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Les femmes et le travail à temps partiel : Entretien avec Danielle Kergoat

Cahiers du féminisme, n° 31, printemps 1985 · p. 4-7 · 3 209 mots

Entretien avec Danièle Kergoat

La « flexibilité » des horaires, le « travail à temps partiel », ce serait le « temps choisi », la liberté pour les femmes. L’enquête que viennent de réaliser Danièle Kergoat et d’autres chercheuses sur ce sujet pour le compte du ministère du Travail (1) montre, preuves à l’appui, qu’il n’en est rien. Le travail à temps partiel ne libère pas les femmes des corvées ménagères, au contraire il fait reader le partage des tâches à la maison. Pour autant, les femmes n ’ ont pas toutes le même rapport au travail à temps partiel. Tout dépend de l’intérêt de leur travail professionnel, de leur appartenance sociale, de leur histoire familiale... C’est sur cette question que l’enquête apporte une contribution essentielle pour la réflexion des féministes. Pour empêcher le développement du travail à temps partiel, il ne suffit pas de dire « non », « c’est un piège pour les femmes »....

Nous avons rencontré Danièle Kergoat qui a bien voulu nous exposer le contenu passionnant de son travail d’enquête. Nous l’en remercions vivement.

• Ce rapport est l’aboutissement d’un long travail d’enquête « sur le terrain », auprès de femmes travaillant à temps partiel. Peux-tu expliquer quels étaient tes objectifs au départ ?

En fait, c’est le ministère des Affaires sociales qui est à l’origine de ce travail : il s’est adressé à notre équipe de recherche (2) pour demander une étude sur le travail à temps partiel. Mais il ne s’agissait pas d’une enquête en termes statistiques et économiques : ce que voulait le ministère, c’était savoir ce qu’il en est réellement de cette fameuse « demande sociale des femmes » dont on parle tant à propos du temps partiel, mais dont on ne sait pas grand-chose.

Nous étions bien sûr intéressées, mais, à notre avis, raisonner en termes de « demande », c’était déboucher sur un échec. On a constaté en effet que chaque fois qu’un sondage était organisé dans une entreprise en demandant aux femmes : « Etes-vous intéressées par le temps partiel ? », beaucoup répondaient oui. Mais lorsque le temps partiel était mis en place, très peu le prenaient réellement. Ce décalage prouve que la notion de « demande » n’a guère de sens. La démarche que nous avons donc adoptée tente de resituer le temps partiel dans l’ensemble des pratiques féminines vis-à-vis du temps travaillé, c’est-à-dire à la fois le travail salarié et le travail domestique, en essayant de voir comment les femmes coordonnent ces deux niveaux.

Et notre hypothèse de départ, c’est qu’elles ne s’y prennent pas de la même façon selon qu’elles sont ouvrières, employées de bureau ou professeurs : les comportements sont extrêmement différents selon les groupes sociaux. Cela achève de faire éclater cette notion de « demande des femmes », qui suppose l’existence d’un groupe homogène : pour il n’y a pas les femmes, il y a des femmes.

• Sur quelles catégories a porté votre enquête, quelles femmes avez-vous rencontrées ?

Nous avons étudié la région de Laval, en Mayenne : c’est une région où l’emploi féminin est important, en particulier dans le secteur secondaire (électronique, métallurgie, confection). Notre enquête a porté, d’une part, sur les demandeuses d’emploi à temps partiel inscrites à l’agence locale pour l’emploi, d’autre part, sur deux entreprises très représentatives de la main-d’œuvre féminine mais offrant des cas de figures très différents. Dans la première, une usine "d’électronique, il s’agit d’un temps partiel proposé et non imposé, avec des garanties quant au retour à temps complet : 1 0 % des femmes environ ont choisi œtte solution. Dans le second cas, un grand magasin, il n’y a quasiment que des embauches à temps partiel.

Nous avons ensuite procédé à des entretiens avec une trentaine de femmes, en centrant notre échantillon autour de quatre grandes catégories d’emploi : ouvrières, vendeuses, employées, femmes de ménage. Pour chacune, nous avons cherché à comprendre quel était le rapport de ces femmes au travail, à l’emploi, en prenant en compte non seulement les caractéristiques de leur travail (qualification, type d’emploi), mais aussi l’âge, le nombre d’enfants, la profession du mari. Car on ne peut pas séparer vie professionnelle et vie familiale, c’est l’ensemble qu’il faut tenter de comprendre.

• Et dans quelle mesure ces divers éléments interviennent-ils par rapport au temps partiel ?

