La presse de la LCR

Archives des publications de la Ligue communiste révolutionnaire, section française de la IVe Internationale

A propos de la littérature du XVIIIe siècle. Moll, Roxana, Manon, Marianne, Paméla, Clarisse, Fanny, Julie, Suzanne, Ursule, Justine... Hommes masqués en femmes

· Cahiers du féminisme, n° 4, mai 1978 · p. 42-45 · 3 153 mots

*En débat

ÎW oil, Roxana, îWanon,

Marianne, %mela, tarisse,

�nny, Suite, Suzanne,cllrsule, 3ustine~.

gommes masqués en femmes

Le nouveau féminisme cherche ses racines, s’efforce de dégager son héritage, de renouer une continuité, et, dans ce mouvement, retrouve le précieux legs des voix de femmes que conserve la littérature. A cette recherche dont les trouvailles sont riches (1), ne faut-il pas ajouter l’exploration systématique de la condition féminine au travers de la littérature masculine. La réédition d’un livre que l’on peut qualifier de chef-d'œuvre méconnu, « la Paysanne pervertie » de Restif de la Bretonne (2), est peut-être une bonne occasion d’un premier examen d’une sorte de genre littéraire qui fleurit en ce XVIIIe siècle que l’on peut considérer comme celui de la naissance d’un premier féminisme : le roman à personnage central féminin — narratrice ou épis-tolière — en laquelle se griment des hommes.

Un quasi-genre

Tout au long du XVIIIe siècle, d’abord en Angleterre, puis en France vont paraître une véritable chaîne de romans, écrits par des hommes, mais dont le personnage central est une femme qui raconte ses aventures ou dont les lettres sont l’essentiel de l’ouvrage. Ce type d’ouvrage n’est pas absolument nouveau, des romans, picaresques ont eu une femme pour narratrice supposée, et c’est leur succès en Angleterre qui a sans doute incité De Foe le premier, à écrire sous le masque d’une femme imaginaire. Mais les prototypes n’ont laissé aucune trace alors que c’est une suite de chefs-d’œuvre qui vont s’étager de 1722 à 1797. Les auteurs de ces romans ne peuvent pas tous, ni sans réserves, être tenus pour des féministes, cependant leurs œuvres (à l’exception de celles de Sade) seront accueillies par les femmes du temps avec faveur, voire enthousiasme, parce qu’elles ont le sentiment que leur cause y est défendue. Et il est vrai que ces livres reflètent avec un réalisme croissant la condition des femmes en ce dur siècle de transition et, par là-même, sont, avec des degrés de conscience très différenciés, des réquisitoires souvent impitoyables sur cette condition, et des esquisses de modèles de comportement adaptés aux conditions nouvelles, celles de la vie bourgeoise.

La continuité de ces œuvres est la suivante :

• Daniel De Foe, (1660-1731) écrit Moll Flanders en 1722, et Lady Roxana en 1723 (3).

• L’abbe Prévost (1697-1763) après un séjour en Angleterre, publie en 1731 l'Histoire du chevalier Des Grieux et de Manon Lescaut, tome 7 de ses Mémoires d’un homme de qualité, qui restera dans la littérature sous le seul nom de Manon Lescaut et qui a sa place ici, bien que ce soit le seul dont la narration ne soit pas attribuée à sa protagoniste (4).

• Marivaux (1688-1761), ai la même année 1731, commence le « roman à épisodes », la

Vie de Marianne (5), qui restera inachevé dix ans plus tard (et auquel Mme Riccoboni donnera une fin postiche.

• Samuel Richardson (1689-1761), sous la double influence de De Foe et de Marivaux donne Pamela, ou la Vertu récompensée en 1740 puis Clarisse Harlowe en 1748 (6).

• John Cleland (1709-1789), en cette même année 1 748, réprend le thème des romans de De Foe pour écrire le premier classique du siècle de la littérature érotico-pornographi-que aves les Mémoires de Fanny Hill, femme de plaisir (7).

• Diderot (1713-1784), enthousiaste de Richardson dont il écrit l’éloge, et inspiré par la Vie de Marianne, commence en 1760 la Religieuse, comme une mystification et qui de ce fait ne circule d’abord que sous le manteau avant ses éditions encore confidentielles de 1770 et 1780 (8). Le grand public ne lé lira qu’en 1796.

