Suzy Rojtman nous résume ici un mémoire d'histoire présenté à l’université Paris-VII sur l’émergence, durant les cent dernières années, de la sensibilité de l’opininon publique aux viols incestueux.
La prohibition de l’inceste est universelle, nous avait-on dit (Lévi-Strauss, Malinovski, Freud, etc.). L’inceste effectivement réalisé, c’est-à-dire le viol incestueux, était encore considéré, jusqu’à une date récente, comme un phénomène tout à fait marginal. Cette réalité-là, bien rassurante, vole en éclats à partir de 1986 et c’est une réalité de souffrance et d’humiliation qui s’affirme. Des questions se posent alors : pourquoi à ce moment-là précisément ? Qu’est-ce qui a pu favoriser cette prise de conscience, ce dévoilement ?
1889 est l’année où est votée la première loi limitant la puissance paternelle, en instituant la possibilité d’une déchéance sanctionnant, entre autres, des faits d’attentats à la pudeur incestueux.
1989 est l’année où est voté le premier texte favorisant spécifiquement la dénonciation des viols incestueux en faisant courir le délai de prescription (dix ans) de dépôt de plainte à partir de la majorité de la victime, et non plus à partir du moment des faits.
Cette étude est constituée de deux parties : la première essaie, malgré le non-dit, de démontrer l’existence des viols et attentats à la pudeur incestueux sur la période considérée ; la seconde est consacrée à l’analyse des causes de ce non-dévoilement et aux facteurs d’évolution qui ont permis la dénonciation.
Trouver des sources historiques sur ce sujet s’est avéré extrêmement difficile. Les historiens n’ont quasiment rien écrit et les victimes, jusqu’à une date récente, se sont peu exprimées. Cependant, des sources disparates, venant d’horizons différents, renouent par bribes, parfois en pointillés, le fil ténu des faits et l’histoire de ce non-dit absolu.
Les viols incestueux et la loi...
Tout d’abord, j’ai retrouvé quarante-deux arrêts de la Cour de cassation allant de 1892 à 1989. Ce tribunal est l’instance suprême de la justice française, et les dossiers qui lui arrivent -susceptibles de présenter un vice de forme -ont franchi les nombreux échelons de la procédure. Ces affaires sont donc peu nombreuses, mais leur constance sur les cent ans montre que jamais les crimes ne se sont arrêtés, même si la sensibilité de l’opinion publique et donc la saisine de la justice peuvent varier.
Ma deuxième source juridique est constituée par un article d’une historienne contemporaine, Anne-Marie Sohn, qui a dépouillé les dossiers de procédure et écrit en 1989, dans la revue Mentalités, « Les attentats à la pudeur sur les fillettes en France (1870-1939) et la sexualité quotidienne ». Anne-Marie Sohn a rencontré 702 attentats à la pudeur et 301 viols, mais, dit-elle, la différence est extrêmement ténue. Sur les 702 attentats à la pudeur, 194 -soit 21 % -concernent un membre de la famille. La majorité des auteurs sont les pères.
Autre source juridique, la brochure de 1977 de l’Association normande de criminologie, / ’Inceste en milieu rural. Cette brochure se fonde d’abord sur les statistiques établies de 1963 à 1967 par la gendarmerie nationale au Centre national d’observation de Fresnes, qui répartit les condamnés qui ont encore deux ans de présence à faire. De 1963 à 1967, les auteurs de viols incestueux représentaient de 54,54 % (108) des infractions sexuelles à 35,5 % (82). Le chiffre décline régulièrement. La brochure analyse aussi les procès-verbaux de gendarmerie de 1966 à 1971. Il y en a 1 007 sur les six ans, beaucoup passent en correctionnelle plutôt qu’aux assises, surtout dans les grandes villes. Bel exemple de déqualification (avant la loi de 1980, l’attentat à la pudeur était considéré comme un crime, et donc passible des assises) ! Pour l’auteur, deux tiers des viols in- cestueux échappent en milieu rural à la connaissance des gendarmes : le « chiffre noir ».
