La presse de la LCR

Archives des publications de la Ligue communiste révolutionnaire, section française de la IVe Internationale

L’extrême droite et l’homosexualité

· Cahiers du féminisme, n° 54, automne 1990 · p. 12-16 · 3 094 mots

La défense de l’ordre patriarcal , élément structurel des systèmes de pensée d’extrême droite, signifie aussi la défense d’un ordre social-sexuel : la dénonciation de l’homosexualité, considérée comme transgression des rôles sexuels, est une autre constante de ces théories.

Claudie Lesselier, historienne, analyse ici les positions des courants d’extrême droite à ce su jet et la répression dont les homosexuel (le )s ont été les victimes sous les régimes fascistes.

L’homosexualité n 'est pas un délit, mais (...) elle constitue une anomalie biologique et sociale », déclare Le Pen dans une de ses premières grandes prestations télévisées (février 1984, « l’Heure de vérité »). Invité ensuite à s’exprimer sur Fréquence Gaie, il poursuit : « L ’activisme homosexuel fait peser une menace mortelle sur notre civilisation du fait de la dénatalité » ; il fait partie d’une « atmosphère de désagrégation des disciplines sociales et humaines ». « Si l’homosexualité se généralise, nous allons à la disparition du monde. » (Gai Pied Hebdo,n° 124, 16 juin 1984). Si le Front national n’inscrit pas, aujourd’hui, de changement législatif à son programme \ on peut remarquer que 60 % de ses cadres, selon un sondage réalisé lors de son Congrès d’avril 1990, sont « très favorables » ou « favorables » à une loi réprimant l’homosexualité. D’ailleurs l’abolition des discriminations fondées sur l’article 331 du Code pénal, en août 1982, avait suscité de vives protestations de l’extrême droite toutes tendances confondues : « besogne de dégradation nationale, de démoralisation d’une nation déjà avachie », entreprise par « des gens qui ont juré d’achever la France, déjà bien malade et de nous faire assister aux derniers jours de la patrie », s’indignait A. Figuéras dans Militant (février 1982). « Le garde des Sceaux se vante d’abolir une discrimination. Ce qu’il abolit peu à peu c’est la distinction du bien et du mal... Après la démocratisation de l’avortement, la démocratisation de la pédérastie. Ainsi se prépare et s’annonce la célébration triomphale du deuxième centenaire de la Révolution », pouvait-on lire dans Présent (juillet 1982). Les orateurs du Front national utilisent abondamment le registre de la « plaisanterie » homophobe et sexiste et affirment leur « virilité » hétérosexuelle pour s’assurer la complicité de l’auditoire, Le Pen étant paraît-il celui qui « dit tout haut ce que pensent des millions de Français ». « Je ne suis pas plus nazi que vous n’êtes homosexuel, du moins je l'espère pour vous », rétorque-t-il à un journaliste lors d’une récente conférence de presse. Convaincante démonstration !

Les intégristes catholiques, pour leur part, expriment, comme souvent, leur vision apocalyptique du monde : les bases mêmes de la civilisation sont en danger ! L’homosexualité va à l’encontre de « la loi naturelle et divine » qui assigne à chaque sexe un rôle spécifique, à la sexualité une fonction uniquement reproductrice et fait de la famille « la cellule de base de la société ». Vice et péché mortel, objet de dégoût et de haine, l’homosexualité est associée à toute la décadence et aux perversités de la modernité : le sacristain de l’église Saint-Nicolas-du-Chardonnet, fief des le-febvristes, en sait quelque chose. Non seulement il est licencié pour homosexualité, mais la cour d’appel légitime son employeur, la Fraternité Saint-Pie X, en ces termes : « L ’homosexualité est condamnée depuis toujours par l’Eglise catholique avec une fermeté qui ne s’est jamais démentie pour être radicalement contraire à la loi divine inscrite dans la nature humaine. » (GPH , n°414, 5 avril 1990) Vous avez dit déchristianisation?2 Le sida, dans un tel contexte, ne serait-il pas un « châtiment divin » ? C’est une hypothèse que les intégristes n’écartent pas. « On peut observer » écrit Jean Madiran, théologien catholique et directeur de Présent, « qu’une malédiction s’étend sur toutes les relations sexuelles coupables au regard de la loi chrétienne qui n ’en autorise aucune hors du mariage ». Selon ce journal, la prévention du sida, notamment les campagnes pourtant bien timides en faveur de l’usage de préservatifs, accroît la dépravation des moeurs et la dégénérescence de la société.