• J. -J. Rousseau (1712-1778) publie sa Julie ou la Nouvelle Héloïse en 1761 sous l’in-fluence de Richardson.

Et c’est toujours et encore Richardson qui est à l’origine directe du sommet littéraire du XVIIIe siècle, roman par lettres qui doit se trouver ici quoi que n’ayant pas une femme pour pivot, mais un couple de complices, le roman unique de :

• Choderlos de Laclos (1741-1803), les Liaisons dangereuses (1782).

Richardson encore, mais doublé de l’influence plus directe de Rousseau et sans doute des . Liaisons provoque :

• Restif de La Bretonne (1734-1806) à doubler son roman, le Paysan perverti , d’une Paysanne pervertie (1784). Tous ces livres, enfin, et surtout — qui le croirait — le moraliste Richardson, sont à la source des romans de l’immoraliste par excellence :

• le marquis de Sade (1740-1814), et d’abord de sa première œuvre éditée, reprise en trois versions, Justine ou les Malheurs de la vertu fl 791) doublée de son contre-type : Juliette ou les Prospérités du vice (1797) (9).

Plus que d’une chaîne, on voit qu’il faudrait même parler d’un tissu d’œuvres (qui serait plus dense encore si l’on ne s’en tenait pas aux principales) s’influençant en réseau pour des variations qui touchent les différentes classes de la société.

Cependant, à l’exception de la Nouvelle Héloïse et des Liaisons dangereuses (et, dans une certaine mesure de Clarisse Harlowe et de la Religieuse dont les héroïnes appartiennent aux classes supérieures ou moyennes de la société, une constante de tous les autres romans c’est que la personnage central est soit de basse extraction, soit devenu sans ressources par quelque coup de sort. Et il serait erroné de voir là un stratagème romanesque pré-romantique. L’entrée de la femme en « aventure » suppose au préalable son arrachement aux structures sociales qui la protège et la ligote : la femme seule, roturière le plus souvent, ou abandonnée (et là encore le romanesque s’enracine dans la vie de ce temps où les femmes mouraient facilement en couches et où l’abandon dès enfants illégitimes suppléait aux insuffisances de la contraception), ou bâtarde, livrée donc à tous les dangers de la société nouvelle, la société citadine.

La condition féminine en bouleversement

Le type de ces héroïnes fait découvrir la source de ce surgissement historique de la femme comme héros de roman : c’est le bouleversement social que crée la poussée formidable du capitalisme fendillant de mille crevasses la surface institutionnelle du monde féodal tardivement centralisée par un Etat qui sangle de fer son corps en décomposition. Déjà l’idéologie de la classe montante ébranle et dissout celle de la classe dominante qui se vautre dans cette dissolution sans voir qu’elle est la manifestation de son agonie.

Dans ce chaos, la condition féminine connaît une mutation contradictoire. La « création » par la bourgeoisie (1), de l’individu comme producteur « libre », au sens d’isolé hors de toute communauté, joue aus-sin quoi qu’encore à un moindre degré, pour les femmes. Mais si l’individu « non bourgeois » que projette dans le monde de la concurrence la société bourgeoise en essor est fragile et perpétuellement ballotté au petit bonheur, du haut en bas de l’échelle sociale — et surtout vers le bas, naturellement — quand cet individu est une femme, le vide qui s’ouvre sous ses pas est bien plus vertigineux, car elle doit l’affronter sous la férule impitoyable des vieilles institutions et des vieilles mœurs et largement conditionnée encore pour y obéir.

Aussi n’est-ce pas un hasard si les premières et les plus grand nombre des héroïnes de ces romans sont vouées à la prostitution, ce terme s’entendant du simple concubinage au service des maisons les plus crapuleuses, en passant par le statut de femme entretenue et le « courtisanat » élégant, le premier échelon appelant en général les suivants. Le titre complet de Moll Flanders mentionne « fut douze ans prostituée, cinq fois mariée (...), douze ans voleuse, huit ans déportée en Virginie... » ; Lady Roxana est une courtisane de haut vol ; Fanny Hill est « fille de joie » ; Manon se vend pour faire vivre son amant et est déporté comme prostituée ; Ursule, la paysanne pervertie, dégringole tous les degrés jusqu’aux pires ; quant à la Justine de Sade, elle tombe de viol en viol dans le harem d’un monastère.

