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campagne internationale pour le droit de choisir

Appel 1975 - 1980 : L’avortement en question les femmes décident

Cahiers du féminisme, n° 8, février - mars 1979 · p. 12 · 831 mots

La lutte des femmes, ainsi qu’une large mobilisation ont permis d’arracher la loi sur la contraception et la loi sur l’avortement — dite « loi Veil » — en 197 >, qui suspend pour cinq ans la loi de 1920 (laquelle pénalise l'avortement).

La « loi Veil » ne reconnaît qu’un droit formel aux femmes : discrimination vis-à-vis des mineures, des immigrées et des étrangères, pas de remboursement par la Sécurité sociale, délai de dix semaines, multiples démarches... et de plus, pas de crédits pour l’appliquer. Aujourd’hui, le bilan est éloquent : en France, >0 % des interruptions de grossesse sont résolues dans le secteur public ; à Paris, 3 % seulement. La prise en charge par les hôpitaux est catastrophique, en particulier vu le recours systématique à la clause de conscience. De plus, l'avortement continue à être l’objet d'un trafic financier : les hôpitaux et les cliniques exigent un paiement en liquide avant l’intervention, sans fournir la facture la plupart du temps. Et pourtant, cette loi restrictive, répressive, cette loi de classe risque d'être encore plus limitée au moment même où on assiste à une offensive sans précédent contre les acquis et les droits des femmes par des attaques redoublées :

— contre le droit des femmes au travail par une politique de licenciements massifs de la main-d'œuvre féminine et de discrimination à l'embauche, accompagnée d'une vaste campagne sur les vertus du retour des femmes au foyer ;

— contre le droit des femmes à décider d'avoir ou non des enfants, de disposer de leur corps et de leur sexualité, par une politique nataliste.

La famille française idéale devient la famille de trois enfants ; l’absence d'information et de moyens mis au service des femmes pour la contraception, l'offensive contre la pilule, l’« Année de l'enfant », tout cela vise à renforcer le modèle de la femme-mère et de la famille, à culpabiliser les femmes, alors qu’aucun moyen n’est donné pour une prise en charge réelle des enfants par la collectivité. Ces attaques s’inscrivent dans une offensive générale de la classe dominante contre l’ensemble des travailleuses et des travailleurs.

Aujourd’hui, il apparaît clairement que la « loi Veil » est une vaste hypocrisie. Nous ne sommes pas dupes des discours des Pelletier, Pasquier et autres Veil.

C’est pourquoi nous nous battons pour que routes les femmes aient le droit de décider de leur maternité, de leur contraception et de leur sexualité.

• Pour le droit à l’avortement-contraception libres et remboursés pour toutes, y compris les mineures et les immigrées.

• Pour la dépénalisation totale de l'avortement : abrogation de la loi de 1 920 (en particulier l'article 317 du code pénal).

• Pour des centres d’avortement-contraception-sexualité, avec un droit de contrôle des femmes.

• Pour une réelle information qui permette aux femmes de choisir les méthodes contraceptives et les méthodes d’avortement (avec ou sans anesthésie).

• Pour des centres ouverts a toutes les femmes, avec des équipes volontaires, polyvalentes et non hiérarchisées, dans les quartiers et dans les hôpitaux, financés par l'Etat et avec droit de contrôle des femmes.

• Contre l'utilisation de la clause de conscience par le corps médical et plus particulièrement par les chefs de service.

• Contre les profits des cliniques privées et des laboratoires pharmaceutiques.

• Pour l’orientation et le développement des recherches scientifiques vers des méthodes contraceptives simples et de qualité, pour les femmes comme pour les hommes.

• Pour qu'il n'y ait aucune discrimination entre les femmes, qu’elles soient jeunes, immigrées, habitantes des TOM-DOM ou étrangères (non résidentes en France) : nous disons non à la politique qui nie le droit aux femmes de la métropole de se faire stériliser, tout en usant de pratiques de stérilisation forcée vis-à-vis des femmes des territoires d’outre-mer ou du tiers-monde. • Contre l'utilisation abusive de certains moyens contraceptifs, en particulier sur les femmes du tiers-monde et des milieux défavorisés en France.

L'oppression sexuelle quotidienne que vivent les femmes au travail, dans la famille, dans la rue, les agressions sexuelles (drague, publicité), le viol, le devoir conjugal, la prostitution, de même que les lois réprimant l’homosexualité, ne sont pas des cas particuliers, mais le résultat de l’oppression générale des femmes dans la société actuelle.

C'est pourquoi l’information sur la contraception et la sexualité. le droit à l’avortement, le droit de contrôle des femmes sur les centres sont partie intégrante de la lutte des femmes :

— Pour le droit des femmes à disposer d’elles-mêmes, pour le droit de disposer de leur corps et à choisir leur sexualité.

Nous appelons toutes celles et tous ceux qui sont prêts à se joindre à la campagne que nous engageons à créer partout des comités.

• Collectif avortement-contraception-sexualité des groupes femmes de la région parisienne, IY1LAC, M1FAS, MFPF (départements de la région parisienne), << Elles voient rouge ! », « Fracture »,

Boutique santé du Xe, comité Lariboisière, comité contraception -avortement d’Argenteuil, Ecole émancipée, MAS (Mouvement d’action syndicale), Syndicat de la médecine générale, PS (fédération parisienne), PSU, LCR, CCA, OCT, PCR-ml.

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