...et ce qu'en disent les médecins
Divers médecins, experts médico-légaux auprès des tribunaux, ont été confrontés, dès le début du xixe siècle, à des affaires de viols ou attentats à la pudeur incestueux.
On peut citer Ambroise Tardieu, qui a publié de 1857 à 1878 sept éditions de son livre Etudes médico-légales sur les attentats aux mœurs. Sur cinquante-cinq observations de son livre, onze concernent des viols ou des attentats commis par ascendant. D’autres ont aussi écrit sur le sujet : Paul Bernard ou Paul Brouardel.
D’autres sources disparates existent aussi. Ainsi Charles Fourier dit que l’inceste est très commun entre cousins et cousines à son époque. Paul Roazen, auteur en 1992 d’un livre intitulé Hélène Deutsch, une vie de psychanalyste (celle que brocarde Simone de Beauvoir dans le Deuxième Sexe), décrit les tentatives de viol subies en 1988 par cette dernière de la part de son frère Emile. On peut citer aussi Violette Nozières qui, en 1933, tua son père qui la violait depuis des années.
Je me suis servie aussi, pour l’année 1989, des statistiques du Collectif féministe contre le viol : 1 223 appels, dont 427 pour viols incestueux concernant 538 victimes pour des faits perpétrés dans l’enfance.
Enfin, ma dernière source fut constituée de quatre témoignages de femmes, d’âge différent, ayant subi des viols et attentats à la pudeur incestueux dans leur enfance : Christiane Rochefort, soixante-neuf ans, violée de huit à quinze ans ; Eva Thomas, quarante-cinq ans, violée à quinze ans ; Viviane Clarac violée de cinq à quinze ans ; Nathalie Schweighoffer, vingt ans, violée de douze ans et demi à dix-sept ans et demi. Dans les quatre cas, l’auteur était le père. Toutes les quatre ont publié des livres témoignages.
Cette première partie tentait donc de retrouver la mémoire des viols et attentats à la pudeur incestueux. Ceux-ci ne sont pas un phénomène conjoncturel, mais une donnée constante qui sensibilise différemment l’opinion publique selon les époques. Quelle que soit l’époque considérée, ce que l’on découvre est toujours sordide : violence physique et/ou morale, auteur sûr de son bon droit, chantage, autoritarisme, etc. Les faits sont les mêmes, comme si leur pérennité provoquait leur similarité.
La deuxième partie de mon mémoire consiste donc à tenter de répondre à des interrogations : pourquoi la société française a-t-elle occulté durant tout ce temps la réalité des crimes ? Comment cette parole a-t-elle pu se libérer ?
J’ai « questionné » dans ce sens différentes instances dont les pouvoirs se sont conjugués, additionnés, pour faire perdurer le non-dit : la famille, la psychanalyse, la sexualité, la justice durant ces cent ans. J’ai abordé aussi les « mécanismes psychologiques » qui font que l’enfant a énormément de mal à dénoncer.
1889-1989 : d'une famille à l'autre
Le Code civil de 1804 considère, comme sous l’Ancien régime, la famille légitime comme cellule de base unique de la société. Elle est garante, au niveau des individus, du maintien de l’ordre et du respect de l’autorité. Le divorce est supprimé en 1816, l’adultère réprimé.
Le père, le mari est considéré comme le supplétif du gouvernement au sein de la famille. La femme mariée est un individu irresponsable, soumise à la puissance maritale, et, devant donc obéissance, elle n’a aucune autorité sur les enfants.
Les enfants ne disposent non plus d’aucun droit. Bien plus, en vertu de la « correction paternelle », le père possède le droit de les punir, cela pouvant aller jusqu’à la demande d’incarcération.
Le xixe siècle est aussi celui de la suprématie du privé, du repli sur l’intime. Rien ne filtre au-dehors de la famille, de la maison : les conflits sont réglés en son sein.
