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Flexibilité dans l’élastique

· Cahiers du féminisme, n° 61, été 1992 · p. 14-17 · 3 203 mots

Entretien avec Christian, Marie-Pierre, Véronique.

Certains employeurs attendent apparemment avec impatience la légalisation du travail de nuit des femmes dans V industrie. Les établissements Cheynet, groupe familial du textile de Haute-Loire en pleine expansion, qui combine archaïsme et innovation dans sa gestion du personnel, en sont un bon exemple. Nous avons rencontré Véronique, Gérard, Marie-Pierre et Christian, salariés et syndicalistes d’une entreprise de ce groupe.

■ Pouvez-nous nous présenter V entreprise ?

Christian -L’entreprise existe depuis 1948, une des rares entreprises de la région créées après la Libération. L’industrie textile, par contre, existe en Haute-Loire depuis au moins un siècle (cf. encart).

Le Groupe possède trois usines, une à Saint-Etienne qui emploie cent cinquante personnes et qui fabrique des bandes Velcros, une autre à Valence qui compte cinquante salariés et qui fournit la matière première. La nôtre fabrique des rubans élastiques rigides approvisionnant l’essentiel des grandes marques de soutiens-gorge. Elle possède aussi un atelier mécanique qui fabrique des machines textiles pour l’usine et pour l’exportation. Ici, il y a quatre cent quatre-vingt-onze salariés, ce qui correspond à une des plus grosses boîtes de la région.

■ Quelles sont les relations sociales dans l’entreprise ?

Christian -En 1968, il y a eu création d’une petite section syndicale qui a duré un an, la direction l’a cassée. La section syndicale CFDT actuelle a été créée au moment d’un conflit, il y a deux ans. Il y avait un conflit régional : le plateau sigolénois a été secoué en 1990 par une vague de grèves autour de revendications salariales et pour les droits syndicaux. Dans notre boîte, il y avait un ras-le-bol particulier, suite au départ d’un directeur commercial, un des frères de la famille dirigeante, qui, paraît-il, est parti avec plusieurs milliards. Les travailleurs ont compris que leur travail “rapportait beaucoup”. Cette section syndicale est un acquis. A la première élection de délégués du personnel, nous avons été élus à 85 %. Lors de la seconde élection, un DRH (directeur des ressources humaines) a fait campagne contre nous, nous avons cependant obtenu 75 % des voix. Il y a cent soixante syndiqués, les femmes sont plus nombreuses et plus combatives que les hommes.

Actuellement un nouveau directeur des ressources humaines sévit : un “monsieur moderne” qui veut faire avec son temps.

Véronique -Le mot ressources exprime bien tout ce qu’ils veulent tirer de nous !

■ Quelle est la situation des femmes dans l’entreprise ?

Christian -Aucune femme ne travaille dans l’atelier mécanique qui est nouvellement installé, un “chouette atelier” sur lequel on ne peut rien trouver à redire du point de vue des conditions de travail. La seule femme qui travaille dans ce secteur de production occupe un poste de cadre commercial. Sinon, dans l’atelier de tissage, par exemple, il y a aussi bien des hommes que des femmes. Nous travaillons en trois postes, c’est-à-dire 5 h 30-13 h 30, 13 h 30-21 h 30, et le poste de nuit où il y a toujours les mêmes personnes, uniquement des hommes (vingt-cinq).

Il n’y a jamais eu aucune action menée sur l’égalité professionnelle, même lors des grèves de 1990. Mais en ce moment, on est en train de se battre sur les salaires, et donc sur l’égalité professionnelle, ce qui va avec, bien entendu ! On a fait la semaine dernière un débrayage. Nous sommes en négociation avec le patron sur une grille classification-rémunération et ce n’est pas simple ! La différence de salaire entre hommes et femmes est tellement énorme qu’il a de la peine à admettre qu’il faut augmenter le personnel féminin au niveau du personnel masculin. Il y a un rattrapage énorme à effectuer, puisqu’il y a environ 80 % de personnel féminin.

