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Rouen : La maison des enfants

Cahiers du féminisme, n° 4, mai 1978 · p. 38-41 · 3 506 mots

A Rouen existe depuis près d'un an et demi une « Maison des enfants », créée par des parents, pour tenter de répondre à un certain nombre de questions, posées par les problèmes de prise en charge des enfants dont la mère, ou le père, ou les deux sont des militants.

Prendre en charge les enfants

• Comment l'idée vous est -elle venue d’une maison des enfants ?

— L’idée est née de militantes LCR. en janvier 1976. A peu près la moitié de ces camarades avaient un ou deux enfants, ou alors désiraient en avoir dans un avenir relativement proche. Nous avitns en commun deux préoccupatior essentielles : comment fai pour pouvoir militer quant on des enfants ? Comment fa> pour que les enfants n’en subi: sent pas le contrecoup, pou éviter des solutions de fortune souvent catastrophique :

— pour les enfants : déséquilibre causé par le changement perpétuel de lieu et de personnes, sentiment d’insécurité, troubles affectifs...

— pour les parents .-et en particulier pour les femmes, qui, du fait de leur oppression spécifique, se sentent souvent responsables en premier des enfants, même si, par ailleurs, il existe un partage des tâches dans le couple. Qu’elle est grande la culpabilisation devant les choix qu’il faut faire sans arrêt : peut-on partir tranquillement à une réunion, à une manifestation, à un meeting, en laissant son enfant qui sanglote dans les bras d’un copain, en qui l’enfant, lui, n’a pas confiance ? ou en le laissant seul, même endormi, dans un appartement où il risque de se heurter au vide angoissant de la nuit s’il se réveille? Peut-on assumer longtemps le militantisme dans ces conditions, surtout quant en plus, et le cas n’est pas rare, on doit subir les railleries de certains copains : « Alors, les mères-poules? C’est incroyable quand on est évoluée de se laisser bouffer comme ça par les mômes ! ».

De par l’expérience de chacune des femmes « mères de famille » qui participaient à ce groupe, il s’avérait que esque toujours, la mère choisissait d’arrêter de militer plutôt que d’affronter une existence invivable pour elle et ses enfants. Le père, souvent, se tranquillisait la conscience (c’est normal que ma femme s’occupe des enfants puisque moi je milite).

Nous avons donc pensé que la seule solution, c’était d’avoir une structure stable d'accueil pour les enfants, où ils aient envie d’aller, où ils n’aient pas l’impression qu’on les « dépose » pour se débarrasser.

C’est comme ça que la Maison des enfants est née .

• Concrètement, comment le projet s'est -il mis sur pied ?

— La LCR, dans son congrès local, a voté le principe de la mise sur pied de la Maison des enfants, et décidé de soutenir financièrement sa création ; une commission a été créée en associant des sympathisants, et des camarades intéressés par le projet ; mais au moment où nous nous sommes « lancés », la déception a été grande... En effet, de nombreux copains qui étaient ès « battants » au départ, ont laissé tout tomber en cours de route, préférant s’aménager des solutions individuelles plus simples.

C’est donc à environ six ou huit camarades que nous avons démarré : nous avons loué un appartement, acheté du matériel, aménagé les pièces, et nous avo s fonctionné pendant deux mois environ avec sept à neuf enfants ; cela nous posait de gros problèmes financiers, parce que les charges se trouvaient réparties sur un très petit nombre depersonnes. Nous n’aurions certainement pas pu continuer si deux événements n’étaient pas intervenus :

— un certain nombre de camarades qui n’avaient pas eu vent de notre projet prirent contact avec nous pour y participer, ce qui fit monter très rapidement le nombre d’enfants à une vingtaine, nombre sur lequel nous comptions au départ ;

-— des parents ayant des enfants très petits, de trois à huit mois, qui n’avaient pu trouver de place dans les crèches (à Rouen, il n’y a qu'une seule crèche, et deux en banlieue, le tout n’arrivant pas à 200 places, et pour une population de 400 000 habitants) décidèrent de mettre sur pied une mini-crèche prise en charge collectivement par eux-mêmes. Ils cherchaient un local pour les lundi, mardi, jeudi et vendredi, c’est-à-dire juste les jours ou la « Maison des enfants » ne fonctionnait pas. Ainsi, le problème financier se trouvait en partie résolu, le loyer étant dorénavant partagé entre la mini-crèche et la Maison des enfants. Par la suite, une entente fraternelle s’établit entre les deux structures, quatre des enfants de la mini-crèche (où il y en a six) rentrèrent à la Maison des enfants, et de nombreuses réunions eurent lieu en commun entre les parents.