Dans l’usine d’électronique par exemple, nous avons constaté des différences très grandes entre les ouvrières en termes de qualification : plus elles sont qualifiées, moins elles prennent le temps partiel. Celles qui prennent le temps partiel, ce sont celles qui n’ont aucune qualification, qui se retrouvent cantonnées aux postes les plus fatigants et les moins intéressants, sans espoir d’amélioration : des femmes épuisées par la vie d’usine ! Mais elles ne veulent pas pour autant s’arrêter de travailler, elles tiennent à rester actives. Alors, pour elles, le temps partiel, c’est un moyen de desserrer l’écrou, de souffler un peu, tout en gardant leur emploi.

La situation est tout à fait différente dans les grands magasins, où les vendeuses n’ont guère le choix : embauches à temps partiel, avec horaires imposés (fins de journée, fins de semaine, etc.) et flexibles : telle vendeuse, avec un contrat de douze heures hebdomadaires, arrive parfois à des semaines de quarante heures (lors des fêtes par exemple) !

Parmi ces femmes, on trouve pas mal d’anciennes ouvrières qui ont décidé de recommencer à travailler après une longue période d’interruption. Et malgré ces horaires aberrants, malgré les conditions de travail difficiles, elles se disent contentes d’être là : parce qu’elles ont réussi à retrouver un travail, et parce qu’elles sortent ainsi de la condition ouvrière. Ce qui n’est pas rien pour elles ! Tout cela prouve qu’on ne peut pas isoler l’activité salariée d’une femme de tout le reste, de toute son histoire : sinon, on ne comprend pas pourquoi, dans la même situation, certaines femmes se sentent bien et d’autres non.

Il est donc absurde de nier l’existence d’une certaine demande à l’égard du temps partiel, de nier qu’il y a des femmes pour qui le temps partiel, « c’est bien ». Mais il faut le replacer à l’intérieur de l’histoire de ces femmes, à l’intérieur <�es rapports sociaux qui les traversent, et montrer que cette satisfaction est profondément relative. C’est parce qu’elles sont des femmes qu’elles prennent le temps partiel, mais c’est la façon dont elles se situent dans les rapports de classes qui est déterminante pour comprendre leur pratique de ce temps partiel. Le nombre d’enfants, par contre, n’est pas discri- minant (ce qui ne signifie pas, évidemment, que le fait d’avoir des enfants ne pèse pas lourdement dans la décision) : il y a des femmes avec trois enfants qui ne veulent pas entendre parler de temps partiel, et d’autres qui le demandent avec un enfant seulement.

• Je suppose que les conséquences du temps partiel sur le travail des femmes sont également différentes selon les catégories sociales ?

Bien sûr. Cela n’a même strictement rien à voir ! L’enjeu que représente le passage de certaines femmes à temps partiel n’est pas du tout le même dans une usine où la production diminue et où la direction parle de « sureffectif », et dans une administration qui manque au contraire de personnel.

Dans la fonction publique, par exemple, les passages à temps partiel ne sont pas compensés par des embauches : cela signifie une surcharge de travail pour ces services. Alors, au début, les employées qui ont obtenu leur mercredi libre ont tendance à travailler comme des dingues, à faire en quatre jours le travail qu’elles faisaient en cinq, pour que leurs collègues n’aient pas à en pâtir, pour éviter que l’ambiance ne se dégrade. Mais ensuite, elles se rendent compte qu’en agissant ainsi, elles perdent tout l’acquis de leur temps partiel, que sur le plan des relations avec les autres cela ne résout rien, et que cela permet à la direction d’affirmer que le travail peut être fait beaucoup plus rapidement ! D’où la conclusion unanime que la solution ne peut être trouvée individuellement, mais qu’il faudrait embaucher du personnel supplémentaire.

Chez les ouvrières, c’est tout à fait différent : celles qui prennent un temps partiel ne se sentent pas « coupables » vis-à-vis des autres, puisque cela n’entraîne pas de charges supplémentaires pour elles. Elles ne sont pas obligées de « négocier » leur passage à .temps partiel avec leurs collègues comme les employées doivent le faire. Mais on ne peut s’en tenir à la charge de travail car, dans bien des cas, la prise de temps partiel provoque des clivages dans le groupe de travail. En effet, si le temps partiel apparaît « légitime » pour certaines (celles qui ont trois enfants ou plus, ou un enfant handicapé), et s’il est donc bien accepté dans ces cas, il en va différemment pour les autres. Cela apparaît comme de l’ordre du luxe ; car c’est alors un privilège de pouvoir venir moins à l’usine, d’être plus présente auprès des enfants, et cela révèle des revenus familiaux supérieurs à ceux de la majorité. Indéniablement, le passage à temps partiel sans qu’il y ait nécessité forte provoque des clivages (ce que les femmes appellent des « jalousies ») qui menacent le collectif ouvrier féminin.

• Ceux qui prônent le développement du travail à temps partiel expliquent en général que c’est pour les femmes le meilleur moyen de « concilier leur vie professionnelle et leur vie familiale ». Mais d’après tout ce que tu as dit sur les motivations qui poussent les femmes à prendre un temps partiel, la réalité semble autrement plus complexe ?

