éditorial passées et rien n’est réglé. Pire, c’est une aggravation de leurs de vie que subissent les travailleurs. Aux milliers de libération des prix, vient s’ajouter le projet de budget pour l’année qu’accentuer la politique d’austérité du gouvernement: chômage et de plus belle ; les dépenses militaires vont largement équipements collectifs, eux, sont délibérément sacrifiés... Barre dit bloquer les salaires (1) tandis que Ceyrac ment cyniquement en « Nous allons toucher le fond du chômage avant la fin de craignant pas de contredire ainsi toutes les prévisions officielles.
femmes, la situation esi iout aussi grave et ce n’est pas la Monique Pelletier comme Ministre à la condition Féminine qui chose. Giscard qui s’est inspiré des propositions de choisir, pour espère ainsi désamorcer la contestation féministe, élargir l’électorat prochaines élections européennes et rassurer ceux qui pouvaient » portées à la famille : ce n’est probablement pas un hasard si Pelletier qui est mère de sept enfants.
qui recherchent un emploi, les difficultés seront toujours aussi gouvernement et le patronat sont contraints d’admettre comme un », la volonté des femmes d’avoir une activité professionnelle, déclarer : « Il n’y a plus de « métiers féminins ». Cette transmise a fait son temps » (2), le représentant des patrons, dans préconise prudemment mais sûrement, le travail à temps partiel, chômage des femmes :
que les femmes au travail ont des préoccupations qui leur sont -elles particulièrement bien accueilli les horaires souples. Il en va temps partiel. » (2) Le travail à temps partiel ne constitue en rien aux travailleuses : c’est une solution commode pour confiner les traditionnelles et leur refuser un statut de travailleuses à part disait en Oct. 75, un avis du conseil économique et social, pourtant pas suspecter de « gauchisme : : « ... le travail à pas rendre aux mères de famille tous les services que certains de faible revenu, généralement inintéressant, il représente à de la femme à une p&iode où ses tâches ménagères sont les résoud que partiellement la question de la garde des enfants et l’intégration de la femme à son milieu de travail. Il rend lorsque les femmes ont des enfants très jeunes... ou lorsqu’elles être considéré comme la solution générale aux difficultés féminin et il ne pallie pas le manque d’équipements sociaux. »
équipements sociaux ne font pas partie des priorités ; alors les mères, les parents en général devront se débrouiller ! (4).
De même que devront se débrouiller les femmes qui désirent avorter et qui par milliers ont été renvoyées aux cliniques privées, aux voyages à l’étranger ou aux « faiseuses d’anges » non seulement en raison du refus de certains membres de la hiérarchie médicale de pratiquer l’avortement mais aussi en raison de la pénurie en personnel et en matériel qui règne dans les hôpitaux.
Face à cette offensive patronale et gouvernementale de grande ampleur, quelles ont été les propositions des directions du mouvement ouvrier, depuis plusieurs mois ? D’abord le « dialogue en se rendant les unes après les autres dans les salons du gouvernement, le « réalisme », la signature de contrats par branches qui portent atteinte aux intérêts des travailleurs et enfin l’action, à la base, dans les entreprises. De coordination des luttes, dans l’unité de l’ensemble des travailleurs (es) et de leurs organisations, il n’en fut point question.
Pourtant les travailleurs et les travailleuses ont résisté pendant tout l’été aux attaques patronales et ne se sont pas démobilisés, mettant à l’ordre du jour une riposte centrale de tout le mouvement ouvrier contre la politique d’austérité. Est-ce de cette riposte dont, vont discuter E. Maire et G. Séguy le 18 Sept. ? Il faut s’attendre plutôt à des demi-mesures destinées à canaliser la combativité des travailleurs ; mais pour lutter contre l’austérité, il ne faut pas de demi-mesures, il faut un véritable plan d’action qui permettrait de mobiliser l’ensemble des travailleurs et des travailleuses autour de revendications unifiantes, surgies des luttes : la cinquième semaine de congé payé, la cinquième équipe pour le travail posté, les augmentations uniformes, le SMIC à 2.500 Frcs tout de suite, le développement des équipements collectifs, et surtout les 35 h sans diminution de salaire comme premier pas vers l’abaissement massif du temps de travail.
L’abaissement massif du temps de travail, sans diminution de salaire est le seul moyen de lutter efficacement contre le chômage en partageant le travail entre toutes les mains ; c’est le seul moyen de créer les emplois indispensables à l’intégration des femmes à la vie professionnelle « N’est-ce pas E. Maire qui dans son discours de Strasbourg en Sept. 77 déclarait qu’il faudrait créer deux à trois millions d’emplois supplémentaires à ceux déjà recencés si l’on voulait répondre à la demande des femmes. Cette année, personne n’ose aborder la question brûlante du chômage des femmes. Il est vrai que les élections sont passées et que « ce n’est pas très réaliste ».
L’abaissement massif du temps de travail, c’est aussi le seul moyen pour que, hommes et femmes, aient du temps pour vivre et participer activement à la vie politique et sociale. C’est enfin, avec le développement d’équipements collectifs de qualité, la possibilité de créer des conditions bien plus favorables à la lutte contre la double journée de travail des femmes, et à la participation des hommes aux tâches ménagères et éducatives.
L’ensemble de ces revendications pour être satisfaites nécessitent une mobilisation unitaire de l’ensemble du mouvement ouvrier, sans exclusives, pour chasser Giscard-Barre.
Le Mouvement des Femmes doit pouvoir lui aussi s’inscrire dans cette mobilisation du mouvement ouvrier. C’est pourquoi nous ferons tout à l’intérieur du mouvement syndical et au sein des Groupes Femmes pour que soit organisée la solidarité concrète avec les travailleurs et les travailleuses qui luttent pour leur emploi, pour exiger le développement d’équipements collectifs de qualité, pour relancer la lutte pour l’avortement-contraception libres et gratuits y compris pour les mineures et les immigrées (5). Il est temps de relancer une large mobilisation unitaire sur le plan national si nous voulons que 1 980 ne marque pas un recul pour les droits des femmes. Face au chômage et à la baisse de la natalité constatée depuis plusieurs années, l’aile la plus réactionnaire de la bourgeoisie reprendra sans aucun doute son offensive idéologique pour convaincre les femmes de rester à la maison et de faire des enfants ; l’année internationale de l’enfant organisée par l’ONU en 1979 risque d’en être l’occasion idéale. Défendre le droit des femmes à choisir d’avoir ou non des enfants, défendre le droit des femmes à avoir une activité professionnelle est tout aussi indispensable que de lutter contre l’austérité.
Notes
- (DR. Barre au Figaro le 5.9.78.
- (2) F. Ceyrac, Le Monde du 8.9.78.
- (3) Avis et rapports du conseil économique et social. Journal officiel, année 1975, n° 14.
- (4) En 1 975, 800.000 femmes qui travaillent avec un enfant de moins de trois ans ne pouvaient compter que sur 41.000 places de crèches collectives et 17.000 places de crèches familiales. De plus, dans un rapport de Sept 78, le préfet de région de file de France signalait qu’une prise en charge publique de l'ensemble des enfants dont la mère travaille est exclue. Actuellement, les crèches ne peuvent accueillir dans la région, que I 5 ‘K des enfants dont la mère travaille, il a promis de porter leur capacité d’accueil à 20 ’V. en... 1980 !
- (5) Cf. les articles plus loin.