L’épidémie de sida a, bien sûr, été directement utilisée par l’extrême droite : désignation de boucs émissaires, appel à l’exclusion, propagation de la haine et de la peur. Le Pen a difiüsé le terme « sidaïque » (créé dans la revue de Guillaume Faye J’ai tout compris, en janvier 1987), à l’évidente et douteuse étymologie : « lépreux d’aujourd’hui », « le sidaïque est contagieux, par sa transpiration, ses larmes, sa salive, son contact » (« l’Heure de vérité » (sic), 6 mai 1987). Le Pr Bachelot, alors député FN, s’est fait une spécialité de l’appel à la répression et à l’enfermement des malades dans

Dessin de Plantu, paru dans le Monde

Dessin de Plantu, paru dans le Monde.

des « sidatoriums ». Dans son livre, Une société au risque du sida, aux éditions l’Albatros (voir GPH, n° 310), les homosexuels, nommés « sodomites », sont accusés de contaminer « des millions de jeunes Français » ; le sida apparaît comme la récompense, ou la revanche, des honnêtes gens fidèles aux formes « naturelles » de l’amour. Le Front national a suscité une association « Sida — La vérité pour nos enfants » qui a organisé une série de manifestations devant le ministère de la Santé en avril 1988 ; les mots d’ordre mêlaient revendication du dépistage obligatoire, refus du droit à l’avortement, peine de mort pour les trafiquants de drogue, etc...

Du côté de la « Nouvelle Droite », le discours de la « différence » fonde une théorie radicale de l’inégalité et de l’assignation des hommes et des femmes à des rôles spécifiques (et complémentaires...) inscrits dans la nature et bases de la civilisation {« indo-européenne »). Ses théoriciens exaltent les « valeurs viriles et solaires » de la société patriarcale « indo-européenne » (Alain de Benoist et Joël Lecrozet, Eléments, 1976) contre la société « féminisée » d’aujourd’hui à qui manque le « principe masculin » structurant. Les arguments « historiques » se combinent avec le déterminisme biologique le plus traditionnel : « on a beau dire, on a beau faire, la sexualité reste d’abord l’instrument de la reproduction biologique du couple et le ciment de cette communauté de base qu’est la famille » (Alain de Benoist, Eléments, 1975). Aussi l’homosexualité est-elle dénoncée comme une négation de la différence des sexes et une régression vers un stade antérieur, « fusionnel », de l’évolution biologique et sociale (Yves de Saint-Agnes, Nouvelle Ecole, 1969). Le lesbianisme et le féminisme qui refusent « la répartition des rôles sociaux masculin/ féminin » impliquent eux aussi « la négation absolue de la totalité de l’histoire européenne » et « la régression de la société au stade prénéolithique ».

Bref, partout à l’extrême droite 3, la hantise de la « décadence » et la phobie du « désordre » associent l’homosexualité avec le sida, la délinquance, la « corruption de la jeunesse », le « déclin démographique », la « destruction de la famille » et le « cosmopolitisme » : un discours sans surprise et qui ne date pas d’aujourd’hui...

Un lourd héritage

Le régime de Vichy est le premier en France, depuis la Révolution française, à avoir édicté, en 1942, une loi condamnant « quiconque aura commis un acte contre nature avec un mineur de son sexe âgé de moins de 21 ans », insérée dans le Code pénal à la Libération (art. 331, alinea 2) 4 et abrogée en 1982. Il faut noter que ce régime n’a pas choisi de pénaliser l’homosexualité entre adultes, comme cela était le cas à l’époque en Grande-Bretagne, en URSS ou en Allemagne, conservant ainsi l’héritage du Code Napoléon qui fait de la sexualité une affaire privée. Cependant la police française a toujours surveillé de près les homosexuels, et dans les territoires annexés (notamment en Alsace-Lorraine) ses fichiers ont été remis à la Gestapo. Dans ces territoires soumis à la législation allemande, des hommes homosexuels ont été arrêtés, expulsés ou déportés dans les camps de Schirmeck et du Struthof ; deux témoignages ont été publiés pour la première fois dans Gai Pied de mars 1983. P. Seel a été arrêté, à l’âge de seize ans, en 1941, par la Gestapo qui disposait de la fiche de police française et, après interrogatoire, déporté sans jugement au camp de Schirmeck et détenu un an avant d’être libéré pour être envoyé au service du travail. C. Erreman a été arrêté par des policiers français puis remis à la Gestapo et expulsé, comme d’autres Alsaciens, vers la zone libre.

