Jamais les femmes n'ont été aussi sollicités qu'en cette période électorale.
C'est à la fois :
— la reconnaissance des mobilisations massives des femmes, ces dernières années, contre les aspects les plusscandaleux de leur oppression (avortement, viol, femmes battues, droit à l'emploi). Les femmes pat leurs luttes ont obligé à des prises de position, à des réponses politiques.
— Et une tactique de canalisation électorale qui vise à faire des aspirations exprimées par les femmes elles-mêmes, des « thèmes de propagande », parfaitement intégrés aux diverses stratégies d'aménagement du système capitaliste I
Symbole de la récupération : l'absënce de référence au mouvement autonome des femmes.
La droite, cela n'est pas pour nous étonner, la lutte des femmes, la lutte des classes, ils ne connaissent pas ! Pour eux, il n'y a que quelques inégalités à combler, le reste est le fait de minorités hystériques et « terroristes ».
Quant aux partis de gauche, cela est plus inquiétant, tout en multipliant sans répit les « six heures » pour « la promotion, la liberté, l'égalité de LA femme », ils ne reconnaissent jamais que ce sont les femmes elles-mêmes, par leurs luttes, par leurs questions, qui ont contraint les organisations syndicales et politiques du mouvement ouvrier à prendre en compte leurs exigences.
Jamais ils n'ont reconnu le droit des femmes à s'organiser de manière autonome !
Récupération plus subtile, c'est l'entreprise de « Choisir ».
Elles parlent au nom des femmes, de toutes les femmes, au nom même du mouvement des femmes, sans avoir jamais effectué aucune démarche vis à vis de toutes celles qui constituent les forces vives du mouvement des femmes (groupes femmes, commissions syndicales. Planning, etc...) !
La démocratie et l'unité s'envolent au nom du féminisme !
Des candidat(e)s féministes révolutionnaires !
Seul(e)s aujourd'hui les militant(e)s révolutionnaires défendent l'idée que les femmes doivent prendre en main leurs propres luttes.
Dans les usines, les bureaux, les quartiers, les militant(e)s révolutionnaires, les militantes féministes ont stimulé, et stimuleront la nécessité, non seulement de mener la lutte contre le patronat et le gouvernement — comme l'ensemble des travailleurs — mais aussi de défendre leurs propres droits en tant que femmes opprimées !
Nous n'avons aucun espoir d'émancipation dans le cadre du système capitaliste I
Mais il n'est pas possible de prétendre aller au socialisme sans réunir les conditions indispensables à une transformation fondamentale de la condition des femmes :
— Exiger le plein emploi pour des millions de femmes ;
— exiger des crèches pour les 2.400.000 enfants de moins de trois ans ;
— exiger la réduction massive du temps de travail, les 35 heures tout de suite sans réduction de salaire ;
— ■ exiger l'avortement libre et remboursé pour toutes les femmes;
— exiger la lutte effective contre les violences et agressions sexistes,
... c'est aussi s'engager à rompre avec un système qui se nourrit des profits, qui exacerbe la concurrence et la violence, qui bafoue la démocratie et exclue des millions de femmes de la vie politique, en les écrasant sous le poids de la double journée de travail I
Seul un gouvernement des travailleuHse)s peut répondre à ces exigences.
C'est cette alternative, pour un féminisme socialiste, que défendront les candidat(e)s de la LCR aux élections législatives sous le sigle « Pour le socialisme, le pouvoir aux travailleurs ».
Pas de socialisme sans libération des femmes. Ligue Communiste Révolutionnaire