Mais le problème financier n’est pas le seul qui nous ait handicapés au départ : il y eu aussi celui de l’appartement : nous avions un bail d’un an dans un F 5 au rez-de-chaussée d’un immeuble ; nous prenions toutes les précautions possibles pour ne pas faire de bruit et ne gêner personne, mais nous ne fûmes jamais admis par l’entourage : réflexions désobligeantes, voire grossières des voisins. coups de balais dans le plafond pour un oui ou pour un non, et, au bout du compte, plainte au syndic faite par plusieurs voisins et menaces d’expulsion pour occupation non conforme aux clauses du bail. Nous avons donc déménagé lorsque le bail a pris fin, parce que c’était devenu infernal, et nous occupons maintenant une vieille maison.

• Comment fonctionnez-vous actuellement ?

— La Maisori des enfants est ouverte deux jours par semaine :1e mercredi et le samedi, et aussi une nuit entière, à partir de 20 h. Pour l’instant, c'est le mardi soir qui arrange le mieux tout le monde, puisqu’il n’y a pas d’école le lendemain. La Maison des enfants peut aussi ouvrir exceptionnellement, par exemple un jour de grève gé é-rale, pour que les parents puissent aller à la manifestation et participer à leurs réunions syndicales l’après-midi.

Il y a toujours trois adultes à la Maison des enfants : une camarade qui s’en occupe en permanence, ce qui nous paraît fondamental, par ce que les enfants, surtout les petits ont besoin d’un pôle affectif, et deux parents. Nous avons établi des « tours » pour les permanences : chaque parent vient une fois toutes les trois semaines, soit le matin de 8 h (le mercredi) ou 9 h (le samedi) jusqu’à 1 3 h 30, soit l’après-midi de 1 3 h 30 à 1 9 h. Il y a donc trois grilles d’emploi du temps .-celle de la semaine 1, celle de la semaine 2 et celle de la semaine 3 ; lorsque la semaine 3 est terminée, on revient à la semaine 1 et ainsi de suite.

Si un camarade ne peut pas faire sa permanence habituelle, il doit trouver à échanger avec un autre. Il y a aussi quelques copains qui n’ont pas d’enfants qui ont accepté de prendre en charge des permanences, soit régulièrement, soit en remplacement d’un ent de temps à autre si ce dernier est empêché.

A peu près tous les mois, nous avons une réunion générale de tous les parents, et des camarades qui d’une façon ou d’une autre s'occupent de la

Militantisme et vie quotidienne

Maison des enfants. La participation régulière à ces réunions est une condition à la participation à la Maison ees enfants. En effet, nous ne voulons pas que certains parents considèrent la Maison des enfants comme une garderie classique : on paie, on dépose son gosse, on repart. Pour nous il est indispensable qu’il y ait une véritable prise en charge collective : les problèmes doivent être posés et résolus en commun.

• Comment sont répartis les frais ?

— Nous avons fixé, en fonction de tous nos frais, une cotisation moyenne mensuelle ; nous y avons indu le loyer pour les trois mois d’été, de façon à ce que chaque parent n’ait pas à payer au moment des vacances, puisque la maison est fermée du premier juillet au 1 5 septembre.

Cette cotisation est modulée en fonction de deux facteurs : le salaire, le nombre d’enfants par famille.

Avec ce système, une mère célibataire qui a deux enfants par exemple paie pour les deux ensemble une cotisation mensuelle inférieure à celle payée par un couple de parents qui n’ont qu’un seul enfant. Pour évaluer les frais, il faut compter très large : en effet, non seulement il y a le loyer, et tout ce qui l’entoure comme charges diverses, mais aussi pas mal de matériel à acheter pour les activités faites avec les enfants.

