« Reconstituer la famille », « inciter les couples vivant en concubinage à se marier », « inciter les couples mariés ' à avoir des enfants », créer une « formidable arme anti-chômage », en permettant à ceux qui sont au chômage d'occuper « les postes de travail libérés par la mère ou le père [mais surtout par la mère, je présume ?] cessant son activité professionnelle pour se consacrer à ses enfants », tels sont les avantages d'une proposition de loi visant à créer un salaire parental de (soi-disant) « libre choix », que viennent de déposer quatre-vingt dix parlementaires de l'actuelle majorité (parmi lesquels on reconnaît un certain Raymond Marcellin de fameuse mémoire) sur le bureau de l'Assemblée.
Projet qui évoque les périodes sombres du régime de l'Ordre moral de la Troisième République, ou, plus près de nous, de celui de Vichy, où l'on disait déjà à nos parents que la place des femmes est à la maison en période de crise, et à l'usine en période de guerre, et où l'on exaltait les vertus domest(r)iques, le mariage, les familles nombreuses et la rigueur morale.
En faisant financer cette mesure par une majoration des impôts perçus sur les tabacs et les alcools, on fait en plus d'une pierre deux coups, et on assainit la société de tous ses rebuts qui l'encombrent, femmes qui usurpent la place des travailleurs, couples qui vivent dans le péché, couples qui forniquent sans procréer, fumeurs, buveurs, avor-teuses et autres déclassés.
Plus besoin aujourd'hui de députés lepénistes à l'Assemblée, ceux de la majorité s'emploient tous seuls à diffuser leurs idées !
Et nous, faisons savoir tout le bien que nous en pensons !
Solange Amiel (1) Mariés et bien entendu de nationalité française, ou ressortissants de la communauté européenne (article 2 de la proposition de loi).
Notes
- (1) Mariés et bien entendu de nationalité française, ou ressortissants de la communauté européenne (article 2 de la proposition de loi).