L’exaltation fasciste La répression contre les homosexuels et la de la virilité déportation des « triangles roses » n’est toujours Kameradschaft, Pas reconnue , les victimes, considérées comme 1937)! coupables, ont été contraintes au silence, l’hostilité ou l’ignorance ne commencent qu’à peine à faiblir. Le dépôt de gerbes en leur honneur, lors de cérémonies du souvenir, a été empêché à plusieurs reprises ; le plus grave incident s’est déroulé à Besançon en avril 1985, le président de l’association locale des déportés écrivant qu’on ne pouvait « considérer sous le même angle celui qui a risqué sa vie pour la liberté et celui qui a été puni pour illégalité ou déviation » et des participants à la cérémonie criant qu’il faudrait remettre les homos dans les fours crématoires {Gai Pied Hebdo, n° 169, mai 1985). La lutte pour briser le silence, alors que les faits étaient établis dès les premières grandes études sur la structure concentrationnaire comme celle d’Eugène Kogon, a été menée par le mouvement homosexuel quasiment seul et dans des conditions difficiles : la vérité remettait en question bien des préjugés et des tabous, mais certains défenseurs de la cause homosexuelle sont tombés dans le même travers consistant à hiérarchiser les oppressions et les victimes 6. Aujourd’hui, si l’opinion a progressé, c’est grâce au développement de la recherche homosexuelle, notamment en Allemagne 7, de la réflexion sur le national-socialisme et les camps en tant que système organisé d’oppression 8, et de l’information. Pour poursuivre l’action, s’est récemment créée en France l’association Mémorial de la déportation (cf encadré).

Un autre problème a hypothéqué longtemps l’analyse de la répression des homosexuels. Après la Libération, dans une large partie de la gauche française, la collaboration de quelques intellectuels et artistes homosexuels, ou le plus souvent d’ailleurs hétérosexuels, comme Drieu ou Brasillach, mais séduits par le culte fasciste de la jeunesse, de la camaraderie et de la virilité, a favorisé le mythe de « l’homosexuel traître », remake de celui de « l’homosexuel bourgeois ». Cette même gauche, on le sait, défendait les valeurs les plus traditionnelles sur la famille, les femmes et la sexualité. En fait, comme l’analyse l’historien américain George Mosse 9, l’attrait pour le fascisme sur des bases misogynes teintées d’homo-érotisme a été largement partagé par une génération pour des raisons qui ont bien davantage avoir avec le sexisme et le racisme I0. Le chercheur allemand Klaus Theweleit démontre, quant à lui, combien le monde masculin fasciste est, contrairement à l’idée reçue d’une « homosexualité latente » dans ce milieu, profondément antihomosexuel 11 .

L'exaltation fasciste de la virilité (J. Thorak, Kameradschaft, 1937)

Le national-socialisme

Le national-socialisme montre clairement combien la répression antihomosexuelle est liée au sexisme, au racisme, à l’antisémitisme et à l’eugénisme. On ne reprendra pas ici en détail des analyses maintenant bien connues. Le programme antihomosexuel du national-socialisme est très clair depuis son origine : l’homosexualité est une dégénérescence et un crime contre la reproduction et la santé de la race, elle « dévirilise notre peuple ». « Le bien-être commun passe avant le bien-être individuel ; ceux qui considèrent l'amour entre hommes ou entre femmes sont nos ennemis '...). L’histoire naturelle nous enseigne que la force crée le droit (...). Redevenons le plus fort! c’est pourquoi nous rejetons toute immoralité, spécialement l’amour entre les hommes » (déclaration du NSDAP, 1928). En tant qu’ « inversion des rôles » l’homosexualité s’oppose à l’ordre social fondé sur la stricte dualité masculin/féminin et le lesbianisme est, à la fois, un produit et un moyen de l’émancipation des femmes (discours de Himmler, 1937).

