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Archives des publications de la Ligue communiste révolutionnaire, section française de la IVe Internationale

Éditorial

8 Mars : Mémoire et luttes féministes

Cahiers du féminisme, n° 31, printemps 1985 · p. 3 · 407 mots

Depuis que, dans le sillage de Mai 68, le féminisme est apparu massivement en France, dix fois nous avons fêté la Journée internationale des femmes.

Dix années de lutte internationale pour le droit de choisir, pour le droit à l’avortement et à la contraception libres et gratuits, pour la libre disposition de notre corps et de notre sexualité.

Dix années de lutte contre le viol et les violences faites aux femmes.

Dix années de lutte pour le droit des femmes à l’emploi, pour l’égalité professionnelle, contre les discriminations sexistes, contre l’enfermement des femmes dans les tâches domestiques.

Dix années de solidarité internationale avec les femmes opprimées et exploitées d’Afrique, d’Asie et d’Amérique : solidaires des Basques, solidaires des Vietnamiennes, solidaires des Iraniennes, solidaires des femmes soviétiques, solidaires des Marocaines...

C’est d’abord à l’occasion de ces 8 Mars successifs que, renouant avec la tradition impulsée par les féministes du début du siècle, A. Kollontai et C. Zetkin, nous avons affirmé notre internationalisme féministe.

Dix années au cours desquelles le Mouvement des femmes a reconstitué la mémoire du féminisme. Le 8 Mars est redevenu notre journée internationale de lutte. Pas à l’exclusion des autres mais comme symbole de notre identité.

Ce 8 Mars est également une journée de fête et de lutte pour les femmes du monde entier, une journée de rencontres et de discussions. Car si le féminisme a imprégné notre société, de sorte que beaucoup de choses vis-à-vis des femmes ne peuvent plus être comme avant , les forces féministes ont encore et toujours des combats à mener. Ne serait-ce qu’à l’appel des femmes qui luttent contre l’exploitation et l’oppression, femmes enchaînées, femmes emprisonnées, ou femmes en armes de tous les continents. Mais aussi parce que nous avons encore un monde à conquérir, et ce que nous avons déjà acquis est sans cesse discuté, sapé, remis en cause. Avec les mesures sur le temps de travail et les propositions de flexibilité du travail, c’est le gouvernement de Mitterrand qui attaque le droit à l’emploi des femmes. Avec le plan famille, c’est ce gouvernement qui encourage par une politique nataliste et d’austérité le retour des femmes au foyer.

Ces mesures correspondent dans les faits à l’idéologie réactionnaire antiféministe qui fleurit à droite, mais que la gauche ne peut ou ne veut renier. Face à ces dangers et à ces attaques, les femmes doivent s’organiser pour riposter.

Le 8 Mars est déjà l’occasion de regrouper toutes les forces féministes.

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