Le salaire net des femmes est d’environ 25 % inférieur à celui des hommes. Le salaire moyen d’une tisseuse est de 6 010 F, salaire brut de base sans prime de production, soit 300 F au-dessus du SMIC, alors que celui d’un tisseur est de 6 580 F brut. A ce salaire se rajoutent quelques primes.

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Véronique -Mais la majorité des emplois ne sont pas aussi qualifiés que ceux de tisseuses. Par exemple, les plieuses n’ont aucune qualification. Elles sont au plus bas de l’échelle, avec un salaire net de 4 400 F plus quelques primes d’ancienneté... donc un brut de 5 800 F.

Gérard -Ainsi, la semaine dernière, la direction du personnel nous a proposé des coefficients divisés par deux par rapport à ceux de la convention collective, pour éviter d’augmenter la masse salariale. Face à notre capacité de mobilisation, le DRH a subitement multiplié par trois les coefficients tout en déniant toute référence à la convention collective. La convention collective est habituellement un palier, maintenant les patrons essaient de la remplacer par des accords d’entreprise.

■ Et le travail de nuit ? où en est-on ? Comment la direction le justifie-t-elle ?

Véronique -Il y a environ cinq ans, deux femmes volontaires pour travailler la nuit ont été embauchées avec l’autorisation de la direction départementale du Travail, puis, jusqu’à récemment, il ne s’est plus rien passé.

Aujourd’hui, une partie des hommes travaillent la nuit. C’est avantageux pour le patron, car il faut une heure pour démarrer une machine à teindre le matin, de même pour l’arrêter le soir. Pour l’atelier de tissage, c’est plutôt une question de rentabilité du matériel, parce que démarrer un métier, ça prend le temps d’appuyer sur un bouton.

Début janvier, on parlait beaucoup à la télévision d’instaurer le travail de nuit pour les femmes, Europe oblige. Notre DRH y pensait aussi, mais attendait la décision du gouvernement. Nous, plutôt que de laisser passer le message dans l’entreprise, nous avons décidé d’agir. Nous avons lancé une pétition contre le travail de nuit, envoyée à notre fédération syndicale, au ministère et à l’Union des industries textiles (UIT), la fédération patronale.

La pétition, partie de Cheynet, a été signée massivement dans plusieurs entreprises de la région.

Notre DRH a de son côté convoqué, dans notre dos, la déléguée à la condition féminine et la direction départementale du Travail, avec comme thème de réunion : améliorer les conditions de travail, trouver des solutions pour l’aménagement des conditions de vie familiales et professionnelles, procurer des avantages sociaux supplémentaires aux volontaires du travail de nuit. La pétition l’a freiné un temps mais, la semaine dernière, il a lancé une commission de réflexion sur le travail de nuit avec les seuls salariés de l’entreprise. Il essaie de populariser le projet.

Christian -Six salariés, un par secteur, et deux membres de la direction participent à cette commission qui est censée examiner les points positifs et les points négatifs.

■ Quels sont les secteurs les plus réceptifs ?

Christian -La direction essaie de diviser le personnel entre ateliers... Les plus réceptives, ce sont peut-être les plieuses, qui sont les moins payées et qui ont le travail le moins pénible.

Véronique -Moins pénible, moins pénible, c’est vite dit. C’est très monotone, très répétitif. Quand on a fait signer la pétition, il y avait cinq, six femmes qui étaient favorables au travail de nuit. Elles le voient assez superficiellement, elles ne pensent pas à l’isolement la nuit, à la cadence, à la monotonie.

■ Quelles sont les raisons qui les pousseraient à accepter le travail de nuit ?

Gérard -Je ne sais pas si elles accepteraient uniquement pour le salaire...

