégration des femmes à la lutte d'indépendance était remarquable : elles étaient présentes aux premiers rangs des combats contre les Yankees. C’est de cette tradition que sont nourries les actuelles combattantes. Certes en 1969, il n'y a eu que trois femmes présentes à la première Assemblée Générale des Femmes du Nicaragua qui a été convoquée : mais, outre Magda Enriquez elle même, il y avait Gladys Baez, la première femme combattante du FSLN4 Cette première « assemblée » a marqué un tournant malgré son extrême faiblesse ; c’était le signe d'une prise de conscience du rôle spécifique de la femme dans le cadre de la lutte nationale. Le succès de la deuxième assemblée qui réunit en 1977 plusieurs centaines de femmes témoigna du mûrissement de la conscience qui s’opéra alors. C'est à cette époque, en 1977 qu'AMPRO-NAC5 apparut : on peut comparer cette organisation avec les « mères d’Argentine ». Au départ, il s'agissait en effet d 'un mouvement strictement humanitaire regroupant les mères de disparus et de prisonniers politiques. Mais au fur et à mesure que son audience s'étendit le mouvement se radicalisa : il fut à la base des premiers comités de défense civile (CDC). C'étaient ces femmes, issues surtout des couches moyennes des villes qui organisèrent les premières l’autodéfense des villes. En 1979, ï AMPRON AC s’appelle AMN-LAE : par son nom même, l'organisation des femmes se réclame du sandinisme puisque Luisa Amanda Espinoza était une militante du FSLN tuée en combattant. Mais contrairement aux femmes soviétiques ou aux femmes cubaines, les femmes de l'AMNLAE se revendiquent non pas comme une organisation de parti, mais comme une organisation de masse des femmes. Au sein du FSLN, il y a une volonté politique concernant un projet de libération des femmes dans la perspective de la libération de la société toute entière : la concrétisation de ce projet passe par l’organisation des femmes en tant que telles. Par exemple, au niveau syndical, il y a des comités de travail de l’AMNALE, qui jouent le rôle de structure de base du mouvement et qui existent dans le but de faire pression pour que le syndicat intègre les revendications spécifiques des femmes.

Dans le secteur des coopératives agricoles du nord, où je travaillais avec l’UNAG6, on a réussi à obtenir, lors de la première assemblée constitutive, l'intégration des femmes non seulement à la production, mais aussi à la gestion et à la direction des coopératives.

• Ace propos, peux tu expliquer ce que sont les coopératives de femmes, comment sont-elles apparues ?

Au départ dans les coopératives traditionnelles et mixtes, on a essayé de faire des collectifs de femmes pour introduire de nouvelles cultures comme le soja ou les légumes. En effet les hommes étaient plus réticents, cela ne leur semblait pas rentable. En plus, la femme est plus sensibilisée à la question de la nutrition et il n’y a pas d 'obstacle à la collectivisation du travail. Les hommes au début posaient des problèmes sans fin, avec leur sens de la propriété privée, ils refusaient de travailler collectivement, de participer à des brigades de production, etc. Les femmes, elles n 'ont jamais rien possédé, elles n'avaient aucun problème à travailler ensemble.

• Est-ce tout à fait exceptionnel ces expériences de collectifs femmes ?

Non, pour l'UNAG c’était quelque chose de normal ; les hommes eux- mêmes considéraient ces collectifs comme stratégiques pour introduire de nouvelles relations de travail dans les coopératives, surtout dans les coopératives collectives où les paysans ont reçu en commun des terres par la réforme agraire 7

Dans la région de Matagalpa, il y a désormais ces coopératives de femmes, soit parce qu 'elles sont seules à la tête de leur famille, soit que leur mari est ouvrier agricole dans une plantation. Elles ont rassemblé leurs terres, et assument seules toutes les tâches y afférant, y compris la défense nationale.

• Précisément, la participation des femmes à la défense a été essentielle au moment de la guerre contre Somoza 8 ; aujourd’hui qu’en est-il ? Quelle loi a été en fin de compte adoptée sur la question du service militaire ?

