campagne internationale pour le droit de choisir préparons la mobilisation internationale du 31 mars
La troisième coordination internationale de la CIDA (Coordination internationale pour le droit à l'avortement ) s'est tenue a Paris dans les locaux du MFPF, le samedi 9 décembre.
Déléguées ou observatrices, il y avait là des femmes de l’Etat espagnol, d’Italie, de Belgique, d’Allemagne, de France, de Suisse et de nombreuses femmes des groupes latino-américains existant dans les divers pays européens. D’autre part, depuis la coordination de septembre, de nouveaux contacts ont été pris avec la CIDA par des groupes féministes de Hong Kong, de Norvège, du Québec, d’Australie, de Porto Rico et de Colombie. Pour la France, étaient présents : le MFPF, le Collectif des groupes femmes de la région parisienne (avortement-contraception), des groupes femmes de Rouen, le PSU, la LCR.
Un tour rapide a été fait sur les éléments nouveaux de la situation dans chaque pays.
En Hollande, par exemple, 10 000 personnes ont assisté, le mois dernier à Amsterdam , au rally organisé par le mouvement « Nous femmes, nous voulons » en riposte à une loi interdisant désormais aux étrangères de venir avorter dans ce pays.
La revue féministe internationale « Isis » prépare un numéro spéciale sur la campagne internationale de la CIDA.
Solidarité internationale des mouvements féministes
Des propositions d’action pour concrétiser notre solidarité vis-à-vis des femmes d’Irlande et des femmes de l’Etat espagnol ont été discutées.
Les camarades irlandaises ne pouvaient être présentes à la réunion car elles sont engagées depuis quelques semaines dans une campagne active pour la liberté de la contraception en Irlande du Sud (aujourd’hui totalement illégale). Face à la volonté du gouvernement de priver les femmes du peu de possibilités qu’elle avaient d’obtenir des contraceptifs dans des plannings familiaux (les autorités ont bloqué à plusieurs reprises à la frontière des caisses de contraceptifs dont l’importation était jusque là tolérée) elles ont décidé d’ouvrir un magasin de « contraceptifs illimités », où elles vendent chaque jour et par centaines de livres , pilules diaphragmes, capotes, et autres « instruments du diable » sévèrement condamnés par l’église catholique (l’argent servira à payer les amendes). C’est un défi direct à la bourgeoisie qu’elles risquent de payer de peines de prison.
Dans l’Etat espagnol, la nouvelle Constitution interdit même la possibli-lité de parler de l’avortement et de nombreuses femmes continuent à être emprisonnées pour « crime sexuel » (tel l’adultère ou l’avortement).
Il a été proposé d’engager des démarches et actions auprès des ambassades de ces deux pays. La proposition d’une intervention à l’occasion du 8 mars en solidarité avec les femmes espagnoles, qui luttent pour le droit à l’avortement et à la contraception et pour la libération de toutes celles qui restent emprisonnées, a été retenue.
Pour une campagne de masse
Un débat s’est engagé sur le caractère de la campagne : la CIDA est favorable à une campagne de masse, portée par les mouvements de femmes, mais s’adressant à l’ensemble des organisations politiques, syndicales étudiantes suceptibles de la soutenir. Il s’agit de permettre à toutes les femmes qui veulent lutter pour le droit à l’avortement quelle que soit l’organisation politique, syndicale ou autre à laquelle elles appartiennent de s’unifier dans un cadre commun et de renforcer ainsi le mouvement des femmes.
Il s’agit aussi de mener la bataille pour que l’ensemble du mouvement ouvrier reprenne en charge les revendications des femmes.
L’un des meilleurs exemples qui puisse être développé au sein du mouvement ouvrier fut donné par la Grande-Bretagne ou venait de se tenir une conférence organisée par le N AC (National Abortion Campaingn) et la LARC (regroupement sur le même thème au sein du parti travailliste) : 400 délégués et déléguées syndicaux y ont assisté avec le soutien de 12 syndicats nationaux, de nombreuses sections locales et de conseils syndicaux d’entreprises.
Le soutien que la conférence a apporté au travail engagé par le N AC pour l’ouverture de centres extra-hospitaliers de quartiers effectuant des avortements par aspiration, ainsi que son soutien à la journée d’action internationale du 31 mars 1979 devrait permettre d’engager un travail d’agitation à un niveau très large dans l’ensemble des syndicats anglais.
En Belgique, où il y a actuellement une recrudescence de la répression contre celles et ceux qui luttent pour la liberté de l’avortement (perquisitions systématiques et pose de scellés sur certains centres extra-hospitaliers) un manifeste a été lancé pour la dépénalisation de l’avortement qui a déjà le soutien du PC et du PS, de la FGTB et de certains chrétiens de gauche. Cette mobilisation très large, à l’initiative du mouvement des femmes, donnera sans aucun doute une audience importante aux « tribunaux » locaux que les comités sur l’avortement comptent organiser pour préparer la manifestation nationale prévue le 31 mars 1979.
Des manifestations sont prévues pour le 3 1 mars, dans une série de villes au Québec et en Australie, ainsi que sur la côte est des Etats-Unis.
Le matériel de la campagne du CIDA : une affiche, un appel à la mobilisation, des badges sont sortis en plusieurs langues. En français, les badges sont déjà en circulation, l’affiche et l’appel doivent être imprimés. Les groupes femmes, les organisations politiques syndicales ou féministes qui désireraient diffuser ce matériel doivent prévoir leurs commandes pour la prochaine réunion qui aura lieu le 1 7 février à Barcelone.
En France, nous devons tout faire pour permettre une mobilisation nationale la plus large possible. Après la mobilisation unitaire du 20 janvier sur la région parisienne, qui malgré l’appel tardif a regroupé environ 2 000 personnes, c’est vers un appel national à la mobilisation pour le droit à l’avortement et à la contraception que nous devons aller. Cet appel permettra d’encourager la constitution de comités unitaires locaux et une première centralisation des mobilisations unitaires déjà existantes dans un cadre national.
En même temps, la discussion s’est engagée sur la nécessité d’une campagne internationale et la participation active au 31 mars, lors du stage national des groupes femmes, les discussions se poursuivront au sein des groupes et des comités locaux dans les régions.
La LCR et la IV* Internationale se sont d’ores et déjà engagées dans cette campagne internationale et feront tout pour que la mobilisation lors du 31 mars marque en France comme dans d’autres pays du monde un rapport de forces mettant en avant les exigences des femmes sur ce terrain.