Pour une fille pauvre et jolie, de caractère a être tentée par l’aventure et l’escalade de la fortune, la « galanterie » est l’équivalent féminin de la voie de l’aventurier -gueux. La prostituée est l’individu-femme, coupée de sa classe d’origine, n’ayant plus que sa beauté, sa jeunesse, son sexe à vendre comme l’autre ses « talents », (CasaNova en offre le type réel bien plus vrai que ceux des romans, du pirate Singleton de De Foe au Neveu de Rameay, du « gigolo Paysan parvenu » de Marivaux, au « gigolo Paysan perverti » de Restif.

Si certaines de ces héroïnes se tirent d’affaire, et parfois, très heureusement, c’est quasi toujours de façon assez invraisemblable, et on ne sera pas étonné que ce soit surtout dans les premiers de ces romans, soit encore quelque peu picaresques comme ceux de De Foe, soit comme la Marianne de Marivaux par une série de coups de théâtre, au sens propre du mot. En ce premier temps, l’optimisme social domine. Mais plus de vérité viendra vite dans la courbe descendante de ces sortes de destins, de Manon, déportée et mourant de misère à Mme de Merteuil défigurée par la syphilis et à Ursule assassinée pour finir avec Justine foudroyée, c’est-à-dire achevée par un Dieu en accord de férocité avec la jungle sociale.

L’aventure, c’est pourtant la seule chance de vie personnelle, d’échappée au terne destin du mariage et de la reproduction, d’ailleurs là encore pari sur le « bon mari », dont le moralisme qui est l’atmosphère — plus ou moins sincère — de ces romans ne cache pas trop bien le caractère exceptionnel en des exemples peu convaincants par leur perfection, mais nécessaire à l’établissement de la culpabilité des filles qui se dérobent à la « loi de nature ».

Si tomber en prostitution est la voie réaliste de l’aventure pour une pauvre fille, quelles sont ses chances d’y atteindre le mirage de l’ascension sociale ? Un étonnant et contradictoire personnage de Restif, le moine libertin Gaudet, pervertisseur du Paysan et de la Paysanne, en fait la théorie et offre en modèle à Ursule une femme dont la vie est effectivement fascinante, Ninon de Lenclos, sourtisanne de haut vol qui sut non seulement dominer ses innombrables amants mais se moquer de toute la bigoterie du siècle de Louis XIV et jouer un rôle philosophique dont le dernier éclat fut le lancement du jeune Voltaire. Seulement, Ninon de Lenclos est une exception, dont un miroir aux alouettes qui va perdre Ursule.

Quant à épouser un noble, Marianne ne doit le réussir que par une série de coups de chance, et Paméla d’une manière autrement mais aussi peu croyable. Restif, qui feint de nous faire croire qu’Uusule y serait parvenue d’abord avec moins de naivété, puis avec plus de prudence, nous convainc mieux quand il nous suggère que, pour le noble, la promesse de mariage n’était d’abord qu’un stratagème de séduction, puis quand — le mariage étant finalement fait parce qu’un autre garçon n’est pas né d’un mariage noble — il nous montre Ursule marquise traitée avec la férocité d’une vengeance ignoble de mâle bafoué.

Comme l’explique à Marianne l’abbesse du couvent où on l’enferme pour empêcher le scandale de son mariage avec un homme de haut rang : « La différence de conditions est une chose nécessaire dans la vie, et elle ne subsisterait plus, il n’y aurait plus d’ordre si on permettait des unions aussi inégales que le serait la vôtre, on peut même dire aussi monstrueuse, ma fille. Car, entre nous, et pour vous aider à entendre raison, songez un peu à l’état où Dieu a permis que vous soyez, et à toutes ses circonstances ; examinez ce que vous êtes, et ce qu’est celui qui veut vous épouser ; mettez-vous à la place des parents, je ne vous demande que cette petite réflexion -là. »

