La presse de la LCR

Archives des publications de la Ligue communiste révolutionnaire, section française de la IVe Internationale

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Cahiers du féminisme, n° 30, hiver 1984 - 1985 · p. 1 · 767 mots

non seulement la femme mariée qui travaille par rapport aux femmes au foyer aussi et surtout pénalise les couples mariés avec un enfant (deux pads et demie pour le fisc) par rapport aux o iples non mariés avec un enfant (trois parts). E. Sullerot propose de laisser les époux choisir leur mode d’imposition (séparée ou commune) pour mettre à égalité tous les couples. C’est une bonne solution transitoire vers un mode d’imposition séparée généralisée mais E. Sullerot en préfère une autre qui ne pourra pas être contestée par le service des impôts : supprimer la demi-part supplémentaire dont bénéficie le premier enfant d’un couple non marié ou de divorcé(e)s par rapport à celui d’un couple marié. C’est tellement plus économique et... moral !

Vers un renforcement des contrôles

Mais ce qui scandalise le plus E. Sullerot, c’est la prétendue complaisance dont bénéficient des parents non mariés de la part des caisses d’allocation familiale, qui leur permet de profiter abusivement d’allocations prévues pour des parents « isolés », vraiement seul(e)s et sans ressources. Quelle solution préconise-t-elle ? Un renforcement des contrôles à tous les niveaux ? Elle s’en défend et les trouve humiliants. Alors quoi ? L’établi-sement d’un fichier des concubins (elle ne l’écrit pas explicitement mais le suggère tout de même) et surtout la connexion des fichiers des impôts et des caisses d’allocations familiales ; un contrôle informatique dont ne serait plus responsable les travailleurs sociaux en qui elle n’a franchement pas confiance. Au terme du livre d’E. Sullerot, une réflexion nous vient immédiatement à l’esprit : les mesures qu’elle propose sont en elles-mêmes assez limitées. Pour autant, nous ne pouvons être d’accord avec nombre d’entre elles qui tout à la fois s’inscrivent dans une perspective d’austérité et de fichage plus poussé des citoyen(ne)s. Mais au-delà de l’enjeu explicite, il y a un enjeu autrement grave. On ne comprendrait pas sinon l’ampleur de la campagne organisée dans les médias, à tous les niveaux. En effet, au nom de la neutralité de la loi qui ne doit prétendûment pénaliser aucun mode de vie par rapport à un autre, la bourgeoisie essaie de recréer un consensus social autour des valeurs « familiales » consacrées par la cérémonie du mariage. Une fois ce consensus réalisé elle pourrait s’en prévaloir pour pénaliser frontalement tous ceux qui vivraient hors normes. Et ce n’est pas un hasard si E. Sullerot, à France-Inter le 4 novembre 1984, a cru trouver une raison d’espérer dans un certain regain mariages que connaîtraient les USA. Une bataille idéologique est ouverte. Il faut la gagner.

Josette Desbois

Viennent de paraître

Les mutilations du sexe des femmes aujourd’hui en France. Ce dossier à ne pas manquer, est le résultat des travaux d’un groupe de recherche constitué à l’initiative du ministère des Droits de la femme en octobre 1982. Les conclusions de ces travaux risquaient de ne pas être rendues publiques si les participantes du groupe n’avaient pas pris l’initiative de les faire publier.

Travail et emploi , n° 21 (septembre 1984) qui comprend un rapport très intéressant sur « Les femmes et le travail à temps partiel : une relation multiforme et complexe au travail salarié », par Danielle Kergoat. Et un article de Maryse Huet sur « Les politiques de l’emploi ».

Errata

Dans l’article sur le travail domestique, dans le n° 29 des Cahiers du féminisme, les notes 7 et 8 renvoyaient à la revue Economie et statistiques n° 131 et 141, et non aux Editions sociales.

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« La rue, la nuit, femmes sans peur »

Il y a deux ans, à l’initiative de la Maison des femmes de Nantes, une manifestation avait déjà eu lieu. Ce troisième vendredi de septembre, la Maison des femmes, le groupe femmes Nantes-Nord, le Planning familial et les Cahiers du féminisme ont organisé de nouveau une manifestation-animation avec la présence de « Naphtaline ». Avec les deux cents femmes qui sont venues, les rues de Nantes ont entendu réaffirmer bien haut : « Sifflées, draguées, battues, violées, les femmes en ont assez ! » « Mais où est donc passé la loi antisexiste ? », « Femmes de partout, la rue est à nous », « Quand tu entends une femme crier, ne la laisse pas seule, solidarité ! », « La pornographie, c’est surtout pas de l’amour, etc ». Valeur symbolique, cette manifestation ? Pas seulement ! Briser le silence, dénoncer la violence, et surtout affirmer que le mouvement féministe n’est pas mort .-c’est cela que vendredi 21 septembre, dans la rue, la nuit, les femmes sans peur ont fait savoir.

Correspondante Nantes

Notes

  1. 1. «Pour le meilleur et sans le pire », éditions Fayard.
  2. 1. L’année 1972 est-elle vraiment significative du point de vue de la concordance des phénomènes ? Cela reste à prouver, par contre c’est l’année de la signature du programme commun. Est-ce un hasard ?
  3. 3. Toutes les citations sont tirées du livre.

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