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Compte rendu

Tunisie : Séminaire international sur la violence à l’égard des femmes

· Cahiers du féminisme, n° 67-68, hiver 1993 - printemps 1994 · p. 37 · 433 mots

L’association tunisienne des femmes démocrates ATFD 1 a organisé à Tunis les 11, 12, 13 novembre 1993, un séminaire international sur « La violence à l’égard des femmes ». Ce séminaire, qui a réuni des associations non gouvernementales d’Algérie, du Maroc, d’Espagne, de France, du Canada, d’Egypte, de Palestine et du Zimbabwe, est venu couronner deux ans d’activité sur la question de la violence subie par les femmes. L’ATFD a eu le courage dès 1990 de poser cette question tabou, et de choisir de briser le mur de silence qui l’entoure -malgré ses moyens limités, et malgré surtout l’enjeu majeur d’un tel phénomène dans un pays où la violence et les crimes cachés sont surtout le produit du pouvoir en place.

La prise en charge de la question de la violence a donc commencé en 1990 par une campagne de sensibilisation qui avait comme support une affiche collée dans la ville de Tunis et trois autres villes. L’ATFD a ensuite organisé un séminaire national pour évaluer la campagne et, en mars 1993, elle a inauguré le premier centre d’écoute et d’orientation des femmes victimes de la violence en Tunisie. Au terme de ces cinq mois d’activité basée sur le bénévolat des militantes de l’association des avocats et des psychologues, le centre a enregistré deux cents cas de violence ; des femmes de tous les âges et milieux sociaux sont venues demander une assistance juridique ou un soutien moral.

Lors de ce séminaire, l’association a présenté les résultats des travaux du centre et les problèmes auxquels il est confronté au quotidien (suivi des plaintes, absence d’une prise en charge sociale et gouvernementale de la question, moyens limités, etc.).

Les associations participantes ont adopté à la fin du séminaire une déclaration intitulée « Déclaration de Tunis » qui sera publiée dans leurs pays respectifs, dans laquelle elles considèrent que cette rencontre « ne constitue qu’un pas sur la voie de la lutte constante pour faire face à la violence exercée contre les femmes », et formulent un certain nombre de recommandations, notamment « l’application effective des recommandations de Vienne » et « la reconnaissance aux femmes victimes de la violence du droit d’asile après épuisement de tous les recours judiciaires au niveau national ». La déclaration préconise également « de veiller à ce que l’Etat assume sa responsabilité en matière de lutte contre le phénomène de la violence par la signature, la ratification sans réserve aucune et l ’application effective de la convention internationale s ’y rapportant ».

Nathalie Martin

1-Association féministe indépendante des partis politiques et du pouvoir, a été légalisée en août 1989.

Notes

  1. 1-Association féministe indépendante des partis politiques et du pouvoir, a été légalisée en août 1989.

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