A ces raisons de fond s’ajoute la dénonciation de l’homosexualité réelle ou supposée des adversaires internes au mouvement (les SA, liquidés en 1934) et des opposants (notamment les catholiques, lors des campagnes de 1936 et 1937) ; enfin c’est un mouvement homosexuel et lesbien très lié avec les Juifs, la gauche, les intellectuels et les milieux progressistes, scientifiques 12, et artistiques urbains que le national-socialisme détruit, et cela dès sa prise de pouvoir (mis à sac du WHK, interdiction de la presse homosexuelle et lesbienne, rafles, fermeture des lieux homos).

Les premières persécutions de l’hiver 1933 ont touché les adversaires de gauche ; puis des rafles massives d’hommes homosexuels ont lieu en 1934 après l’assassinat de Rohm ; en 1935, le paragraphe 175 du Code pénal contre les relations sexuelles entre hommes est aggravé et sert de base juridique à la répression 13 que coordonne la « Centrale du Reich contre l’homosexualité et l’avortement » fondée en 1936. Le dispositif répressif se complète avec les lois de Nuremberg (législation antisémite et contre les relations sexuelles « interraciales ») et avec l’extermination « eugénique » des malades mentaux, handicapés et divers « déviants » ainsi que les stérilisations. On ne peut connaître exactement le nombre des homosexuels déportés (entre 1 5 000 et 50 000), ni celui des morts (plus de 60 % des détenus) qui ont succombé au travail forcé, aux exécutions et aux expériences « médicales » dans les camps où les « triangles roses » occupaient le plus bas de la hiérarchie, et à l’envoi dans des compagnies disciplinaires 14.

Les lesbiennes : des victimes invisibilisées

Le paragraphe 175 en Allemagne ne s’appliquait pas aux relations entre femmes ; une discussion entre divers idéologues et juristes nazis conclut que pour ne pas favoriser l’homosexualité féminine, il fallait mieux ne pas l’évoquer dans une loi et que les lesbiennes, moins nombreuses et moins visibles que les hommes homosexuels, pouvaient plus aisément être remises dans le droit chemin (lettre du ministère de la Justice, 1942). Aussi la plupart des lesbiennes arrêtées et déportées sous le national-socialisme « ne l’ont pas été en tant que lesbiennes mais à travers des mécanismes complexes en tant qu’asociales, ennemies du peuple, prostituées, Juives, communistes. Aujourd’hui quarante à cinquante témoignages recueillis avec peine montrent la présence de femmes lesbiennes dans les camps pour des accusations telles que séduction de mineures, destruction de la force de défense, asocialité, criminalité », résume l’historienne allemande lise Kokula 15.

Dès la prise du pouvoir, comme nous l’avons vu, la sous-culture et le mouvement homo et lesbien sont détruits, Berlin redevenue « une ville moralement saine », les deux associations, les clubs et les deux journaux de lesbiennes interdits en février et mars 1933, et un strict contrôle social des femmes est mis en place, qui ne faiblit que pendant les dernières années du régime, dans le chaos de la défaite et la mobilisation des femmes dans la défense et dans l’industrie. « La femme aryenne se marie et offre au Führer beaucoup d’enfants » dit la propagande. « Les lesbiennes passent pour moralement dégénérées. Les femmes sont contraintes au mariage par leur employeur ou les surveillants d’immeuble » (lise Kokula, op. cit.) et le contrôle existe aussi, bien sûr, dans les organisations de jeunes filles ou de femmes. Malgré cela « une grande partie des femmes lesbiennes ont pu s’arranger avec le régime », en se protégeant par un mariage blanc ou en organisant avec des hommes homosexuels des rencontres qui préservent les apparences d’hétérosocialité. Ce sont les lesbiennes opposantes au régime ou juives qui ont été arrêtées ainsi que toutes celles qui n’ont pu ni voulu cacher ou renier leur choix de vie.