Il y a encore beaucoup de femmes en armes, comme gardes à la frontière, dans la milice populaire territoriale ou dans la réserve. Les pourcentages varient bien sûr selon les régions : dans la zone frontalière, elles constituent plus de la moitié des effectifs parce que les hommes sont mobilisés dans des bataillons d’infanterie qui renforcent l’armée dans les points les plus chauds. Dans le village où j'étais à 5 km de la frontière, on était alors (l'an dernier) moins menacés qu'à Jalapa : les hommes ont dû y aller et il n'en est resté que 10 % dans la milice. En août l'année dernière, le ministère de la Défense a proposé une loi sur le service militaire qui avait pour but d'harmoniser les questions de défense (pour que cela ne tombe pas mal dans le cycle de production agricole, ou vis-à-vis des campagnes d'alphabétisation et de formation). Mais le projet ministériel ne prévoyait pas la participation des femmes au service militaire : on ne parlait pas des femmes ! Ce texte suscita une levée de bouclier générale, non seulement à la direction mais aussi à la base : « de nouveau on veut nous mettre à faire la cuisine pour l 'armée ? » En un mois, des assemblées se sont réunies partout, jusqu’au plus petits hameaux pour demander la révision de la loi. L'AMNLAE a d’abord demandé au ministre de la défense de prouver devant le conseil d’Etat en quoi les femmes étaient différentes des hommes d'un point de vue biologique pour que la loi soit ainsi faite. Il n 'a rien répondu. Après l'AMNLAE lui a demandé de s'expliquer devant des déléguées de toutes les régions : il n 'a pas trouvé à dire grand chose. Alors les femmes ont présenté un amendement pour que le service militaire soit reconnu, non pas comme obligatoire pour des raisons sociales et historiques, mais comme un droit, et qu 'on légigère ce droit. Désormais, le service militaire est mixte. Il parait que dans les premiers mois qui ont suivi la résolution de ce débat; il y avait plus de jeunes femmes qui s'inscrivaient que d’hommes.

• Une autre loi a fait beaucoup de remous, mais dans un domaine différent, celui de la famille : peux-tu en dire quelques mots ?

Oui, c'était la loi sur la filiation, disons sur la reconnaissance de la paternité : en 1982, l’AMNLAE a présenté une loi pour que marié ou pas, l’homme soit obligé de reconnaître ses enfants et de donner une pension alimentaire ou une aide en nature à la mère. Evidemment cette loi a fait beaucoup de remous car elle va contre le schéma, fréquent dans toute l’Amérique Latine, des hommes ayant des enfants à droite et à gauche et des femmes qui se retrouvent avec des enfants de pères différents qui étaient passés dans le village, sans jamais y remettre les pieds. En plus ÏAMNALE essayait d'obtenir qu'il y ait une prise en charge des femmes âgées sans ressources par leurs enfants. Le débat a duré cinq mois.

• Comment dans ce pays où l’église catholique a une grande audience se pose la question de l’avortement et de la contraception ?

La direction de l'AMNLAE pense probablement que l'avortement est une revendication légitime des femmes, qui tôt ou tard sera posée. A l'heure actuelle cependant, ce serait très impopulaire, cela créerait un conflit supplémentaire a vec l 'église, même l’église progressiste ; et ce serait donc une erreur politique, que de la mettre en avant. En plus, il y a eu, moins que dans d'autres pays d'Amérique du sud certes, la fameuse politique de stérilisation forcée des femmes impulsée par les USA à l'époque de l'Alliance pour le progrès (1961-64) et qui a duré jusqu'à la fin des années soixante. Ce fut une expérience traumatisante pour les femmes qui ne savaient pas pourquoi elles ne pouvaient plus jamais avoir d 'enfant. Il faut comprendre aussi que la préoccupation première des femmes nicaraguayennes aujourd'hui, c'est la mortalité infantile : et si elles mettent plusieurs enfants au monde, qu’au moins quelques-uns vivent. Leur revendications vis-à-vis du ministère de la santé, ce n'est pas le planning familial, mais la garantie du vaccin, du lait, etc. Et puis dans les familles paysannes l’argument économique reste fondamental : les enfants sont la force de travail, la seule source de richesse du prolétaire...

C’est sur le terrain de la contraception que l’AMNLAE pourrait faire avancer le plus vite la situation, et d'après ce que j'ai pu voir ou entendre (mais les choses vont si vite dans une révolution !) elles ne sont pas assez offensives : il y avait des pilules en vente sur les marchés 9, mais lui-même : « on a eu 50 000 morts, il faut repeupler le pays, on veut être fort. »

• Par contre sur le divorce des mesures radicales ont été prises, malgré la tradition catholique ?