Dans cette société, pour la jolie fille remarquée par un noble, céder signifie mettre un pas sur le chemin de la prostitution. On conrrend, dans cette lumière, la farouche défense de la « vertu » par la Pamela de Richardson. Il n’y a pas d’horizon de « libération » pour une femme du peuple de ce temps, aussi est-ce « en arrière » qu’elle peut trouver une relative « protection », dans la pratique réelle de la morale catholique féodale de la contre -réforme : ne pas céder sans garanties légales. On s’est beaucoup moqué des pleurnicheries des héroïnes de Richardson sans prendre garde que la résistance de Pamela est beaucoup moins « idéologique » qu’il n’y paraît : elle est réaliste. Cette jeune paysanne sait que si elle cède à son seigneur, elle se retrouvera sous peu dans la boue de Londres. L’irréalisme est ailleurs, en cela qu’elle est à merci, que ledit segneur est capable de maintes infamies, bien typiques des nobles du temps que les grands sentiments n’embarrassent pas quand ils trouvent belle leur servante, et d’autant plus qu’ils ont toujours à leur botte des domestiques prêts à obtempérer à tous leurs désirs. Le sort qu’aurait eu une Pamela véritable enfermée dans son château-prison et gardée par des canailles, ç’ aurait été celui de Justine, c’est-à-dire le viol, ou le suicide que choisira Clarisse après le sien.

Taine, qui écrivait son Histoire de la littérature anglaise à une épque où on ne lisait déjà plus Richardson, a bien vu son réalisme : « D’où vient cette idée de la femme si originale et si neuve ? Qui a cuirassé d’éhroïsme et de calcul ces innocentes si abandonnées et si tendres ? Le puritanisme devenu laïque. » Il ajoute d’ailleurs : « Elle est tellement défendue par ses fortifications qu’elle y est prisonnière ; ses principes lui sont un piège. » Ce puritanisme est la forme extrême d’une nouvelle conscience féminine bourgeoise. Leur point de rencontre est le sens de la dignité de chacun, de son droit d’individu, déjà de l’égalité profonde des êtres au-delà des inégalités siciales et, plus profonde encore, de l’inégalité de condition des deux sexes.

Les femmes bourgeoises que sont ces héroïnes expriment toutes, chacune à sa façon, et de façon toute nouvelle, au-delà des références chrétiennes réinterprétées, des droits qu’oubliront les droits de l’homme mais que désormais rien ne fera plus taire. Et c’est cela d’abord qui explique ces romans et leur succès, surtout auprès des femmes, en ce temps où elles sont exposées à la fois par le pourrissement de leur protection féodale et par les risques d’une nouvelle structure sociale non encore solidifiée.

La femme et la ville

C’est pourquoi on doit ranger parmi les chefs-d’œuvre de cette « série » de romans, la Paysanne pervertie , où se jouent les contradictions de la condition féminine du temps. Cela n’est pas étonnant, à considérer ce qu’était Restif de la Bretonne lui-même : paysan d’origine, il est son propre modèle pour son Paysan perverti , frère d’Ursule. Devenu typographe et écrivain polygraphe, Restif sera stigmatisé du sobriquet de « Rousseau du ruisseau », par les gens de lettres de droit diven ; et le mépris à son encontre à passé les siècles.

La Nouvelle Héloïse le roman de Rousseau — le vrai, celui des honnêtes gens — est le modèle le plus immédiat mais non le principal de la Paysanne. Pourtant on peut préférer l’ambiguïté de la Paysanne au moralisme réformiste-réformateur de Julie. Ce dernier ouvrage est bourré de beaucoup plus de « bons sentiments » ; on peut même dire que sa dialectique est celle des bons sentiments malheusement contradictoires de toujours nobles et trop vertueux personnages, dont la résolution s’impose dans le déterminisme invincible de la morale de l’auteur. Les sermons de Restif sont au contraire sans cesse battus en brèche par la contradiction de ses personnages eux-mêmes et par l’intervention impitoyable de forces sociales qui s’imposent à eux, se retournant, contre le discours moral et le détruisant ou le rendant équivoque. L’harmonie même du style de Rousseau, dont rien ne trouble jamais le cours ordonné, et ses digressions pédagogiques font aujourd’hui de Julie un livre littérairement moins fort que la Paysanne dont les ruptures de ton sont l’expression fortement vécue des contradictions des personnages et de l’auteur.