• Quelles sont ces activités ?

— Elles sont très variées ; certains parents ont préféré se spécialiser dans une activité précise, d’autres font un peu de tout. Le matin, on fait souvent des jeux calmes : dessin, peinture, poterie (les pièces sont cuites à' l’extérieur, puis peintes et vernies par les enfants la fois d’après), mimes. L’après-midi, on danse, on va en forêt (il y en a tout près), et parfois on va au ciné-club ou au théâtre pour enfants dans le cadre d’un centre socio -culturel assez proche.

Nous essayons par ailleurs de réserver un moment dans la journée pour « décompresser », c’est-à-dire, pour que tout le monde, enfants et adultes, se détende un peu ; en général, c’est après le déjeuner : les plus petits font la sieste, et aux plus grands, on lit des histoires. Cela nous paraît très important, pour éviter la surexcitation qui rend les fins de journée pénibles.

La maison a été aménagée en conséquence : une chambre est réservée aux tout petits, avec des lits de toile et de la moquette, on a mis plusieurs grands matelas en mousse, recouverts de draps-housse qu’on change très souvent, et plein de coussins : cette pièce est importante parce qu’elle est utilisée non seulement pour dormir (les enfants apportent leurs duvets), mais aussi pour les moments de détente dont nous parlions tout à l’heure, et enfin pour des moment de défoulement collectif (bagarres de coussins par exemple). Une troisième pièce sert d’atelier pour la peinture, le dessin et la poterie : il y a des tables, des chaises (matériel d’école maternelle récupéré dans une vente) et des rayonnages.

La dernière pièce, qui est très grande, sert à tout le monde, pour les activités plus remuantes et pour les repas : nous avons un système de table, grande planche et trétaux qu’on peut replier quand on a besoin de places

Enfin, il y a une cuisine, relativement grande -. les enfants préparent les repas en partie eux-mêmes ; et une petiter salle d’eau.

Dans le jardin, qui est grand, on a installé un immense bac à sable, et une petite cabane, faite par les enfants.

La maison était en très hau-vais état quand on l’a eue, il a fallu travailler pendant une partie des vacances pour la rendre habitable pour le 1 5 septembre dernier : le grenier n’est pas encore aménagé ; on pense pouvoir y faire une salle de jeu supplémentaire pour quand il fait froid ou qu’il pleut.

• Comment se répartissent les enfants par âge ?

— D y a en tout 20 enfants ; nous avons limité à ce nombre pour des raisons très diverses (taille de la maison, diffiiultés d’animation pour un groupe plus important etc.) :

— 3 enfants ont 6 à 7 ans ;

— 6 enfants ont 4 à 5 ans .

— 4 enfants ont 2 à 3 ans ;

— 6 enfants ont entre 1 et 2 ans ;

— 1 bébé de 5 mois.

Il y a 16 filles et 4 garçons, ce qui entraîne parfois des difficultés, les filles profitant de la situation pour se venger sur l’espèce masculine pour une fois en position d’infériorité !

Ce qui peut être intéressant à connaître aussi, c’est la répartition des parents sur le plan professionnel. Ces 20 enfants réunissent à eux tous 26 parents : 3 couples ont deux enfants, une camarade seule a aussi deux enfants, 4 camarades seules ont un enfant, et sept couples ont un enfant ; sur ces 26 parents :

— 1 0 sont dans les professions de la santé (dont 7 infirmières ou infirmiers) ;

— 9 sont enseignants.;

— 2 sont éducateurs ;

— 2 sont postiers ;

— 3 sont « divers ».

• A votre avis, qu’est <e que r* présente la Maison des enfants � r les enfants ?

— La Maison des enfants offre à chaque enfant la possibilité d’une vie collective régulière (autre que scolaire pour les plus grands) ; sa structure a très vite amené tous les adultes qui y sont impliqués à remettre en question leurs rapports aux enfants (leurs propres enfants, mais surtout les enfants d’autres parents). Ce cadre de vie privilégié, où les enfants et les adultes partagent la vie quotidienne (jouent, mangent, dorment ensemble) nous a amenés très vite à débattre des problèmes fondamentaux en ce qui concerne les rapports entre enfants, entre adultes et enfants.