Un témoignage parmi d’autres, recueilli par lise Kokula : deux femmes travaillant comme auxiliaires de la Luftwaffe ont été remarquées par un officier et ont refusé de lui céder. Elles ont été arrêtées ; l’une d’elle, traduite en conseil de guerre pour destruction de la force de défense a été déportée au camp de concentration de Bützow, qui était surtout un camp de prisonniers de guerre, avec aussi un bloc de femmes. Six lesbiennes étaient isolées dans un autre bloc ; les gardiens SS les ont fait violer par les prisonniers de guerre russes et français. Deux d’entre elles sont mortes de faim, une de tuberculose peu après la libération. Dans les récits de femmes déportées (en f ......... ' ' “S

La mémoire

La connaissance du passé, la lutte contre l’oubli font partie intégrante des combats d’aujourd’hui. C’est pour cette raison que les mouvements homosexuels et lesbiens réclament (avec les Verts en Allemagne et Aie en Ciel au Parlement européen) la reconnaissance de la déportation homosexuelle et l’indemnisâtion des survivants, et qu’à Amsterdam, Mauthausen et Bologne des monuments sont dédiés à ce souvenir.

En France, l’association Mémorial de la déportation regroupe celles et ceux qui veulent dénoncer ces persécutions et lutter contre la résurgence des crimes passés. Colloques, manifestations, constitution d’une documentation* recherche de témoignages, tels sont les moyens de cette association qui veut aboutir à l’édification d’un monument européen à Strasbourg,

-k Mémorial de la déportation : BP 39 ; 75121 Paris \cedex 03, _ �

général des déportées politiques), les lesbiennes marquées de leur triangle noir ou vert sont, sauf exception, présentées sous l’angle le plus méprisable et haïssable 16. La répression par le silence et la culpabilisation, l’invisibilisation, la stigmatisation dans les catégories de l’anormalité et de la déviance psychologique sinon de la monstruosité, à défaut de la criminalisation par la loi, se manifeste dans le cas des lesbiennes dans toute son ampleur.

Les positions de l’extrême droite sont globalement antihomosexuelles mais méritent une analyse détaillée car modulées selon les traditions nationales, la conjoncture et leurs diverses théories. L’Italie fasciste n’a pas connu de législation spécifique mais une répression par mesure administrative et policière (relégation dans les îles) notamment après la promulgation des lois sur la défense de la race. En Amérique du Sud se déroulent des assassinats d’homosexuels (Brésil, Argentine sous la dictature) et des violences contre les lesbiennes, par exemple un raid télévisé contre un bar lesbien de Lima (Pérou). Dans les pays islamistes, comme en Iran, c’est la lapidation ou la pendaison. Mais la répression de l’homosexualité et du lesbianisme ne connaît guère de

Italie, Festival de la révolution fasciste, 1 933 frontières : en Chine, à Cuba, dans l’URSS stalinienne, régnent à peu de chose près les mêmes conceptions de l’ordre socio-sexuel et la même répression de ce qui le met en cause.