Car les deux versants du livre reflètent les deux polarisations contradictoires de Restif : le mirage de la ville moderne naissante, de ses aventures, de son « tout possible », de ses virtualités de gloire et de richesse, et aussi de jouissances, y compris et surtout les interdites qui subsiste jusque dans le pataugeage dans les opérations douteuses, les succès éphémères, les compromissions et les amours sourdides, et d’autre part, à l’envers de ce monde dont il est drogué, le rêve et l’idéalisation du bonheur idyllique perdu, de la famille paysanne féodale sous la direction du patriarche, représentant de Dieu, bon et sévère comme lui, servi et aimé d’une famille respectueuse, travailleuse, aux femmes vertueuses, pondeuses de nombreux et solides enfants. Restif est dans le ruisseau, c’est vrai, mais quelle morgue de nanti de la culture il faut pour lui reprocher sa vie acharnée à tenter de s’en sortir, s'usant à composer lui-même ses innombrables et interminables livres, en rêvant au paradis perdu, comme après lui va le faire tout le romantisme.

Restif ne nous ment pas. Il n’a jamais réussi ni à se justifier ni à se renier. Et c’est ce conflit intérieur qu’il a mis dans ses livres et en particulier dans cette Paysanne où cela prend leur tour le plus aigu. Parce qu’il s’agit d'une femme...

Ursule est son reflet féminin en même temps que celui de sa sœur réelle. Ursule se croit coupable et se sait innocent. Nous la savons victime de sa condition et des circonstances du temps. Victime de ses plus innocents désirs, de ses qualités qui sont de trop pour son aliénation, de son intelligence qui la fait filer dans la voie ouverte par la décomposition du vieux monde, et de sa vertu, fruit de sa formation selon les normes et lois morales qui ne fonctionnent plus que pous soumettre ceux d’en bas ; victime d’un homme « moderne » et des « idées modernes », trop modernes pour ses forces, ses moyens, ses déterminations.

Les critiques et historiens de la littérature qui font la moue devant ce roman se refusent à voir que ses mutations internes suivent celles d’Ursule : la lenteur quasi pastorale du début est celle de la vie réglée, aux timides plisirs, de la jeune paysanne peu exigeante et prudente, fascinée par la ville comme une vitrine brillante dont on ignore tous les arrières et dessous. Le quasi-picaresque du centre n’est pas plus irréaliste que les chutes dans le vide dont sont pleins les Mémoires du temps (voir Casanova) et les histoires de la Régence. Quant à la fin, c’est un roman noir qui annonce les premiers romantiques, mais qui s’accorde au désespoir d’un terrible échec et qui est, à bien considérer les choses, moins plaqué que l’expéditive conclusion morale des Liaisons dangeureuses son grand comtemporain.

M. L.

Notes

  1. Une deuxième partie de cet article traite de la question de la projection de ces auteurs en femmes, nous la publierons dans le prochain numéro des Cahiers (n°5).
  2. (1) Voir en particulier Evelyne Sullerot, Histoire et mythologie de l'amour, huit siècles d'écrits féminins, éditions Hachette.
  3. (2) Restif de La Bretonne, la Paysanne pervertie, éditions Garnier-Flammarion.
  4. (3) Daniel Defoe, Moll Flanders, éditions Marabout ; Lady Roxana n'a pas d'édition courante depuis longtemps.
  5. (4) L'abbé Prévost, l'Histoire du chevalier des Grieux et de Manon Lescaut, t. 7, nombreuses éditions dont Garnier-Flammarion.
  6. (5) Marivaux, la Vie de Mariane, classiques Garnier et dans la Pléiade.
  7. (6) Samuel Richardson, Pamela ou la vertu récompensée, aux éditions
  8. Ducros à Toulouse, 2 vol. Clarissa Har/owe n'a pas d'éditions récentes.
  9. (7) John Cleland, Mémoires de Fanny Hill,tfemme de plaisir, éditions Régine Desforges.
  10. (6) Nombreuses éditions dont Garnier-Flammarion.
  11. (9) Nombreuses éditions en particulier en 10/18, mais les Prospérités du vice (Juliette) n'y figurent qu'en édition abrégée. La première version de Justine, les infortunes de la vertu, aux éditions Garnier-Flammarion.
  12. (10) Voir à ce propos surtout le Diderot de Henri Lefebvre.

Une erreur sur cette page ?