Ce type d’expérience, à noter tout d’abord, favorise l’éclatement périodique de la tradition elle relation triangulaire parents-enfants.

Ces deux jours de vie collective ont une fonction pédagogique complémentaire pour tous les enfants, quel que soit leur âge. Pour les moins de trois ans, ce contact avec d’autres adultes, d’autres enfants, favori-

Prendre en charge les enfants se le processus de socialisation, et permet une plus rapide indépendance.

Un lieu affectif solide s’est peu à peu établi entre ces tous petits, entre ceux-ci et les adultes, présents, disponibles pour eux, créant un lieu sécurisant et épanouissant hors du milieu familial. Nous voyons nos petits se cheriher quand ils arrivent ; certains jours, les premiers pleurs classiques prévenant la séparation d’avec les parents, cessent à la vue du petit compagnon qui surgit dans la pièce. De leur côté, les adultes ont peu à peu appris à connaître les besoins spécifiques de chaque enfant, leurs jeux préférés, leurs habitudes, ce qui permet au tout petit d’arriver confiant, dans un lieu connu où il sait que ses demandes seront perçues. Pour l’enfant qui n’a pas encore acquis le langage, c’est fondamental. Pour que ses désirs non verbalisés soient entendus, l’adulte présent devra être disponible, avoir la même écoute que face à son propre enfant.

Si pour les plus petits, la Maison des enfants représente un heu de transition entre famille et école, pour les plus grands, déjà scolarisés, cette vie collective garde son caractère positif de complémentarité. Elle n’est que la continuité d’un certain type d’éducation anti-autoritaire familiale, mais s’oppose nettement à la vie scolaire que l’enfant quel qu’il soit vit comme coercitive (lors de jeux spontanés où les enfants reproduisent leur vision du système scolaire, l’instituteur ou l’institutrice imité a un rôle autoritaire, toujours répressif, parfois violent). Le plaisir qu’ils expriment en venant à la Maison des enfants montre qu’ils y vivent des rapports à l'autre (adultes ou enfants) nettement différents. Il semble que très tôt, ce lieu a pris la signification d’un lieu de défoulement, à l’écart des contraintes, tant familiales que scolaire. Nous nous sommes donc très vite heurtés aux problèmes-types de vie collective que nous avons essayé de débattre au collectif. Le problème de l’agressivité nous préoccupa le plus longtemps : agressivité entre enfants, agressions des en-fa ts à l’égard des adultes. Acceptant dès le départ que les agressions entre enfants doivent être vécues sans intervention a- lisatrice ou autoritaire de l’adulte, laissant une autorégulation des conflits, la difficulté fut de savoir à quel moment, sur quel critère, l’adulte pouvait intervenir, ou comment montrer aux plus grands la limite à ne pas dépasser, principalement quand ce fut le cas d’un plus petit agressé.

Le déséquilibre sexuel (majorité de petites filles) dans le groupe des plus grands a produit des phénomènes de rejet, agressions des petites filles à l’égard des petits garçons ; cette situation, reflet d’une réalité extérieure évidente, probablement vécue en milieu scolaire, nous pose actuellement problème.

D’autres problèmes furent débattus : le bruit, la prise en charge matérielle par les enfants (repas, rangement), la formation de leader dans les groupes d’enfants le rôle des adultes, les jeux et les activités.

• Votre expérience dure depuis suffisamment longtemps pour que vous puissiez en tirer un bilan sérieux : quel est -il ?

— La première constatation que nous pouvons faire, c’est que se lancer dans la mise sur pied d’une Maison des enfants est une entreprise excessivement complexe, qui demande des heures et des heures de réflexion, puis des heures et des heures de travail matériel et un certain investissement financier ; tout cela n’est pas facile et souvent, il y a eu des périodes de découragement, surtout quand des copains nous ont « lâchés » pour revenir à des solutions qu’ils étaient les premiers à condamner au cours de discussions théoriques sur la prise en charge des enfants.