Italie, Festival de la révolution fasciste, 1933

Notes

  1. (Claudie Lesselier est membre des Archives lesbiennes et de la rédaction d 'Article 31.)
  2. Notes
  3. 1. Interrogé par GPH lors des élections européennes «Si vous arrivez au pouvoir, quelle serait votre attitude envers les homosexuels ? », le FN répond : «Tant que les homosexuels n ’ont pas une attitude de provocation et de prosélytisme abusif, ils ont naturellement la liberté d’être eux-mêmes dans le cadre de la loi ».
  4. 2. Les intégristes ne sont pas les seuls à défendre un tel point de vue, largement partagé par la hiérarchie catholique ; pour l’évêque de Strasbourg, en 1982, l’homosexualité est «une infirmité » -, une lettre du Vatican aux évêques, en octobre 1986, condamne y compris le désir homosexuel et dénonce les «groupes de pression » organisés par les homosexuels chrétiens (le Monde, 1 er novembre 1986).
  5. 3. Une très minoritaire exception : un groupe d’homosexuels masculins d’extrême droite, qui publie le journal Gaie France auquel succède Alexandre et se réclame des théories différentialistes et des religions païennes ainsi que du rôle positif que jouerait l’homosexualité masculine comme ciment du pouvoir masculin et structure pédagogique dans les sociétés guerrières et les ordres religieux. Voir la brochure Fascistes et homosexuels, le cas Gaie France publiée par le CHLAF (Comité homosexuel et lesbien antifasciste) en 1987.
  6. 4. Législation aggravée en 1960 sous De Gaulle à la suite de l’amendement Mirguet dénonçant l’homosexualité comme un «fléau social ».
  7. 5. Chaque catégorie de déportés était marquée d’un insigne spécifique. Celui des homosexuels était un triangle rose. En RFA, le paragra
  8. phe 175 (qui réprimait l’homosexualité sous le nazisme) est resté en vigueur sans modification jusqu’en 1969.
  9. 6. La préface de Guy Hocqhenghem à la traduction française du livre de Heinz Heger, les Hommes au triangle rose (Editions Persona, 1981) est sur ce point significative ; l’ouvrage de Heger, cependant, est un témoignage d’un très grand intérêt.
  10. 7. Inaugurée notamment par Lautmann, Rüdiger {et alii), Gesellschaft und Homosexuali-tât, Frankfurt, Suhrkamp, 1977, chapitre 8 : «Po-litisches Umfled Fascismus », pp. 300-36 ; Stümke, Hans-Georg et Finkler, Rudi, Rosa Winkel Rosa Listen, Homosexuelle und «Gesun-des Volksempfinden » von Auschwitz bis Heute, Hamburg, Rowohlt, 1981, 512 pages, une des études les plus complètes avec statistiques et témoignages ; Schilling, Heinz-Dieter (ed.), Schwule und Fascismus, Berlin, Elefanten Press, avec des illustrations et documents très intéressants.
  11. 8. Assez récemment aussi ont été développés l’analyse de l’extermination des «malades mentaux » et «handicapés », des théories et pratiques de l’eugénisme, du rôle des «scientifiques » dans le système nazi etc...
  12. 9. Nationalism and sexuality ; middle class morality and sexual norms in modern Europe, The University of Wisconsin Press, 1985 ; ainsi que son article «Homosexualité et fascisme français », Sociétés, n° 17, mars 1988.
  13. 10. Il ne faut cependant pas faire l’impasse, d’un point de vue féministe, sur la dimension masculine homosociale du fascisme ni négliger l’esthétisation et l’érotisation des rapports de domination dans un certain imaginaire homo ou hétéro (Jean Genet, Mishima, Bataille, Liliana Cavani) qui prend appui sur l’imagerie fasciste, comme le montrent très bien Susan Sontag («Fascinating Fascism » in : A Susan Sontag Reader, London, Penguin Books) et Anne-Marie Dardigna {les Châteaux d’Eros, Paris, Maspéro, 1981) ; voir mon article «l’Extrême droite, ça fait mâle ! » dans Bulletin des archives lesbiennes, n° 7, juin 1989, numéro spécial contre l’extrême droite.
  14. 11. Mànnerphantasien, Basel/Frank-
  15. furt,Strômfeld/Roterstem, 1985.
  16. 12. Voir notamment Haeberle, Erwin, «Swatiska, Pink Triangle and Yellow Star ; the destruction of sexology and the persecution of homosexuals in nazi Germany », The Journal of sex research, vol. 17, n° 3, pp. 270-287, august 1981.
  17. 13. Mais toutes les victimes ne passent pas devant un tribunal ; aux 14 000 condamnations entre 1933 et 1939, selon l’étude de Jean-Pierre Hammer, «le Paragraphe 175 ou l’homosexualité en Allemagne », Sexe et race, n° 3, Université Paris vu, s’ajoutent les exécutions, notamment dans l’armée et la SS, et les déportations sans procès.
  18. 14. Voir les ouvrages cités dans les notes 6, 7 et 12.
  19. 15. «Zur Situation lesbischer Frauen wàh-rend der NS-Zeit », Beitràge, n° 25-26, 1989, pp. 29-36.
  20. 16. Voir les témoignages analysés par Claudia Schopmann, traduction française, «les Lesbiennes dans les camps nazis », Bulletin des archives lesbiennes, n° 4, juin 1986, pp. 37-44.

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