Pour certaines et certains, tout nouveau, tout beau, on a envie d’essayer... C’est comme pour le travail du week-end : après le plan social de l’année passée, on a demandé aux personnels de venir travailler le samedi. La pression de la direction, le chantage ont conduit au volontariat quasiment forcé. On constate dans la boîte que le travail de nuit ou le travail du samedi provoquent plus d’absentéisme. Les personnes qui ont un peu d’ambition veulent essayer mais après elles ne peuvent plus revenir en arrière.

Se reposer un jour par semaine, ce n’est pas suffisant. Parallèlement, la direction a voulu augmenter la rentabilité, car ici c’est produc-

Manifestation des " Cheynet ” en 1990.

Manifestation des « Cheynet » en 1990

tion, production avant tout. Les gens ne tiennent pas le coup.

■ Quelles sont les compensations ? La seule raison d’accepter peut-elle être l’envie d’essayer ? Qu’en pensent les hommes qui travaillent actuellement la nuit ?

Christian -En ce qui concerne le samedi, les personnes travaillent toute la semaine, plus le samedi qui est une journée normale de huit heures, elles ont une prime supplémentaire pour ce samedi. Avant qu’on intervienne auprès de l’inspection du travail, ils ne don-

C’est le travail des femmes qui a permis de la Haute-Loire... Les dentellières

l'industrialisation

Dès le XVIe siècle, se développait dans la région du Puy une production qui allait faire sa richesse : la dentelle. Dans toutes les cours. les princes et les rois d'Europe décorent leurs vêtements de dentelles.

Idles sont fabriquées en Haute-Loire par “ toutes les femmes, filles et petits garçons jusqu ’à ce qu 'ils soient en état de travailler la terre ”, écrit le consul de la ville en 1770. Les dentellières possèdent leur outil de production, le carreau. Les marchands dentelliers leur fournissent la matière première, le Fil. Ils récupèrent ensuite la production confectionnée.

C’est eux qui vont drainer toute la richesse produite par ces femmes qui travaillent toute la journée sur leur ouvrage pour gagner une misère. Elles sont encadrées par un ordre de religieuses, les Béates. Ces demicres, si elles jouent un rôle dans la formation, voire l’entraide, imprégneront toute la région d’un esprit de soumission, très conservateur, qui va laisser des traces dans le mouvement ouvrier aujourd'hui. Il est généralement admis qu’il y a plus de cinquante mille dentellières à la veille de la Révolution.

Après un certain recul au moment de la période révolutionnaire, avec la disparition de la cour et l’isolement de la France en Europe, l’activité reprend. Dans un rapport de 1 834, on peut lire : "La fabrication des dentelles est redevenue pour la Haute-Loire une ressource immense. Elle occupe près de quarante mille ouvrières qui se contentent du modique salaire de zéro francs trente centimes par jour"... Dans un autre rapport de I860, c’est le chiffre de cent vingt mille dentellières qui est cité. La dentelle du Puy est exportée dans le monde entier. Jusqu’en 1914, presque toutes les femmes du département -de six ans à la mort -sont dentellières.

Les marchands ont, eux, accumulé du capital et la technique se développe. A partir de 1870, les métiers mécaniques ont fait leur apparition. Les marchands deviennent des industriels. L’ouvrier ou l’ouvrière remplace peu à peu la dentellière à domicile. Plus tard, le tissu et le ruban élastique ou rigide remplaceront la dentelle.

Mais, sans le travail des dentellières, ces usines et ces machines n’auraient jamais existé ; ni les rues, ni les belles maisons bourgeoises que visitent avec émerveillement les touristes de passage au Puy. Seul le travail humain crée de la richesse et, en Haute-Loire, ce fut avant tout le travail des Il était bon de le rappeler.

