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Nantes : assises sur l’emploi et la formation des femmes
Les Assises sur l’emploi et la formation des femmes se sont déroulées à Nantes les 10, 11 et 12 mai derniers. Aboutissement d’un travail de cinq mois, à l’initiative de travailleuses sociales et de professionnelles d’administrations locales.
Ces assises répondaient à un constat : « Un grand nombre de femmes de la région nantaise vivant au quotidien les difficultés de l’emploi et des situations d’impasse en matière de formation, ont interpellé des représentants d'associations, des travailleuses sociales et des personnes à titre individuel, au sujet de l’aggravation de la situation. En effet, localement, on peut observer depuis quelques années une baisse importante des possibilités de formation à tous les niveaux pour les femmes, alors que la demande va grandissante. » « En ce qui concerne l’emploi, les femmes sont plus vite licenciées, en raison de leur manque de qualification professionnelle parfois, mais aussi parce que lorsqu ’“il faut choisir”, ce sont les femmes qu’on renvoie à la maison. Les femmes seules chargées de famille sont de plus en plus nombreuses (600 000 en France actuellement ) et, tout comme celles dont les maris sont au chômage, elles se trouvent complètement démunies pour affronter le marché du travail. De plus, l’articulation formation -emploi joue en leur défaveur, puisqu’on continue à former des jeunes dans des secteurs qui meurent .-le textile, les emplois de bureau sous -qualifiés, etc. Par contre, peu de femmes suivent des filières de formation qualifiantes dans des secteurs d’avenir pour la région, l’électronique ou l’agro -alimentaire par exemple. »
Fortes de ce constat, des associations, groupes et individus concernés ont décidé de se réunir dans le but d’organiser trois jours sur le thème : « Femmes dans la région nan -taise : formation et emploi ». Début mai, pour les Cahiers du féminisme, nous avons rencontré des femmes du collectif d’organisation des Assises, qui nous ont expliqué leur objectif :
« Nous voulons sensibiliser largement le public ; nous voulons ausssi donner un aspect revendicatif, pour amener les décideurs et les financiers face à leurs responsabilités. Devant le constat de la situation, ils ont bien fait des déclarations allant dans notre sens, alors que dans la pratique... c’est la fuite. Il faut un rapport de forces. »
Quarante trois groupes et associations ont participé à ce projet : des centres de formation, associations familiales, le centre d’information pour les droits des femmes, le Planning familial, l’Union locale CFDT, la Maison des femmes, etc...
Au programme de ces trois jours, un spectacle-participation selon la technique du Théâtre de l’opprimé, et de nombreux carrefours et débats : « Constat de la situation », « Pourquoi des formations spécifiques pour les fem -mes ? », « Diversification de l’emploi féminin, nouvelles technologies et élaboration d’une politique régionale en matière de formation », « Formation et orientation des filles », etc.
Près de 2 500 personnes ont participé aux Assises : des femmes de tous âges et de toutes conditions, travaillant à la maison ou salariées d’entreprise. Les carrefours animés ont vu s’exprimer beaucoup de femmes qui apportaient leur témoignage. Des expositions, des montages vidéo, des stands diffusaient une information abondante et les résultats du travail des commissions de préparation. Le point fort de ces trois jours était la table ronde réunissant élus régionaux et locaux, administrations et organismes concernés, syndicats, employeurs et associations, représentante du ministère des Droits de la femme. Le but de cette table-ronde était l’interpellation et la confrontation de ceux qui tiennent les choses en main sur les itinéraires de formation, la reconnaissance du savoir-faire des femmes, les projets de lois et leurs applications, les budgets, l’impact de la décentralisation.
Une assemblée générale a eu lieu le 7 juin pour tirer le bilan. Des perspectives ont été fixées :
— « L’établissement d’un livre blanc alimenté par les travaux des commissions et des carrefours ; la nécessité de se structurer pour émettre des propositions concrètes, faire pression auprès des décideurs, éditer des rubriques dans des bulletins d’organismes officiels (DAFCO, formation professionnelle), sensibiliser les enseignants, les élèves.
— « Un comité permanent des Assises et la constitution de groupes de travail, afin que les décideurs aient face à eux un interlocuteur compétent : le groupe inter -organismes pour l’information, l’emploi et la formation des femmes, avec des commissions et un groupe de coordination qui se réuniront régulièrement. »
Correspondante Nantes
Féminisme et pacifisme
Le mouvement « Résistance internationale des femmes à la guerre » nous a communiqué l’annonce suivante :
Les mouvements : « Résistance internationale des femmes à la guerre » (RIFG), « Ligue internationale des femmes pour la paix et la liberté » (LIFPL) et « Femmes pour la paix » (indépendante de tout parti politique) vous invitent à un colloque sur :
FEMINISME ET PACIFISME Le samedi 24 novembre 1984 à Paris, de 9 à 19 heures 9 bis, avenue d’Iéna. 75 016 Paris Grâce à leurs actions, les femmes ont acquis certains droits, mais pas encore le droit fondamental de disposer de la vie dans un monde en paix. Trop longtemps, les femmes ont subi les guerres décidées par les hommes. Il est temps que, renouant avec les meilleures traditions du féminisme, les femmes inscrivent la paix dans le programme de leurs revendications.
Pour les inscriptions, s’adresser au RIFG, 74, rue Villiers de l’isle-Adam, B.P. 265, 75 960 Paris cedex 20 (avant le 20 octobre).