La situation évolue cependant au cours du xixe siècle : dès 1850, les contraintes sont de moins en moins supportées, l’autorité paternelle et maritale s’émousse progressivement. Le divorce est rétabli en 1884. Les enfants commencent à être un centre d’intérêt. Naît alors la notion de « carence paternelle » concernant certains pères, exclusivement de milieux populaires, alcooliques, surexploitant leur famille, ayant une conduite moralement répréhensible et donc incapables de s’occuper de l’éducation de leurs enfants. Naît aussi, de façon concomitante la notion de l’« intérêt de l’enfant » (force de travail, porteur de la vigueur de la « race », force morale, future âme de la nation). L’Etat peut intervenir en fonction de cet intérêt si le père est carent.
La psychanalyse en question
1889-1989 : vers une sexualité plus libre
Les luttes des féministes contre le viol
Références des livres cités ou évoqués
Bulletin des arrêts de la Cour de cassation, Chambre criminelle, de 1889 à 1989.
A. M. Sohn, les Attentats à la pudeur sur les fillettes en France (1870-1938) et la sexualité quotidienne, « Mentalités », Editions Imago, 1989.
Association normande de criminologie, / ’Inceste en milieu rural, « Librairie philosophique », Vrin, 1977.
A. Tardieu, Etude médico-légale sur les attentats aux mœurs, Paris, J. Baillière, première édition 1857, dernière édition 1878.
C. Fourier, le Nouveau Monde amoureux, Paris, Champion, Genève, Slatkine, 1979.
P. Roazen, Hélène Deutsch, Une vie de psychanalyste, Paris, PUF, 1992.
C. Rochefort, la Porte du fond, Paris, Grasset, 1988.
E. Thomas, le Viol du silence , Paris, Aubier, 1986.
N. Bonnin, V. Clarac, De la honte à la colère, Poitiers, Les publications anonymes, 1985.
N. Schweighoffer, J'avais douze ans, Paris, Fixot, 1990.
S. Freud, Sur l’étiologie de l’hystérie, Œuvres complètes, tome III, Paris, PUF, 1989.
M.-O. Fargier, le Viol, Paris, Grasset, 1976.
L. Sebbar, On tue les petites filles, Paris, Stock, 1978.
M. Bordeaux, B. Hazo, S. Lorvellec, Qualifié viol, Paris, Editions Méridiens Klincksieck, 1990.
La famille des années quatre-vingt se présente tout à fait différemment : crise du mariage, unions libres durables, premiers rapports sexuels très vite après la rencontre hors du mariage, progression du divorce, familles monoparentales, recomposées, multi-composées, mode de vie solitaire, etc. La famille a donc perdu son caractère stable du xixe siècle et son prestige... En son sein, de par le Code civil, il y a une égalité à peu près totale en droit entre les hommes et les femmes.
Un grand nombre de lois, ayant pour but de protéger l’intérêt de l’ enfant, jalonnent le xxe siècle, même si les libertés individuelles des enfants restent bien maigres. Toutes ces évolutions, ces progrès ont contribué à la possibilité du dévoilement. Bousculer la famille à l’aube du xxie siècle est chose plus aisée qu’à la fin du xixe.
En avril 1 896, Freud prononçait une conférence « Sur l’étiologie de l’hystérie » où il attribuait l’origine de cette névrose à des abus sexuels subis dans l’enfance de la part de « proches parents ». Isolé, il abandonna dès septembre 1897 cette « théorie de la séduction » en déclarant que ses patientes étaient victimes de leurs propres fantasmes. Cet abandon donna naissance au complexe d’Œdipe et à la reconnaissance de la sexualité infantile.
Cette position de Freud eut beaucoup d’incidence, y compris jusqu’à nos jours. La psychanalyse a eu et a toujours, dans certains pays, un impact considérable, et cela n’a pas été sans conséquence sur l’écoute que pouvaient apporter les thérapeutes à des patients se remémorant des viols ou attentats à la pudeur incestueux.