Raymond Vacheron

George Sand écrivait en I860, dans le Marquis de Villemer : "Elles font toutes ces merveilleuses guipures noires et blanches. On est étonné de voir ici, dans la montagne, des ouvrages de fées sortir des mains de ces pauvres créatures et le peu qu ’ elles gagnent scandalise le voyageur. Elles donneraient avec joie pour vingt sous ce que Von nous vend vingt francs à Paris, s ’il leur était permis de traiter avec le consommateur ; mais cela leur est strictement interdit. Sous prétexte qu ’il fournit la soie, le Jil et les modèles, le trafiquant accapare et taxe leur travail. C'est en vain que vous offrez à une paysanne de lui fournir les matériaux et de la payer cher. La pauvre j'emme soupire, regarde l ’argent, secoue la tête et répond que, pour profiter de la libéralité d 'une personne qui ne l ‘emploiera pas toujours, que peut-être elle ne reverra même jamais, elle ne veut pas risquer de perdre la pratique de son maître ... Comme toutes les femmes du Velay et d’une grande partie de l’Auvergne savent faire ces ouvrages, elles subissent toutes également la loi du bon marché, et on est effrayé de l’exiguïté sordide du salaire. Là, le commerçant ne gagne pas sur le producteur cent pour cent, ce qui est. selon le premier, la loi et la nécessité du commerce; il gagne cinq j'ois cent pour cent. ”

naient pas le repos compensatoire dû normalement après tout travail supplémentaire, ils “s’en mettaient encore plus dans les poches”. On l’a obtenu.

Gérard -L’avantage financier est la motivation principale. La rémunération, pour l’instant, du travail de nuit est de 35 %, c’est ce qu’on avait obtenu quand on avait fait la grève. Il y en a aussi qui disent : la journée, il y a des chefs partout, la nuit on est bien tranquille.

Christian -Ceux qui l’ont fait pendant cinq ou six ans demandent à revenir le jour. Il faut bien croire que, malgré l’avantage financier... Moi-même, j’ai travaillé la nuit, je peux vous dire : ce n’est pas une vie, on a toujours une demi-journée de retard sur les autres parce que, le matin, on va se coucher au lieu d’aller se chercher le journal, les nouvelles on les attend l’après-midi, quand on se lève on ne sait pas si on mange ou si on vit, on ne sait pas si on a les pieds sur terre, le temps de refaire surface, le jour tombe et il faut retourner au boulot. Et je n’avais rien de plus en termes de jours de congés.

■ Et maintenant, après cette pétition, qu’allez-vous faire face à l’offensive du DRH ?

Christian -Pour l’instant, on l’a ignoré, on verra bien en réunion de délégués du Personnel.

Véronique -Mais, comme il est malin, il soulève continuellement d’autres problèmes pour qu’on ne puisse pas s’en occuper, on est obligé de laisser tomber. Lui a, par contre, tout le temps. Ainsi, il propose qu’il n’y ait pas de hiérarchie dans l’atelier, les femmes se géreraient elles-mêmes. Elles feraient leurs

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DOSSIER commandes et, s'il y a une erreur, ce serait la responsabilité du groupe.

Néanmoins, il faut qu’il y ait un accord pour l’instauration du travail de nuit pour tous. Mais, si le personnel est d’accord, il nous poussera à signer.

■ Que pensez-vous des avantages et inconvénients détaillés par la commission mise en place par la direction ?

Gérard -On va se réunir, on va démonter les quelques points positifs et vraiment insister sur les points négatifs.

Christian -Dans la liste “points positifs”, le DRH met “coût nourrice”. Pour lui, on peut la journée s'occuper de ses gosses. A son arrivée, il a parlé de crèche et de cantines, ça a été vite abandonné. Actuellement, pour résoudre ce problème, les couples sont en équipes inversées, ils se relaient, ils se voient seulement le week-end.

Véronique -Moi par exemple, j’amenais ma gamine à 5 h du matin chez la nourrice, elle avait un an ; nous avions choisi d’avoir les mêmes postes pour se voir, nous avions sacrifié un petit peu le sommeil de la gamine.

■ Marie-Pierre, tu participes aux réunions de la commission patronale, peux-tu nous dire ce que tu en penses ? Comment c’est vécu par les participantes ?