Et une fois que tout marche, ou semble marcher à peu près bien, il n’est pas question de se reposer sur ses lauriers... de nouveaux problèmes surgissent dont il faut discuter. C’est une structure en perpétuelle évolution.

Ceci dit, nous sommes persuadés que la Maison des enfants a atteint le but que nous lui avions fixé au départ ; les enfants y sont heureux, y aller ne représente pas pour eux une contrainte ; bien au contraire, ils considèrent la Maison des enfants comme leur domaine à eux, et ils se donnent du mal pour qu’elle soit belle (ils font de gros efforts pour la décorer) et pour qu’on s'y amuse (la fin du premier trimestre a été l’occasion d’une énorme fête, mais alors une vraie fête avec déguisements, bal musette avec un camarade au violon, l’autre à l’accordéon, feux d’artifice).

Nous n’avons eu aucun problème d’adaptation à résoudre, chaque enfant qui vient régulièrement à la Maison de enfants a pu y trouver ce qu’il avait envie d’y trouver : sécurité, liberté et rigolade.

De plus, et cela nous paraît absolument fondamental, chaque enfant a appris à connaître les parents des autres ; c’est fondamental :

— pour les enfants dont l’univers n’est plus réduit au couple de parents, ou au parent unique, plus l’institutrice ou la nourrice. et qui par ailleurs appréhendent les grandes personnes autrement que comme des personnages ennuyeux et rébarbatifs, capables seulement d’accaparer leurs parents, de fumer et de parler sans jamais s’occuper d’eux (combien de fois a-t-on entendu le « dis, Maman, quand est-ce qu’ils vont s'en aller, les copains ? » Lorsque nous avons des réunions à la maison, ou de simples discussions un peu longues) ;

— pour les parents qui apprennent à s’intéresser non plus seulement à leurs propres enfants, mais aussi à ceux des autres, et non plus uniquement dans un perpétuel face-à-face, parfois chargé d’agressivité des deux côtés.

Tout cela permet également des échanges en dehors de la Maison des enfants, le dimanche ou le soir, qui non seulement ne posent aucun problème, mais que souvent, les enfants réclament.

De plus, grâce à la Maison des enfants, plusieurs femmes ont pu prendre en charge des tâches syndicales ou politiques qui ne leur étaient pas possible d’accepter avant. Nous pouvons dire enfin, affirmer même, que sans le mouvement des femmes, la Maison des enfants n’aurait jamais existée. Même si aujourd’hui, les hommes comme les femmes participent à la prise en charge des enfants au sein de la Maison des enfants, même s’ils ont pris plus que largement leur part du travail matériel d’aménagement au départ, il n’empêche que si nous, en tant que femmes et en tant que militantes, nous n’avions pas posé le problème au départ, la Maison des enfants n’aurait jamais vu le jour.

• Quels sont les rapports que la LCR entretient aujourd'hui avec la Maison • des enfants ?

— La LCR apporte une aide financière à notre structure (par exemple, achat de matériel, frais d’aménagement), car elle permet aux parents de mener leurs activités militantes dans de bonnes conditions. 11 ne s’agit pas, dans l’esprit des militants qui participent à la Maison des enfants .de créer une structure parallèle, de pallier par une initiative « privée » la politique scandaleuse de Lecanuet en matière de crèches ! Mais mener une activité militante implique des besoins supplémentaires, en ce qui concerne la garde des enfants.

En élaborant, puis en réalisant le projet de la Maison des enfants, les militantes et militants de la LCR ont refusé le dilemme : militer ou avoir des enfants...

• Existe -t -il, à votre connaissance, d'autres maisons des enfants du même type que la votre ?

— Non, nous n’avons pas entendu parler d’une expérience de ce type ayant vraiment duré. Mais nous avons reçu de très nombreuses lettres, émanant d’à peu près toute les régions de France, nous demandant une foule de renseignements sur la Maison des enfants, et nous avons accueilli à quatre reprises des camarades qui avaient parfois fait 500 kilomètres pour venir voir comment on fonctionnait.

Donc, nous pouvons dire qu’à l’heure actuelle, il y a beaucoup de maisons des enfants en gestation.

Notes

  1. Rouen, le 2 janvier 1978.

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