En effet, les choses ne se passent pas du tout comme cela. Ce point de vue repose sur l’idée que les femmes, pour des raisons quasi biologiques, investissent prioritairement dans la famille, et que cela entre en contradiction avec le travail salarié : le temps partiel serait alors l’idéal puisqu’il permettrait de résoudre cette contradiction. Mais notre enquête montre que cela ne fonctionne pas ainsi : parce qu’il n’y a pas une famille, mais des familles, avec des modes de fonctionnement tout à fait différents ; parce qu’il n’y a pas une forme d’investissement dans la vie familiale, mais de multiples formes, très dépendantes de la place des femmes dans les rapports de production ; parce que certaines femmes investissent prioritairement dans le travail et pensent que le travail domestique peut être réglé par le partage des tâches dans le couple.

Et tout ce que je dis là concerne la grande majorité des femmes travailleuses en France, c’est-à-dire les femmes des classes populaires (notre échantillon a été construit là-dessus). On entend parfois parler de femmes cadres, ou professeurs, qui prennent le temps partiel « par plaisir », pour avoir « du temps pour soi ». Mais on ne peut absolument pas généraliser à partir de ces cas, minoritaires au regard de la réalité de l’emploi féminin en France. Chez les femmes que nous avons rencontrées, nous n’avons pas vu de « temps pour soi ». Bien sûr, elles ont le sentiment qu’elles ont plus de temps qu’avant. Mais de quoi s’agit-il ? Avant, elles ne pouvaient pas regarder la télévision sans devoir en même temps repasser, ou repriser. Maintenant, elles regardent les émissions sans rien faire d’autre. Mais des activités vraiment pour elles-mêmes, elles n’en ont pas plus qu’avant.

Par contre, celles qui étaient chômeuses et ont recommencé à travailler, elles, entreprennent en même temps des activités nouvelles. Sur le plan physique d’abord, elles disent faire plus attention à leur corps, se soigner plus, faire du sport. Sur le plan social également : certaines vont dans des associations de quartier, de parents d’élèves. Le temps partiel n’a rien à voir avec tout cela. C’est le fait de retrouver, grâce au travail, des liens avec l’extérieur, d’avoir des rapports sociaux qui ne passent plus seulement par la famille : elles se sentent redevenir des personnes. Cela montre bien que l’identité des femmes se constitue aussi autour de l’activité professionnelle, que le travail n’est pas seulement un rapport instrumental ou une nécessité économique.

• Et quelles sont les répercussions du temps partiel sur la famille, sur le couple ?

Ce qui m’a le plus frappée, c’est d’un côté l’extrême hétérogénéité des conséquences du temps partiel sur la vie professionnelle, comme on vient de le voir, et de l’autre la parfaite homogénéité des conséquences sur la vie familiale : qu’il s’agisse des ouvrières, des employées, des vendeuses, etc., à partir du moment où elles sont à temps partiel, c’est Fmi, leurs maris ne participent plus au travail domestique, et elles doivent désormais tout assumer seules. Et de surcroît, ce travail devient peu à peu totalement « invisible » : elles prennent le mercredi libre, par exemple, elles vont bloquer sur ce jour-là toutes les corvées qu’auparavant elles devaient faire pendant le week-end. Elles réussissent à abattre, pendant leur temps « libre », une énorme quantité de travail : quand le mari rentre, tout est fait, les problèmes ont « disparu »... Mais le travail salarié devient lui aussi invisible : car de façon générale, le travail des femmes n’apparaît comme un vrai travail aux yeux de leurs maris que dans la mesure où il entraîne des contraintes sur la vie familiale : pour eux, le temps partiel, ce n’est pas du travail !

• Pour terminer, peux-tu résumer les conclusions auxquelles tu es parvenue ?

En premier lieu, je pense qu’il est absolument nécessaire de multiplier les études sur ce sujet pour inventorier de façon précise les différentes formes d’utilisation du temps partiel : car on ne peut pas parler de « temps partiel » en général, on ne peut pas amalgamer les heures d’une femme de ménage avec le mercredi libre d’une employée, etc. Il faut sortir de cette guerre de tranchées où l’on est actuellement : dire « je suis pour », ou « je suis contre » le temps partiel, cela n’a aucun sens par rapport aux enjeux sociaux en présence et en particulier aux enjeux personnels des femmes qui prennent le temps partiel.