Véronique -Celles qui y participent disent : “nous ne sommes pas là pour dire si on est pour ou contre le travail de nuit mais pour voir les avantages et les inconvénients”.

Marie-Pierre -Lors de la deuxième réunion, j’ai dit qu’à l’atelier de pliage, par exemple, cela paraissait impossible parce qu’il y avait trop de traitements à faire, qu’il fallait envoyer les commandes chez le client. J’ai demandé au DRH s’il se rendait compte de toute l’organisation nécessaire, s’ils étaient sûrs que les clients veulent travailler la nuit. Ce qui ressortait le plus, c’est toutes les complications que cela allait entraîner du point de vue contrôle, du point de vue chefs, car il faut que tout suive... De nuit, quand un ruban n’est pas bon, il n’y a personne sous la main, c’est du temps perdu, de l’argent perdu et, si c’est mal fait, c’est nous qui serons responsables. Et j’ai dit : “Vous n ’aurez jamais de la bonne qualité, pour garder les yeux ouverts, déjà qu ’on fait un ‘travail de merde ’, il faut s ’y tenir... ”

La direction est prête à nous donner des avantages pour nous faire accepter. Si on a envie de manger chaud, ils sont prêts à nous faire un restaurant, alors qu’il n’y a pas de cantine le jour.

Le DRH dit aussi : “Qui vous dit que le travail de nuit, ça ne va pas être 23 h 30-5 h 30 (soit trente-deux heures payées trente-neuf) ? ” Il est prêt aujourd’hui à donner des avantages mais il parle dans le vide ; si la loi est basée sur trente-neuf heures, même pour les femmes, il l’appliquera. Il dit : “On n ’est pas là pour faire, simplement pour apporter des idées. ” Pour moi, il faut déjà voir tous les inconvé- nients, parce qu’il y en a tout un tas d’inconvénients, comme les conséquences sur la vie de famille, les restaurants, les crèches, ...Quand vous voyez que, de jour, il y a de l’absentéisme pendant les vacances des enfants, je lui ai dit : “Mettez-nous une crèche de jour, une crèche pendant les vacances scolaires. ”

Véronique -Quand on voit tous les problèmes que nous avons, nous les femmes dans l’entreprise ! On ne dirait pas que Cheynet est une entreprise de femmes. Pourquoi ne nous donneraient-ils pas, déjà, dix jours pour garder les enfants en cas de maladie ? C’est à cause des enfants que les femmes s’arrêtent.

Marie-Pierre -On est cinq femmes dans la commission, on est cinq contre le travail de nuit. Il voudrait qu’on lui apporte des idées plus positives mais, nous, tout ce qu’on lui apporte, c’est tout du négatif.

Quand les gens seront épuisés du travail de nuit et qu’il y aura des absences, on nous y mettra d’office. Je lui ai demandé : “Vous en avez, des volontaires ? ” Non, pas beaucoup, “ça coince”...

Gérard -La direction prendra des intérimaires.

Christian -Ils attendent que la loi passe. S’ils peuvent suivre ! Car, comme le reconnaît le DRH, il y aura peut-être un coût énorme d’application. Moi, je lui ai dit : “Mettez-vous dans la tête que les gens ne veulent pas le faire, c ’est impossible, vous voyez bien que vous n ’arrivez même pas à garder vos hommes de nuit, comment voulez-vous y arriver ? ”

Ce qu’il faut comprendre, c’est que ce qui se fait ici, aussi bien pour la grille de rémunération que pour le travail de nuit, se fera ailleurs, au niveau du groupe mais aussi au niveau de la région, Cheynet est la plus grosse boîte de la région. Ils sont prêts à mettre de l’argent chez Cheynet pour ne pas en mettre ailleurs. Ils sont obligés de faire des concessions pour faire passer le tout. Ainsi, le DRH nous a dit que, l’autre jour, des patrons des environs étaient venus consulter la grille.

Affaire à suivre...

Propos recueillis par Catherine Rosehill et Marie-Annick Vigan

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