Non à la mensualisation des crèches parisiennes
Depuis le 1er mars 1985, le paiement des crèches collectives parisiennes a été mensualisé. Les crèches, cela coûte trop cher (environ 200 F le prix de la journée), alors il faut rentabiliser : la mensualisation à Paris équivaut à payer 19 jours par mois, que l’enfant soit présent ou non, cela 11 mois sur 12 (les cas d’exception à cette règle sont l’hospitalisation ou une maladie de plus de 15 jours de l’enfant).
Pour la grande majorité des parents, cela représente une augmentation déguisée très importante. En effet, les modalités de la mensualisation sont bien au-dessus de la fréquentation moyenne d’un enfant en crèche : petites maladies fréquentes, vacances des parents de cinq semaines et souvent plus, enfants envoyés chez les grand-parents avec le plus grand...
La mensualisation fait suite à la décision du conseil de Paris de signer un contrat crèche avec le ministère des Affaires sociales. Les contrats crèches du ministère ont été mis en place pour inciter les municipalités à créer des places de crèche dans un délai de cinq ans (cela peut être des places en crèche collective ou familiale — système amélioré de nourrice agréée) par des subventions plus importantes. Mais le contrat crèche veut dire aussi rentabilisation des crèches par la mensualisation, par l’inscription en surnombre d’enfants « pour pallier l’absentéisme ». Le conseil de Paris a décidé d’une mensualisation à « prix fort » comparée à d’autres systèmes de mensualisation existants.
D’autre part, un décret est en préparation « en vue de l’allégement des personnels de crèche ». Ce décret prévoit, au lieu d’une auxiliaire pour 5 enfants pour les bébés, une pour 8 pour les moyens, une pour 10 ou 12 au-dessus de deux ans, de réduire le personnel à une pour 8 au-dessous de deux ans, et de s’aligner sur les maternelles (1 pour 30) au-dessus de deux ans. Toujours la rentabilisation...
La réaction des parents ne s’est pas fait attendre. A l’initiative de l’Association parisienne des parents pour la crèche collective1, une pétition a circulé dans les crèches et a été signée massivement, des délégations, rassemblements ont eu lieu à la mairie de Paris et au ministère. Dans la plupart des crèches, des réunions se tiennent et les parents s’organisent pour refuser la mensualisation et continuer à payer selon l’ancien système : 30 % de parents procèdent de la sorte d’après un premier bilan pour le mois de mars.
De l'inégalité entre époux...
« Avec nos femmes et nos enfants »
Appel à la population
Procréation artificielle : les positions de principe de M. Badinter
Le 20 mars dernier, R. Badinter, Garde des Sceaux, a expliqué ses positions sur les problèmes touchant à la procréation artificielle. Il s’est prononcé en faveur d’une utilisation par toutes les femmes de l’insémination artificielle, y compris les célibataires (et donc les homosexuelles, même s’il ne l’a pas précisé), balayant les arguments relatifs à « l’intérêt de l’enfant » et affirmant : « Laisser à tout être la liberté d’user des techniques artificielles de procréation, c’est faire apparaître que si, pour procréer, l’homme a besoin de la femme, la femme, elle, pourrait ne plus avoir besoin d’homme /(...) Mais comme il n’est pas possible de déplorer publiquement cette limitation, même virtuelle, du pouvoir de l’homme et cette liberté accrue de la femme, les critiques avouées avancent plutôt un autre thème : celui de l'intérêt de l’enfant. »
Cette clairvoyance est à son honneur ! Mais il est d’autres domaines où ses positions sont moins claires. Il se refuse de légiférer sur la rétribution ou non des donneurs de sperme, estimant que cela relève d’un « choix moral »... En ce qui concerne les mères porteuses, s’il estime à juste titre que le problème n’est pas « moral » et qu’une mère porteuse doit pouvoir se rétracter même après la naissance de l’enfant, Me Badinter refuse de codifier la commercialisation qui peut en découler, tout en la condamnant. Les problèmes restent donc posés : comment lutter réellement contre le trafic fait autour du corps des femmes, qui ferait de certaines — les plus démunies — des « spécialistes de la grossesse » ? (Certains avancent même qu’on pourrait confier le soin de porter nos bébés aux femmes du tiers monde. Dans un but humanitaire, bien sûr !). Ne faudrait-il pas aussi résoudre le problème de la durée et des conditions d’utilisation des embryons congelés ? Etc. Si l’on s’en tient aux déclarations de principe, il y a fort à parier que le domaine de la procréation artificielle permettra toujours à quelques-uns de s’enrichir... au détriment des femmes. Et il faudra bien que le gouvernement se prononce là-dessus.
Aujourd’hui, si un homme divorcé a des dettes, son créancier se tourne vers l’épouse et peut exiger le remboursement, en saisissant même le salaire de la malheureuse infortunée. L’inverse n’est pas vrai : un mari ne doit pas payer les dettes de son ex-femme ! Le Conseil des ministres du 14 mars a adopté un projet de loi visant à remédier à cette situation en supprimant toute discrimination entre époux dans la gestion de leurs biens.
Le samedi 11 mai, le mouvement « Pour un parti des travailleurs » organise une manifestation centrale devant l’Assemblée nationale pour protester contre le chômage. Cet appel s’adresse aux travailleurs invités à s’y rendre « avec nos femmes et nos enfants » ! On reconnaît bien là la griffe machiste du PCI.
Notes
- 1. Association parisienne des parents pour la crèche collective. Mme Castaing, 3, rue de Furstenberg, 75006 Paris.
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