Cependant, certaines critiques, internes ou externes à la psychanalyse, ont permis de commencer à briser ce carcan : on peut citer Ferenczi ou, plus récemment, Jeffroy Moussaïev Masson ou Alice Miller. A l’extérieur, il faut compter avec les critiques des féministes sur la conception freudienne de la sexualité féminine, le progrès d’autres types de thérapie, l’avancée des neuro-sciences ou les quelques succès remportés par les tenants d’une étiologie organo-génétique des maladies mentales. Ces critiques ont ébranlé les velléités dominatrices de la psychanalyse, et ont contribué au dévoilement des viols et attentats à la pudeur incestueux.
certaines méthodes contraceptives se développent. L’avortement, à partir de 1880, suscite des mouvements de solidarité dans les milieux ouvriers.
La situation se présente différemment à la fin du xxe siècle. Mai 68 a été marqué par l’exigence de la libération sexuelle. Puis vinrent les luttes des féministes sur l’avortement, qui aboutirent en 1975 à une loi provisoire, en 1979 à une loi définitive, en 1982 au remboursement de l’IVG par la Sécurité sociale. Les luttes des homosexuel(le)s contribuèrent aussi à une sexualité plus libérée.
Le discours sur la sexualité, à la fin des années quatre-vingt, est devenu habituel et même banal. Cet état de fait, à mon sens, a contribué à autoriser le discours sur sa violence et ses abus.
Rien ne semble avoir eu lieu de collectif avant les années soixante-dix. En mai 1972, se tinrent deux jours de « dénonciation des crimes contre les femmes » à la Mutualité. Une manifestation eut lieu le 9 juin 1974. Un manifeste contre le viol parut dans Libération du 16 juin 1976, annonçant le soir même « Dix heures contre le viol ».
Parallèlement se développait une vaste campagne juridique tendant à faire reconnaître vraiment le viol en tant que crime. Celle-ci fut marquée par le procès d’Aix en 1978 et d’autres
Les viols incestueux relèvent beaucoup plus de la violence physique ou morale que de la sexualité. Mais celle-ci en est le vecteur. Elle a longtemps fait partie des choses que l’on cachait et sa non-expression dans sa banalité quotidienne a verrouillé toute prise de parole au sujet de sa violence.
Le xixc siècle est celui de la privatisation des corps et du sexe. Le corps devient un élément de suspicion dont il faut réprimer les élans. Il constitue une véritable obsession, la pudeur et la honte régissent ses comportements. Le désir féminin est nié dans la première partie du xixe siècle.
La situation évolue peu à peu à la fin du xixc siècle. Le carcan de la morale privée finit par peser sur les bourgeois. Le couple s’érotise et procès. Certaines féministes préconisaient des actions « extra-judiciaires » pour ne pas faire appel à la justice bourgeoise et patriarcale. Ces luttes aboutirent au vote d’une nouvelle loi contre le viol le 23 décembre 1980. Dans toutes ces luttes, le thème du viol incestueux fut peu abordé. Peut-être le mouvement n’était-il pas encore prêt à découvrir l’insoutenable, peut-être manquait-il un canal d’expression pour les victimes qui aurait permis d’appréhender la réalité. Bref, cette dénonciation fut possible après la création d’un Collectif féministe contre le viol en 1985 et le passage d’Eva Thomas aux « Dossiers de l’écran » en septembre 1986. Elle ne s’est pas arrêtée depuis.
La justice
Difficile de ne pas parler de la justice et de son attitude. Y a-t-il beaucoup de plaintes ? Que redoutent les femmes en ne déposant pas plainte ? Quelle est l’attitude des magistrats ?
Les statistiques spécifiques n’existent pas. Un seul livre traite du sujet,
Qualifié viol, de Michèle Bordeaux et alii. Les auteurs, en analysant de 1976 à 1984 les plaintes du parquet de Nantes (échantillon comparable aux données nationales), ont trouvé 213 plaintes pour viol ou tentative analysables (278 en fait mais, pour 65, l’affaire n’était pas terminée). 12,67 % -soit 27 dossiers -concernaient des viols incestueux. Toujours le « chiffre noir ».