Oui, désormais le divorce est presque gratuit : il coûte 120 cordobas (10 $ au taux officiel), les avocats sont gratuits, et l’homme doit verser une pension alimentaire proportionnelle à son salaire. Le divorce est surtout fréquent dans les classes moyennes : à la campagne les gens sont rarement mariés, c’est pour cela que la loi sur la paternité était nécessaire. Le catholicisme là-bas est très différent par rapport à l’Espagne ou l'Ita- les plaquettes n'avaient ni date ni mode d'emploi et les femmes en consommaient de la manière la plus nocive qui soit. Il y a des centres de santé, mais personne ne sait qu'ils existent. Il semble que depuis l'été dernier elles aient commencé des cours d'éducation sexuelle populaire en publiant par exemple dans la revue SOMOS les dessins des organes sexuelles (ce qui a provoqué un beau scandale) et en expliquant leur fonctionnement. Elles pensent par ce biais amener les femmes à une prise de conscilence. Mais je crois que la demande des femmes dépasse cette démarche. En plus il conviendrait d 'apporter une réponse au raisonnement de bien des cadres sandinistes, comme Thomas Borge lie. Il n’y a pas d'idée de virginité avant le mariage, de péché d’adultère, etc. A la limite la religion est plus formelle, plus mythique, mais moins nocive vis-à-vis de la femme. Le machisme est une relation de force, où l’homme doit dominer et soumettre la femme ; mais la femme n’a pas à supporter la morale bourgeoise occidentale. Dans un processus révolutionnaire, cela peut signifier que la femme peut avancer plus vite.

• Il n’empêche que le machisme est un obstacle puissant à l’émancipation des femmes nicaraguayennes...

C’est vrai : on l’a vu au moment du débat sur le partage des tâches mé- nagères, qui a provoqué une véritable foire ! Les militants du FSLN rigolaient dans la salle quand l’AMNLAE a proposé une loi dans ce sens au conseil d’Etat. Mais l’AMN-LAE est restée ferme : « c’est une question de détail , mais il y a derrière elle tout le problème de la famille, et un débat idéologique fondamental ; si on veut que la femme continue à militer et à participer activement à la production et à la défense de la révolution, il faut prendre des mesures afin qu’un certain nombre de tâches soient partagées par tous les membres de la famille. » Ce fut une des lois qui eut le plus de mal à passer au Conseil d'Etat : enfin T. Borge au cours d’une allocution prononcée à Léon pour le 5e anniversaire de l’AMNLAE a pris position au nom de la direction nationale en faveurt du partage des tâches ménagères 10. Il reconnaissait le rôle des femmes dans le processus révolutionnaire en dénonçant le danger de les reléguer « aux cuisines ». A partir de cette prise de position des mesures ont été prises y compris à l'intérieur du FSLN vis-à-vis de ceux qui auraient eu à l'égard des femmes des attitudes de mépris, ou qui refuseraient de reconnaître leurs enfants.

• Ce débat et ses difficultés révèlent donc qu’entre la victoire sur So-moza et 1982, il y a eu une période de tensions ?

Probablement on considérait que les femmes avaient bien participé à la lutte hier ; on mettait en avant la présence de cadres femmes au niveau supérieur (conseil d’Etat, ministères, commandements dans l’armée, conseil exécutif du FSLN) ; mais à la base on « utilisait » les femmes pour une campagne de nettoyage ou une campagne de vaccination. Mais pour les tâches politiques, on les reléguait de nouveau. Par conséquent, l’année 1982 a signifié un tournant radical avec l’ensemble des lois qui ont été prises ; lois de paternité, service militaire, loi sur la discrimination dans le travail n.

• Cela veut dire que l’AMNLAE a réussi a imposé un rapport de forces : comment ?

Les consciences se sont radicali-sées ; mais avant tout il y a le poids de la réalité. Par exemple on a vu que la participation des femmes à la défense a été imposée par le contexte, et c’est de cette expérience qu’a surgi la revendication du service militaire mixte. De même, en ce qui concerne les tâches du FSLN, la preuve a été faite que les femmes pouvaient les assumer aussi bien que les hommes, quand ceux-ci à cause de la pénurie de cadres avaient été envoyés ailleurs. La preuve a été faite également que les femmes étaient capables de gérer une coopérative. Ainsi, dans les départements de Léon-Chinandega, qui sont les plus importants du pays du point de vue de la production (coton, sucre et grain de base) et les plus peuplés, la responsabilité politique échoit à une femme, ainsi que la responsabilité de commandement militaire pendant la guerre. Mais les cadres intermédiaires étaient des hommes et à la base les femmes avaient jusqu’en 1982 des difficultés insurmontables à s’imposer. Les choses ont changé : dans les zones rurales, si une mobilisation est déclenchée, et si l’AMNLAE ne s’y associe pas, alors il n’y aura pas de mobilisation. C’est devenu une force considérable.