Le deuxième point qui me paraît très important, c’est qu’il est absolument impossible de prétendre que la politique du temps partiel correspond à une politique du « temps choisi ». Comme si tous les salariés étaient égaux devant l’Etat et devant le patronat, et avaient donc des chances égales ! Mais c’est scandaleux de dire cela ! Un travailleur n’est pas égal à une travailleuse, un(e) ouvrier(ère) n’est pas égal(e) à un(e) cadre ! Parler de temps « choisi », cela revient à nier qu’il y ait des rapports sociaux de classes et de sexes, et que les femmes fonctionnent à l’intérieur de ces rapports sociaux. Notre étude par filière professionnelle montre bien que toutes les femmes ne sont pas égales entre elles par rapport au capital, qu’elles n’ont pas les mêmes marges de choix. Et au sein du couple, de la famille, elles ne choisissent pas vraiment non plus : la division sexuelle du travail place les hommes et les femmes dans des situations contradictoires, les rapports de forces jouent au sein du couple comme ailleurs.

Tout cela n’a absolument rien à voir avec le temps choisi : la « demande » de temps partiel est la traduction, sur le plan individuel, d’une contradiction majeure qui est d’ordre social et collectif. Les femmes, malgré la crise, ont intériorisé leur droit à l’emploi, elles ne veulent pas perdre là-dessus. Mais simultanément, rien n’a bougé pour l’immense majorité d’entre elles, ni sur le plan du partage des tâches domestiques, ni sur celui des conditions de travail et des carrières professionnelles. Dans ces conditions, l’extension du temps partiel ne peut avoir que des effets négatifs : elle accroît les risques de voir se constituer une société duale dont les femmes seraient les expérimentatrices privilégiées. Pour un grand nombre de femmes, le passage à temps partiel signifie en effet le rejet vers la périphérie de la société, vers les emplois les plus précaires, les plus fragilisés. Et en même temps, le développement du temps partiel renforce la spirale des rapports de domination entre sexes, puisque le faible acquis au niveau du partage des tâches est complètement remis en question.

• Cela pose le problème du type de revendication à mettre en avant. Avancer comme seul mot d’ordre : « contre le temps partiel », tu as montré que ce n’était pas suffisant car cela ne tient pas compte de tous les éléments qui font que les femmes prennent, ou ne prennent pas, un temps partiels Peut-on formuler des revendications par lesquelles les femmes se sentiraient plus concernées, et qui seraient donc plus mobilisatrices ?

Notre recherche, pas plus qu’aucune autre, ne permet de dire : voilà ce qu’il faut faire. Mais je pense qu’elle peut permettre de s’attaquer à cette question : comment amener les femmes à comprendre que le temps partiel ne peut être qu’une solution individuelle, et que les solutions collectives sont à rechercher du côté d’une réduction massive du temps de travail pour toutes et tous, et d’un partage réel du travail domestique ? A mon avis, nous avons trop souvent tendance, nous féministes, à nous limiter à des actions en direction de l’Etat, des ministères. Bien sûr qu’il faut le faire, qu’il faut se battre pour que les femmes puissent revenir à temps complet quand elles le veulent. Mais qu’il s’agisse du temps partiel, de la formation, du problème de l’égalité professionnelle, l’action sur le plan législatif reste très insuffisante si elle ne s’accompagne pas d’un autre type de lutte, plus féministe. Car la législation ne peut résoudre des problèmes de fond comme la question des rapports hommes-femmes et de la division traditionnelle du travail. C’est un véritable problème politique auquel nous sommes confrontées. Certes, si le mouvement féministe était plus soudé et plus vigoureux, bien des campagnes pourraient être menées aujourd’hui. Mais même dans l’état de relative faiblesse qui est le sien, il est possible de se fixer des objectifs, tant en termes de campagnes propres qu’en termes d’interpellation de diverses institutions, au premier chef le ministère des Droits de la femme.

Pourquoi n’y aurait-il pas, par exemple, une grande campagne dans les médias et la télévision sur le partage des tâches domestiques dans le couple ? Cela ne déclencherait évidemment pas une révolution, mais cela pourrait donner des armes à toutes celles vivant dans un milieu où l’on considère « normal » que les femmes fassent toutle travail à la maison. Quand on connaît le poids de la télé quant à ce qui est dans la norme et à ce qui ne l’est pas, on peut être sûre qu’une telle campagne contribuerait à faire sortir le partage du travail domestique du champ clos des affrontements dans le couple, et à faire que cette exigence soit entendue comme socialement (et non plus seulement individuellement) légitime.

Ce n’est bien sûr qu’un tout petit exemple, mais on peut en trouver d’autres : car tant que l’on n’essaiera pas de faire bouger un peu les images collectives, rien ne changera. Certes, je ne pense pas non plus que la solution puisse venir de là uniquement. Il faut lutter sur les deux fronts en même temps, mais ne jamais les séparer.

Propos recueillis par

Anne-Mlarie Granger

Notes

  1. 1. «Les Femmes et le travail à temps partiel », la Documentation française, 1984.
  2. 2. Groupe d’étude sur la division sociale et sexuelle du travail (GEDISST), équipe de recherche du CNRS.

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