Selon le Collectif féministe contre le viol, les femmes portent peu plainte pour un faisceau de raisons, dont les plus importantes sont la peur de ne pas être crue, la difficulté d’apporter des preuves, la crainte d’affronter la machine judiciaire, les éventuelles pressions de la famille en cas de viol incestueux, la peur d’être traitée de coupable.
L’historienne A-M. Sohn notait déjà que « la justice se laisse de plus en plus séduire par cette thèse de la victime responsable de son malheur, voire coupable ». La situation a peu évolué.
Peu de statistiques aussi sur l’attitude des magistrats. De 1984 à 1987, il y a eu en France, chaque année, moins de soixante-dix condamnations pour viol incestueux. Selon les auteurs de Qualifié viol, seuls 18 % des viols incestueux sont reconnus en tant que tels.
Si l’on regarde plus généralement les « viols et crimes sexuels déférés en assises » de 1830 à 1978, on s’aperçoit que les condamnations de viol sur mineur (mais sont-ils des viols incestueux ?) semblent importants quand l’opinion publique est sensibilisée, puis le déclin s’amorce.
Si l’on considère les condamnations générales des crimes contre les personnes en cour d’assises de 1944 à 1961, on note que les viols et attentats à la pudeur constituent un pourcentage important de ces crimes (jusqu’à 74 % en 1947). Quelle est la part des viols incestueux dans ces chiffres ? Cela n’est pas précisé. De même, les plaintes pour viol ont augmenté progressivement depuis le vote de la loi de 1980, mais on ne sait pas quelle est la part des viols incestueux.
Avoir recours à la justice est donc, dans les faits, une entreprise risquée.
La crédibilité de l’enfant
Quelles sont les raisons d’ordre psychologique qui poussent l’enfant à ne pas dénoncer ?
Tout d’abord, dans l’histoire, sa parole n’a jamais été prise au sérieux. Il n’est point sujet.
Les premiers adultes qu’il aime, dont il est dépendant, sont ses parents. Lorsqu’il subit les premiers faits, il ne comprend pas, même s’il perçoit quelque chose d’anormal. Il n’imagine pas la trahison, garde le « secret », ne va pas se confier. Puis les faits se répètent, il devient « prisonnier du secret » et ne peut plus dénoncer car il ressent honte et culpabilité de s’être « laissé faire ». Il ne peut se confier à un autre adulte, semblable à celui qui l’a trahi. Il pense être anormal et envoie des signaux (somatisation, etc.), que peu comprennent. Il est contraint de s’accommoder à la situation d’horreur et d’arbitraire. Il aimerait qu’un adulte devine. Il est seul.
Certains progrès ont été accomplis. La Convention sur les droits de l’enfant de l’ONU (1989) reconnaît la violence sexuelle contre les enfants au sein de la famille.
Mais, pour que celle-ci rentre dans les faits en application, il faudrait au moins :
-former obligatoirement les personnels en contact avec les enfants pour qu’ils sachent reconnaître les signaux émis ;
-systématiser les campagnes de prévention ;
-rendre obligatoire, dès les faits connus, une mesure d’urgence : éloigner l’agresseur ou au moins entendre et protéger immédiatement l’enfant ;
-enregistrer, comme au Canada, la première déclaration de l’enfant pour lui éviter de répéter encore et toujours, d’autant plus que le souvenir s’estompe rapidement chez les enfants ;
-autoriser l’enfant, incapable juridiquement, à porter plainte seul et à avoir son propre avocat ;
-en finir avec l’idée que le maintien dans la famille, comme le prône l’« assistance éducative », est toujours le meilleur pour l’enfant. Faire partir l’agresseur serait idéal. Sinon, au cas par cas, enlever l’enfant de la famille pour éviter les récidives qui se produisent toujours, en demandant toujours l’avis de l’enfant, même si l’on sait qu’il peut subir des pressions.
Même si les faits sont maintenant plus souvent dénoncés, même si les cours d’assises se plaignent d’être submergées par les affaires de viols incestueux, beaucoup de chemin reste à parcourir.
Suzy Rojtman
Illustrations :
Œuvres gravées de Matisse