• Quelles sont les structures de l’AMNALE ?

La structure de base est le comité de travail dont les responsables (éducation et propagande, défense, production, santé, et « coordina-trice » c’est-à-dire secrétaire) sont élues en assemblée générale. Les responsables forment l’exécutif du comité. Cette même structuration est reproduite à tous les niveaux, municipal, régional et national. Au niveau natinal, l'AMNLAE a d’office en tant qu’ organisation de masse, une représentante et une suppléante au Conseil d’Etat. Il y a aussi des représentantes dans le tribunal national et les conseils locaux de la réforme agraire ainsi que dans toutes les instances de l'Etat où sont représentées des organisations de masse.

• Est-ce que dans le cadre des futures élections, l’AMNLAE a un projet spécifique ?

D’après mes informations, il n’y a que des candidatures de partis politiques. Mais l’AMNLAE essaie de garantir dans les listes un quota minimum de femmes, représentatives non seulement du Front sandiniste mais surtout de l’organisation de femmes.

• Quels sont les rapports actuels entre l’AMNLAE et le FSLN ?

Jusqu’à présent le FSLN donnait des conseils pour composer les directions régionales et nationales de l’AMNLAE. Au niveau des villages cette situation est dépassée : quand une camarade de l’exécutif régional décide de créer des comités de base dans un hameau ou une coopérative, elle rencontre des femmes qui sont déjà éduquées, qui ont participé à la défense, aux discussions de la coopérative, qui ont l'habitude des réunions ; parmi ces femmes se dégagent les cadres qui formeront l’exécutif du comité de base. On peut supposer que l’AMNLAE va acquérir une autonomie croissante à tous les niveaux au fur et à mesure que la pénurie de cadres sera résorbé.

• Après ce tour d’horizon, quel bilan provisoire peux-tu dresser de la situation des femmes nicaraguayennes, cinq ans après la victoire sandiniste ?

Les progrès sont considérables. Au niveau de la loi on a pu noter les avancées qui ont été réalisées. Mais le plus impressionnant c’est bien entendu la réalité de l'intégration des femmes au processus révolutionnaire, leur participation active. Comme je l’ai déjà dit, la défense d’un village ne peut pas être assurée si l’AMNLAE ne mobilise pas les femmes en vue de leur participation active. La réalité a pesé en faveur du changement : quand les hommes étaient partis pour le front, les femmes avaient garanti l’ autosubsistance des villages à elles seules ; à leur retour c’est elles qui doivent aller à l’assemblée du village parce que c’est elles qui ont semé, qui ont retiré le crédit, et qui se souviennent du temps qu’il a fait... Il n’y a pas à la campagne beaucoup de débats sur le féminisme ; mais il y a des évidences qui s’imposent : désormais les nicaraguayennes ont leur mot à dire. C’est là la première grande victoire de l’organisation des femmes !

Propos recueillis par Nathacha Brink

Notes

  1. 1. Comité de Solidarité avec le Nicaragua. 14, rue de Nanteuil, 75015 Paris (531.43.38 -533.09.08).
  2. 2. Nicaragua aujourd’hui. Avril 84. N° 3. (abonnement 90 F au comité).
  3. 3. CF. la brochure Nicaragua du rêve à la révolution parue à l’automne 82.
  4. 4. FSNL : Front Sandiniste de Libération Nationale.
  5. 5. AMPRONAC : Association de Femmes Confrontées à la Problématique Nationale. Lire la brochure Femmes du Nicaragua, qui retrace en détails et sur la base de nombreux témoignages l’histoire de l’AMPRONAC et des luttes de femmes nicaraguayennes.
  6. 6. UNAG : Union Nationale des Agriculteurs et Eleveurs créée en 1981, regroupant les petits et moyens paysans.
  7. 7. Il y a aussi des coopératives privées où les gens n’ont en commun que le crédit et l’assistance technique comme en France.
  8. 8. CF. Le dossier Femme et lutte armée dans le précédent n° des Cahiers du Féminisme.
  9. 9. Depuis que le blocus s’est renforcé, il n’y en a peut être plus.
  10. 10. Léon a été la première capitale libérée, par une femme.
  11. 11. Il y avait la tendance dans le privé mais aussi dans le public à réduire le salaire féminin : l’AMNLAE a organisé la riposte en occupant des terres, en dénonçant des administrateurs de l’Etat. Puis elles ont obtenu une loi contre la discrimination.

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